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Actualités musicales
1er avril - 10 avril 2008
Actualités musicales du 1
er avril 2008
Intermittents : le ministère de la
Culture
veut jouer les facilitateurs
A la veille de l'entrée en vigueur, le 1er avril, du
nouveau dispositif pour les intermittents du spectacle, qui oblige leurs
employeurs à réclamer un « numéro de dispositif », le ministère de la
Culture propose d'organiser une réunion d'information entre le monde du
spectacle et l'UNEDIC.
« Dans un souci de pédagogie, le Ministère de la
Culture et de la Communication prendra, dans les prochains jours,
l'initiative d'une réunion d'échanges entre les représentants du secteur
et l'UNEDIC afin d'apporter toutes les précisions utiles sur les modalités
d'application du dispositif », indique-t-il lundi soir dans un
communiqué.
Le ministère indique avoir « été saisi des inquiétudes
suscitées par ce dispositif et des risques de radiation d'artistes et
techniciens du spectacle en cas de non obtention du numéro d'objet par
leur employeur » ainsi que des craintes de lourdeurs administratives.
Il s'agit d'un « travail d'accompagnement et de
pédagogie », a expliqué à l'AFP un responsable, en rappelant que ce
nouveau dispositif avait « été voulu et négocié par les partenaires
sociaux et mis en place par l'UNEDIC en 2006 ».
Des Chorégies d'Orange 2008
aux couleurs françaises
avec « Carmen » et « Faust »
Les Chorégies d'Orange (Vaucluse) ont présenté lundi
leur édition 2008, qui sera très française avec « Carmen » de Bizet et «
Faust » de Gounod, deux opéras placés sous la direction musicale de Michel
Plasson, qui fête ses 75 ans cette année.
Du 12 juillet au 5 août, le festival de plein air
proposera deux nouvelles productions données chacune deux fois et, en
concert, les requiems de Verdi et Fauré. Plus de 40.000 spectateurs sont
attendus.
« Nous essayons de perdurer dans le monde lyrique
national et international en dépit des difficultés », a indiqué lors d'une
rencontre avec la presse à Paris le directeur général des Chorégies,
Raymond Duffaut, évoquant une situation financière « toujours tendue
».
Le festival affiche un budget de 4,2 millions d'euros,
avec un taux d'autofinancement d'environ 80% et des subventions limitées à
870.000 euros, dont 250.000 de l'Etat.
« Cet équilibre fragile nous empêche de prendre un
certain nombre de risques au niveau des titres », estime Raymond
Duffaut.
Le théâtre antique (8. »00 places) devrait faire le
plein les 12 et 15 juillet pour « Carmen », dans la première mise en scène
aux Chorégies de Nadine Duffaut, qui n'a pas l'intention de « lutter
contre le mur romain ».
Elle utilisera le lieu dans son horizontalité, avec un
« arbre déraciné en guise de symbole de la vie » de Don José (le ténor
argentin Marcelo Alvarez) et Carmen (la mezzo française Béatrice
Uria-Monzon).
L'Orchestre de la Suisse romande sera dirigé par Michel
Plasson, qui conduira ensuite (2 et 5 août) le Philharmonique de Radio
France dans « Faust ».
La mise en scène de cette deuxième production a été
confiée à Nicolas Joel, futur directeur de l'Opéra de Paris, dont le
spectacle se jouera devant un buffet d'orgue installé à flanc de mur.
La distribution sera luxueuse: outre le ténor français
Roberto Alagna dans le rôle-titre, elle comprendra la soprano albanaise
Inva Mula (Marguerite), la basse allemande René Pape (Méphistophélès) et
la contralto québécoise Marie-Nicole Lemieux (Dame Marthe).
France 2 diffusera en direct la deuxième représentation
et tentera de faire aussi bien qu'en 2007 avec « Le Trouvère » de Verdi,
qui avait rassemblé 1,8 million de téléspectateurs.
Jérôme Deschamps à l'Opéra-Comique :
acte II d'un projet qui s'amplifie
Le metteur en scène Jérôme Deschamps a présenté lundi
sa deuxième saison à la tête de l'Opéra-Comique, un cru 2008-2009 qui lui
permettra de « donner un peu d'ampleur » à la programmation de la salle
Favart, autour de huit projets lyriques au lieu de cinq.
Comme en 2007-2008, la saison ne durera que sept mois
afin de poursuivre de juillet à novembre 2008 des travaux de rénovation
programmés jusqu'en 2011.
Après le mandat de Jérôme Savary, marqué par des
productions légères restant à l'affiche sur de longues périodes, le
théâtre de la place Boieldieu a adopté en 2007 le fonctionnement d'une
maison d'opéra présentant de nouvelles productions.
« En terme de fréquentation, on est au delà des
objectifs avec un remplissage autour de 90%: j'ai vraiment le sentiment
qu'on répond à une attente, je sens qu'un public est en train de se
constituer », explique à l'AFP Jérôme Deschamps.
Le nouveau maître des lieux souhaite aujourd'hui «
donner un peu d'ampleur à cette histoire », en passant de cinq à huit
projets, chacun prenant la forme d'un mini-festival, grâce au jeu des
coproductions, des accueils, des tournées, mais aussi des reprises avec le
retour dès décembre de « Zampa » d'Hérold.
Le genre opéra-comique, spécialité française marquée
par l'alternance des passages chantés et des dialogues parlés, sera
illustré notamment par une nouvelle production de « Fra Diavolo » d'Auber,
dans une mise en scène de Jérôme Deschamps lui-même.
Après « L'Etoile » en ouverture du « Nouvel
Opéra-Comique » cette saison, un autre ouvrage de Chabrier, « Le Roi
malgré lui » sera donné, cette fois dans un spectacle de Laurent
Pelly.
L'Opéra-Comique se paiera même le luxe de monter la «
Carmen » de Bizet sous la baguette du Britannique John Eliot Gardiner
— en tandem avec la chorégraphe allemande Sasha Waltz —, ce que même
le Châtelet, pourtant mieux doté, n'avait pu s'offrir.
Favart sera aussi baroque avec « Didon et Enée » de
Purcell sous la direction musicale du Franco-Américain William Christie et
dans une mise en scène de la Britannique Deborah Warner mais aussi «
Zoroastre » de Rameau, déjà présenté par le chef Christophe Rousset et le
metteur en scène anglo-libanais Pierre Audi à Drottningholm (Suède) et
Amsterdam.
La musique du XXe siècle (« Albert Herring » de
Britten) et celle d'aujourd'hui (« Lady Sarashina » du Hongrois Peter
Eötvös) seront aussi de la partie.
Le soutien accru du ministère de la Culture à
l'Opéra-Comique (15 millions d'euros de budget dont 10 abondés par la Rue
de Valois) n'a pas fait l'unanimité dans le milieu lyrique français, à
l'heure où plusieurs maisons d'opéra en région redoutaient un
désengagement de l'Etat.
« Notre ambition reste contenue dans son financement »,
assure Olivier Mantei, directeur adjoint de l'établissement.
« Et si on rapporte la subvention au siège (1.216
places à Favart), l'Opéra-Comique est l'un des opéras les moins
subventionnés de France », ajoute-t-il.
Quand Chopin fait danser une star du
Kabuki
à l'Athénée
Un des plus célèbres acteurs-danseurs du Kabuki,
Fukusuke Nakamura, a relevé un défi unique et a priori impossible,
dimanche soir au Théâtre de l'Athénée à Paris, en mariant danse et musique
traditionnelles japonaises à... Frédéric Chopin.
Dans cet écrin fin XIXe siècle, Nakamura a présenté une
création mondiale, « Maïtuzumi », dont le moment fort fut la danse
consacrée à la vie de Chopin, intitulée « Sumire » (violette), la fleur
préférée du romantique polonais.
La star nippone était accompagnée par le jeune pianiste
français Philippe Giusiano, vainqueur du 1 »e Concours international
Chopin, et un ensemble de joueurs de shamisen, instrument traditionnel à
cordes.
« J'ai souhaité que le public français puisse avoir une
approche de Chopin différente à travers la danse. J'ai voulu exprimer la
vérité d'un homme et la pureté d'un coeur humain », a expliqué à l'AFP
Fukusuke Nakamura.
Son spectacle est un double hommage, à Chopin d'abord
mais aussi à Bokusei Mochikuzi, un grand maître du tuzumi (tambourin),
ancien « trésor national vivant » du Japon, décédé en septembre 2007.
A 47 ans, Nakamura fait partie des meilleurs acteurs «
onnagatas » de l'Archipel, ces hommes qui interprètent les rôles féminins
sur la scène du Kabuki. Il s'était produit pour la dernière fois à Paris
en 1985, au Théâtre du Châtelet.
« Ce sera un succès si le public parisien ressent la
personnalité de Chopin », avouait-il avant la représentation.
De fait, sa pièce réussit l'étrange alchimie entre
musique classique européenne et traditions nipponnes de la danse, du
shamisen, du chant et des percussions.
L'histoire raconte la vie de Chopin à travers les
quatre saisons, à la façon japonaise: du printemps, la jeunesse du
musicien en Pologne, à l'été, la maturité, l'automne, la rencontre avec
George Sand, et jusqu'à l'hiver, la séparation, la maladie et la mort.
Aux pas du danseur, revêtu de soieries violettes, et au
son métallique de la harpe japonaise, a répondu le piano de Giusiano,
interprétant les tubes de Chopin. Des lettres du compositeur étaient lues
en français.
Il est vrai que le Kabuki, art théâtral qui mêle danse,
chant et musique, a toujours incorporé des influences extérieures, du
théâtre Nô, du Bunraku (marionnettes) et même de la comédie.
Ainsi, Paul Claudel, ambassadeur de France au Japon
dans les années 1920, a écrit une pièce pour le Kabuki qui a été jouée à
l'Université Waseda de Tokyo par le grand-père de Nakamura.
Selon Fukusuke Nakamura, la musique de Chopin se marie
à la perfection avec la danse de Kabuki et son romantisme avec la
sensibilité japonaise.
« Mais s'il s'agit d'allier la tradition du kimono avec
l'esprit de Paris, il n'est pas question de fusion, d'expérience ou de
concept de mélange des genres », souligne l'onnagata.
« Ce n'est pas un spectacle pour connaisseurs,
l'important c'est l'émotion, c'est un spectacle qu'il faut apprécier
spontanément, sans l'intellectualiser », plaide-t-il.
Après Chopin, Nakamura aimerait bien continuer sur
cette lancée, avec des auteurs ou des musiciens occidentaux...
« Maïtuzumi », qui sera donné le week-end prochain à
Tokyo, s'inscrit dans le cadre du 150e anniversaire des relations
diplomatiques entre la France et le Japon (1858-2008).
Camille : « Des musiques pour le corps
»
Trois ans après « Le Fil », Camille sortira le 7 avril
son troisième album studio, le remarquable « Music Hole » (Virgin/EMI),
essentiellement chanté en anglais et dans lequel elle relève le difficile
pari de se renouveler tout en conservant son originalité.
Construit autour des percussions corporelles, « Music
Hole » est un disque très rythmé, festif et varié.
Camille, »0 ans, va entamer une tournée qui
comprendra quatre concerts au Printemps de Bourges (16-19 avril) et cinq à
La Cigale à Paris (2 »-28 mai). « Le Fil » (500.000 exemplaires vendus
dont 100.000 à l'étranger) lui avait valu le Prix Constantin 2005 et deux
Victoires de la musique en 2006.
Q: Pourquoi ce titre, « Music Hole » (littéralement «
Trou musical »)?
R: « Ca correspondait au disque, un music hall originel
qui mêle la danse, le théâtre, la chanson, la voix. Music Hole, c'est
aussi le trou de la bouche, le trou originel: il y a une dimension
organique avec des percussions corporelles, des polyphonies et de la
musique répétitive. »
Q: Ces chansons très rythmées sont-elles avant tout des
musiques pour le corps?
R: « Ce sont en effet des musiques pour le corps, tout
comme on écrit des musiques pour violon ou piano. Je voulais que les
percussions corporelles et les voix soient la base, j'avais envie de
quelque chose de très solaire. C'est lié au travail que je fais sur la
danse: le rapport qu'a la musique avec le mouvement m'intéresse. J'avais
une envie très forte d'avoir cette pulsation, ce mouvement. »
Q: Vous célébrez le corps après l'âme, puisque vous
interprétiez un répertoire religieux lors de votre mini-tournée « God is
sound »...
R: « Le corps c'est l'âme, tout est lié. C'est tout
l'être qui est dans le son. Bien que je sois athée, ce qui me touche dans
le répertoire religieux, c'est que ceux qui le chantent se donnent, qu'on
croie ou pas en Dieu. Dans ces chants, il y a un don et un investissement
physique très forts, car ils sont antérieurs à l'amplification du son et
sont en plus des chants collectifs. Ca a certainement rejailli sur le
disque. »
Q: D'où vient l'impressionnante variété musicale de
l'album?
R: « Je suis curieuse de sons. Plus ou moins
consciemment, certaines décisions ont été prises pour les arrangements:
revisiter du hip hop à la Timbaland sur la chanson Kfir, quelque chose de
plus minimaliste à la Steve Reich dans The Monk ou Kurt Weill dans Cats
& Dogs. Et la richesse du disque, c'est que je ne suis pas seule
dessus: il y a MaJiKer, les Barbatuques, une troupe de percussions
corporelles brésilienne, le pianiste anglais Jamie Cullum et Sly » («
Human beat box », ou boîte à rythmes humaine, ndlr).
Q: Pourquoi chanter essentiellement en anglais?
R: « Chaque langue a une musique différente, je voulais
voir comment celle-ci allait se mélanger en bouche avec le français. Sur
scène, j'ai bien vu que la langue est une fausse barrière, on se fait très
bien comprendre d'une manière ou d'une autre. Par contre, la barrière est
commerciale. Commercialement, les marchés anglo-saxons se foutent pas mal
de ce qui vient d'ailleurs, c'est un peu de la world music. Mais le public
ne s'arrête pas à ça, c'est plutôt un truc de l'industrie. »
Q: Le succès du « Fil » a-t-il compliqué l'écriture du
nouvel album?
R: « Non, parce qu'une chose mène à l'autre. Le Fil
c'était un moment qui en a amené d'autres. Je n'avais pas envie de refaire
un disque identique, j'étais dans un autre état d'esprit. L'envie
d'explorer a été plus forte que l'éventuelle pression. »
Villa Médicis :
l'Elysée publie la composition
de la commission de nomination
L'Elysée a dévoilé lundi la composition de la
commission chargée de choisir le prochain directeur de la Villa Médicis à
Rome, après la polémique soulevée par la nomination attendue à ce poste
prestigieux de l'ex-conseiller culturel du chef de l'Etat Georges-Marc
Benamou.
Cette commission, dont la présidence a été confiée à
l'ancien directeur de l'Opéra de Paris Hugues Gall, conseiller d'Etat et
membre de l'Institut, sera composée de dix membres, a indiqué la
présidence dans un communiqué.
Participeront à ses travaux l'architecte Paul Andreu,
l'écrivain Edmonde Charles-Roux, le metteur en scène Patrice Chéreau, le
compositeur Pascal Dusapin, l'historien et académicien Marc Fumaroli,
l'ambassadeur Jean Guéguinou, le recteur de l'académie de Paris Maurice
Quenet, la directrice de la danse à l'Opéra de Paris Brigitte Lefèvre et
l'administrateur général de la Comédie française Muriel Mayette.
Conseiller culturel de Nicolas Sarkozy depuis mai 2007,
Georges-Marc Benamou a quitté l'Elysée « à sa demande« au lendemain
des élections municipales. Une source proche de la présidence avait
annoncé le même jour sa prochaine nomination à la tête de l'Académie de
France à Rome.
Même si sa nomination n'a jamais été confirmée
officiellement, le choix de M. Benamou a suscité un profond mécontentement
parmi les représentants du monde de la culture qui ont lancé une
pétition.
Celle-ci comptait jeudi plus de »50 signataires
dont, parmi les derniers venus, Jeanne Moreau, Charles Berling, Marie
Darrieussecq.
Actualités musicales du 2 avril 2008
Les chœurs et orchestres
des grandes écoles (COGE)
recherchent un chef d'orchestre
Nous offrons la possibilité à un(e) chef d'orchestre
professionnel, motivé(e) et dynamique de prendre la direction de
l'orchestre de notre seconde formation, à compter de la rentrée prochaine,
en septembre 2008. La Formation de Chambre (FC), composée de jeunes
musiciens amateurs sélectionnés sur audition (64 instrumentistes et 77
choristes), répète tous les lundis soir à l'ENST (Télécom Paris), Paris 1
»e, ainsi que certains week-ends. Justifiant d'un diplôme de conservatoire
en direction d'orchestre et d'années d'expérience en direction
d'ensembles, les candidats s'efforceront de joindre à leur candidature, un
enregistrement d'un ou plusieurs de leurs concerts, qui mettent en valeur
les différents répertoires abordés.
Gilberto Gil,
une star de la pop afro-brésilienne
dans l'intimité
Gilberto Gil est en tournée, seul avec sa guitare: un
événement dans la carrière de cette star de la musique populaire
brésilienne que l'on voit plutôt dans les festivals jouer, avec son groupe
« Electracustico », une pop afro-brésilienne aux accents funk et
reggae.
Gilberto Gil
Après Bruxelles mercredi et Rotterdam vendredi, cette
icône de la musique brésilienne, devenue ministre de la Culture en 200 »,
fera halte à Paris (Cité de la musique) samedi et dimanche, Lucerne
(Suisse) le 8 avril, Carthage (Tunisie) le 10, Barcelone le 12, Madrid le
14, Lisbonne le 17 et Porto le 19.
Gilberto Gil avait enregistré en 1999 des versions
acoustiques et épurées d'une quinzaine de ses chansons des années 70 et
80, en vue d'un disque qui devait accompagner une biographie.
Le disque, « Gil Luminoso, voz § violao »
(Biscoito Fino/DG Diffusion), n'a vu le jour qu'en décembre 2006. Il
constitue l'essentiel du répertoire de cette tournée, occasion inespérée
de découvrir un Gilberto Gil intime et lumineux, la finesse et la pureté
de ses mélodies, ses talents de guitariste, la justesse de sa voix.
Ce tour de chant comporte aussi des reprises de
chansons des Beatles et de Bob Marley, qui ont profondément marqué sa
carrière.
Né en 1942 à Salvador de Bahia, Gilberto Gil s'est très
tôt passionné pour la musique. Enfant, il apprend l'accordéon, répandu
dans les campagnes du Nordeste et les rues de Bahia, avant d'empoigner une
guitare et de découvrir la bossa.
Chez ce fils de médecin et d'institutrice s'éveille
aussi très tôt une conscience politique.
A Bahia au milieu des années 60, il est avec Caetano
Veloso l'un des leaders du « tropicalisme », un mouvement en réaction
au régime autoritaire de l'époque. Ses prises de position vaudront à Gil
comme à Veloso d'être emprisonnés puis de s'exiler à Londres.
A son retour en 1972, la carrière de ce musicien,
militant tout en étant imprégné de spiritualité, prend une dimension
internationale: Gilberto Gil monte un groupe électrique, ouvre ses
musiques brésiliennes au reggae, à ma musique nigériane, au funk, au
rock....
Cette « starisation » d'un musicien qui tourne
alors avec Jimmy Cliff ou Jorge Ben, ne l'empêche pas de mener à bien des
projets socio-culturels, comme le festival Percpan, axé sur les
percussions, qu'il monte à Salvador.
Sa conscience politique lui vaut d'être nommé adjoint à
la Culture de sa ville vers la fin des années 80, puis en 200 » ministre
de la Culture par le président socialiste Lula, une fonction qu'il occupe
toujours.
Gil n'a jamais non plus renié ses racines, comme en
témoigne la musique du film « La vie peu ordinaire de Dona Linhares »
(2001), où il chante des airs de forro, un style de musique populaire du
Nordeste.
L'Europa Jazz, au Mans
et dans plusieurs départements
jusqu'au 11 avril
Le 29e Europa Jazz propose du 1er avril au 11 mai des
concerts et des animations culturelles au Mans et dans six départements
(Sarthe, Mayenne, Orne, Vendée, Maine-et-Loire, Loire-Atlantique).
Ce festival, dirigé par Armand Meignan, se veut une
vitrine du jazz libre, expérimental et improvisé, avec des musiciens
essentiellement français et européens.
Des figures de ce courant du jazz, telles Michel
Portal, Raymond Boni, Hélène Labarrière, François Corneloup ou Fred Van
Hove seront donc à l'affiche, avec également le pianiste Andy Emler et son
Mégaoctet et le violoniste Dominique Pifarély.
Dans la lignée de sa politique de créations et
d'ouverture, le festival accueillera des invités exceptionnels qui
rejoindront des formations pour les concerts, comme le trio
Celea/Liebman/Reisinger avec le guitariste John Abercrombie.
L'Europa Jazz proposera aussi un jazz plus accessible
au non initié, comme un concert autour de la voix emmené par le chanteur
David Linx le 29 avril au Mans.
Dans le cadre de sa politique de régionalisation, le
contrebassiste Patrice Caratini, à la tête de son Jazz Ensemble et avec la
chanteuse Hildegarde Wanzlawe, présentera son nouveau répertoire sur la
chanson réaliste à l'occasion de sept concerts dans des villes comme
Sablé, La Roche-sur-Yon ou La Ferté-Bernard.
Et comme l'Europa Jazz sait aussi s'amuser: le 26
avril, le long de la nouvelle ligne de tramway au Mans, mille musiciens
joueront en fanfares, harmonies et orchestres. La journée se terminera
avec un bal animé par Tous Dehors, le big band du saxophoniste Laurent
Dehors, et ses standards détournés de la variété et du disco.
Francofolies 2008 :
beaucoup de têtes d'affiche,
et les stars de demain
Les 2 »e Francofolies de La Rochelle, qui se tiendront
du 11 au 16 juillet, offrent une large place aux têtes d'affiche, comme
Dionysos, Lavilliers ou Cali, mais les stars de demain et la chanson
populaire seront aussi à l'honneur, selon le programme présenté mardi.
Cette édition démarrera en fanfare le vendredi 11 avec
sur la grande scène de l'esplanade Saint Jean d'Acre Alain Bashung,
Dionysos et Cali, pendant que la Coursive, la maison de la culture de La
Rochelle, programme un hommage à Nino Ferrer mort il y a dix ans et la
chanteuse israélienne Yael Naim.
Le mercredi 16, la soirée de clôture offrira une
palette haute en couleur avec Dom Tom Folies, neuf artistes des neuf
territoires français d'Outre mer, la Bretonne déjantée Yelle et la
révélation musicale internationale de l'année Mika.
Dans l'intervalle, la grande scène accueillera Tiken
Jah Fakoly et Bernard Lavilliers (le 12), une soirée exceptionnelle
d'hommage à Claude François (le 1 ») pour marquer le »0e
anniversaire de sa mort, Thomas Dutronc, Christophe Willem et Vanessa
Paradis (le 14), et Camille le 15.
Les autres scènes accueilleront entre autres Stephan
Eicher, les Français Moriarty qui chantent en anglais, l'Américaine Stacy
Kent qui chantera en français, Daniel Darc, les Têtes Raides qui fêteront
leur 20eme anniversaire et Pauline Croze. Au total, 116 concerts se
tiendront sur 7 scènes différentes.
Pour la troisième année consécutive, les Francos
juniors proposent des artistes jeunes public, à partir de trois ans. En
marge, se tiendra la première rencontre professionnelle de la chanson pour
enfants.
« Les Francos 2008 restent fidèles à l'esprit de
leur créateur Jean-Louis Foulquier », a estimé le responsable du festival
Gérard Pont. « Toutes les têtes d'affiches de l'année sont là, et
aussi les vedettes de demain comme Yael Naim, Moriarty et Barbara
Carlotti, la chanson populaire et les artistes plus pointus », a-t-il
ajouté.
« Chaque année on essaie d'innover, en proposant
des événements qu'on ne verra pas ailleurs. Ainsi pour la soirée d'hommage
à Claude François, nous allons reconstituer à la lettre son dernier
concert enregistré en 1978, avec une douzaine d'artistes d'aujourd'hui qui
l'interpréteront à leur manière », a-t-il dévoilé.
Actualités musicales du » avril 2008
»-8 avril 2008
Rhône-Alpes
La folle tournée
Événement musical en Rhône-Alpes, cinq ensembles musicaux et cinq
théâtres régionaux s’unissent et orchestrent un voyage des Indes au
Danube, à la découverte de quatre siècles de musique.
On dit de la musique classique qu’elle est savante, difficile d’accès,
qu’elle n’intéresse que les mélomanes, que les places de concert sont
chères. Tordre le cou aux préjugés et aller à la rencontre du public,
c’est le défi que se sont donné cinq salles de théâtre et cinq prestigieux
orchestres de la région Rhône-Alpes. Réunis pour une folle tournée,
pendant deux soirs dans chacun des théâtres, les ensembles proposeront un
spectacle de programmes courts qui permettront au spectateur une incursion
dans les divers registres de la musique symphonique. Un éventail allant du
baroque au contemporain. Divers et gourmands, ces concerts
s’affranchissent de la forme des grandes masses orchestrales.
Premier soir en compagnie de Rameau, Evangelista et Chen, sur la route
de la soie et des Conquistadores. Retour en Europe le second jour, pour un
voyage le long du Danube : musiques classiques et bohèmes de Smetana,
Schubert, Brahms, Martinů, Suk, Zemilinsky et Mahler.
La folle tournée, pour cette première édition, permettra d’entendre les
principaux orchestres symphoniques de la région, accompagnés de
présentations dans le cadre d’actions pédagogiques : ces séries de
concerts ambitionnent d’ouvrir grand les portes d’émotions musicales qui
peuvent parfois paraître inabordables.
La folle tournée bénéficie du soutien de la Région Rhône-Alpes et du
Ministère de la Culture (DRAC Rhône-Alpes).
La 28e édition du Festival Jazz à
Vienne
se déroulera du 27 juin au 11 juillet 2008
Cet été, du vendredi 27 juin au vendredi 11 juillet, la 28e édition
de JAZZ A VIENNE déroule une affiche toujours éclectique et
captivante.
La blonde diva Diana Krall, la suave Stacey Kent ou le
nonchalant Curtis Stigers ne manqueront pas d’enthousiasmer les fervents
amateurs d’art vocal.
Chanteuses et chanteurs croiseront sur la scène du
Théâtre Antique de grandes figures du jazz : le légendaire Colosse du Sax
Sonny Rollins, le révolutionnaire Ornette Coleman, le fascinant Wayne
Shorter, l’insolite Carla Bley ou le charismatique John McLaughlin. De
retour à Vienne, Herbie Hancock présentera un nouveau projet directement
inspiré de son dernier opus dédié à Joni Mitchell, tandis que Chick Corea,
un rien nostalgique, reforme le mythique « Return To Forever », retrouvant
là après plus de »0 ans Stanley Clarke, Al di Meola et Lenny
White.
JAZZ A VIENNE, on le sait, ouvre naturellement ses
scènes aux musiques cousines du jazz. Outre la traditionnelle Nuit du
Blues, avec cette année Buddy Guy ou Eddy « The Chief » Clearwater et la
nouvelle étoile Eric Bibb, au-delà du Gospel qui mêlera l’âme (Soul) de la
Louisianaise Nicole Slack Jones et les chants de Liberté mitonnés par la
Marmite Infernale de l’ARFI avec le Nelson Mandela Metropolitan Choir
d’Afrique du Sud, cette 28ème édition marque également le retour de la
musique brésilienne. Ainsi, le père du « forrock » venu du Nordeste, Alceu
Valença, et le projet inédit de l’emblématique Milton Nascimento ici
associé aux frères Belmondo et à l’Orchestre National de Lyon (sous la
direction de Christophe Mangou) porteront-ils les couleurs d’un
tropicalisme contemporain. Les amoureux du Continent Africain pourront se
réjouir de la présence du prince griot Salif Keita et du maître de la kora
mandingue, Toumani Diabaté. Les passionnés de Soul et de Rhythm’n Blues
auront également leur soirée en compagnie d’Etta James, la shouteuse de
légende désormais entourée de ses fils, et du « Crown Prince of New
Orleans » le chanteur et pianiste Davell Crawford.
Plusieurs hommages émailleront cette 28ème édition
:
en soirée d’ouverture, les parrains du funk
instrumental Fred Wesley et Pee Wee Ellis, tous deux ex-JB’s, rendront un
hommage « africain » (avec Cheik Lô et la chanteuse Wunmi en invités) au «
Godfather » James Brown. Ils seront précédés ce soir-là par la funkateer
californienne RAD (qui fut claviériste de Maceo, Bobby Byrd et
Prince).
Le 10 juillet, l’ENSEMBLE de Basse-Normandie sous la
direction de Dominique Debart, avec en guest star le violoniste Jean-Luc
Ponty, interprèteront « The Big Note Frank Zappa Alchimiste », un hommage
échevelé à Frank Zappa.
Lors de la Nuit de Clôture enfin, l’orchestre débordant
de swing de Claude Bolling invitera le vibraphoniste Dany Doriz pour
célébrer le centième anniversaire de la naissance de Lionel Hampton.
Aux plus curieux, JAZZ A VIENNE réserve le big band
rutilant de la très inspirée Maria Schneider, la virtuosité sensuelle des
saxophonistes transalpins Rosario Giuliani et Stefano di Battista, et le
pianiste compositeur Donald Brown, en compagnie du trompettiste Bill
Mobley, révèlera toute la vitalité contemporaine du Hard-Bop.
La traditionnelle Nuit de clôture (All Night Jazz, le
11 juillet)) proposera jusqu’à l’aube un florilège de styles en bouquet
final : la voix de Stacey Kent, le boogie-woogie du pianiste Jean-Pierre
Bertrand, le mambo de The Big » Palladium Orchestra, le blues funky
de Boney Fields & The Bone’s Project, et enfin Paradox, le trio
lauréat 2007 du tremplin le RéZZo de Jazz à Vienne.
Cette année, c’est Manu Dibango qui participera à la
Création Jeune Public le 27 juin à 10h. Le saxophoniste et showman
camerounais racontera aux 6000 enfants de la région viennoise le fabuleux
voyage du tam-tam de l’Afrique aux Amériques, à travers le terrible
épisode de l’esclavage.
On n’oublie pas non plus toutes les autres scènes et
programmations quotidiennes de Jazz à Vienne : Le Club de Minuit, où cette
année, les femmes (les chanteuses Monnette Sudler, Michèle Hendricks,
Norma Winstone et les instrumentistes Carine Bonnefoy, Sophie Alour,
Géraldine Laurent et Anat Cohen) sont à l’honneur, reçoit également pour
la première fois à Vienne, les musiciens Steve Grossman, Marcin
Wasilewski, Walter Smith et Ambrose Akinmusire. Installé dans son « Magic
Mirror » sur les berges du Rhône à proximité du Jardin de Ville, le Jazz
Mix distille dès 2 »h, une programmation inédite et innovante,
astucieusement concoctée par l’équipe de Mezzo.
La Scène de Cybèle accueille dès 16h les orchestres et
conservatoires régionaux, les big bands des universités internationales ou
les formations du RéZZo le week-end. L’Académie du Jazz retrouve le
Collège Ponsard et organise plusieurs ateliers et master class. Le projet
Caravan’Jazz reprend et sillonne les rues des municipalités voisines, de
nouvelles fanfares et des orchestres animeront le centre ville de Vienne,
et à la Salle des Fêtes de Vienne, XLR/Nico Tico créent 20 000 lieues sous
le jazz, une installation ludique et interactive ouverte à tous.
Festival Jazz à Vienne
21 rue des Célestes - 8200 Vienne
Tél. 04 74 78 87 89
Fax. 04 74 78 87 88
Musicora, salon de la musique classique
à Paris,
joue la carte jeunes
Le salon Musicora, rendez-vous des professionnels de la
musique classique et des mélomanes, tiendra sa 2 »e édition de vendredi à
dimanche au Carrousel du Louvre à Paris en mettant les enfants à
l'honneur, a-t-on appris mercredi auprès des organisateurs.
Le principal salon consacré à la musique classique en
France rassemblera 229 exposants (institutions, éditeurs, facteurs et
vendeurs d'instruments...) venus de France, d'Europe mais aussi du
Québec.
Comme les années précédentes, un Prix de la facture
instrumentale sera décerné: il consacrera pour sa 17e édition la
fabrication d'archets en distinguant Nelly Poidevin.
Avant l'exposition Stradivarius programmée au Musée
Fabre de Montpellier (15- »1 juillet), Musicora présentera un violon Hamma
de 1717. Le luthier palestinien Wissam Joubran viendra pour sa part avec
un oud annoncé comme « exceptionnel ».
Autour de son thème 2008 « sur un air de jeunesse », le
salon mettra l'accent sur « l'accès à la pratique musicale et sur son
enseignement auprès des plus jeunes ».
« L'éducation musicale existe, elle est en plein
développement mais il faut tout faire pour la renforcer », explique à
l'AFP la commissaire générale de Musicora, Jessie Westenholz.
Outre des conférences et des débats, plusieurs ateliers
pédagogiques seront proposés, dont un encadré par des musiciens de
l'Orchestre philharmonique de Radio France autour de « Pulcinella » de
Stravinsky.
Des « moments musicaux des musiciens en herbe » ont
aussi été programmés, notamment par l'Orchestre national de France avec
des élèves des classes à horaires aménagés (CHAM) du collège Rameau de
Versailles.
En outre, des institutions profitent de la vitrine que
constitue Musicora pour mieux se faire connaître. Ce sera le cas de la
Fédération des ensembles vocaux et instrumentaux spécialisés (Fevis), qui
organise jeudi et vendredi son premier festival, avec 20 de ses formations
(illustrant tous les genres, de la musique ancienne à la création
contemporaine ) réparties sur quatre concerts.
L'Orchestre symphonique de
Cincinnati
en tournée en Europe avec Paavo Järvi
L'Orchestre symphonique de Cincinnati, l'une des
principaux des Etats-Unis, entamera vendredi une tournée de 12 concerts
dans cinq pays d'Europe sous la direction de son chef américano-estonien
Paavo Järvi, a-t-on appris mercredi auprès de la formation.
Le périple débutera à Francfort (Allemagne), où le
maestro de 45 ans dirige l'Orchestre symphonique de la Radio de Hesse
depuis septembre 2006.
La formation américaine se rendra ensuite à Munich (le
5 avril), Vienne (6), Stuttgart (8), Amsterdam (9), Paris (10), Hambourg
(12), Dortmund (1 »), Düsseldorf (14), Valence (16), Barcelone (17) et
enfin Madrid (18).
Le concert parisien, programmé à la Salle Pleyel,
devrait être suivi avec intérêt par les connaisseurs de l'Orchestre de
Paris, dont Paavo Järvi, l'un des chefs les plus recherchés de sa
génération, prendra la direction musicale en septembre 2010.
A Paris, le Cincinnati Symphony Orchestra jouera un
programme éclectique comprenant l'ouverture des « Noces de Figaro » de
Mozart, le « Troisième concerto pour piano » de Rachmaninov (avec le Russe
Nikolaï Lugansky en soliste) et la « Dixième symphonie » de Chostakovitch,
l'une des spécialités du chef balte.
Ailleurs, l'orchestre se produira parfois avec la
violoniste néerlandaise Janine Jansen (concertos de Britten et
Tchaïkovski) et dans la « Symphonie n°9 » de Schubert ou une oeuvre d'Arvo
Pärt (« Cantus in memoriam Benjamin Britten »), compositeur estonien dont
Paavo Järvi est un ardent défenseur.
Membre d'une dynastie de musiciens talentueux
— son père Neeme et son frère cadet Kristjan sont chefs également,
tandis que sa petite soeur Maarika est flûtiste —, Paavo Järvi est devenu
en septembre 2001 le 12e directeur musical de l'Orchestre symphonique de
Cincinnati.
Cette formation fondée en 1895 tente aujourd'hui de
concurrencer, avec quelques autres (Los Angeles, San Francisco...) les
historiques « big five », soit les cinq formations des Etats-Unis les plus
réputées dans le monde (Boston, Chicago, Cleveland, New York et
Philadelphie).
Actualités musicales du 4 avril 2008
4 avril 2008, 20h00
le Fresnoy, Tourcoing
Mozart Requiem Version Sigismund Neukomm
CD K617 180
Hjördis Thébault, soprano
Gemma Coma-Alabert, soprano
Simon Edwards, ténor
Alain Buet, baryton
Choeur régional Nord – Pas-de-Calais
La Grande Écurie et la Chambre du Roy
Jean-Claude Malgoire, direction musicale
Le Fresnoy
22 rue Fresnoy
59200 Tourcoing
Tel : 0 ».20.28. »8.00
La Société philharmonique
royale
de Grande-Bretagne,
décerne une médaille d'or
à Henri Dutilleux
La Société philharmonique royale (RPS) britannique a
décerné l'une des plus prestigieuses récompenses de la musique classique
au compositeur français Henri Dutilleux, 92 ans, a-t-elle annoncé jeudi
dans un communiqué.
La médaille d'or de la RPS a été créée en 1870 afin de
commémorer le centenaire de la naissance du compositeur allemand Ludwig
van Beethoven, et porte son effigie. Elle récompense les plus grands
talents de la musique classique.
« Henri Dutilleux a constamment produit un travail
de la plus grande qualité sur l'ensemble de sa longue carrière de
compositeur, conservant avec fermeté ses principes de composition et
résistant aux tendances de la mode pour créer un langage individuel et
puissant, jamais simpliste », a indiqué Graham Sheffield, président de
RPS, cité dans le communiqué.
« Henri Dutilleux représente la lucidité, la
sincérité et la clarté d'expression, et ce sont ces qualités que la
Société philharmonique royale reconnaît et salue », a-t-il ajouté.
La médaille d'or, attribuée à moins de cent personnes
depuis sa création, a été remise au compositeur français mercredi soir au
Wigmore Hall à Londres à la suite d'un concert où ont été jouées plusieurs
de ses compositions, dont une nouvelle version de « Mystère de
l'instant ».
Le dernier récipiendaire français était Pierre Boulez
en 1997, mais la liste, toutes nationalités confondues, inclut Sergei
Rachmaninov, Serge Prokoviev, Simon Rattle, Placido Domingo, Daniel
Barenboim ou encore Charles Gounod, Richard Strauss, Yehudi Menuhin, et
Mstislav Rostropovich.
Pascal Zavaro lauréat 2008
du Grand prix lycéen des compositeurs
Le Grand prix lycéen des compositeurs 2008 a été remis
jeudi à Pascal Zavaro, 48 ans, a annoncé dans un communiqué l'organisateur
de ce concours, la revue « La Lettre du Musicien ».
Le lauréat, qui est également percussionniste, a reçu
un prix de 4.500 euros et une commande de ».500 euros offerts par
l'association Musique nouvelle en liberté.
Il a été récompensé pour « Silicon Music », paru
en CD chez Mandala et en partition aux éditions Billaudot.
Les autres compositeurs en lice, sélectionnés par un
comité composé de musiciens et de journalistes spécialisés, étaient Alain
Celo, Bruno Mantovani, Florentine Mulsant, Colin Roche et Oscar
Strasnoy.
Le Grand prix lycéen des compositeurs a été lancé en
2000 dans le but de faire écouter et analyser des oeuvres de compositeurs
d'aujourd'hui — français ou résidant en France — à des élèves de
lycée ayant une option musique.
Plus de 4.000 lycéens d'environ 180 classes dans 96
établissements ont participé à cette neuvième édition.
Pascal Zavaro succède au palmarès à Laurent Petitgirard
(2000), Anthony Girard (2001), Thierry Escaich (2002), Marc Monnet (200
»), Jean-Louis Florentz (2004), Nicolas Bacri (2005), Guillaume Connesson
(2006) et Martin Matalon (2007).
Première « Folle tournée »
de cinq formations musicales
en Rhône-Alpes
Cinq des meilleures formations musicales de Rhône-Alpes
devaient entamer jeudi soir et effectuer jusqu'au 8 avril une « Folle
tournée » dans la région, avec l'ambition de faciliter l'accès à la
musique classique, a-t-on appris auprès des organisateurs.
Cinq scènes (La Rampe-Echirolles, les théâtres de la
Renaissance à Oullins, de Villefranche-sur-Saône et de Bourg-en-Bresse, la
Maison des arts de Thonon-Evian) accueilleront cette opération devant
toucher 10.000 spectateurs.
Deux programmes couvrant quatre siècles de musique sont
à l'affiche de cette manifestation dont le nom a été choisi en clin d'oeil
à « La folle journée » de Nantes, le festival classique le plus
fréquenté de France.
Le premier programme évoquera « un Orient rêvé »
avec notamment des oeuvres récentes de José Evangelista (« Alap » et
« Gat » d'inspiration indienne) et Qigang Chen (Extase) jouées par
l'Ensemble orchestral contemporain de Daniel Kawka. La même soirée, le
chef baroque Marc Minkowski dirigera ses Musiciens du Louvre-Grenoble dans
des extraits des « Indes galantes » de Rameau.
Le second programme proposera un voyage « au fil
du Danube ». Les Solistes de Lyon, emmenés par Bernard Tétu, chanteront
des choeurs de Brahms et Schubert. L'Orchestre des Pays de Savoie, conduit
par sa directrice musicale suisse Graziella Contratto, interprètera
Mahler, Martinu, Suk et Zemlinsky. Quant au National de Lyon, il
s'emparera de « La Moldau » de Smetana et des « Danses de
Galanta » de Kodaly avec comme chef invité Pierre-Dominique Ponnelle.
« La folle tournée » comportera aussi une
vingtaine d'actions culturelles, conférences, classes de maître et
concerts en maison de retraite, à l'hôpital ou en prison.
Le 12e festival des arts de la
parole,
Mythos, s'ouvre dimanche à Rennes
La 12e édition de Mythos, festival des arts de la
parole, se tient à partir de dimanche jusqu'au 12 avril à Rennes avec
notamment le groupe Têtes raides, la chanteuse La grande Sophie et le
guitariste Thomas Dutronc, a-t-on appris jeudi auprès des
organisateurs.
« Nous voulons montrer comment, dans notre société
contemporaine, on raconte des histoires, qu'on soit conteur, chanteur,
slameur ou comédien », explique l'association rennaise Paroles Traverses,
qui organise le festival.
« Dans ce festival nous essayons de créer une
alchimie entre l'exigence artistique et la convivialité avec un choix
éclectique qui va du théâtre contemporain à la variété de qualité »,
ajoute le directeur de Mythos, Mael Le Goff.
Ainsi, les spectateurs pourront assister aux concerts
de Yael Naim, Brigitte Fontaine, Didier Super ou Pauline Croze mais
également à une création de la comédienne Michèle Nguyen sur l'expérience
d'une femme juge des enfants ou l'adaptation par Olivier Letellier du
roman de Laurent Gaudé « La mort du roi Tsongor ».
Les conteurs comme Christian Pierron et ses Contes du
Quotidien Follement Déjanté (CQFD) ou Jean-Marc Massie, Québécois à
l'imaginaire foisonnant et débridé, sont également à l'honneur.
Les concerts et spectacles de conteurs se tiennent dans
différents lieux de la ville (Jardin du Thabor, théâtres, bars,
bibliothèques, universités). Et, grâce à un partenariat avec les
établissements pénitentiaires de Rennes, pour la troisième année
consécutive, un spectacle du festival est programmé à la maison d'arrêt
Jacques Cartier
« L'Anneau » de Wagner
dominera la saison 2008 / 2009
de l'Opéra de Vienne
La saison 2008/2009 de l'Opéra de Vienne mettra Richard
Wagner à l'honneur avec les quatre opéras de la célèbre tétralogie de
« L'Anneau des Nibelungen », a annoncé jeudi le directeur du
Staatsoper Ioan Holender.
« La Walkyrie », dans une mise en scène de
Sven-Eric Bechtolf, a été présentée en décembre et la première de
« Siegfried » est prévue courant avril.
« Le Crépuscule des Dieux » a été programmé pour
décembre prochain et le cycle s'achèvera avec « L'Or du Rhin » en mai
2009, selon M. Holender.
Les quatre opéras, d'une durée totale de 16 heures,
seront donnés trois fois intégralement en mai et juin sous la direction du
futur directeur musical de la maison, l'Autrichien Franz Welser-Moest.
Outre Wagner, la saison offrira une nouvelle mise en
scène du « Faust » de Charles Gounod (1818-189 »), signée du Français
Nicolas Joël, futur directeur de l'Opéra de Paris en 2009. Avec ce Faust,
le couple de vedettes - à la ville comme sur les planches - la diva
roumaine Angela Gheorghiu et le ténor français Roberto Alagna remonteront
ensemble sur scène.
L'actuel directeur musical, le Japonais Seiji Ozawa,
dirigera une nouvelle mouture d'« Eugène Onegin » de Tschaikovsky
signée de l'Allemand Falk Richter, avec la soprano géorgienne Tamar Iveri,
le baryton britannique Simon Keenleyside et le ténor mexicain Ramon
Vargas.
A l'occasion du 150e anniversaire de la naissance de
Giacomo Puccini (1858-1924), l'Opéra proposera un cycle de quatre opéras
du célèbre compositeur: « Madame Butterfly », « Tosca »,
« Manon Lescaut » et « La Bohême », ce dernier programmé le jour
de son anniversaire le 22 décembre.
Enfin, le Staatsoper fêtera ses 140 ans d'existence le
25 mai 2009 avec une édition spéciale du « Don Juan » de Mozart.
Ioan Holender quittera ses fonctions à la tête de la
prestigieuse institution viennoise en 2010, après l'avoir dirigée pendant
18 ans. Il sera remplacé par le Français Dominique Meyer.
L'Opéra de Vienne a accueilli depuis septembre 2007
417.588 spectateurs, contre 407.552 sur la même période un an plus tôt,
selon M. Holender. Le chiffre d'affaires a progressé de 4, »% à 20,5
millions d'euros.
EMI recrute un haut cadre de Google
pour doper ses ventes numériques
La maison de disques britannique EMI, rachetée l'an
dernier par le fonds d'investissement Terra Firma, a annoncé jeudi avoir
recruté un des principaux dirigeants de Google, Douglas Merrill, pour
dynamiser ses ventes de musique sur internet.
Douglas Merrill, entré chez Google en 200 », était
directeur des systèmes d'information et vice-président chargé de
l'ingéniérie au sein du géant américain des services internet. Il
chapeautera la division d'EMI chargée des activités numériques, et prendra
ses fonctions le 28 avril, précise un communiqué de la maison de
disques.
Ce recrutement intervient alors qu'EMI se veut en
pointe dans la révolution numérique à laquelle les maisons de disques
semblent condamnées si elles veulent compenser l'effondrement de leurs
ventes dans les circuits de distribution traditionnels.
La firme britannique s'est notamment distinguée des
autres « majors » en décidant la première de vendre l'intégralité de
son catalogue sur internet sous forme de fichiers non protégés, notamment
via iTunes, la plateforme numérique d'Apple.
Le départ de Douglas Merrill est le dernier en date
d'une série qui a frappé la direction de Google ces derniers mois. Le
groupe américain a notamment vu partir le mois dernier l'une de ses
responsable des ventes de publicité, Sheryl Sandberg, qui a rejoint le
site de socialisation Facebook.
M. Merrill est diplômé des universités de Tulsa
(Oklahoma) et de Princeton.
Trois majors du disque s'allient à
MySpace
pour lancer un site de musiques
Trois des quatre « majors« du disque se sont
alliés au site de socialisation MySpace (groupe News Corp.) pour lancer
ensemble un site de musiques à télécharger ou écouter, MySpace Music, ont
annoncé les trois groupes jeudi.
Universal Music, Sony BMG et Warner Music Group, qui
détiendront une part minoritaire dans la joint-venture, mettront à
disposition la totalité de leur catalogue pour ce site qui doit démarrer
prochainement.
Il reprendra la plate-forme musicale existante de
MySpace, qui attire déjà »0 millions de visiteurs par mois.
EMI pourrait ensuite rejoindre l'alliance, selon le New
York Times.
Le site, basé à Los Angeles, offrira de la musique sous
différentes formes: en flux (« streaming) gratuit, financé par la
publicité, en téléchargement payant, qui s'adaptera à tous les baladeurs,
y compris les iPod d'Apple.
Le site pourrait aussi proposer un forfait mensuel pour
un téléchargement illimité.
Il s'enrichira aussi des fonctions de socialisation de
MySPace, avec la possibilité de partager des listes de lecture entre amis
et de consulter les pages personnelles ou blogs d'artistes, nombreux sur
le site. Il prévoit aussi des ventes d'autres produits, type T-shirts ou
places de concerts.
MySpace Music entrera ainsi en concurrence avec le
leader du secteur, le site iTunes d'Apple, ou encore Amazon.com, qui avait
aussi reçu l'appui des majors.
L'industrie du disque s'efforce de générer de nouveaux
revenus sur internet pour compenser la baisse des ventes de disques,
conséquence du piratage, avec des ventes globales ramenées à 11,5
milliards de dollars en 2006 contre 15 milliards en 1999.
Actualités musicales du 5 avril 2008
Amy Winehouse chantera
au festival Rock en Seine
Amy Winehouse, jeune diva de la soul britannique, qui
vient de rafler cinq « Grammy Awards » -plus prestigieuses
récompenses de la musique anglo-saxonne- en février, donnera au festival
Rock en Seine, les 28 et 29 août à Saint-Cloud, un unique concert en
France, ont annoncé les organisateurs jeudi.
Amy Winehouse avait annulé sa venue à ce même festival
l'année dernière.
La presse britannique avait alors annoncé que cette
chanteuse, connue pour ses excès de drogues et d'alcool, une tendance
avouée à l'automutilation, à l'anorexie et à la boulimie, avait été admise
en cure de désintoxication.
Amy Winehouse, « Back to Black »
La chanteuse de 24 ans à la voix grave troublante et au
look trash, dont les chansons évoluent entre soul style Motown et rap
londonien, a entre autres reçu en février à Los Angeles le grammy de
« meilleure révélation » et celui de « meilleur disque de
l'année ».
Stacey Kent, la plus française
des voix américaines
La jazz-woman Stacey Kent, en tournée à Nancy et
bientôt à Montpellier, est sans doute la plus française des voix
américaines, qui revisite avec bonheur Serge Gainsbourg après Charles
Trenet et Michel Legrand.
« La France, je la porte dans mon coeur »,
dit-elle de sa voix douce au public venu à Ludres (Meurthe-et-Moselle),
pour un concert organisé en avant-première des Nancy jazz pulsations (7 au
18 octobre).
Stacey Kent, « The Boy Next Door »
La déclaration d'amour est en français, comme
l'interview accordée à l'AFP, car la chanteuse parle couramment la langue
de Molière que lui a enseignée son grand-père... un Russe qui vécut un
temps dans l'Hexagone avant de s'installer en Amérique du Nord.
« Il disait qu'il était le Russe le plus français
qui habitait aux Etats-Unis », raconte Stacey Kent, « c'est lui qui
m'a donné la passion pour la culture française. »
La mère de la chanteuse poursuit l'oeuvre francophile
de l'aïeul. Pianiste confirmée, elle éduque l'oreille de sa fille avec
Chopin, Ravel ou Debussy. « J'ai grandi avec la musique »,
indique-t-elle, « j'ai toujours chanté, pour moi et pour ma famille
».
Durant ses études, Stacey Kent, née il y a 40 ans à
New-York, visite l'Europe et séjourne un an et demi à Paris où elle court
les cinémas pour « apprendre le français ». Dans son dernier album,
« Breakfast on the morning tram » (2007), la chanteuse reprend une
chanson du film de Claude Lelouch « Un homme et une femme »,
« Samba Saravah », du guitariste brésilien Baden Powell traduite par
Pierre Barouh.
L'Américaine part ensuite à Londres où elle rencontre
son mari, le saxophoniste Jim Tomlinson. Elle remporte le British jazz
Award en 2001 et est élue « meilleure chanteuse de jazz » par la BBC
en 2002.
Ses albums sont souvent disques d'or. Dans son dernier,
outre quatre compositions, elle s'attaque au monument Gainsbourg.
« Serge Gainsbourg m'émeut. Il est chaleureux et
froid, plein de joie et de tristesse. Il est une métaphore, celle de la
condition humaine », explique la chanteuse.
Le grand Serge, ainsi décrypté, n'aurait sans doute pas
renié son adaptation de « Ces petits riens » et de « La saison
des pluies ».
« Peut-être suis-je la plus Française des
américaines vivant en Angleterre? », s'interroge-t-elle, avec un clin
d'oeil pour son grand-père. Le public lorrain, lui, a longuement applaudi
la chanteuse qui se produira à Montpellier samedi et terminera sa tournée
le 14 août à Marseille, après une vingtaine de concerts.
Dominique Meyer fête sa 10e saison
à la tête du Théâtre des Champs-Elysées
Le Théâtre des Champs-Elysées à Paris a présenté à la
presse vendredi sa saison 2008-2009, qui sera la 10e et avant-dernière du
directeur général Dominique Meyer, appelé à prendre la tête de l'Opéra de
Vienne en septembre 2010.
Le théâtre (plus de 1.900 places) de l'avenue Montaigne
lèvera le rideau quelque 200 fois avec quatre productions lyriques mises
en scène, de nombreux opéras en concert et oratorios, le gotha européen
des orchestres, des récitals, de la danse et même du jazz.
Artisan en 1987 du réveil d'« Atys », acte
fondateur du renouveau baroque français, William Christie retrouvera Lully
avec « Armide », dans une mise en scène du Canadien Robert
Carsen.
Mozart sera bien représenté, avec un nouveau
« Cosi fan tutte » confié à Jean-Christophe Spinosi (direction) et au
sociétaire de la Comédie-Française Eric Génovèse (mise en scène), ainsi
qu'une reprise des « Noces de Figaro » réglées par Jean-Louis
Martinoty, Marc Minkowski officiant dans la fosse.
La quatrième production scénique sera un spectacle
(« Altre stelle ») de Juliette Deschamps conçu à partir d'airs
d'opéras français chantés par la soprano italienne Anna Caterina
Antonacci.
La série d'opéras en concert et d'oratorios rassemblera
des titres plus ou moins connus, dont un cycle Haendel (deux « Messie
», « La Résurrection », « Jephté », « Athalie »),
spécialité de la maison.
Côté orchestres, outre ses résidents (Philharmonique de
Vienne pour trois concerts, National de France, Ensemble orchestral de
Paris, Lamoureux), le Théâtre des Champs-Elysées accueillera une quinzaine
de formations étrangères, dont quatre londoniennes (Philharmonique de
Londres, Philharmonia, Symphonique de la BBC, Orchestre de l'âge des
Lumières).
Le président du Théâtre des Champs-Elysées, Raymond
Soubie, par ailleurs conseiller social de l'Elysée, a dit vendredi que le
successeur de Dominique Meyer serait nommé « dans un petit nombre de
semaines ». Vingt-deux candidatures ont été enregistrées.
Le Théâtre des Champs-Elysées est la quatrième
institution lyrique et musicale de la capitale par son budget (environ 1 »
millions d'euros dont près de 7 abondés par la Caisse des dépôts) après
l'Opéra de Paris, le Châtelet et l'Opéra-Comique.
Les festivals de musique classique
déplorent l'attitude distante de l'État
Les 9 » festivals de musique, principalement classique,
regroupés au sein de l'association France Festivals déplorent
« l'attitude distante de l'Etat face aux problèmes qu'ils rencontrent
», dans un communiqué transmis vendredi à l'AFP.
« Malgré l'annonce d'une enveloppe additionnelle
des crédits de l'Etat en faveur du spectacle vivant ( »4,8 millions
d'euros, NDLR), de nombreuses Drac (directions régionales des affaires
culturelles) annoncent une baisse des subventions », dénonce France
Festivals.
Selon l'association, « beaucoup d'autres » Drac
« n'ont pas communiqué de chiffres alors que les artistes ont déjà
été engagés ».
France Festivals regrette également que, « malgré
sa demande expresse et légitime », elle ait été « exclue des groupes
de travail institués dans le cadre des Entretiens de Valois » sur le
spectacle vivant.
L'association demande donc « solennellement à
Madame Christine Albanel (ministre de la Culture) que la place des
festivals de musique et de France Festivals soit véritablement reconnue
par le ministère de la Culture ».
Dans ce texte approuvé à l'unanimité en assemblée
générale, les festivals de musique classique soulignent leur « poids
dans le champ du spectacle vivant », avec chaque année l'organisation de
plus de 2.000 spectacles, l'accueil d'un million de spectateurs et
l'engagement de 25.000 artistes.
France Festivals regroupe 9 » manifestations, dont
quelques-unes des plus importantes en France dans le domaine de la musique
classique comme le Festival de Radio France et Montpellier, La Folle
Journée de Nantes et les Chorégies d'Orange.
Au Châtelet, un festival de danse
en forme de tour d'Europe des compagnies
Le Théâtre du Châtelet devait lancer vendredi soir un
festival de danse riche de 18 représentations assurées jusqu'au 16 mai par
six compagnies européennes, dont deux (Aterballetto et le Ballet d'Europe)
n'étaient encore jamais venues à Paris, a-t-on appris auprès de
l'institution.
Les troupes programmées, de formation classique, seront
originaires de France (ballets de Lorraine et d'Europe) mais aussi de
Finlande (Tero Saarinen Company), Allemagne (Ballet de Hambourg), Italie
(Aterballetto) et Espagne (Compania Nacional de Danza).
« Toutes ont ce point commun de ne pas produire de
la danse confidentielle mais développent un vrai sens du spectacle,
accordant une place importante à la musique, aux décors, aux costumes et à
la vidéo », explique le directeur général du Châtelet, Jean-Luc Choplin,
dans sa « note d'intention ».
Le festival s'ouvre ce week-end (vendredi et samedi)
avec un programme franco-finlandais sur des musiques de Stravinsky.
La Tero Saarinen Company, invitée dans le cadre de
l'Année de la Finlande en France, interprètera « Hunt » d'après
« Le Sacre du printemps ».
Dans la même soirée, le Ballet de Lorraine dirigé par
Didier Deschamps proposera une double lecture des « Noces », la
première dans la chorégraphie (192 ») de Bronislava Nijinska pour les
Ballets russes — accueillis au Châtelet dès 1909 —, la seconde
(« Mariage ») dans une création de Tero Saarinen.
Fondé en 200 », installé à Marseille et animé par
Jean-Charles Gil, le Ballet d'Europe créera les 8 et 9 avril « FOLAVI
» sur des musiques de Vivaldi et interprètera « Mireille » dans une
transposition instrumentale de l'opéra de Gounod.
Puis le Ballet de Hambourg sera présent presque une
semaine entière (six représentations du 16 au 20 avril) avec « Mort à
Venise », chorégraphié par son directeur depuis 197 », l'Américain John
Neumeier, un maître du style néoclassique.
Aterballetto fera ses débuts à Paris par trois fois du
2 » au 25 avril avec deux pièces (« Wam » et « Cantata ») de
l'Italien Mauro Bigonzetti.
Enfin, l'Espanol Nacho Duato donnera cinq
représentations d'« Alas » avec sa Compania nacional de Danza
(compagnie nationale de danse).
Villa Médicis : les candidats à la
direction
doivent postuler d'ici le 16 avril
Recherche directeur pour la Villa Médicis: pour la
première fois, un appel à candidatures très officiel a été lancé pour ce
poste prestigieux et convoité, alors que certains s'interrogent sur le
rôle de l'Académie de France à Rome, au grand dam de ses nombreux
défenseurs.
Les candidats ont jusqu'au 16 avril pour postuler, a
annoncé vendredi Hugues Gall, président de la toute nouvelle commission
chargée d'« éclairer le choix du gouvernement » pour la direction de
cette institution.
« Les jeux ne sont pas faits », a déclaré M. Gall
à la presse à l'issue de l'installation de la commission par la ministre
de la Culture, Christine Albanel. « On crée un appel d'air frais », a
souligné l'ancien directeur de l'Opéra de Paris.
La commission, composée de dix personnalités du monde
de la culture, a été créée fin mars sur décision de l'Elysée pour calmer
le jeu, à la suite du tollé provoqué par l'annonce officieuse d'une
prochaine nomination de Georges-Marc Benamou, ex-conseiller de Nicolas
Sarkozy, à la tête de la Villa Médicis. Dans la foulée M. Benamou a
renoncé à se présenter.
Mme Albanel a demandé à la commission de lui rendre ses
propositions « pour le »0 mai ». L'actuel directeur de la Villa
Médicis, le scénographe Richard Peduzzi, doit quitter ses fonctions fin
août.
Dans une première phase, les candidats doivent envoyer
un curriculum vitae « le plus complet possible ». Ensuite, la
commission sélectionnera un certain nombre d'entre eux afin de les
auditionner. « Si nous pouvions avoir une dizaine, une vingtaine de
candidats sélectionnés, ce serait magnifique », a précisé M. Gall.
Au terme du processus, la commission devrait suggérer
peut-être « quatre ou cinq noms » à la ministre. « Mme Albanel
transmettra sa proposition au président de la République qui, en dernière
analyse, tranchera », a dit M. Gall.
Le prochain directeur devra avoir « une expérience
», « un certain rayonnement dans les actions menées ou les oeuvres
accomplies », indique le conseiller d'Etat. « Des notions de gestion
peuvent être un plus », « une certaine connaissance de la langue
italienne » également, a poursuivi M. Gall.
Créée par Colbert en 1666, l'Académie de France à Rome
accueille des artistes pensionnaires et organise de nombreuses
manifestations culturelles.
Le rôle de la commission n'est « pas de repenser
la Villa Médicis », a souligné M. Gall. « Ce sont les candidats qui,
par leur projet, diront à quoi elle sert », a-t-il ajouté.
Depuis quelques jours, des critiques sur l'Académie de
France à Rome ont fleuri. Il y a d'abord eu, dans le Figaro de lundi, une
tribune de « Lysias », un haut-fonctionnaire anonyme, évoquant une
institution « moribonde » et d'un « anachronisme coûteux ».
Le vice-président du Sénat Adrien Gouteyron (UMP,
Haute-Loire) se demande pour sa part « à quoi sert la Villa Médicis?
», à la page Débats du Monde daté de vendredi. Il la juge « coupée du
monde et de la création », « coûteuse et obsolète ». Il préconise une
rationalisation des moyens consacrés aux résidences d'artistes.
Interrogé par l'AFP, Richard Peduzzi se dit
« choqué par ces attaques ». « Nous avons depuis six ans une
programmation d'une densité exceptionnelle avec des moyens moindres »,
a-t-il déclaré.
Ancien directeur de la Villa Médicis, Bruno Racine
défend lui aussi « ce lieu presque unique au monde », dont le coût
n'a « rien d'extravagant ». La Villa Médicis n'est « pas un lieu
de farniente », déclare à l'AFP l'actuel président de la BNF. Prétendre
que les pensionnaires passent « des vacances aux frais de la
République est scandaleux », ajoute-t-il.
Pour le ministère de la Culture,
les grandes orientations sont confirmées
Les mesures annoncées vendredi dans le cadre de la
réforme de l'Etat concernant le ministère de la Culture confirment les
grandes orientations publiées en décembre - resserrement du nombre de ses
directions et nouvelle gestion des musées notamment -, avec quelques
précisions.
Ces grandes orientations ont déjà provoqué de
nombreuses manifestations de la part des agents du ministère de la
Culture, notamment dans le monde des musées, qui craignent une
« politique d'externalisation, de filialisation et la remise en cause
du statut des personnels ».
Les quelques précisions apportées vendredi sont les
suivantes :
- L'administration centrale du ministère passera de dix
directions générales à trois, auxquelles s'ajoutera un secrétariat
général.
- Les musées nationaux vont « resserrer et rénover
» les liens existants avec la Réunion des Musées Nationaux (RMN), hors
nouveau type de gestion pour quelques uns d'entre eux. Certaines activités
commerciales de la RMN seront filialisées.
- Trois musées deviendront des établissements publics :
le musée Picasso, le château de Fontainebleau et le musée national de la
céramique associé à la Manufacture nationale de Sèvres. Le musée de
l'Orangerie sera rattaché au musée d'Orsay.
- Une liste de musées et monuments transférables aux
collectivités territoriales qui le désirent devra être arrêtée avant la
fin juillet.
Les mesures reprennent certaines orientations déjà
annoncées :
- Regroupement du Palais de la découverte et de la Cité
des sciences et de l'industrie.
- Regroupement de l'audiovisuel extérieur public
- Rénovation du statut du Centre national de la
Cinématographie.
Le chanteur de Procol Harum
gagne les pleins droits
de la chanson « A Whiter Shade of Pale »
Le chanteur du groupe britannique Procol Harum s'est vu
attribuer les pleins droits de la chanson culte « A Whiter Shade of
Pale ». La cour d'appel de Grande-Bretagne a donné raison vendredi à Gary
Brooker et renversé une décision de première instance qui avait octroyé
40% des droits d'auteur à l'ancien organiste du groupe Matthew Fisher.
Procol Harum, « A whiter shade of pale »,
1967
La cour a reconnu la contribution comme co-auteur de
Matthew Fisher, qui a composé la partition d'orgue de la chanson
popularisée en 1967, mais ne lui a pas accordé de droits sur les royalties
passées ou à venir.
Le magazine « Rolling Stone » classe le slow
« A Whiter Shade of Pale » 57e meilleure chanson de tous les temps
dans son top 500.
Matthew Fisher, qui a quitté Procol Harum en 1969,
exerce maintenant le métier de programmeur informatique, tandis que le
chanteur Gary Brooker effectue toujours des tournées avec le groupe.
Actualités musicales du 6 avril 2008
Salzbourg célèbre le 100e
anniversaire
de la naissance de Karajan
Salzbourg, la ville natale du chef d'orchestre Herbert
von Karajan, a marqué samedi le 100e anniversaire de sa naissance, le 5
avril 1908, par une cérémonie d'hommage en présence du président de la
République autrichienne, Heinz Fischer.
« Karajan était un citoyen du monde par
excellence, qui était chez lui sur toutes les grandes scènes du monde.
Mais son véritable foyer était Salzbourg », a déclaré la gouverneur de la
province, Gabi Burgstaller.
La cérémonie, ponctuée par un quartette du
Philharmonique de Vienne, s'inscrivait dans une série d'hommages rendus
durant toute l'année à l'artiste en Autriche, en Grande-Bretagne, en
Allemagne, aux Etats-Unis, en Suisse et au Japon.
L'opéra de Zurich (Suisse) programmait de son côté
samedi, égalemement en hommage à Karajan, une reprise du « Chevalier
à la Rose » de Richard Strauss, sous la direction de l'Autrichien Franz
Welser-Möst.
Salzbourg avait donné le coup d'envoi des festivités le
5 janvier, avec un concert où l'Orchestre du Mozarteum avait joué, dans le
Palais des festivals qu'avait fait construire Karajan en 1960, le même
programme que celui qu'il avait dirigé lors de ses débuts le 22 janvier
1929.
Karajan, qui dirigea en parallèle plusieurs formations
de prestige, dont le Philharmonique de Berlin, avait choisi de faire de sa
ville natale le centre de ses activités après avoir pris son essor
professionnel dans l'Allemagne nazie des années 19 »0.
En 1956, il prit les rênes du Festival de Salzbourg,
qu'il dirigea d'une poigne de fer jusqu'à sa mort en 1989. Il y créa en
outre, en 1967 et en 197 », les Festivals de Pâques et de Pentecôte.
Le Festival de Salzbourg programmera cet été, en
hommage au maestro, « Un Requiem allemand » de Brahms interprété par
le Philharmonique de Vienne sous la direction de Riccardo Muti.
Marathon nordique
pour l'Orchestre de Bretagne
L'Orchestre de Bretagne se lance lundi et jusqu'au 11
avril à Rennes dans un « Marathon XXI », avec cinq soirées consacrées
à des compositeurs contemporains, dont Thierry Escaich et des créateurs
originaires d'Europe du Nord.
Le chef estonien Olari Elts, conseiller artistique de
la formation bretonne depuis septembre 2006, dirigera deux concerts: le
premier avec son ensemble balte et contemporain NYYD, le second à la tête
de l'Orchestre de Bretagne, à chaque fois avec la participation de la
soprano espagnole Arianna Savall.
Au programme: Erkki-Sven Tüür (avec en création un
concerto avec l'accordéoniste Mika Väyrinen), Magnus Lindberg, Arvo Pärt
ou Kaija Saariaho, mais aussi Thierry Escaich, « artiste associé » de
l'orchestre rennais en tant que compositeur et organiste.
L'Orchestre de Bretagne profitera de ce mini-festival
pour mettre en valeur son équipe artistique collégiale, unique en France.
Ainsi, son jeune « chef associé » Lionel Bringuier sera à la baguette
entre autres dans la musique d'Esa-Pekka Salonen — son maître au
Philharmonique de Los Angeles —, en compagnie notamment du pianiste Michel
Dalberto (autre « artiste associé »).
Printemps Messiaen
pour l'Orchestre des jeunes de la Méditerranée
L'Orchestre des jeunes de la Méditerranée tiendra sa
session de printemps du 11 au 20 avril en fêtant le centenaire de la
naissance d'Olivier Messiaen (1908-1992), dont il travaillera « Des
Canyons aux étoiles ».
La formation de jeunes donnera ce chef-d'oeuvre en
concert par deux fois (le 19 à Nice, le 20 à Marseille) sous la direction
musicale de Philippe Bender et en compagnie de l'un des grands
spécialistes de Messiaen, le pianiste Roger Muraro.
Créé en 1984, l'Orchestre des jeunes de la
Méditerrannée Provence-Alpes-Côte d'Azur — son nom complet depuis
qu'il s'est recentré sur sa région d'origine, après avoir été ouvert sur
l'ensemble du bassin méditerranéen — accueille 41 jeunes musiciens
issus des conservatoires de PACA.
Sur le port de Marseille,
on y danse, on y danse
Le Port de Marseille a annoncé vendredi qu'il
accueillerait exceptionnellement en juin-juillet huit spectacles de danse
du Festival de Marseille organisés dans un hangar portuaire promis à la
démolition.
Du 1er juin au 17 juillet, huit représentations de
danse contemporaine seront données dans le hangar 15 près de la porte
d'accès N°4, qui doit ensuite laisser place à un futur terminal de
voitures.
Les spectateurs, au nombre de 800 par soirée, seront
acheminés par navette maritime depuis le Vieux-Port et traverseront les
bassins avec une visite commentée pour découvrir l'activité portuaire,
précise un communiqué publié au terme d'un conseil d'aministration du
port. Un acheminement par bus sera également assuré.
L'aménagement du hangar et de ses abords sera réalisé
par le Festival, qui s'engage également à se conformer à l'ensemble de la
réglementation portuaire. Ainsi, la liste des festivaliers devra être
transmise avant chaque spectacle, en raison notamment de l'application de
Vigipirate.
Le Port précise qu'il « mettra les espaces à
disposition du Festival de Marseille à titre gracieux et s'associera à
cette édition exceptionnelle ».
Dianne Reeves, Lizz Wright à Paris :
deux chanteuses qui bousculent les genres
Au-delà de leurs différences, les chanteuses
afro-américaines Dianne Reeves et Lizz Wright, bientôt en concert à Paris,
la première lundi au Grand Rex, la seconde le lundi suivant au New
Morning, ne se laissent pas enfermer dans un genre, le jazz, et flirtent
avec d'autres musiques.
Dianne Reeves, « In Your Eyes » (Live Bern
Jazzfestival 2000)
Dianne Reeves, 51 ans, a débuté à la fin des années 70.
Avant de s'orienter plus franchement vers le jazz, cette chanteuse de
Detroit, la ville de Tamla Motown, célèbre maison de disques (Marvin Gaye,
Temptations...), a navigué entre jazz, rhythm'n blues et même disco.
Si elle fait désormais partie intégrante de la famille
du jazz à travers le célèbre label Blue Note, elle revendique toujours une
certaine liberté et un désir d'ouverture.
Sur son nouvel album « When you know », cette
inconditionnelle de Sarah Vaughan se permet quelques digressions,
interprétant une chanson des Temptations, une autre de Minnie Ripperton,
et concluant par un blues échevelé.
Cette contre-alto peut sur scène sauter d'un standard à
un gospel aux accents soul, une bossa, un blues, et émouvoir en chantant
de manière habitée « How deep is your love? » des Bee Gees, comme
l'an dernier à la Salle Pleyel à Paris.
Lorsque Dianne Reeves a débuté, Lizz Wright n'était pas
encore née.
A 27 ans, cette chanteuse originaire de la campagne, en
Georgie, une région sudiste de forte tradition musicale noire-américaine,
publie son troisième album, « The Orchard »
(Verve/Universal-Jazz).
Plus encore que son aînée, Lizz Wright échappe aux
étiquettes.
Remarquée alors qu'elle interprétait des chansons de
Billie Holiday, cette fille d'un pasteur, élevée au biberon du gospel, au
timbre chaud et grave, passe en revue avec recueillement, et ce mélange de
spontanéité et de sophistication qui font d'elle une digne héritière de
Cassandra Wilson, toute une gamme de musiques populaires: folk, jazz,
soul, gospel, blues...
Lizz Wright, « Stop »
Catherine Ringer retrouve la scène
à Toulouse
après la mort de Fred Chichin
Catherine Ringer a repris vendredi soir au Zénith de
Toulouse devant 2.500 personnes une tournée interrompue par la disparition
quatre mois plus tôt de l'autre moitié des Rita Mitsouko, son compagnon
Fred Chichin mort le 28 novembre des suites d'un cancer foudroyant.
Catherine Ringer
21 heures pile: elle apparaît sur scène avec ses quatre
musiciens, en robe noire et bas noirs, haut blanc et chapeau claque.
« Mesdames mesdemoiselles messieurs, mes demoiseaux, bonsoir! ». Le
public applaudit lorsqu'elle fait part de l'« émotion qui nous pousse
à faire des tournées » et annonce: « on va faire qu'est-ce qu'on peut
sans Fred Chichin ».
Le concert démarre avec « l'ami ennemi » tiré de
« Variéty », le dernier album des Rita Mitsouko.
Les fans retrouvent la fameuse voix puissante de
Catherine Ringer dès le deuxième titre, « Communiqueur d'amour »,
qu'elle accompagne d'un soupçon d'harmonica et de pas de danse accomplis
avec un large sourire.
Le public, essentiellement des trentenaires et des
quadragénaires, vibre et frappe dans ses mains, mais garde une certaine
retenue.
Premier des tubes, « C'est comme ça » est
accueilli avec ferveur.
Les quatre musiciens du groupe, constitué par les Rita
Mitsouko pour présenter sur scène l'album « Variéty », sorti en avril
2007, déroulent les titres que de nombreux fans reprennent.
Dans le public, Eric et Karine, un couple de
quadragénaires en jeans, venu de Saint-Sulpice-sur-Lèze, près de Toulouse,
« des fans de la première heure » des Rita Mitsouko, mais qui ne les
avait jamais vus sur scène.
« On voulait être là par rapport à Catherine.
Est-ce que ça continuera? » s'interroge Eric. Tous deux se disent
« admiratifs devant l'énergie de la chanteuse » et espèrent
qu'« après le choc, elle rebondira ».
La tournée, intitulée « Catherine Ringer chante
les Rita Mitsouko and more », comprend 20 autres concerts dont l'un au
Printemps de Bourges (18 avril), deux à la Cigale à Paris (19 et 20
avril), et un à L'Olympia (12 mai). Outre la France, elle se produira
trois fois en Allemagne, une fois à Londres et une autre à Lausanne
(Suisse).
Un Stradivarius vendu 1,27 million de
dollars
aux enchères à New York
Un violon du maître-luthier italien Stradivarius a été
vendu vendredi aux enchères à New York pour 1,27 million de dollars, a
annoncé la maison Christie's.
Ce violon, baptisé « le Penny » du nom de sa
précédente propriétaire, la violoniste anglaise Barbara Penny décédée l'an
dernier, était estimé entre 1 et 1,5 million de dollars.
Le record réalisé aux enchères pour un Stradivarius est
de »,5 millions de dollars. Il a été atteint lors d'une vente à New
York en mai 2006 par le « Hammer », baptisé ainsi en l'honneur de
Christian Hammer, un collectionneur suédois du XIXe siècle.
Antonio Stradivari était actif à Crémone, en Italie du
nord, où il a fabriqué des violons mais aussi des harpes, des violoncelles
et des guitares jusqu'à sa mort en 17 »7. Il aurait réalisé au total 1.100
instruments, dont 650 ont été conservés.
Actualités musicales du 7 avril 2008
Mort du compositeur Jacques
Bondon
Jacques Bondon, est décédé à l'âge de 80 ans, a-t-on appris dimanche
auprès de son entourage. Une cérémonie d'adieu aura lieu en l'église de
Saints (Seine-et-Marne) lundi à 14h30.
Né le 6 décembre 1927 à Boulbon, petitvillage
provençal, Jacques Bondon « monte » à Paris à l’âge de dix-neuf ans pour
étudier successivement le violon avec André Proffit, l’harmonie et
le contrepoint avec Georges Dandelot et Charles Koechlin et la composition
au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris avec Darius
Milhaud et Jean Rivier.
En 1962 il fonde l’Orchestre de Chambre de Musique
Contemporaine (OCMC) qui devient en 1968 l’Ensemble Moderne de Paris
(EMP), avec lequel il donne de nombreux concerts consacrés aux musiciens
de notre temps.
L’oeuvre de Jacques Bondon accorde une priorité absolue
à l’intuition, la sensibilité et l’émotion. Son catalogue comporte environ
soixante-dix oeuvres, dont cinq opéras et deux oratorios.
En plusieurs occasions, il a été sollicité pour
composer la musique de grands spectacles comme celui du premier feu
d’artifice avec musique synchronisée du 8 mai 1965 à Paris, ou celle de
l’ouverture officielle des jeux olympiques d’hiver de Grenoble en
1968.
Des récompenses honorifiques ont régulièrement jalonné
son parcours, comme le 1er Prix du Concours Nicolas Obouhov (1957), le
Grand Prix Musical du Conseil Général de la Seine (1963), le 2d Prix du
Concours « Prince Rainier III » de Monaco, le Grand Prix de l’Académie du
Disque Français (1972) ou encore le Prix Henri Dauberville de l’Institut
de France (1979).
Alain Bashung : baptême réussi à
Lille
pour la tournée « Bleu pétrole »
Alain Bashung a inauguré samedi soir à Lille la tournée de « Bleu
pétrole », album de l'épure et de la mélodie auquel la scène rend justice:
à la fois différent et dans la parfaite observance de l'orthodoxie
« bashungienne ».
Dans l'écrin de l'Aéronef, une salle de 1.900 places
qu'il parraine depuis 1989 et où il donne régulièrement la première
impulsion à ses tours de chant, Bashung, 60 ans, a égrené en deux heures
les plus belles pages de son nouvel opus, le douzième, unanimement salué
par la critique.
Réfugié derrière ses inamovibles lunettes aux verres
fumés, cheveux et teint de craie dissimulés sous un chapeau de feutre
noir, il a logiquement ouvert par « Comme un Lego », magistral
morceau de dix minutes signé par un Ovni de la scène française, Gérard
Manset.
De Manset, il a également repris « Vénus » et
« Je tuerai la pianiste » qui figurent également sur « Bleu
pétrole ». « Il voyage en solitaire », reprise dudit Manset et
dernier titre de l'album, n'était pas au programme.
Aussi convaincant dans la langueur (« Madame rêve
») que dans l'éclat (« Osez Joséphine »), Bashung pose une voix grave
et cristalline sur les arabesques de son violoncelliste ou les arpèges
saturés de son guitariste.
A l'épure musicale répond l'épure scénique: hormis la
présentation du groupe, il n'aura pas adressé dix mots au public.
« C'est le premier soir d'une tournée. Merci », a-t-il lancé pour
justifier un temps mort.
Si l'auteur de « Ma petite entreprise » (paroles
de Jean Fauque) ne se paye pas de mots, il est néanmoins pris en flagrant
délit de plaisir de scène, un exercice qu'il redoute et dit sublimer par
le « courage des timides », comme il l'a expliqué à Nord-Eclair.
Plongé dans un puits de lumière bleue, seul à la
guitare, il se fera pardonner en fin de rappel avec « Night in white
satins » des Moody blues qui se conclut par un très aérien « I love
you », adressé aux spectateurs conquis.
Sa femme Chloé Mons, seule sur scène avec une sorte de
ukulélé électrique, assure la première partie. Son album, « La
ballade de Calamity Jane », a été coécrit par Bashung.
Ils seront à l'Olympia les 10 et 11 juin et aux
Francofolies de La Rochelle le 11 juillet. La tournée s'achèvera le 10
août au Festival du Bout du monde de Crozon (Finistère).
Actualités musicales du 8 avril 2008
Boris Charmatz est nommé directeur
du Centre chorégraphique national de Rennes
Le danseur et chorégraphe Boris Charmatz, 35 ans, a été
nommé directeur du Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne
(CCNRB), a annoncé le ministère de la Culture lundi dans un
communiqué.
Il succèdera le 1er juillet à Catherine Diverrès, qui a
codirigé le CCNRB à partir de 1994 avec Bernardo Montet et était seule à
sa tête depuis 1998.
Marqué par les promoteurs de la « Nouvelle danse »
française (Dominique Bagouet, Jean-Claude Gallotta...), Boris Charmatz a
acquis une solide formation classique à l'Ecole de danse de l'Opéra de
Paris puis au Conservatoire national supérieur de Lyon.
Il a fait ses débuts d'interprète pour des chorégraphes
comme Régine Chopinot ou Odile Duboc mais, rejetant selon ses mots les «
codes spectaculaires » de certaines compagnies, a rapidement rêvé d'« une
danse de rupture » qui puisse s'intégrer dans une démarche « de recherche
».
En 1992, il a franchi une étape en créant l'association
pluridisciplinaire « edna ». Ses pièces audacieuses suscitent des
rencontres atypiques avec les spectateurs, par l'établissement d'un
contact direct (« A bras le corps ») ou personnalisé (« Théâtre-élévision
», installation pour un spectateur unique).
Entre 2003 et 2004, il a développé le projet Bocal,
école « nomade et provisoire » accueillant jour et nuit une quinzaine
d'étudiants.
Son travail s'est enrichi de multiples collaborations,
avec le chorégraphe allemand Raimund Hogue, la danseuse Julia Cima ou
encore le saxophoniste de jazz américain Archie Shepp.
« C'est dans cet esprit d'ouverture et de perpétuelle
recherche qu'il développera son projet chorégraphique au sein du CCN de
Rennes », précise le ministère de la Culture.
Dans un entretien à l'AFP en juin 2006, Boris Charmatz
n'avait pas caché être intéressé par la direction d'un des 19 centres
chorégraphiques nationaux (CCN), ces compagnies nées à partir des années
1980 dans le cadre de la décentralisation culturelle en Ile-de-France et
en province.
« Dans la logique initiale de nos projets, ces
structures n'étaient pas faites pour nous. Et en même temps, ces lieux, il
faut bien les occuper. On y réfléchit, d'autant que les artistes
indépendants comme nous sont très peu soutenus », avait-il répondu.
Myung-Whun Chung est désigné
comme ambassadeur de bonne volonté de l'Unicef
Le chef d'orchestre sud-coréen naturalisé américain
Myung-Whun Chung a été désigné lundi ambassadeur international de bonne
volonté de l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance), a annoncé le
Philharmonique de Radio France, dont il est le directeur musical.
« Nous avons, nous musiciens, les mêmes objectifs que
l'Unicef », a déclaré le maestro de 55 ans, cité dans un communiqué de la
formation symphonique parisienne.
« Pour nous musiciens, la musique n'est pas seulement
un droit, elle doit aider au développement, elle éduque et permet aussi le
rêve et l'évasion », a-t-il ajouté.
Myung-Whun Chung était déjà depuis septembre 2007, avec
l'ensemble des 141 musiciens de l'Orchestre philharmonique de Radio
France, ambassadeur de l'Unicef France.
Il y a « au coeur du projet de ce chef prestigieux et
de son orchestre un message d'espoir et d'avenir pour tous les enfants
», a estimé le président du comité français de l'Unicef, Jacques
Hintzy, cité dans le même communiqué.
Héritier d'une formation née en 1937, le Philharmonique
de Radio France, placé sous la direction musicale de Myung-Whun Chung
depuis 2000, est l'un des deux orchestres du groupe radiophonique public
(avec l'Orchestre national de France).
Il déploie une grande activité pédagogique, avec
notamment 15.000 enfants et jeunes sensibilisés à la musique classique
chaque saison.
« Rock stars » du baroque,
les castrats se dévoilent à Angers
jusqu'au 29 juin
L'histoire des castrats italiens, « rock stars » de
l'ère baroque, commence à se dévoiler grâce aux récentes découvertes des
historiens, mises en lumière à Angers jusqu'à la fin juin à travers une
exposition de peinture, des conférences et des concerts.
« Selon certains témoignages de l'époque, probablement
un peu exagérés, les femmes se tapaient la tête contre les murs en
écoutant les castrats », a expliqué Francesca Boris, conservateur en chef
aux Archives d'Etat de Bologne (Italie), lors d'une première conférence
consacré à ce sujet.
Une « hystérie collective » s'emparait du public
-féminin comme masculin- lorsque apparaissait l'un de ces chanteurs opérés
dès l'enfance pour garder une voix aiguë et cristalline, très prisée dans
les églises et les opéras aux XVIIe et XVIIIe siècles, a-t-elle
rappelé.
Les castrats qui réussissaient étaient « comparables à
nos stars du foot ou du rock actuelles », a renchéri Patrick Barbier,
historien de la musique, lors de cette même conférence.
Leurs moindres caprices étaient exaucés : ils pouvaient
« changer un air qui leur déplaisait ou faire modifier leur costume »,
chose impensable pour un chanteur d'opéra en France à la même époque, a
souligné le musicologue italien Carlo Vitali, un autre conférencier.
Issus de milieux très défavorisés pour la plupart, les
castrats les plus doués pouvaient devenir riches et puissants, à l'instar
du fameux sopraniste Farinelli (1705-1782), qui devint ministre du roi
d'Espagne.
Selon M. Barbier, « des milliers » de petits Italiens
furent opérés à la demande de leurs parents qui espéraient, en «
sacrifiant » un de leurs garçons, le faire échapper à la misère.
Depuis le récent classement des archives des
conservatoires de Naples où les petits castrats étaient éduqués, leur
formation est un peu mieux connue, explique M. Barbier.
Plus surveillés que les autres élèves durant leurs
jeux, mieux nourris et mieux vêtus, ceux qu'on appelait les « eunuchi »
faisaient l'objet d'attentions particulières du fait de leur fragilité,
précise ce spécialiste de l'époque baroque.
De récentes études américaines ont également révélé que
ces chanteurs castrés vivaient nettement plus vieux que la moyenne,
échappant vraisemblablement aux maladies typiquement masculines.
Les connaissances restent cependant parcellaires, en
l'absence de documents écrits par les castrats eux-mêmes -exception faites
de quelques lettres- qui pourraient éclairer les historiens sur leurs
états d'âme.
Le dernier castrat, Alessandro Moreschi, ayant disparu
au début du XXe siècle en ne laissant derrière lui que des enregistrements
de piètre qualité, on ne peut par ailleurs qu'imaginer ce qu'était la
tessiture de ces « eunuques chanteurs », notamment celle des sopranistes,
regrette M. Barbier.
Un peu de la vie de ces « rock stars du XVIIIe » est à
découvrir jusqu'au 29 juin en la Collégiale Saint-Martin d'Angers, à
travers notamment une exposition du peintre Dominique Guillemard et de
deux concerts, l'un donné par la mezzo-soprano américaine Vivica Genaux et
l'autre par le contre-ténor français Philippe Jaroussky.
Le Festival de Saintes 2008
de Bach à Messiaen
en passant par Bruckner
Le Festival de Saintes (Charente-Maritime), qui se
déroulera cette année du 10 au 20 juillet, offrira un programme éclectique
allant de Jean-Sébastien Bach, une spécialité de la manifestation, à
Olivier Messiaen pour le centenaire de sa naissance, en passant par
Bruckner.