La marche des obstinés fait étape à Neuilly,
et fait face à un déploiement ahurissant
de la robocopie.
La ronde tournera au Panthéon
du 2 au 6 juin.

La ronde à la Défense.
Photo Jean-Claude Saget
À Neuilly, tout se passe bien, il fait chaud, très
chaud. Nous sommes un peu moins de 30. Deux policiers de la nationale,
viennent nous rendre visite, puis deux de la municipale. Deux policiers du
renseignement sont en faction, dont l'un qui passe son temps à papoter avec
quelques marcheurs rondeurs. On lui confesserait le bon dieu sans concession.
La Journaliste de l'AFP fait son travail, son article
est diffusé par l'agence, le voici :
La marche des obstinés contre la réforme de
l'université, partie jeudi de Chartres (Eure-et-Loir) à l'initiative
d'enseignants-chercheurs et étudiants, a fait étape dimanche devant la
mairie de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), a constaté une journaliste
de l'AFP.

Nous sommes devant la mairie de Neuilly,
comme la journaliste de l'AFP le remarque.
Photo Jean-Claude Saget
Une vingtaine de personnes ont participé, durant deux
heures, à une ronde des obstinés, avant de reprendre la marche jusqu'au
parvis de Beaubourg, à Paris, où elle s'achèvera.
« L'objectif est de dialoguer dans un esprit
d'ouverture. Le gouvernement s'obstine, nous aussi », a expliqué Théophile
Gaudin, étudiant en licence de chimie à l'université de Rouen
(Seine-Maritime).
« Nous voulons montrer que, bien qu'il y ait les
examens, nous n'abandonnons pas nos revendications », a ajouté Aniko
Sebesteny, doctorante en anthropologie à l'université Paris
X-Nanterre.
Eric Lecerf, enseignant-chercheur en philosophie à
l'université Paris VIII, l'un des organisateurs de la ronde infinie des
obstinés, qui avait tourné 1.000 heures devant l'Hôtel de Ville de Paris,
a rejoint la marche à Neuilly.
« Nous nous heurtons toujours au même refus de
dialoguer de la part du gouvernement. A la rentrée, la mobilisation va
continuer, sous une autre forme », a-t-il souligné.
La marche des obstinés, partie jeudi de Chartres, a
fait étape le même soir à Epernon (Eure-et-Loir), vendredi à Maurepas
(Yvelines) et samedi à Nanterre (Hauts-de-Seine).
Cette marche, mise en place par trois étudiants et
enseignants-chercheurs des universités de Caen (Calvados) et Rouen, a
accueilli, selon les organisateurs, une cinquantaine de personnes entre
Chartres et Neuilly.
La marche des obstinés doit arriver devant le centre
Georges-Pompidou dimanche à 19H00, et y organiser une ronde des
obstinés.
Voilà ce que dit l'AFP, c'est ce qu'on peut écrire
sur l'initiative, avant 16 heures, quand la petite compagnie (28
personnes) se met en route vers Paris. Objectif : L'Étoile, les
Champs-Élysées, puis le Louvre, où le 3e rendez-vous de la journée est
fixé à 18 heures.
Mais à la limite de Paris (anciennement barrière
de Neuilly ?), deux policiers en civil (c'est un mot)
surgissent, pour nous interdire l'entrée de la ville, parce qu'ils n'ont
pas l'autorisation préfectorale concernant notre manifestation. Nous
argumentons, avec bon sens. Nous mettons en avant le fait que nous ne
manifestons pas, mais que nous nous promenons sur un trottoir. Nos deux
banderolles leur posent un problème, les badges aussi (j'ai cru que
c'était mon T-Shirt gothique, parce que les badges, quand même...).
 Les
badges, quand même ! C'est plus des objets de
mode, que des slogans sociaux ou politiques. Le policier
a semblé l'admettre. Celui de la Ronde, est vendu
1,50 €, pour alimenter la caisse de grève, et
orner nos revers contestataires.
 Mon
T-Shirt, assorti des deux badges. Pour porter un tel
vêtement, il faut être atteint d'une
corruption du goût, mais encore, se
déclarer à la préfecture, pour
que la manifestation soit autorisée.
On
leur demande, comment ils font la différence entre des manifestants, des
touristes, ou des personnes qui marchent simplement dans la rue, une
banderole roulée, qui n'est pas plus que des cannes à pêche. Un collègue
géographe, propose de faire un cours de géographie urbaine, de nous
commenter les façades, en marchant dans les rues, les policiers ne sont
pas intéressés, et puis bref, à bout d'arguments, nous décidons qu'on ne
peut pas interdire aux gens de marcher dans la rue. Nous continuons notre
chemin, sous quelques menaces. Le temps ne menaçait pas, il s'agit des
menaces des policiers : « vous allez voir ». Souhait commun à tous
les voyeurs et à de très nombreux chercheurs.
Un peu plus loin, l'un des civils (c'est un mot) qui nous
accompagnent, nous signale que nous avons l'autorisation de rejoindre le
Louvre (donc je ne change pas de T-shirt (ou p'tit schort, comme on dit parfois), mais que si, à l'arrivée nous déployons une banderole, nous serons
arrêtés. On lui fait remarquer, que c'est peut être notre but, question
pub. Il répond que nous n'aurons pas les médias. Voilà une personne bien
informée. Et puis le parcours proposé, en passant par les quais, ne nous
convient pas. Il en réfère à sa Supériorité, qui refuse que nous passions
par les Champs Élysées, et, après un très bref échange, confirme auprès de
sa Supériorité, que nous désirons vraiment très fort descendre les
Champs-Élysées. Poussés par nos désirs, et un peu notre obstination,
nous continuons en direction de l'Arc de triomphe. Je lui fais remarquer,
au policier en civil (c'est un mot), que dans le fond, ce n'est pas si mal
pour lui, que grâce à nous, il fait un petit parcours de santé. Il confie,
brave homme, qu’il aime marcher, que s'il n'était pas de service, il
aurait bien fait le pèlerinage de Chartres. Encore un qui a des choses à
se faire pardonner.
Mais aux abords de la place de l'Étoile, une
impressionnante manifestation de robocops, surgit d'une petite dizaine de
fourgonnettes (le même nombre de paniers à salade les accompagnent), se
lance sur notre petit groupe, parcours de santé oblige. Enfin sur les
téméraires qui ouvraient la marche, les traînards, dont j'étais, ont eu la
vie sauve. Contrairement à ce qu'on pensait, le pas de course des
caparaçonnés — remarquable malgré la chaleur et l'effet Kronenbourg,
n'était pas une charge, mais un mouvement tournant, un savant
encerclement, genre grippe mexicaine à fort Alamo. C'était chorégraphique,
la banderole rouge roulée, au milieu du bleu. Cela a parmi de voir que
dans l'encerclement, la ronde tournait, puis elle s'est mise en route,
solidement encadrée, vers le Louvre, en passant par les quais.

Le comité d'accueil d'encerclement. Les robocops auront de
choses,à raconter, ce soir, à leurs enfants, lesquels, les yeux grands et
ronds comme des soucoupes, s'émerveilleront, de la vaillance, et de
la témérité au combat de papa.
« Je serai comme toi , papa ! ».
Et moi, dit la petite sœur « Je serai une Pécresse ».
« Papa, elle a dit un gros mot !».
Photo Jean-Claude Saget

Peu rassuré, on a la main au pétard, des fois que...
Photo Jean-Claude
Saget
Les prisonniers ont chanté des chansons entraînantes,
pour donner du cœur à leurs gardiens en plus grand nombre qu'eux-mêmes. On
y a un peu discuté. Un robocop a même informé l'un des prisonniers, que
cela faisait six mois qu'ils faisaient de la philosophie avec nous. Cela
tombait bien, car il s'adressait sans le savoir à Eric Lecerf, qui
enseigne la philosophie à Paris VIII.

L'État protège son élite. Avec la nouvelle loi ,
le doctorat donne droit à une garde rapprochée.
N'est-ce pas motivant ?
Photo Jean-Claude Saget
Le rendez-vous du Louvre a été raté et
désorganisé, la police répressive, c'est quand même mieux en peinture
qu'en vrai... Quoi que, il faudrait un artiste très génial, pour faire de l'art
avec ça, et un conservateur complaisant. Le louvre, dedans, ce serait
quand même une consécration.

La livraison au Louvre. Au moins, quand un
enseignant-chercheur se promène dans la rue, avec d'autres
enseignants-chercheurs, le ministère de l'intétérieur, moins radin que les
autres, trouve des moyens financiers.
Photo Jean-Claude Saget
Mais à Beaubourg, devant le centre Georges Pompidou, la
ronde a retrouvé ses rondeurs, et ses couleurs déployées.

Elle y a tenu assemblée et a décidé de tourner au
Panthéon, du 2 juin à midi, jusqu'à samedi 6 juin. Elle participera le 4
juin, à la marche des savoirs, accueillera les collègues et étudiants des
Universités européennes qui ont répondu à l'appel qui leur a été adressé,
et tentera, de décrypter les différentes positions des politiques, afin de
dégager le profil d'un vote en faveur de la princesse de Clèves aux
Européennes.

La ronde tient son assemblée à Beaubourg.
Photo Jean-Claude Saget
11 morts et des dizaines de blessés
dans une bousculade
à un concert au Maroc
Onze personnes ont été tuées dans la nuit de samedi à
dimanche à Rabat et une trentaine d'autres blessées dans une bousculade à
la fin d'un concert au festival de musiques du monde Mawazine, un
grandrendez-vous culturel de l'année au Maroc.
Quelque 70.000 spectateurs assistaient à un concert du
chanteur populaire marocain Abdelaziz Stati au stade de Hay Nahda, dans le
sud-est de la capitale, où étaient présents environ 3.000 policiers en
uniforme et en civil.
Selon une source proche des services de sécurité, la
bousculade s'est produite à l'issue du spectacle, peu après minuit.
Le concert, gratuit, était initialement prévu place
Moulay Al Hassan, en plein centre ville. Mais devant l'affluence de
spectateurs, majoritairement jeunes, les organisateurs avaient décidé de
le déplacer au stade de Hay Nahda.
Commencé vers 23H00, le concert s'est prolongé plus
tard que les autres événements de Mawazine programmés samedi soir, dont
celui de Stevie Wonder, l'une des têtes d'affiche de ce festival.
Des centaines de personnes venues d'autres concerts ont
rallié le stade pour assister à la fin du spectacle d'Abdelaziz Stati, a
précisé cette source proche des services de sécurité, provoquant un afflux
massif et imprévu de spectateurs.
A la fin du concert, un groupe de spectateurs a enjambé
un grillage métallique qui s'est écroulé sous leur poids, provoquant
panique, piétinement et étouffement de dizaines de personnes.
Cinq femmes, quatre hommes et deux enfants -tous de
nationalité marocaine selon une source informée- ont été tués.
Les services de sécurité ont procédé à l'évacuation des
victimes et à l'acheminement des blessés vers l'hôpital Ibn Sina de Rabat,
le plus important de la ville.
« La plupart des blessés sont jeunes », a déclaré
à l'AFP le Dr Abdelatif Benchekroun, son chef du service des urgences.
Dimanche soir, huit personnes -dont trois enfants-
étaient en soins intensifs, a déclaré le wali (préfet) de la région de
Rabat Hassan Amrani.
Les cinq adultes sont à Ibn Sina et les trois enfants à
l'hôpital pour enfants de la capitale, a-t-il précisé.
Le directeur de l'hôpital Ibn Sina Yasser Soufiani a
indiqué que l'état de santé des huit blessés variait « entre grave et
très grave ».
L'asphyxie provoquée par la bousculade est à l'origine
des onze décès, a-t-il ajouté.
Le ministère de l'Intérieur a annoncé l'ouverture d'une
enquête pour déterminer les causes et circonstances de la bousculade
tragique.
Dimanche matin, le stade était étonnamment calme et
rien ne laissait supposer qu'un drame s'y était déroulé quelques heures
plus tôt.
Un immense chapiteau était toujours dressé sur la
pelouse et des employés s'affairaient à balayer bouteilles en plastique,
cannettes vides et autres papiers gras.
Le festival Mawazine a été créé en 2001. Quelque 1.700
artistes étrangers et marocains ont participé à l'édition 2009, qui avait
commencé le 15 mai et se terminait samedi soir.
Dans un communiqué publié dimanche après-midi,
l'association Maroc Cultures, organisatrice du festival, a exprimé
« son immense tristesse » et présenté aux familles des victimes
« ses profondes et sincères condoléances ».
Le roi Mohammed VI a aussi adressé des messages de
condoléances et de compassion aux familles. Le souverain « a décidé
de prendre en charge personnellement les frais d'inhumation des personnes
décédées et d'hospitalisation des blessés », a-t-on ajouté de source
officielle.
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