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Actualités musicales

1er avril - 10 avril 2008

 

Actualités musicales du 1 er avril 2008

Intermittents : le ministère de la Culture
veut jouer les facilitateurs

A la veille de l'entrée en vigueur, le 1er avril, du nouveau dispositif pour les intermittents du spectacle, qui oblige leurs employeurs à réclamer un « numéro de dispositif », le ministère de la Culture propose d'organiser une réunion d'information entre le monde du spectacle et l'UNEDIC.

« Dans un souci de pédagogie, le Ministère de la Culture et de la Communication prendra, dans les prochains jours, l'initiative d'une réunion d'échanges entre les représentants du secteur et l'UNEDIC afin d'apporter toutes les précisions utiles sur les modalités d'application du dispositif », indique-t-il lundi soir dans un communiqué.

Le ministère indique avoir « été saisi des inquiétudes suscitées par ce dispositif et des risques de radiation d'artistes et techniciens du spectacle en cas de non obtention du numéro d'objet par leur employeur » ainsi que des craintes de lourdeurs administratives.

Il s'agit d'un « travail d'accompagnement et de pédagogie », a expliqué à l'AFP un responsable, en rappelant que ce nouveau dispositif avait « été voulu et négocié par les partenaires sociaux et mis en place par l'UNEDIC en 2006 ».

Des Chorégies d'Orange 2008
aux couleurs françaises
avec « Carmen » et « Faust »

Les Chorégies d'Orange (Vaucluse) ont présenté lundi leur édition 2008, qui sera très française avec « Carmen » de Bizet et « Faust » de Gounod, deux opéras placés sous la direction musicale de Michel Plasson, qui fête ses 75 ans cette année.

Du 12 juillet au 5 août, le festival de plein air proposera deux nouvelles productions données chacune deux fois et, en concert, les requiems de Verdi et Fauré. Plus de 40.000 spectateurs sont attendus.

« Nous essayons de perdurer dans le monde lyrique national et international en dépit des difficultés », a indiqué lors d'une rencontre avec la presse à Paris le directeur général des Chorégies, Raymond Duffaut, évoquant une situation financière « toujours tendue ».

Le festival affiche un budget de 4,2 millions d'euros, avec un taux d'autofinancement d'environ 80% et des subventions limitées à 870.000 euros, dont 250.000 de l'Etat.

« Cet équilibre fragile nous empêche de prendre un certain nombre de risques au niveau des titres », estime Raymond Duffaut.

Le théâtre antique (8. »00 places) devrait faire le plein les 12 et 15 juillet pour « Carmen », dans la première mise en scène aux Chorégies de Nadine Duffaut, qui n'a pas l'intention de « lutter contre le mur romain ».

Elle utilisera le lieu dans son horizontalité, avec un « arbre déraciné en guise de symbole de la vie » de Don José (le ténor argentin Marcelo Alvarez) et Carmen (la mezzo française Béatrice Uria-Monzon).

L'Orchestre de la Suisse romande sera dirigé par Michel Plasson, qui conduira ensuite (2 et 5 août) le Philharmonique de Radio France dans « Faust ».

La mise en scène de cette deuxième production a été confiée à Nicolas Joel, futur directeur de l'Opéra de Paris, dont le spectacle se jouera devant un buffet d'orgue installé à flanc de mur.

La distribution sera luxueuse: outre le ténor français Roberto Alagna dans le rôle-titre, elle comprendra la soprano albanaise Inva Mula (Marguerite), la basse allemande René Pape (Méphistophélès) et la contralto québécoise Marie-Nicole Lemieux (Dame Marthe).

France 2 diffusera en direct la deuxième représentation et tentera de faire aussi bien qu'en 2007 avec « Le Trouvère » de Verdi, qui avait rassemblé 1,8 million de téléspectateurs.

Jérôme Deschamps à l'Opéra-Comique :
acte II d'un projet qui s'amplifie

Le metteur en scène Jérôme Deschamps a présenté lundi sa deuxième saison à la tête de l'Opéra-Comique, un cru 2008-2009 qui lui permettra de « donner un peu d'ampleur » à la programmation de la salle Favart, autour de huit projets lyriques au lieu de cinq.

Comme en 2007-2008, la saison ne durera que sept mois afin de poursuivre de juillet à novembre 2008 des travaux de rénovation programmés jusqu'en 2011.

Après le mandat de Jérôme Savary, marqué par des productions légères restant à l'affiche sur de longues périodes, le théâtre de la place Boieldieu a adopté en 2007 le fonctionnement d'une maison d'opéra présentant de nouvelles productions.

« En terme de fréquentation, on est au delà des objectifs avec un remplissage autour de 90%: j'ai vraiment le sentiment qu'on répond à une attente, je sens qu'un public est en train de se constituer », explique à l'AFP Jérôme Deschamps.

Le nouveau maître des lieux souhaite aujourd'hui « donner un peu d'ampleur à cette histoire », en passant de cinq à huit projets, chacun prenant la forme d'un mini-festival, grâce au jeu des coproductions, des accueils, des tournées, mais aussi des reprises avec le retour dès décembre de « Zampa » d'Hérold.

Le genre opéra-comique, spécialité française marquée par l'alternance des passages chantés et des dialogues parlés, sera illustré notamment par une nouvelle production de « Fra Diavolo » d'Auber, dans une mise en scène de Jérôme Deschamps lui-même.

Après « L'Etoile » en ouverture du « Nouvel Opéra-Comique » cette saison, un autre ouvrage de Chabrier, « Le Roi malgré lui » sera donné, cette fois dans un spectacle de Laurent Pelly.

L'Opéra-Comique se paiera même le luxe de monter la « Carmen » de Bizet sous la baguette du Britannique John Eliot Gardiner — en tandem avec la chorégraphe allemande Sasha Waltz —, ce que même le Châtelet, pourtant mieux doté, n'avait pu s'offrir.

Favart sera aussi baroque avec « Didon et Enée » de Purcell sous la direction musicale du Franco-Américain William Christie et dans une mise en scène de la Britannique Deborah Warner mais aussi « Zoroastre » de Rameau, déjà présenté par le chef Christophe Rousset et le metteur en scène anglo-libanais Pierre Audi à Drottningholm (Suède) et Amsterdam.

La musique du XXe siècle (« Albert Herring » de Britten) et celle d'aujourd'hui (« Lady Sarashina » du Hongrois Peter Eötvös) seront aussi de la partie.

Le soutien accru du ministère de la Culture à l'Opéra-Comique (15 millions d'euros de budget dont 10 abondés par la Rue de Valois) n'a pas fait l'unanimité dans le milieu lyrique français, à l'heure où plusieurs maisons d'opéra en région redoutaient un désengagement de l'Etat.

« Notre ambition reste contenue dans son financement », assure Olivier Mantei, directeur adjoint de l'établissement.

« Et si on rapporte la subvention au siège (1.216 places à Favart), l'Opéra-Comique est l'un des opéras les moins subventionnés de France », ajoute-t-il.

Quand Chopin fait danser une star du Kabuki
à l'Athénée

Un des plus célèbres acteurs-danseurs du Kabuki, Fukusuke Nakamura, a relevé un défi unique et a priori impossible, dimanche soir au Théâtre de l'Athénée à Paris, en mariant danse et musique traditionnelles japonaises à... Frédéric Chopin.

Dans cet écrin fin XIXe siècle, Nakamura a présenté une création mondiale, « Maïtuzumi », dont le moment fort fut la danse consacrée à la vie de Chopin, intitulée « Sumire » (violette), la fleur préférée du romantique polonais.

La star nippone était accompagnée par le jeune pianiste français Philippe Giusiano, vainqueur du 1 »e Concours international Chopin, et un ensemble de joueurs de shamisen, instrument traditionnel à cordes.

« J'ai souhaité que le public français puisse avoir une approche de Chopin différente à travers la danse. J'ai voulu exprimer la vérité d'un homme et la pureté d'un coeur humain », a expliqué à l'AFP Fukusuke Nakamura.

Son spectacle est un double hommage, à Chopin d'abord mais aussi à Bokusei Mochikuzi, un grand maître du tuzumi (tambourin), ancien « trésor national vivant » du Japon, décédé en septembre 2007.

A 47 ans, Nakamura fait partie des meilleurs acteurs « onnagatas » de l'Archipel, ces hommes qui interprètent les rôles féminins sur la scène du Kabuki. Il s'était produit pour la dernière fois à Paris en 1985, au Théâtre du Châtelet.

« Ce sera un succès si le public parisien ressent la personnalité de Chopin », avouait-il avant la représentation.

De fait, sa pièce réussit l'étrange alchimie entre musique classique européenne et traditions nipponnes de la danse, du shamisen, du chant et des percussions.

L'histoire raconte la vie de Chopin à travers les quatre saisons, à la façon japonaise: du printemps, la jeunesse du musicien en Pologne, à l'été, la maturité, l'automne, la rencontre avec George Sand, et jusqu'à l'hiver, la séparation, la maladie et la mort.

Aux pas du danseur, revêtu de soieries violettes, et au son métallique de la harpe japonaise, a répondu le piano de Giusiano, interprétant les tubes de Chopin. Des lettres du compositeur étaient lues en français.

Il est vrai que le Kabuki, art théâtral qui mêle danse, chant et musique, a toujours incorporé des influences extérieures, du théâtre Nô, du Bunraku (marionnettes) et même de la comédie.

Ainsi, Paul Claudel, ambassadeur de France au Japon dans les années 1920, a écrit une pièce pour le Kabuki qui a été jouée à l'Université Waseda de Tokyo par le grand-père de Nakamura.

Selon Fukusuke Nakamura, la musique de Chopin se marie à la perfection avec la danse de Kabuki et son romantisme avec la sensibilité japonaise.

« Mais s'il s'agit d'allier la tradition du kimono avec l'esprit de Paris, il n'est pas question de fusion, d'expérience ou de concept de mélange des genres », souligne l'onnagata.

« Ce n'est pas un spectacle pour connaisseurs, l'important c'est l'émotion, c'est un spectacle qu'il faut apprécier spontanément, sans l'intellectualiser », plaide-t-il.

Après Chopin, Nakamura aimerait bien continuer sur cette lancée, avec des auteurs ou des musiciens occidentaux...

« Maïtuzumi », qui sera donné le week-end prochain à Tokyo, s'inscrit dans le cadre du 150e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Japon (1858-2008).

Camille : « Des musiques pour le corps »

Trois ans après « Le Fil », Camille sortira le 7 avril son troisième album studio, le remarquable « Music Hole » (Virgin/EMI), essentiellement chanté en anglais et dans lequel elle relève le difficile pari de se renouveler tout en conservant son originalité.

Construit autour des percussions corporelles, « Music Hole » est un disque très rythmé, festif et varié.

Camille,  »0 ans, va entamer une tournée qui comprendra quatre concerts au Printemps de Bourges (16-19 avril) et cinq à La Cigale à Paris (2 »-28 mai). « Le Fil » (500.000 exemplaires vendus dont 100.000 à l'étranger) lui avait valu le Prix Constantin 2005 et deux Victoires de la musique en 2006.

Q: Pourquoi ce titre, « Music Hole » (littéralement « Trou musical »)?

R: « Ca correspondait au disque, un music hall originel qui mêle la danse, le théâtre, la chanson, la voix. Music Hole, c'est aussi le trou de la bouche, le trou originel: il y a une dimension organique avec des percussions corporelles, des polyphonies et de la musique répétitive. »

Q: Ces chansons très rythmées sont-elles avant tout des musiques pour le corps?

R: « Ce sont en effet des musiques pour le corps, tout comme on écrit des musiques pour violon ou piano. Je voulais que les percussions corporelles et les voix soient la base, j'avais envie de quelque chose de très solaire. C'est lié au travail que je fais sur la danse: le rapport qu'a la musique avec le mouvement m'intéresse. J'avais une envie très forte d'avoir cette pulsation, ce mouvement. »

Q: Vous célébrez le corps après l'âme, puisque vous interprétiez un répertoire religieux lors de votre mini-tournée « God is sound »...

R: « Le corps c'est l'âme, tout est lié. C'est tout l'être qui est dans le son. Bien que je sois athée, ce qui me touche dans le répertoire religieux, c'est que ceux qui le chantent se donnent, qu'on croie ou pas en Dieu. Dans ces chants, il y a un don et un investissement physique très forts, car ils sont antérieurs à l'amplification du son et sont en plus des chants collectifs. Ca a certainement rejailli sur le disque. »

Q: D'où vient l'impressionnante variété musicale de l'album?

R: « Je suis curieuse de sons. Plus ou moins consciemment, certaines décisions ont été prises pour les arrangements: revisiter du hip hop à la Timbaland sur la chanson Kfir, quelque chose de plus minimaliste à la Steve Reich dans The Monk ou Kurt Weill dans Cats & Dogs. Et la richesse du disque, c'est que je ne suis pas seule dessus: il y a MaJiKer, les Barbatuques, une troupe de percussions corporelles brésilienne, le pianiste anglais Jamie Cullum et Sly » (« Human beat box », ou boîte à rythmes humaine, ndlr).

Q: Pourquoi chanter essentiellement en anglais?

R: « Chaque langue a une musique différente, je voulais voir comment celle-ci allait se mélanger en bouche avec le français. Sur scène, j'ai bien vu que la langue est une fausse barrière, on se fait très bien comprendre d'une manière ou d'une autre. Par contre, la barrière est commerciale. Commercialement, les marchés anglo-saxons se foutent pas mal de ce qui vient d'ailleurs, c'est un peu de la world music. Mais le public ne s'arrête pas à ça, c'est plutôt un truc de l'industrie. »

Q: Le succès du « Fil » a-t-il compliqué l'écriture du nouvel album?

R: « Non, parce qu'une chose mène à l'autre. Le Fil c'était un moment qui en a amené d'autres. Je n'avais pas envie de refaire un disque identique, j'étais dans un autre état d'esprit. L'envie d'explorer a été plus forte que l'éventuelle pression. »

Villa Médicis :
l'Elysée publie la composition
de la commission de nomination

L'Elysée a dévoilé lundi la composition de la commission chargée de choisir le prochain directeur de la Villa Médicis à Rome, après la polémique soulevée par la nomination attendue à ce poste prestigieux de l'ex-conseiller culturel du chef de l'Etat Georges-Marc Benamou.

Cette commission, dont la présidence a été confiée à l'ancien directeur de l'Opéra de Paris Hugues Gall, conseiller d'Etat et membre de l'Institut, sera composée de dix membres, a indiqué la présidence dans un communiqué.

Participeront à ses travaux l'architecte Paul Andreu, l'écrivain Edmonde Charles-Roux, le metteur en scène Patrice Chéreau, le compositeur Pascal Dusapin, l'historien et académicien Marc Fumaroli, l'ambassadeur Jean Guéguinou, le recteur de l'académie de Paris Maurice Quenet, la directrice de la danse à l'Opéra de Paris Brigitte Lefèvre et l'administrateur général de la Comédie française Muriel Mayette.

Conseiller culturel de Nicolas Sarkozy depuis mai 2007, Georges-Marc Benamou a quitté l'Elysée « à sa demande«  au lendemain des élections municipales. Une source proche de la présidence avait annoncé le même jour sa prochaine nomination à la tête de l'Académie de France à Rome.

Même si sa nomination n'a jamais été confirmée officiellement, le choix de M. Benamou a suscité un profond mécontentement parmi les représentants du monde de la culture qui ont lancé une pétition.

Celle-ci comptait jeudi plus de  »50 signataires dont, parmi les derniers venus, Jeanne Moreau, Charles Berling, Marie Darrieussecq.

Actualités musicales du 2 avril 2008

Les chœurs et orchestres
des grandes écoles (COGE)
recherchent un chef d'orchestre

Nous offrons la possibilité à un(e) chef d'orchestre professionnel, motivé(e) et dynamique de prendre la direction de l'orchestre de notre seconde formation, à compter de la rentrée prochaine, en septembre 2008. La Formation de Chambre (FC), composée de jeunes musiciens amateurs sélectionnés sur audition (64 instrumentistes et 77 choristes), répète tous les lundis soir à l'ENST (Télécom Paris), Paris 1 »e, ainsi que certains week-ends. Justifiant d'un diplôme de conservatoire en direction d'orchestre et d'années d'expérience en direction d'ensembles, les candidats s'efforceront de joindre à leur candidature, un enregistrement d'un ou plusieurs de leurs concerts, qui mettent en valeur les différents répertoires abordés.

Informations :

Chef d'orchestre pour diriger la Formation de Chambre (FC) du COGE : http://www.coge.org/article.php?id=formations#fc

Répétitions tous les lundis soirs à l'ENST, Paris 1 »e.

Dossier de candidature à compléter en ligne :
 http://www.coge.org/contact.php?receiver= »1

Date limite de dépôt des candidatures :  »0 avril 2008.

Contacts : rh@coge.org - 0677 » »170 - http://job.coge.org

Gilberto Gil,
une star de la pop afro-brésilienne
dans l'intimité

Gilberto Gil est en tournée, seul avec sa guitare: un événement dans la carrière de cette star de la musique populaire brésilienne que l'on voit plutôt dans les festivals jouer, avec son groupe « Electracustico », une pop afro-brésilienne aux accents funk et reggae.

Gilberto Gil
Gilberto Gil

Après Bruxelles mercredi et Rotterdam vendredi, cette icône de la musique brésilienne, devenue ministre de la Culture en 200 », fera halte à Paris (Cité de la musique) samedi et dimanche, Lucerne (Suisse) le 8 avril, Carthage (Tunisie) le 10, Barcelone le 12, Madrid le 14, Lisbonne le 17 et Porto le 19.

Gilberto Gil avait enregistré en 1999 des versions acoustiques et épurées d'une quinzaine de ses chansons des années 70 et 80, en vue d'un disque qui devait accompagner une biographie.

Le disque, « Gil Luminoso, voz § violao » (Biscoito Fino/DG Diffusion), n'a vu le jour qu'en décembre 2006. Il constitue l'essentiel du répertoire de cette tournée, occasion inespérée de découvrir un Gilberto Gil intime et lumineux, la finesse et la pureté de ses mélodies, ses talents de guitariste, la justesse de sa voix.

Ce tour de chant comporte aussi des reprises de chansons des Beatles et de Bob Marley, qui ont profondément marqué sa carrière.

Né en 1942 à Salvador de Bahia, Gilberto Gil s'est très tôt passionné pour la musique. Enfant, il apprend l'accordéon, répandu dans les campagnes du Nordeste et les rues de Bahia, avant d'empoigner une guitare et de découvrir la bossa.

Chez ce fils de médecin et d'institutrice s'éveille aussi très tôt une conscience politique.

A Bahia au milieu des années 60, il est avec Caetano Veloso l'un des leaders du « tropicalisme », un mouvement en réaction au régime autoritaire de l'époque. Ses prises de position vaudront à Gil comme à Veloso d'être emprisonnés puis de s'exiler à Londres.

A son retour en 1972, la carrière de ce musicien, militant tout en étant imprégné de spiritualité, prend une dimension internationale: Gilberto Gil monte un groupe électrique, ouvre ses musiques brésiliennes au reggae, à ma musique nigériane, au funk, au rock....

Cette « starisation » d'un musicien qui tourne alors avec Jimmy Cliff ou Jorge Ben, ne l'empêche pas de mener à bien des projets socio-culturels, comme le festival Percpan, axé sur les percussions, qu'il monte à Salvador.

Sa conscience politique lui vaut d'être nommé adjoint à la Culture de sa ville vers la fin des années 80, puis en 200 » ministre de la Culture par le président socialiste Lula, une fonction qu'il occupe toujours.

Gil n'a jamais non plus renié ses racines, comme en témoigne la musique du film « La vie peu ordinaire de Dona Linhares » (2001), où il chante des airs de forro, un style de musique populaire du Nordeste.

L'Europa Jazz, au Mans
et dans plusieurs départements
jusqu'au 11 avril

Le 29e Europa Jazz propose du 1er avril au 11 mai des concerts et des animations culturelles au Mans et dans six départements (Sarthe, Mayenne, Orne, Vendée, Maine-et-Loire, Loire-Atlantique).

Ce festival, dirigé par Armand Meignan, se veut une vitrine du jazz libre, expérimental et improvisé, avec des musiciens essentiellement français et européens.

Des figures de ce courant du jazz, telles Michel Portal, Raymond Boni, Hélène Labarrière, François Corneloup ou Fred Van Hove seront donc à l'affiche, avec également le pianiste Andy Emler et son Mégaoctet et le violoniste Dominique Pifarély.

Dans la lignée de sa politique de créations et d'ouverture, le festival accueillera des invités exceptionnels qui rejoindront des formations pour les concerts, comme le trio Celea/Liebman/Reisinger avec le guitariste John Abercrombie.

L'Europa Jazz proposera aussi un jazz plus accessible au non initié, comme un concert autour de la voix emmené par le chanteur David Linx le 29 avril au Mans.

Dans le cadre de sa politique de régionalisation, le contrebassiste Patrice Caratini, à la tête de son Jazz Ensemble et avec la chanteuse Hildegarde Wanzlawe, présentera son nouveau répertoire sur la chanson réaliste à l'occasion de sept concerts dans des villes comme Sablé, La Roche-sur-Yon ou La Ferté-Bernard.

Et comme l'Europa Jazz sait aussi s'amuser: le 26 avril, le long de la nouvelle ligne de tramway au Mans, mille musiciens joueront en fanfares, harmonies et orchestres. La journée se terminera avec un bal animé par Tous Dehors, le big band du saxophoniste Laurent Dehors, et ses standards détournés de la variété et du disco.

Francofolies 2008 :
beaucoup de têtes d'affiche,
et les stars de demain

Les 2 »e Francofolies de La Rochelle, qui se tiendront du 11 au 16 juillet, offrent une large place aux têtes d'affiche, comme Dionysos, Lavilliers ou Cali, mais les stars de demain et la chanson populaire seront aussi à l'honneur, selon le programme présenté mardi.

Cette édition démarrera en fanfare le vendredi 11 avec sur la grande scène de l'esplanade Saint Jean d'Acre Alain Bashung, Dionysos et Cali, pendant que la Coursive, la maison de la culture de La Rochelle, programme un hommage à Nino Ferrer mort il y a dix ans et la chanteuse israélienne Yael Naim.

Le mercredi 16, la soirée de clôture offrira une palette haute en couleur avec Dom Tom Folies, neuf artistes des neuf territoires français d'Outre mer, la Bretonne déjantée Yelle et la révélation musicale internationale de l'année Mika.

Dans l'intervalle, la grande scène accueillera Tiken Jah Fakoly et Bernard Lavilliers (le 12), une soirée exceptionnelle d'hommage à Claude François (le 1 ») pour marquer le  »0e anniversaire de sa mort, Thomas Dutronc, Christophe Willem et Vanessa Paradis (le 14), et Camille le 15.

Les autres scènes accueilleront entre autres Stephan Eicher, les Français Moriarty qui chantent en anglais, l'Américaine Stacy Kent qui chantera en français, Daniel Darc, les Têtes Raides qui fêteront leur 20eme anniversaire et Pauline Croze. Au total, 116 concerts se tiendront sur 7 scènes différentes.

Pour la troisième année consécutive, les Francos juniors proposent des artistes jeunes public, à partir de trois ans. En marge, se tiendra la première rencontre professionnelle de la chanson pour enfants.

« Les Francos 2008 restent fidèles à l'esprit de leur créateur Jean-Louis Foulquier », a estimé le responsable du festival Gérard Pont. « Toutes les têtes d'affiches de l'année sont là, et aussi les vedettes de demain comme Yael Naim, Moriarty et Barbara Carlotti, la chanson populaire et les artistes plus pointus », a-t-il ajouté.

« Chaque année on essaie d'innover, en proposant des événements qu'on ne verra pas ailleurs. Ainsi pour la soirée d'hommage à Claude François, nous allons reconstituer à la lettre son dernier concert enregistré en 1978, avec une douzaine d'artistes d'aujourd'hui qui l'interpréteront à leur manière », a-t-il dévoilé.

Actualités musicales du  » avril 2008

 »-8 avril 2008
Rhône-Alpes

La folle tournée

Événement musical en Rhône-Alpes, cinq ensembles musicaux et cinq théâtres régionaux s’unissent et orchestrent un voyage des Indes au Danube, à la découverte de quatre siècles de musique.

On dit de la musique classique qu’elle est savante, difficile d’accès, qu’elle n’intéresse que les mélomanes, que les places de concert sont chères. Tordre le cou aux préjugés et aller à la rencontre du public, c’est le défi que se sont donné cinq salles de théâtre et cinq prestigieux orchestres de la région Rhône-Alpes. Réunis pour une folle tournée, pendant deux soirs dans chacun des théâtres, les ensembles proposeront un spectacle de programmes courts qui permettront au spectateur une incursion dans les divers registres de la musique symphonique. Un éventail allant du baroque au contemporain. Divers et gourmands, ces concerts s’affranchissent de la forme des grandes masses orchestrales.

Premier soir en compagnie de Rameau, Evangelista et Chen, sur la route de la soie et des Conquistadores. Retour en Europe le second jour, pour un voyage le long du Danube : musiques classiques et bohèmes de Smetana, Schubert, Brahms, Martinů, Suk, Zemilinsky et Mahler.

La folle tournée, pour cette première édition, permettra d’entendre les principaux orchestres symphoniques de la région, accompagnés de présentations dans le cadre d’actions pédagogiques : ces séries de concerts ambitionnent d’ouvrir grand les portes d’émotions musicales qui peuvent parfois paraître inabordables.

La folle tournée bénéficie du soutien de la Région Rhône-Alpes et du Ministère de la Culture (DRAC Rhône-Alpes).

La 28e édition du Festival Jazz à Vienne
se déroulera du 27 juin au 11 juillet 2008

Cet été, du vendredi 27 juin au vendredi 11 juillet, la 28e édition de JAZZ A VIENNE déroule une affiche toujours éclectique et captivante.

La blonde diva Diana Krall, la suave Stacey Kent ou le nonchalant Curtis Stigers ne manqueront pas d’enthousiasmer les fervents amateurs d’art vocal.

Chanteuses et chanteurs croiseront sur la scène du Théâtre Antique de grandes figures du jazz : le légendaire Colosse du Sax Sonny Rollins, le révolutionnaire Ornette Coleman, le fascinant Wayne Shorter, l’insolite Carla Bley ou le charismatique John McLaughlin. De retour à Vienne, Herbie Hancock présentera un nouveau projet directement inspiré de son dernier opus dédié à Joni Mitchell, tandis que Chick Corea, un rien nostalgique, reforme le mythique « Return To Forever », retrouvant là après plus de  »0 ans Stanley Clarke, Al di Meola et Lenny White.

JAZZ A VIENNE, on le sait, ouvre naturellement ses scènes aux musiques cousines du jazz. Outre la traditionnelle Nuit du Blues, avec cette année Buddy Guy ou Eddy « The Chief » Clearwater et la nouvelle étoile Eric Bibb, au-delà du Gospel qui mêlera l’âme (Soul) de la Louisianaise Nicole Slack Jones et les chants de Liberté mitonnés par la Marmite Infernale de l’ARFI avec le Nelson Mandela Metropolitan Choir d’Afrique du Sud, cette 28ème édition marque également le retour de la musique brésilienne. Ainsi, le père du « forrock » venu du Nordeste, Alceu Valença, et le projet inédit de l’emblématique Milton Nascimento ici associé aux frères Belmondo et à l’Orchestre National de Lyon (sous la direction de Christophe Mangou) porteront-ils les couleurs d’un tropicalisme contemporain. Les amoureux du Continent Africain pourront se réjouir de la présence du prince griot Salif Keita et du maître de la kora mandingue, Toumani Diabaté. Les passionnés de Soul et de Rhythm’n Blues auront également leur soirée en compagnie d’Etta James, la shouteuse de légende désormais entourée de ses fils, et du « Crown Prince of New Orleans » le chanteur et pianiste Davell Crawford.

Plusieurs hommages émailleront cette 28ème édition :

en soirée d’ouverture, les parrains du funk instrumental Fred Wesley et Pee Wee Ellis, tous deux ex-JB’s, rendront un hommage « africain » (avec Cheik Lô et la chanteuse Wunmi en invités) au « Godfather » James Brown. Ils seront précédés ce soir-là par la funkateer californienne RAD (qui fut claviériste de Maceo, Bobby Byrd et Prince).

Le 10 juillet, l’ENSEMBLE de Basse-Normandie sous la direction de Dominique Debart, avec en guest star le violoniste Jean-Luc Ponty, interprèteront « The Big Note Frank Zappa Alchimiste », un hommage échevelé à Frank Zappa.

Lors de la Nuit de Clôture enfin, l’orchestre débordant de swing de Claude Bolling invitera le vibraphoniste Dany Doriz pour célébrer le centième anniversaire de la naissance de Lionel Hampton.

Aux plus curieux, JAZZ A VIENNE réserve le big band rutilant de la très inspirée Maria Schneider, la virtuosité sensuelle des saxophonistes transalpins Rosario Giuliani et Stefano di Battista, et le pianiste compositeur Donald Brown, en compagnie du trompettiste Bill Mobley, révèlera toute la vitalité contemporaine du Hard-Bop.

La traditionnelle Nuit de clôture (All Night Jazz, le 11 juillet)) proposera jusqu’à l’aube un florilège de styles en bouquet final : la voix de Stacey Kent, le boogie-woogie du pianiste Jean-Pierre Bertrand, le mambo de The Big  » Palladium Orchestra, le blues funky de Boney Fields & The Bone’s Project, et enfin Paradox, le trio lauréat 2007 du tremplin le RéZZo de Jazz à Vienne.   

Cette année, c’est Manu Dibango qui participera à la Création Jeune Public le 27 juin à 10h. Le saxophoniste et showman camerounais racontera aux 6000 enfants de la région viennoise le fabuleux voyage du tam-tam de l’Afrique aux Amériques, à travers le terrible épisode de l’esclavage.

On n’oublie pas non plus toutes les autres scènes et programmations quotidiennes de Jazz à Vienne : Le Club de Minuit, où cette année, les femmes (les chanteuses Monnette Sudler, Michèle Hendricks, Norma Winstone et les instrumentistes Carine Bonnefoy, Sophie Alour, Géraldine Laurent et Anat Cohen) sont à l’honneur, reçoit également pour la première fois à Vienne, les musiciens Steve Grossman, Marcin Wasilewski, Walter Smith et Ambrose Akinmusire. Installé dans son « Magic Mirror » sur les berges du Rhône à proximité du Jardin de Ville, le Jazz Mix distille dès 2 »h, une programmation inédite et innovante, astucieusement concoctée par l’équipe de Mezzo.

La Scène de Cybèle accueille dès 16h les orchestres et conservatoires régionaux, les big bands des universités internationales ou les formations du RéZZo le week-end. L’Académie du Jazz retrouve le Collège Ponsard et organise plusieurs ateliers et master class. Le projet Caravan’Jazz reprend et sillonne les rues des municipalités voisines, de nouvelles fanfares et des orchestres animeront le centre ville de Vienne, et à la Salle des Fêtes de Vienne, XLR/Nico Tico créent 20 000 lieues sous le jazz,  une installation ludique et interactive ouverte à tous.

http://www.jazzavienne.com

Festival Jazz à Vienne
21 rue des Célestes -  8200 Vienne
Tél. 04 74 78 87 89  
Fax. 04 74 78 87 88

Musicora, salon de la musique classique à Paris,
joue la carte jeunes

Le salon Musicora, rendez-vous des professionnels de la musique classique et des mélomanes, tiendra sa 2 »e édition de vendredi à dimanche au Carrousel du Louvre à Paris en mettant les enfants à l'honneur, a-t-on appris mercredi auprès des organisateurs.

Le principal salon consacré à la musique classique en France rassemblera 229 exposants (institutions, éditeurs, facteurs et vendeurs d'instruments...) venus de France, d'Europe mais aussi du Québec.

Comme les années précédentes, un Prix de la facture instrumentale sera décerné: il consacrera pour sa 17e édition la fabrication d'archets en distinguant Nelly Poidevin.

Avant l'exposition Stradivarius programmée au Musée Fabre de Montpellier (15- »1 juillet), Musicora présentera un violon Hamma de 1717. Le luthier palestinien Wissam Joubran viendra pour sa part avec un oud annoncé comme « exceptionnel ».

Autour de son thème 2008 « sur un air de jeunesse », le salon mettra l'accent sur « l'accès à la pratique musicale et sur son enseignement auprès des plus jeunes ».

« L'éducation musicale existe, elle est en plein développement mais il faut tout faire pour la renforcer », explique à l'AFP la commissaire générale de Musicora, Jessie Westenholz.

Outre des conférences et des débats, plusieurs ateliers pédagogiques seront proposés, dont un encadré par des musiciens de l'Orchestre philharmonique de Radio France autour de « Pulcinella » de Stravinsky.

Des « moments musicaux des musiciens en herbe » ont aussi été programmés, notamment par l'Orchestre national de France avec des élèves des classes à horaires aménagés (CHAM) du collège Rameau de Versailles.

En outre, des institutions profitent de la vitrine que constitue Musicora pour mieux se faire connaître. Ce sera le cas de la Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés (Fevis), qui organise jeudi et vendredi son premier festival, avec 20 de ses formations (illustrant tous les genres, de la musique ancienne à la création contemporaine ) réparties sur quatre concerts.

L'Orchestre symphonique de Cincinnati
en tournée en Europe avec Paavo Järvi

L'Orchestre symphonique de Cincinnati, l'une des principaux des Etats-Unis, entamera vendredi une tournée de 12 concerts dans cinq pays d'Europe sous la direction de son chef américano-estonien Paavo Järvi, a-t-on appris mercredi auprès de la formation.

Le périple débutera à Francfort (Allemagne), où le maestro de 45 ans dirige l'Orchestre symphonique de la Radio de Hesse depuis septembre 2006.

La formation américaine se rendra ensuite à Munich (le 5 avril), Vienne (6), Stuttgart (8), Amsterdam (9), Paris (10), Hambourg (12), Dortmund (1 »), Düsseldorf (14), Valence (16), Barcelone (17) et enfin Madrid (18).

Le concert parisien, programmé à la Salle Pleyel, devrait être suivi avec intérêt par les connaisseurs de l'Orchestre de Paris, dont Paavo Järvi, l'un des chefs les plus recherchés de sa génération, prendra la direction musicale en septembre 2010.

A Paris, le Cincinnati Symphony Orchestra jouera un programme éclectique comprenant l'ouverture des « Noces de Figaro » de Mozart, le « Troisième concerto pour piano » de Rachmaninov (avec le Russe Nikolaï Lugansky en soliste) et la « Dixième symphonie » de Chostakovitch, l'une des spécialités du chef balte.

Ailleurs, l'orchestre se produira parfois avec la violoniste néerlandaise Janine Jansen (concertos de Britten et Tchaïkovski) et dans la « Symphonie n°9 » de Schubert ou une oeuvre d'Arvo Pärt (« Cantus in memoriam Benjamin Britten »), compositeur estonien dont Paavo Järvi est un ardent défenseur.

Membre d'une dynastie de musiciens talentueux — son père Neeme et son frère cadet Kristjan sont chefs également, tandis que sa petite soeur Maarika est flûtiste —, Paavo Järvi est devenu en septembre 2001 le 12e directeur musical de l'Orchestre symphonique de Cincinnati.

Cette formation fondée en 1895 tente aujourd'hui de concurrencer, avec quelques autres (Los Angeles, San Francisco...) les historiques « big five », soit les cinq formations des Etats-Unis les plus réputées dans le monde (Boston, Chicago, Cleveland, New York et Philadelphie).

Actualités musicales du 4 avril 2008

4 avril 2008, 20h00
le Fresnoy, Tourcoing
Mozart
Requiem
Version Sigismund Neukomm


CD K617 180 

Hjördis Thébault, soprano
Gemma Coma-Alabert, soprano
Simon Edwards, ténor
Alain Buet, baryton
Choeur régional Nord – Pas-de-Calais
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Jean-Claude Malgoire, direction musicale

Le Fresnoy
22 rue Fresnoy
59200 Tourcoing
Tel : 0 ».20.28. »8.00

La Société philharmonique  royale
de Grande-Bretagne,
décerne une médaille d'or
à Henri Dutilleux

La Société philharmonique royale (RPS) britannique a décerné l'une des plus prestigieuses récompenses de la musique classique au compositeur français Henri Dutilleux, 92 ans, a-t-elle annoncé jeudi dans un communiqué.

La médaille d'or de la RPS a été créée en 1870 afin de commémorer le centenaire de la naissance du compositeur allemand Ludwig van Beethoven, et porte son effigie. Elle récompense les plus grands talents de la musique classique.

« Henri Dutilleux a constamment produit un travail de la plus grande qualité sur l'ensemble de sa longue carrière de compositeur, conservant avec fermeté ses principes de composition et résistant aux tendances de la mode pour créer un langage individuel et puissant, jamais simpliste », a indiqué Graham Sheffield, président de RPS, cité dans le communiqué.

« Henri Dutilleux représente la lucidité, la sincérité et la clarté d'expression, et ce sont ces qualités que la Société philharmonique royale reconnaît et salue », a-t-il ajouté.

La médaille d'or, attribuée à moins de cent personnes depuis sa création, a été remise au compositeur français mercredi soir au Wigmore Hall à Londres à la suite d'un concert où ont été jouées plusieurs de ses compositions, dont une nouvelle version de « Mystère de l'instant ».

Le dernier récipiendaire français était Pierre Boulez en 1997, mais la liste, toutes nationalités confondues, inclut Sergei Rachmaninov, Serge Prokoviev, Simon Rattle, Placido Domingo, Daniel Barenboim ou encore Charles Gounod, Richard Strauss, Yehudi Menuhin, et Mstislav Rostropovich.

Pascal Zavaro lauréat 2008
du Grand prix lycéen des compositeurs

Le Grand prix lycéen des compositeurs 2008 a été remis jeudi à Pascal Zavaro, 48 ans, a annoncé dans un communiqué l'organisateur de ce concours, la revue « La Lettre du Musicien ».

Le lauréat, qui est également percussionniste, a reçu un prix de 4.500 euros et une commande de  ».500 euros offerts par l'association Musique nouvelle en liberté.

Il a été récompensé pour « Silicon Music », paru en CD chez Mandala et en partition aux éditions Billaudot.

Les autres compositeurs en lice, sélectionnés par un comité composé de musiciens et de journalistes spécialisés, étaient Alain Celo, Bruno Mantovani, Florentine Mulsant, Colin Roche et Oscar Strasnoy.

Le Grand prix lycéen des compositeurs a été lancé en 2000 dans le but de faire écouter et analyser des oeuvres de compositeurs d'aujourd'hui — français ou résidant en France — à des élèves de lycée ayant une option musique.

Plus de 4.000 lycéens d'environ 180 classes dans 96 établissements ont participé à cette neuvième édition.

Pascal Zavaro succède au palmarès à Laurent Petitgirard (2000), Anthony Girard (2001), Thierry Escaich (2002), Marc Monnet (200 »), Jean-Louis Florentz (2004), Nicolas Bacri (2005), Guillaume Connesson (2006) et Martin Matalon (2007).

Première «  Folle tournée »
de cinq formations musicales
en Rhône-Alpes

Cinq des meilleures formations musicales de Rhône-Alpes devaient entamer jeudi soir et effectuer jusqu'au 8 avril une « Folle tournée » dans la région, avec l'ambition de faciliter l'accès à la musique classique, a-t-on appris auprès des organisateurs.

Cinq scènes (La Rampe-Echirolles, les théâtres de la Renaissance à Oullins, de Villefranche-sur-Saône et de Bourg-en-Bresse, la Maison des arts de Thonon-Evian) accueilleront cette opération devant toucher 10.000 spectateurs.

Deux programmes couvrant quatre siècles de musique sont à l'affiche de cette manifestation dont le nom a été choisi en clin d'oeil à « La folle journée » de Nantes, le festival classique le plus fréquenté de France.

Le premier programme évoquera « un Orient rêvé » avec notamment des oeuvres récentes de José Evangelista (« Alap » et « Gat » d'inspiration indienne) et Qigang Chen (Extase) jouées par l'Ensemble orchestral contemporain de Daniel Kawka. La même soirée, le chef baroque Marc Minkowski dirigera ses Musiciens du Louvre-Grenoble dans des extraits des « Indes galantes » de Rameau.

Le second programme proposera un voyage « au fil du Danube ». Les Solistes de Lyon, emmenés par Bernard Tétu, chanteront des choeurs de Brahms et Schubert. L'Orchestre des Pays de Savoie, conduit par sa directrice musicale suisse Graziella Contratto, interprètera Mahler, Martinu, Suk et Zemlinsky. Quant au National de Lyon, il s'emparera de « La Moldau » de Smetana et des « Danses de Galanta » de Kodaly avec comme chef invité Pierre-Dominique Ponnelle.

« La folle tournée » comportera aussi une vingtaine d'actions culturelles, conférences, classes de maître et concerts en maison de retraite, à l'hôpital ou en prison.

Le 12e festival des arts de la parole,
Mythos, s'ouvre dimanche à Rennes

La 12e édition de Mythos, festival des arts de la parole, se tient à partir de dimanche jusqu'au 12 avril à Rennes avec notamment le groupe Têtes raides, la chanteuse La grande Sophie et le guitariste Thomas Dutronc, a-t-on appris jeudi auprès des organisateurs.

« Nous voulons montrer comment, dans notre société contemporaine, on raconte des histoires, qu'on soit conteur, chanteur, slameur ou comédien », explique l'association rennaise Paroles Traverses, qui organise le festival.

« Dans ce festival nous essayons de créer une alchimie entre l'exigence artistique et la convivialité avec un choix éclectique qui va du théâtre contemporain à la variété de qualité », ajoute le directeur de Mythos, Mael Le Goff.

Ainsi, les spectateurs pourront assister aux concerts de Yael Naim, Brigitte Fontaine, Didier Super ou Pauline Croze mais également à une création de la comédienne Michèle Nguyen sur l'expérience d'une femme juge des enfants ou l'adaptation par Olivier Letellier du roman de Laurent Gaudé « La mort du roi Tsongor ».

Les conteurs comme Christian Pierron et ses Contes du Quotidien Follement Déjanté (CQFD) ou Jean-Marc Massie, Québécois à l'imaginaire foisonnant et débridé, sont également à l'honneur.

Les concerts et spectacles de conteurs se tiennent dans différents lieux de la ville (Jardin du Thabor, théâtres, bars, bibliothèques, universités). Et, grâce à un partenariat avec les établissements pénitentiaires de Rennes, pour la troisième année consécutive, un spectacle du festival est programmé à la maison d'arrêt Jacques Cartier

« L'Anneau » de Wagner
dominera la saison 2008 / 2009
de l'Opéra de Vienne

La saison 2008/2009 de l'Opéra de Vienne mettra Richard Wagner à l'honneur avec les quatre opéras de la célèbre tétralogie de « L'Anneau des Nibelungen », a annoncé jeudi le directeur du Staatsoper Ioan Holender.

« La Walkyrie », dans une mise en scène de Sven-Eric Bechtolf, a été présentée en décembre et la première de « Siegfried » est prévue courant avril.

« Le Crépuscule des Dieux » a été programmé pour décembre prochain et le cycle s'achèvera avec « L'Or du Rhin » en mai 2009, selon M. Holender.

Les quatre opéras, d'une durée totale de 16 heures, seront donnés trois fois intégralement en mai et juin sous la direction du futur directeur musical de la maison, l'Autrichien Franz Welser-Moest.

Outre Wagner, la saison offrira une nouvelle mise en scène du « Faust » de Charles Gounod (1818-189 »), signée du Français Nicolas Joël, futur directeur de l'Opéra de Paris en 2009. Avec ce Faust, le couple de vedettes - à la ville comme sur les planches - la diva roumaine Angela Gheorghiu et le ténor français Roberto Alagna remonteront ensemble sur scène.

L'actuel directeur musical, le Japonais Seiji Ozawa, dirigera une nouvelle mouture d'« Eugène Onegin » de Tschaikovsky signée de l'Allemand Falk Richter, avec la soprano géorgienne Tamar Iveri, le baryton britannique Simon Keenleyside et le ténor mexicain Ramon Vargas.

A l'occasion du 150e anniversaire de la naissance de Giacomo Puccini (1858-1924), l'Opéra proposera un cycle de quatre opéras du célèbre compositeur: « Madame Butterfly », « Tosca », « Manon Lescaut » et « La Bohême », ce dernier programmé le jour de son anniversaire le 22 décembre.

Enfin, le Staatsoper fêtera ses 140 ans d'existence le 25 mai 2009 avec une édition spéciale du « Don Juan » de Mozart.

Ioan Holender quittera ses fonctions à la tête de la prestigieuse institution viennoise en 2010, après l'avoir dirigée pendant 18 ans. Il sera remplacé par le Français Dominique Meyer.

L'Opéra de Vienne a accueilli depuis septembre 2007 417.588 spectateurs, contre 407.552 sur la même période un an plus tôt, selon M. Holender. Le chiffre d'affaires a progressé de 4, »% à 20,5 millions d'euros.

EMI recrute un haut cadre de Google
pour doper ses ventes numériques

La maison de disques britannique EMI, rachetée l'an dernier par le fonds d'investissement Terra Firma, a annoncé jeudi avoir recruté un des principaux dirigeants de Google, Douglas Merrill, pour dynamiser ses ventes de musique sur internet.

Douglas Merrill, entré chez Google en 200 », était directeur des systèmes d'information et vice-président chargé de l'ingéniérie au sein du géant américain des services internet. Il chapeautera la division d'EMI chargée des activités numériques, et prendra ses fonctions le 28 avril, précise un communiqué de la maison de disques.

Ce recrutement intervient alors qu'EMI se veut en pointe dans la révolution numérique à laquelle les maisons de disques semblent condamnées si elles veulent compenser l'effondrement de leurs ventes dans les circuits de distribution traditionnels.

La firme britannique s'est notamment distinguée des autres « majors » en décidant la première de vendre l'intégralité de son catalogue sur internet sous forme de fichiers non protégés, notamment via iTunes, la plateforme numérique d'Apple.

Le départ de Douglas Merrill est le dernier en date d'une série qui a frappé la direction de Google ces derniers mois. Le groupe américain a notamment vu partir le mois dernier l'une de ses responsable des ventes de publicité, Sheryl Sandberg, qui a rejoint le site de socialisation Facebook.

M. Merrill est diplômé des universités de Tulsa (Oklahoma) et de Princeton.

Trois majors du disque s'allient à MySpace
pour lancer un site de musiques

Trois des quatre « majors«  du disque se sont alliés au site de socialisation MySpace (groupe News Corp.) pour lancer ensemble un site de musiques à télécharger ou écouter, MySpace Music, ont annoncé les trois groupes jeudi.

Universal Music, Sony BMG et Warner Music Group, qui détiendront une part minoritaire dans la joint-venture, mettront à disposition la totalité de leur catalogue pour ce site qui doit démarrer prochainement.

Il reprendra la plate-forme musicale existante de MySpace, qui attire déjà  »0 millions de visiteurs par mois.

EMI pourrait ensuite rejoindre l'alliance, selon le New York Times.

Le site, basé à Los Angeles, offrira de la musique sous différentes formes: en flux (« streaming) gratuit, financé par la publicité, en téléchargement payant, qui s'adaptera à tous les baladeurs, y compris les iPod d'Apple.

Le site pourrait aussi proposer un forfait mensuel pour un téléchargement illimité.

Il s'enrichira aussi des fonctions de socialisation de MySPace, avec la possibilité de partager des listes de lecture entre amis et de consulter les pages personnelles ou blogs d'artistes, nombreux sur le site. Il prévoit aussi des ventes d'autres produits, type T-shirts ou places de concerts.

MySpace Music entrera ainsi en concurrence avec le leader du secteur, le site iTunes d'Apple, ou encore Amazon.com, qui avait aussi reçu l'appui des majors.

L'industrie du disque s'efforce de générer de nouveaux revenus sur internet pour compenser la baisse des ventes de disques, conséquence du piratage, avec des ventes globales ramenées à 11,5 milliards de dollars en 2006 contre 15 milliards en 1999.

Actualités musicales du 5 avril 2008

Amy Winehouse chantera
au festival Rock en Seine

Amy Winehouse, jeune diva de la soul britannique, qui vient de rafler cinq « Grammy Awards » -plus prestigieuses récompenses de la musique anglo-saxonne- en février, donnera au festival Rock en Seine, les 28 et 29 août à Saint-Cloud, un unique concert en France, ont annoncé les organisateurs jeudi.

Amy Winehouse avait annulé sa venue à ce même festival l'année dernière.

La presse britannique avait alors annoncé que cette chanteuse, connue pour ses excès de drogues et d'alcool, une tendance avouée à l'automutilation, à l'anorexie et à la boulimie, avait été admise en cure de désintoxication.


Amy Winehouse, « Back to Black »

La chanteuse de 24 ans à la voix grave troublante et au look trash, dont les chansons évoluent entre soul style Motown et rap londonien, a entre autres reçu en février à Los Angeles le grammy de « meilleure révélation » et celui de « meilleur disque de l'année ».

Stacey Kent, la plus française
des voix américaines

La jazz-woman Stacey Kent, en tournée à Nancy et bientôt à Montpellier, est sans doute la plus française des voix américaines, qui revisite avec bonheur Serge Gainsbourg après Charles Trenet et Michel Legrand.

« La France, je la porte dans mon coeur », dit-elle de sa voix douce au public venu à Ludres (Meurthe-et-Moselle), pour un concert organisé en avant-première des Nancy jazz pulsations (7 au 18 octobre).


Stacey Kent, « The Boy Next Door »

La déclaration d'amour est en français, comme l'interview accordée à l'AFP, car la chanteuse parle couramment la langue de Molière que lui a enseignée son grand-père... un Russe qui vécut un temps dans l'Hexagone avant de s'installer en Amérique du Nord.

« Il disait qu'il était le Russe le plus français qui habitait aux Etats-Unis », raconte Stacey Kent, « c'est lui qui m'a donné la passion pour la culture française. »

La mère de la chanteuse poursuit l'oeuvre francophile de l'aïeul. Pianiste confirmée, elle éduque l'oreille de sa fille avec Chopin, Ravel ou Debussy. « J'ai grandi avec la musique », indique-t-elle, « j'ai toujours chanté, pour moi et pour ma famille ».

Durant ses études, Stacey Kent, née il y a 40 ans à New-York, visite l'Europe et séjourne un an et demi à Paris où elle court les cinémas pour « apprendre le français ». Dans son dernier album, « Breakfast on the morning tram » (2007), la chanteuse reprend une chanson du film de Claude Lelouch « Un homme et une femme », « Samba Saravah », du guitariste brésilien Baden Powell traduite par Pierre Barouh.

L'Américaine part ensuite à Londres où elle rencontre son mari, le saxophoniste Jim Tomlinson. Elle remporte le British jazz Award en 2001 et est élue « meilleure chanteuse de jazz » par la BBC en 2002.

Ses albums sont souvent disques d'or. Dans son dernier, outre quatre compositions, elle s'attaque au monument Gainsbourg.

« Serge Gainsbourg m'émeut. Il est chaleureux et froid, plein de joie et de tristesse. Il est une métaphore, celle de la condition humaine », explique la chanteuse.

Le grand Serge, ainsi décrypté, n'aurait sans doute pas renié son adaptation de « Ces petits riens » et de « La saison des pluies ».

« Peut-être suis-je la plus Française des américaines vivant en Angleterre? », s'interroge-t-elle, avec un clin d'oeil pour son grand-père. Le public lorrain, lui, a longuement applaudi la chanteuse qui se produira à Montpellier samedi et terminera sa tournée le 14 août à Marseille, après une vingtaine de concerts.

Dominique Meyer fête sa 10e saison
à la tête du Théâtre des Champs-Elysées

Le Théâtre des Champs-Elysées à Paris a présenté à la presse vendredi sa saison 2008-2009, qui sera la 10e et avant-dernière du directeur général Dominique Meyer, appelé à prendre la tête de l'Opéra de Vienne en septembre 2010.

Le théâtre (plus de 1.900 places) de l'avenue Montaigne lèvera le rideau quelque 200 fois avec quatre productions lyriques mises en scène, de nombreux opéras en concert et oratorios, le gotha européen des orchestres, des récitals, de la danse et même du jazz.

Artisan en 1987 du réveil d'« Atys », acte fondateur du renouveau baroque français, William Christie retrouvera Lully avec « Armide », dans une mise en scène du Canadien Robert Carsen.

Mozart sera bien représenté, avec un nouveau « Cosi fan tutte » confié à Jean-Christophe Spinosi (direction) et au sociétaire de la Comédie-Française Eric Génovèse (mise en scène), ainsi qu'une reprise des « Noces de Figaro » réglées par Jean-Louis Martinoty, Marc Minkowski officiant dans la fosse.

La quatrième production scénique sera un spectacle (« Altre stelle ») de Juliette Deschamps conçu à partir d'airs d'opéras français chantés par la soprano italienne Anna Caterina Antonacci.

La série d'opéras en concert et d'oratorios rassemblera des titres plus ou moins connus, dont un cycle Haendel (deux « Messie », « La Résurrection », « Jephté », « Athalie »), spécialité de la maison.

Côté orchestres, outre ses résidents (Philharmonique de Vienne pour trois concerts, National de France, Ensemble orchestral de Paris, Lamoureux), le Théâtre des Champs-Elysées accueillera une quinzaine de formations étrangères, dont quatre londoniennes (Philharmonique de Londres, Philharmonia, Symphonique de la BBC, Orchestre de l'âge des Lumières).

Le président du Théâtre des Champs-Elysées, Raymond Soubie, par ailleurs conseiller social de l'Elysée, a dit vendredi que le successeur de Dominique Meyer serait nommé « dans un petit nombre de semaines ». Vingt-deux candidatures ont été enregistrées.

Le Théâtre des Champs-Elysées est la quatrième institution lyrique et musicale de la capitale par son budget (environ 1 » millions d'euros dont près de 7 abondés par la Caisse des dépôts) après l'Opéra de Paris, le Châtelet et l'Opéra-Comique.

Les festivals de musique classique
déplorent l'attitude distante de l'État

Les 9 » festivals de musique, principalement classique, regroupés au sein de l'association France Festivals déplorent « l'attitude distante de l'Etat face aux problèmes qu'ils rencontrent », dans un communiqué transmis vendredi à l'AFP.

« Malgré l'annonce d'une enveloppe additionnelle des crédits de l'Etat en faveur du spectacle vivant ( »4,8 millions d'euros, NDLR), de nombreuses Drac (directions régionales des affaires culturelles) annoncent une baisse des subventions », dénonce France Festivals.

Selon l'association, « beaucoup d'autres » Drac « n'ont pas communiqué de chiffres alors que les artistes ont déjà été engagés ».

France Festivals regrette également que, « malgré sa demande expresse et légitime », elle ait été « exclue des groupes de travail institués dans le cadre des Entretiens de Valois » sur le spectacle vivant.

L'association demande donc « solennellement à Madame Christine Albanel (ministre de la Culture) que la place des festivals de musique et de France Festivals soit véritablement reconnue par le ministère de la Culture ».

Dans ce texte approuvé à l'unanimité en assemblée générale, les festivals de musique classique soulignent leur « poids dans le champ du spectacle vivant », avec chaque année l'organisation de plus de 2.000 spectacles, l'accueil d'un million de spectateurs et l'engagement de 25.000 artistes.

France Festivals regroupe 9 » manifestations, dont quelques-unes des plus importantes en France dans le domaine de la musique classique comme le Festival de Radio France et Montpellier, La Folle Journée de Nantes et les Chorégies d'Orange.

Au Châtelet, un festival de danse
en forme de tour d'Europe des compagnies

Le Théâtre du Châtelet devait lancer vendredi soir un festival de danse riche de 18 représentations assurées jusqu'au 16 mai par six compagnies européennes, dont deux (Aterballetto et le Ballet d'Europe) n'étaient encore jamais venues à Paris, a-t-on appris auprès de l'institution.

Les troupes programmées, de formation classique, seront originaires de France (ballets de Lorraine et d'Europe) mais aussi de Finlande (Tero Saarinen Company), Allemagne (Ballet de Hambourg), Italie (Aterballetto) et Espagne (Compania Nacional de Danza).

« Toutes ont ce point commun de ne pas produire de la danse confidentielle mais développent un vrai sens du spectacle, accordant une place importante à la musique, aux décors, aux costumes et à la vidéo », explique le directeur général du Châtelet, Jean-Luc Choplin, dans sa « note d'intention ».

Le festival s'ouvre ce week-end (vendredi et samedi) avec un programme franco-finlandais sur des musiques de Stravinsky.

La Tero Saarinen Company, invitée dans le cadre de l'Année de la Finlande en France, interprètera « Hunt » d'après « Le Sacre du printemps ».

Dans la même soirée, le Ballet de Lorraine dirigé par Didier Deschamps proposera une double lecture des « Noces », la première dans la chorégraphie (192 ») de Bronislava Nijinska pour les Ballets russes — accueillis au Châtelet dès 1909 —, la seconde (« Mariage ») dans une création de Tero Saarinen.

Fondé en 200 », installé à Marseille et animé par Jean-Charles Gil, le Ballet d'Europe créera les 8 et 9 avril « FOLAVI » sur des musiques de Vivaldi et interprètera « Mireille » dans une transposition instrumentale de l'opéra de Gounod.

Puis le Ballet de Hambourg sera présent presque une semaine entière (six représentations du 16 au 20 avril) avec « Mort à Venise », chorégraphié par son directeur depuis 197 », l'Américain John Neumeier, un maître du style néoclassique.

Aterballetto fera ses débuts à Paris par trois fois du 2 » au 25 avril avec deux pièces (« Wam » et « Cantata ») de l'Italien Mauro Bigonzetti.

Enfin, l'Espanol Nacho Duato donnera cinq représentations d'« Alas » avec sa Compania nacional de Danza (compagnie nationale de danse).

Villa Médicis : les candidats à la direction
doivent postuler d'ici le 16 avril

Recherche directeur pour la Villa Médicis: pour la première fois, un appel à candidatures très officiel a été lancé pour ce poste prestigieux et convoité, alors que certains s'interrogent sur le rôle de l'Académie de France à Rome, au grand dam de ses nombreux défenseurs.

Les candidats ont jusqu'au 16 avril pour postuler, a annoncé vendredi Hugues Gall, président de la toute nouvelle commission chargée d'« éclairer le choix du gouvernement » pour la direction de cette institution.

« Les jeux ne sont pas faits », a déclaré M. Gall à la presse à l'issue de l'installation de la commission par la ministre de la Culture, Christine Albanel. « On crée un appel d'air frais », a souligné l'ancien directeur de l'Opéra de Paris.

La commission, composée de dix personnalités du monde de la culture, a été créée fin mars sur décision de l'Elysée pour calmer le jeu, à la suite du tollé provoqué par l'annonce officieuse d'une prochaine nomination de Georges-Marc Benamou, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy, à la tête de la Villa Médicis. Dans la foulée M. Benamou a renoncé à se présenter.

Mme Albanel a demandé à la commission de lui rendre ses propositions « pour le  »0 mai ». L'actuel directeur de la Villa Médicis, le scénographe Richard Peduzzi, doit quitter ses fonctions fin août.

Dans une première phase, les candidats doivent envoyer un curriculum vitae « le plus complet possible ». Ensuite, la commission sélectionnera un certain nombre d'entre eux afin de les auditionner. « Si nous pouvions avoir une dizaine, une vingtaine de candidats sélectionnés, ce serait magnifique », a précisé M. Gall.

Au terme du processus, la commission devrait suggérer peut-être « quatre ou cinq noms » à la ministre. « Mme Albanel transmettra sa proposition au président de la République qui, en dernière analyse, tranchera », a dit M. Gall.

Le prochain directeur devra avoir « une expérience », « un certain rayonnement dans les actions menées ou les oeuvres accomplies », indique le conseiller d'Etat. « Des notions de gestion peuvent être un plus », « une certaine connaissance de la langue italienne » également, a poursuivi M. Gall.

Créée par Colbert en 1666, l'Académie de France à Rome accueille des artistes pensionnaires et organise de nombreuses manifestations culturelles.

Le rôle de la commission n'est « pas de repenser la Villa Médicis », a souligné M. Gall. « Ce sont les candidats qui, par leur projet, diront à quoi elle sert », a-t-il ajouté.

Depuis quelques jours, des critiques sur l'Académie de France à Rome ont fleuri. Il y a d'abord eu, dans le Figaro de lundi, une tribune de « Lysias », un haut-fonctionnaire anonyme, évoquant une institution « moribonde » et d'un « anachronisme coûteux ».

Le vice-président du Sénat Adrien Gouteyron (UMP, Haute-Loire) se demande pour sa part « à quoi sert la Villa Médicis? », à la page Débats du Monde daté de vendredi. Il la juge « coupée du monde et de la création », « coûteuse et obsolète ». Il préconise une rationalisation des moyens consacrés aux résidences d'artistes.

Interrogé par l'AFP, Richard Peduzzi se dit « choqué par ces attaques ». « Nous avons depuis six ans une programmation d'une densité exceptionnelle avec des moyens moindres », a-t-il déclaré.

Ancien directeur de la Villa Médicis, Bruno Racine défend lui aussi « ce lieu presque unique au monde », dont le coût n'a « rien d'extravagant ». La Villa Médicis n'est « pas un lieu de farniente », déclare à l'AFP l'actuel président de la BNF. Prétendre que les pensionnaires passent « des vacances aux frais de la République est scandaleux », ajoute-t-il.

Pour le ministère de la Culture,
les grandes orientations sont confirmées

Les mesures annoncées vendredi dans le cadre de la réforme de l'Etat concernant le ministère de la Culture confirment les grandes orientations publiées en décembre - resserrement du nombre de ses directions et nouvelle gestion des musées notamment -, avec quelques précisions.

Ces grandes orientations ont déjà provoqué de nombreuses manifestations de la part des agents du ministère de la Culture, notamment dans le monde des musées, qui craignent une « politique d'externalisation, de filialisation et la remise en cause du statut des personnels ».

Les quelques précisions apportées vendredi sont les suivantes :

- L'administration centrale du ministère passera de dix directions générales à trois, auxquelles s'ajoutera un secrétariat général.

- Les musées nationaux vont « resserrer et rénover » les liens existants avec la Réunion des Musées Nationaux (RMN), hors nouveau type de gestion pour quelques uns d'entre eux. Certaines activités commerciales de la RMN seront filialisées.

- Trois musées deviendront des établissements publics : le musée Picasso, le château de Fontainebleau et le musée national de la céramique associé à la Manufacture nationale de Sèvres. Le musée de l'Orangerie sera rattaché au musée d'Orsay.

- Une liste de musées et monuments transférables aux collectivités territoriales qui le désirent devra être arrêtée avant la fin juillet.

Les mesures reprennent certaines orientations déjà annoncées :

- Regroupement du Palais de la découverte et de la Cité des sciences et de l'industrie.

- Regroupement de l'audiovisuel extérieur public

- Rénovation du statut du Centre national de la Cinématographie.

Le chanteur de Procol Harum
gagne les pleins droits
de la chanson  « A Whiter Shade of Pale »

Le chanteur du groupe britannique Procol Harum s'est vu attribuer les pleins droits de la chanson culte « A Whiter Shade of Pale ». La cour d'appel de Grande-Bretagne a donné raison vendredi à Gary Brooker et renversé une décision de première instance qui avait octroyé 40% des droits d'auteur à l'ancien organiste du groupe Matthew Fisher.


Procol Harum, « A whiter shade of pale »,  1967

La cour a reconnu la contribution comme co-auteur de Matthew Fisher, qui a composé la partition d'orgue de la chanson popularisée en 1967, mais ne lui a pas accordé de droits sur les royalties passées ou à venir.

Le magazine « Rolling Stone » classe le slow « A Whiter Shade of Pale » 57e meilleure chanson de tous les temps dans son top 500.

Matthew Fisher, qui a quitté Procol Harum en 1969, exerce maintenant le métier de programmeur informatique, tandis que le chanteur Gary Brooker effectue toujours des tournées avec le groupe.

Actualités musicales du 6 avril 2008

Salzbourg célèbre le 100e anniversaire
de la naissance de Karajan

Salzbourg, la ville natale du chef d'orchestre Herbert von Karajan, a marqué samedi le 100e anniversaire de sa naissance, le 5 avril 1908, par une cérémonie d'hommage en présence du président de la République autrichienne, Heinz Fischer.

« Karajan était un citoyen du monde par excellence, qui était chez lui sur toutes les grandes scènes du monde. Mais son véritable foyer était Salzbourg », a déclaré la gouverneur de la province, Gabi Burgstaller.

La cérémonie, ponctuée par un quartette du Philharmonique de Vienne, s'inscrivait dans une série d'hommages rendus durant toute l'année à l'artiste en Autriche, en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Suisse et au Japon.

L'opéra de Zurich (Suisse) programmait de son côté samedi, égalemement en hommage à Karajan, une reprise du « Chevalier à la Rose » de Richard Strauss, sous la direction de l'Autrichien Franz Welser-Möst.

Salzbourg avait donné le coup d'envoi des festivités le 5 janvier, avec un concert où l'Orchestre du Mozarteum avait joué, dans le Palais des festivals qu'avait fait construire Karajan en 1960, le même programme que celui qu'il avait dirigé lors de ses débuts le 22 janvier 1929.

Karajan, qui dirigea en parallèle plusieurs formations de prestige, dont le Philharmonique de Berlin, avait choisi de faire de sa ville natale le centre de ses activités après avoir pris son essor professionnel dans l'Allemagne nazie des années 19 »0.

En 1956, il prit les rênes du Festival de Salzbourg, qu'il dirigea d'une poigne de fer jusqu'à sa mort en 1989. Il y créa en outre, en 1967 et en 197 », les Festivals de Pâques et de Pentecôte.

Le Festival de Salzbourg programmera cet été, en hommage au maestro, « Un Requiem allemand » de Brahms interprété par le Philharmonique de Vienne sous la direction de Riccardo Muti.

Marathon nordique
pour l'Orchestre de Bretagne

L'Orchestre de Bretagne se lance lundi et jusqu'au 11 avril à Rennes dans un « Marathon XXI », avec cinq soirées consacrées à des compositeurs contemporains, dont Thierry Escaich et des créateurs originaires d'Europe du Nord.

Le chef estonien Olari Elts, conseiller artistique de la formation bretonne depuis septembre 2006, dirigera deux concerts: le premier avec son ensemble balte et contemporain NYYD, le second à la tête de l'Orchestre de Bretagne, à chaque fois avec la participation de la soprano espagnole Arianna Savall.

Au programme: Erkki-Sven Tüür (avec en création un concerto avec l'accordéoniste Mika Väyrinen), Magnus Lindberg, Arvo Pärt ou Kaija Saariaho, mais aussi Thierry Escaich, « artiste associé » de l'orchestre rennais en tant que compositeur et organiste.

L'Orchestre de Bretagne profitera de ce mini-festival pour mettre en valeur son équipe artistique collégiale, unique en France. Ainsi, son jeune « chef associé » Lionel Bringuier sera à la baguette entre autres dans la musique d'Esa-Pekka Salonen — son maître au Philharmonique de Los Angeles —, en compagnie notamment du pianiste Michel Dalberto (autre « artiste associé »).

Printemps Messiaen
pour l'Orchestre des jeunes de la Méditerranée

L'Orchestre des jeunes de la Méditerranée tiendra sa session de printemps du 11 au 20 avril en fêtant le centenaire de la naissance d'Olivier Messiaen (1908-1992), dont il travaillera « Des Canyons aux étoiles ».

La formation de jeunes donnera ce chef-d'oeuvre en concert par deux fois (le 19 à Nice, le 20 à Marseille) sous la direction musicale de Philippe Bender et en compagnie de l'un des grands spécialistes de Messiaen, le pianiste Roger Muraro.

Créé en 1984, l'Orchestre des jeunes de la Méditerrannée Provence-Alpes-Côte d'Azur — son nom complet depuis qu'il s'est recentré sur sa région d'origine, après avoir été ouvert sur l'ensemble du bassin méditerranéen — accueille 41 jeunes musiciens issus des conservatoires de PACA.

Sur le port de Marseille,
on y danse, on y danse

Le Port de Marseille a annoncé vendredi qu'il accueillerait exceptionnellement en juin-juillet huit spectacles de danse du Festival de Marseille organisés dans un hangar portuaire promis à la démolition.

Du 1er juin au 17 juillet, huit représentations de danse contemporaine seront données dans le hangar 15 près de la porte d'accès N°4, qui doit ensuite laisser place à un futur terminal de voitures.

Les spectateurs, au nombre de 800 par soirée, seront acheminés par navette maritime depuis le Vieux-Port et traverseront les bassins avec une visite commentée pour découvrir l'activité portuaire, précise un communiqué publié au terme d'un conseil d'aministration du port. Un acheminement par bus sera également assuré.

L'aménagement du hangar et de ses abords sera réalisé par le Festival, qui s'engage également à se conformer à l'ensemble de la réglementation portuaire. Ainsi, la liste des festivaliers devra être transmise avant chaque spectacle, en raison notamment de l'application de Vigipirate.

Le Port précise qu'il « mettra les espaces à disposition du Festival de Marseille à titre gracieux et s'associera à cette édition exceptionnelle ».

Dianne Reeves, Lizz Wright à Paris :
deux chanteuses qui bousculent les genres

Au-delà de leurs différences, les chanteuses afro-américaines Dianne Reeves et Lizz Wright, bientôt en concert à Paris, la première lundi au Grand Rex, la seconde le lundi suivant au New Morning, ne se laissent pas enfermer dans un genre, le jazz, et flirtent avec d'autres musiques.


Dianne Reeves, « In Your Eyes » (Live Bern Jazzfestival 2000)

Dianne Reeves, 51 ans, a débuté à la fin des années 70. Avant de s'orienter plus franchement vers le jazz, cette chanteuse de Detroit, la ville de Tamla Motown, célèbre maison de disques (Marvin Gaye, Temptations...), a navigué entre jazz, rhythm'n blues et même disco.

Si elle fait désormais partie intégrante de la famille du jazz à travers le célèbre label Blue Note, elle revendique toujours une certaine liberté et un désir d'ouverture.

Sur son nouvel album « When you know », cette inconditionnelle de Sarah Vaughan se permet quelques digressions, interprétant une chanson des Temptations, une autre de Minnie Ripperton, et concluant par un blues échevelé.

Cette contre-alto peut sur scène sauter d'un standard à un gospel aux accents soul, une bossa, un blues, et émouvoir en chantant de manière habitée « How deep is your love? » des Bee Gees, comme l'an dernier à la Salle Pleyel à Paris.

Lorsque Dianne Reeves a débuté, Lizz Wright n'était pas encore née.

A 27 ans, cette chanteuse originaire de la campagne, en Georgie, une région sudiste de forte tradition musicale noire-américaine, publie son troisième album, « The Orchard » (Verve/Universal-Jazz).

Plus encore que son aînée, Lizz Wright échappe aux étiquettes.

Remarquée alors qu'elle interprétait des chansons de Billie Holiday, cette fille d'un pasteur, élevée au biberon du gospel, au timbre chaud et grave, passe en revue avec recueillement, et ce mélange de spontanéité et de sophistication qui font d'elle une digne héritière de Cassandra Wilson, toute une gamme de musiques populaires: folk, jazz, soul, gospel, blues...


Lizz Wright, « Stop »

Catherine Ringer retrouve la scène
à Toulouse
après la mort de Fred Chichin

Catherine Ringer a repris vendredi soir au Zénith de Toulouse devant 2.500 personnes une tournée interrompue par la disparition quatre mois plus tôt de l'autre moitié des Rita Mitsouko, son compagnon Fred Chichin mort le 28 novembre des suites d'un cancer foudroyant.

Catherine Ringer
Catherine Ringer 

21 heures pile: elle apparaît sur scène avec ses quatre musiciens, en robe noire et bas noirs, haut blanc et chapeau claque. « Mesdames mesdemoiselles messieurs, mes demoiseaux, bonsoir! ». Le public applaudit lorsqu'elle fait part de l'« émotion qui nous pousse à faire des tournées » et annonce: « on va faire qu'est-ce qu'on peut sans Fred Chichin ».

Le concert démarre avec « l'ami ennemi » tiré de « Variéty », le dernier album des Rita Mitsouko.

Les fans retrouvent la fameuse voix puissante de Catherine Ringer dès le deuxième titre, « Communiqueur d'amour », qu'elle accompagne d'un soupçon d'harmonica et de pas de danse accomplis avec un large sourire.

Le public, essentiellement des trentenaires et des quadragénaires, vibre et frappe dans ses mains, mais garde une certaine retenue.

Premier des tubes, « C'est comme ça » est accueilli avec ferveur.

Les quatre musiciens du groupe, constitué par les Rita Mitsouko pour présenter sur scène l'album « Variéty », sorti en avril 2007, déroulent les titres que de nombreux fans reprennent.

Dans le public, Eric et Karine, un couple de quadragénaires en jeans, venu de Saint-Sulpice-sur-Lèze, près de Toulouse, « des fans de la première heure » des Rita Mitsouko, mais qui ne les avait jamais vus sur scène.

« On voulait être là par rapport à Catherine. Est-ce que ça continuera? » s'interroge Eric. Tous deux se disent « admiratifs devant l'énergie de la chanteuse » et espèrent qu'« après le choc, elle rebondira ».

La tournée, intitulée « Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko and more », comprend 20 autres concerts dont l'un au Printemps de Bourges (18 avril), deux à la Cigale à Paris (19 et 20 avril), et un à L'Olympia (12 mai). Outre la France, elle se produira trois fois en Allemagne, une fois à Londres et une autre à Lausanne (Suisse).

Un Stradivarius vendu 1,27 million de dollars
aux enchères à New York

Un violon du maître-luthier italien Stradivarius a été vendu vendredi aux enchères à New York pour 1,27 million de dollars, a annoncé la maison Christie's.

Ce violon, baptisé « le Penny » du nom de sa précédente propriétaire, la violoniste anglaise Barbara Penny décédée l'an dernier, était estimé entre 1 et 1,5 million de dollars.

Le record réalisé aux enchères pour un Stradivarius est de  »,5 millions de dollars. Il a été atteint lors d'une vente à New York en mai 2006 par le « Hammer », baptisé ainsi en l'honneur de Christian Hammer, un collectionneur suédois du XIXe siècle.

Antonio Stradivari était actif à Crémone, en Italie du nord, où il a fabriqué des violons mais aussi des harpes, des violoncelles et des guitares jusqu'à sa mort en 17 »7. Il aurait réalisé au total 1.100 instruments, dont 650 ont été conservés.

Actualités musicales du 7 avril 2008

Mort du compositeur Jacques Bondon

Jacques Bondon, est décédé à l'âge de 80 ans, a-t-on appris dimanche auprès de son entourage. Une cérémonie d'adieu aura lieu en l'église de Saints (Seine-et-Marne) lundi à 14h30.

Né le 6 décembre 1927 à Boulbon, petitvillage provençal, Jacques Bondon « monte » à Paris à l’âge de dix-neuf ans pour étudier  successivement le violon avec André Proffit, l’harmonie et le contrepoint avec Georges Dandelot et Charles Koechlin et la composition au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris avec Darius Milhaud et Jean Rivier.

En 1962 il fonde l’Orchestre de Chambre de Musique Contemporaine (OCMC) qui devient en 1968 l’Ensemble Moderne de Paris (EMP), avec lequel il donne de nombreux concerts consacrés aux musiciens de notre temps.

L’oeuvre de Jacques Bondon accorde une priorité absolue à l’intuition, la sensibilité et l’émotion. Son catalogue comporte environ soixante-dix oeuvres, dont cinq opéras et deux oratorios.

En plusieurs occasions, il a été sollicité pour composer la musique de grands spectacles comme celui du premier feu d’artifice avec musique synchronisée du 8 mai 1965 à Paris, ou celle de l’ouverture officielle des jeux olympiques d’hiver de Grenoble en 1968.

Des récompenses honorifiques ont régulièrement jalonné son parcours, comme le 1er Prix du Concours Nicolas Obouhov (1957), le Grand Prix Musical du Conseil Général de la Seine (1963), le 2d Prix du Concours « Prince Rainier III » de Monaco, le Grand Prix de l’Académie du Disque Français (1972) ou encore le Prix Henri Dauberville de l’Institut de France (1979).

Le catalogue de ses œuvres, chez l'éditeur Max Eschig

Alain Bashung : baptême réussi à Lille
pour la tournée « Bleu pétrole »

Alain Bashung a inauguré samedi soir à Lille la tournée de « Bleu pétrole », album de l'épure et de la mélodie auquel la scène rend justice: à la fois différent et dans la parfaite observance de l'orthodoxie « bashungienne ».

Dans l'écrin de l'Aéronef, une salle de 1.900 places qu'il parraine depuis 1989 et où il donne régulièrement la première impulsion à ses tours de chant, Bashung, 60 ans, a égrené en deux heures les plus belles pages de son nouvel opus, le douzième, unanimement salué par la critique.

Réfugié derrière ses inamovibles lunettes aux verres fumés, cheveux et teint de craie dissimulés sous un chapeau de feutre noir, il a logiquement ouvert par « Comme un Lego », magistral morceau de dix minutes signé par un Ovni de la scène française, Gérard Manset.

De Manset, il a également repris « Vénus » et « Je tuerai la pianiste » qui figurent également sur « Bleu pétrole ». « Il voyage en solitaire », reprise dudit Manset et dernier titre de l'album, n'était pas au programme.

Aussi convaincant dans la langueur (« Madame rêve ») que dans l'éclat (« Osez Joséphine »), Bashung pose une voix grave et cristalline sur les arabesques de son violoncelliste ou les arpèges saturés de son guitariste.

A l'épure musicale répond l'épure scénique: hormis la présentation du groupe, il n'aura pas adressé dix mots au public. « C'est le premier soir d'une tournée. Merci », a-t-il lancé pour justifier un temps mort.

Si l'auteur de « Ma petite entreprise » (paroles de Jean Fauque) ne se paye pas de mots, il est néanmoins pris en flagrant délit de plaisir de scène, un exercice qu'il redoute et dit sublimer par le « courage des timides », comme il l'a expliqué à Nord-Eclair.

Plongé dans un puits de lumière bleue, seul à la guitare, il se fera pardonner en fin de rappel avec « Night in white satins » des Moody blues qui se conclut par un très aérien « I love you », adressé aux spectateurs conquis.

Sa femme Chloé Mons, seule sur scène avec une sorte de ukulélé électrique, assure la première partie. Son album, « La ballade de Calamity Jane », a été coécrit par Bashung.

Ils seront à l'Olympia les 10 et 11 juin et aux Francofolies de La Rochelle le 11 juillet. La tournée s'achèvera le 10 août au Festival du Bout du monde de Crozon (Finistère).

Actualités musicales du 8 avril 2008

Boris Charmatz est nommé directeur
du Centre chorégraphique national de Rennes

Le danseur et chorégraphe Boris Charmatz, 35 ans, a été nommé directeur du Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne (CCNRB), a annoncé le ministère de la Culture lundi dans un communiqué.

Il succèdera le 1er juillet à Catherine Diverrès, qui a codirigé le CCNRB à partir de 1994 avec Bernardo Montet et était seule à sa tête depuis 1998.

Marqué par les promoteurs de la « Nouvelle danse » française (Dominique Bagouet, Jean-Claude Gallotta...), Boris Charmatz a acquis une solide formation classique à l'Ecole de danse de l'Opéra de Paris puis au Conservatoire national supérieur de Lyon.

Il a fait ses débuts d'interprète pour des chorégraphes comme Régine Chopinot ou Odile Duboc mais, rejetant selon ses mots les « codes spectaculaires » de certaines compagnies, a rapidement rêvé d'« une danse de rupture » qui puisse s'intégrer dans une démarche « de recherche ».

En 1992, il a franchi une étape en créant l'association pluridisciplinaire « edna ». Ses pièces audacieuses suscitent des rencontres atypiques avec les spectateurs, par l'établissement d'un contact direct (« A bras le corps ») ou personnalisé (« Théâtre-élévision », installation pour un spectateur unique).

Entre 2003 et 2004, il a développé le projet Bocal, école « nomade et provisoire » accueillant jour et nuit une quinzaine d'étudiants.

Son travail s'est enrichi de multiples collaborations, avec le chorégraphe allemand Raimund Hogue, la danseuse Julia Cima ou encore le saxophoniste de jazz américain Archie Shepp.

« C'est dans cet esprit d'ouverture et de perpétuelle recherche qu'il développera son projet chorégraphique au sein du CCN de Rennes », précise le ministère de la Culture.

Dans un entretien à l'AFP en juin 2006, Boris Charmatz n'avait pas caché être intéressé par la direction d'un des 19 centres chorégraphiques nationaux (CCN), ces compagnies nées à partir des années 1980 dans le cadre de la décentralisation culturelle en Ile-de-France et en province.

« Dans la logique initiale de nos projets, ces structures n'étaient pas faites pour nous. Et en même temps, ces lieux, il faut bien les occuper. On y réfléchit, d'autant que les artistes indépendants comme nous sont très peu soutenus », avait-il répondu.

Myung-Whun Chung  est désigné
comme ambassadeur de bonne volonté de l'Unicef

Le chef d'orchestre sud-coréen naturalisé américain Myung-Whun Chung a été désigné lundi ambassadeur international de bonne volonté de l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance), a annoncé le Philharmonique de Radio France, dont il est le directeur musical.

« Nous avons, nous musiciens, les mêmes objectifs que l'Unicef », a déclaré le maestro de 55 ans, cité dans un communiqué de la formation symphonique parisienne.

« Pour nous musiciens, la musique n'est pas seulement un droit, elle doit aider au développement, elle éduque et permet aussi le rêve et l'évasion », a-t-il ajouté.

Myung-Whun Chung était déjà depuis septembre 2007, avec l'ensemble des 141 musiciens de l'Orchestre philharmonique de Radio France, ambassadeur de l'Unicef France.

Il y a « au coeur du projet de ce chef prestigieux et de son orchestre un message d'espoir et d'avenir pour tous les enfants  », a estimé le président du comité français de l'Unicef, Jacques Hintzy, cité dans le même communiqué.

Héritier d'une formation née en 1937, le Philharmonique de Radio France, placé sous la direction musicale de Myung-Whun Chung depuis 2000, est l'un des deux orchestres du groupe radiophonique public (avec l'Orchestre national de France).

Il déploie une grande activité pédagogique, avec notamment 15.000 enfants et jeunes sensibilisés à la musique classique chaque saison.

« Rock stars » du baroque,
les castrats se dévoilent à Angers
jusqu'au 29 juin

L'histoire des castrats italiens, « rock stars » de l'ère baroque, commence à se dévoiler grâce aux récentes découvertes des historiens, mises en lumière à Angers jusqu'à la fin juin à travers une exposition de peinture, des conférences et des concerts.

« Selon certains témoignages de l'époque, probablement un peu exagérés, les femmes se tapaient la tête contre les murs en écoutant les castrats », a expliqué Francesca Boris, conservateur en chef aux Archives d'Etat de Bologne (Italie), lors d'une première conférence consacré à ce sujet.

Une « hystérie collective » s'emparait du public -féminin comme masculin- lorsque apparaissait l'un de ces chanteurs opérés dès l'enfance pour garder une voix aiguë et cristalline, très prisée dans les églises et les opéras aux XVIIe et XVIIIe siècles, a-t-elle rappelé.

Les castrats qui réussissaient étaient « comparables à nos stars du foot ou du rock actuelles », a renchéri Patrick Barbier, historien de la musique, lors de cette même conférence.

Leurs moindres caprices étaient exaucés : ils pouvaient « changer un air qui leur déplaisait ou faire modifier leur costume », chose impensable pour un chanteur d'opéra en France à la même époque, a souligné le musicologue italien Carlo Vitali, un autre conférencier.

Issus de milieux très défavorisés pour la plupart, les castrats les plus doués pouvaient devenir riches et puissants, à l'instar du fameux sopraniste Farinelli (1705-1782), qui devint ministre du roi d'Espagne.

Selon M. Barbier, « des milliers » de petits Italiens furent opérés à la demande de leurs parents qui espéraient, en « sacrifiant » un de leurs garçons, le faire échapper à la misère.

Depuis le récent classement des archives des conservatoires de Naples où les petits castrats étaient éduqués, leur formation est un peu mieux connue, explique M. Barbier.

Plus surveillés que les autres élèves durant leurs jeux, mieux nourris et mieux vêtus, ceux qu'on appelait les « eunuchi » faisaient l'objet d'attentions particulières du fait de leur fragilité, précise ce spécialiste de l'époque baroque.

De récentes études américaines ont également révélé que ces chanteurs castrés vivaient nettement plus vieux que la moyenne, échappant vraisemblablement aux maladies typiquement masculines.

Les connaissances restent cependant parcellaires, en l'absence de documents écrits par les castrats eux-mêmes -exception faites de quelques lettres- qui pourraient éclairer les historiens sur leurs états d'âme.

Le dernier castrat, Alessandro Moreschi, ayant disparu au début du XXe siècle en ne laissant derrière lui que des enregistrements de piètre qualité, on ne peut par ailleurs qu'imaginer ce qu'était la tessiture de ces « eunuques chanteurs », notamment celle des sopranistes, regrette M. Barbier.

Un peu de la vie de ces « rock stars du XVIIIe » est à découvrir jusqu'au 29 juin en la Collégiale Saint-Martin d'Angers, à travers notamment une exposition du peintre Dominique Guillemard et de deux concerts, l'un donné par la mezzo-soprano américaine Vivica Genaux et l'autre par le contre-ténor français Philippe Jaroussky.

Renseignements au 02.41.81.16.00 ou http://www.collegiale-saint-martin.fr

Le Festival de Saintes 2008
de Bach à Messiaen
en passant par Bruckner

Le Festival de Saintes (Charente-Maritime), qui se déroulera cette année du 10 au 20 juillet, offrira un programme éclectique allant de Jean-Sébastien Bach, une spécialité de la manifestation, à Olivier Messiaen pour le centenaire de sa naissance, en passant par Bruckner.

La « Huitième symphonie »