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Musicologie.org 2008
56 rue de la Fédération
F - 93100 Montreuil

Actualités musicales

1er -  10 oût 2008

 


Actualités musicales du 1er août 2008 

1 - 15 août 2008
Megève

il concerto degli angeli
1er festival international de musique ancienne
de Megève - Pays du Mont Blanc

En créant le 1 er Festival International de Musique Ancienne, Megève et les Pays du Mont Blanc ont osés la différence : Un festival spécialisé mais accessible à tous, tourné vers la transmission du savoir et l’excellence.

Allier plaisir d’apprendre et de découvrir, plaisir d’écouter et de voir, telle est l’ambition que se sont donnés Megève et les Pays du Mont Blanc, au travers de ce festival.

Un mois (avec un copieux « pré-festival dès le 15 juillet) pour découvrir de magnifiques musiques fondement de notre patrimoine culturel occidental, issus tant des répertoires vocaux qu’instrumentaux et couvrant plus de 700 ans d'histoire de la musique.

Un mois également pour rencontrer 85 jeunes artistes, musiciens solistes des plus grands conservatoires européens accompagnés de multiples instruments au gré de 40 concerts, 60 présentations et conférences et deux cents œuvres de compositeurs connus de tous ou à découvrir (de J. S. Bach à G. Muffat, originaire de Megève).

Carrefour culturel et d’échange d’expériences, lieu de rencontre de sensibilités multiples, place d’expression offerte aux jeunes musiciens à la rencontre de leur public. Megève et les Pays du Mont Blanc on choisi pour cet été la carte de l'authenticité. Ici, point de stars mais partout l’excellence au service de la musique et de son répertoire aux mille facettes.

Avec le soutien de la fondation ejp : http://www.ejp.ch/

Programme résulmé, programme complet, fiche d'inscription aux masterclass, informations pratiques dans la page : http://www.concerto-angelico.com/103701.html

Réservations : offices du tourisme de Megève 04 50 21 27 28, Cordon 0450 58 01 57, Praz sur Arly 04 50 21 90 57

1er au 15 août
Estivales du Chalard
Haute-Vienne

Les Estivales du Chalard  emprunteront du 1er au 15 août les chemins des troubadours pour un voyage musical dans le paysage Limousin.

La programmation 2008 savamment  préparée par Christian Rivet est une bouffée d’aire frais qui invite au voyage et c’est tant mieux car c’est le thème choisi cette année : carnet de voyage.

Vous embarquerez pour un voyage à travers les siècles en compagnie de Jordi Savall, du Trio Wanderer, de Nemanja Radulovic, des Fin’S amoureuse, de François Jeannot et d'Ablaye Cissoko. De la musique médiévale au Jazz aucune période ne sera oubliée, pour une découverte de tous les horizons musicaux.

 Les enfants sont bien sûr invités au voyage à l’occasion de deux contes musicaux : le petit Prince et « contes pour enfants pas sages » de Prévert.

On aimera se laisser porter au gré des notes dans les plus beaux site de la région : Abbaye du 12e s., château du 18e s., Pôle agricole du 21e s dans une ambiance chaleureuse et conviviale.

La destination finale sera Limoges avec le Quatuor Sine Nomine et Etienne Chicot qui interpréteront les 7 dernières paroles du Christ.

Prenez rapidement vos billets pour l’embarquement !

Programmation 2008

Vendredi 1er août - Pôle de Lanaud (5 km de Limoges) - 20h : jazz / musique du monde : Quand se Taisent les 0iseaux. François Jeanneau (saxophone)  - Ablaye Cissoko (griot : kora et chant). Musique de François Jeanneau

Dimanche 3 août - Abbaye du Chalard - 20h : Théâtre musical. La Prose du Transsiberien. Léonie Simaga (récitante) - Christian Rivet (guitares et luths). Texte de Blaise Cendrars, musique de Christian Rivet

Lundi 4 août - Abbaye du Chalard - 15h : conte musical. Le Petit Prince. Marcel Bonnaud (récitant) - Estelle Gourinchas (alto). Textes de Saint-Exupéry

Mercredi 6 août - Pôle de Lanaud (5 km de Limoges)  - 20h : musique classique. Trio Wanderer (violoncelle, violon, piano), dans des œuvres de Chostakovitch, Listz, Montovani, Stravinsky.

Jeudi 7 août - Saint-Yrieix-la-perche - 21h : cinéma. Tous les Matins du Monde. Film d’Alain Corneau

Vendredi 8 août - Abbaye du Chalard - 18h : conférence. Aliénor d'Aquitaine, par Jean-Pierre Thuillat

Samedi 9 août - Abbaye du Chalard - 20h : musique médiévale. Marions les Roses, avec Les Fin'S Amoureuses (chant). Chansons et psaumes de la France à l’Empire Ottaman

Lundi 11 août - Château de Jourgnac - 20h : musique classique. Nemanja Radulovic (violon), dans des œuvres de Bach, Ysaye, Miletic

Mardi 12 août - Abbaye du Chalard - 15h : conte musical. Contes pour Enfants pas sages. Marcel Bonnaud (récitant), Maëlle Bousquet (clarinette). Textes de Jacques Prévert

Mercredi 13 août - Abbatiale de Solignac - 20h : musique baroque. Capitaine Humes. Jordi Savall (viole de Gambe), Musicall Humors de Tobias Hume

Jeudi 14 août - Abbaye du Chalard - 18h : conférence. Bertrand de Ventadour et ses frères Troubadours, par Luc de Goustine

Vend. 15 août - Eglise St Michel (Limoges) - 20h : musique sacrée. Les Sept dernières paroles du Christ. Etienne Chicot (récitant), Quatuor Sine Nomine (cordes). Musique de Haydn et texte de Claudel

Tarifs : entre 8 et 35 €. Renseignements : Tel : 09 50 36 13 43 ; contact@estivalesduchalard.com ; réservations

Gilberto Gil démissionne de son poste
de ministre de la Culture au Brésil

Le chanteur populaire brésilien Gilberto Gil a démissionné mercredi de ses fonctions de ministre de la Culture qu'il exerçait depuis 2003, afin de se consacrer à la musique.

Le musicien, de renommée internationale, âgé de 66 ans, a présenté officiellement sa démission lors d'une réunion avec le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui l'a acceptée, a annoncé Gilberto Gil en personne lors d'une conférence de presse au Palais du gouvernement.

M. Gil a déclaré qu'il avait eu l'intention de démissionner depuis la fin du premier mandat présidentiel de Lula et ce n'est qu'aujourd'hui que ce dernier a finalement accepté sa démission.

« J'ai senti que le cycle était accompli et je souhaitais m'éloigner. Je ressentais une énorme pression de mes activités artistiques qui s'amoncelaient » , a déclaré M. Gil.

Le secrétaire exécutif du ministère, Juca Ferreira, assumera sa succession, a ajouté Gilberto Gil.

« Je suis resté un artiste même après mon premier jour en tant que ministre en 2003 » , a-t-il affirmé.

« Gil a fait une rechute parce qu'il voulait redevenir un grand artiste, il est retourné vers sa priorité, vers ce qu'il y a de plus important » , a déclaré Lula un peu avant leur réunion, arguant que le pays ne pouvait pas se passer de la musique de ce grand chanteur, dont la discographie est forte de 40 albums.

« J'ai à présent besoin de temps pour continuer à faire ce qui me plaît le plus dans la vie : chanter » , avait-il déjà déclaré fin 2007, avant de faire marche arrière et d'annoncer qu'il conservait ses fonctions.

Gilberto Gil est né en 1942, dans l'Etat de Bahia, berceau d'autres grands musiciens brésiliens tels que le pionnier de la bossa nova Joao Gilberto ou encore Caetano Veloso, Gal Costa et Maria Bethania.

Avec Caetano Veloso, il a fait partie du mouvement culturel tropicaliste dans les années 1960 et furent tous deux arrêtés sous la dictature à la fin 1968 avant de s'exiler ensemble en Grande-Bretagne l'année suivante.

« Il existe de nombreuses façons de faire de la musique. Je les préfère toutes » , avait déclaré non sans humour le musicien qui se qualifie de « tropicaliste » .

Festivals de l'été musical 2008

SUD OUEST

Danses, chants et musiques du monde, à Saint-Girons (Ariège) du 5 au 10 août. Quelque 250 participants venus de sept pays (Mali, Chine, Colombie, Syrie, Slovaquie, Portugal, France) invitent à la découverte de l'autre à travers concerts, animations de rue, spectacles et expositions. 05 61 96 26 60 ; http://www.bethmalais.org

Rencontres musicales de Figeac (Lot), du 7 au 19 août. Une série de récitals et de concerts, notamment avec des oeuvres de Mozart, Haydn et Beethoven, est proposée dans le cadre de châteaux et d'églises du Quercy. Le festival, auquel participera l'orchestre allemand des jeunes de Düsseldorf, gravitera « Autour des cordes » . 05 65 34 06 25 ; http://www.festival

Fest'Arts, Festival international des Arts de la rue, à Libourne (Gironde) les 7, 8 et 9 août: Pour cette 17e édition, pas moins de 37 compagnies et 148 représentations, dont 120 gratuites, sont annoncées sur 19 sites différents. Les Arts de la rue dans toute leur diversité se présenteront aux festivaliers: danse, théâtre et cirque seront chargés de faire vivre l'espace public de Libourne. 05 57 74 13 15, 05 57 51 15 04 ; http://www.festarts.com

Festival en bastides, du 4 au 9 août dans l'Aveyron, à Villefranche-de- Rouergue, La Bastide-L'évêque, Sauveterre-de-Rouergue, Najac et Villeneuve-d'Aveyron. Les arts vivants (théâtre de rue, spectacle de feu, cirque, danse...) sont de nouveau à la fête pour cette 9e édition dans les cinq magnifiques bastides de l'ouest du département. 05 65 45 76 74 ;
http://www.espaces-culturels.fr

OUEST

Festival « Le bout du monde » dans la presqu'île de Crozon (Finistère) les 8, 9 et 10 août. Pour sa 9e édition, ce festival, axé principalement sur les musiques du monde, offre une belle palette d'artistes, entre musiciens confirmés et jeunes pousses. On y verra notamment Tiken Jah Fakoly (Côte d'Ivoire), Orchestra Baobab (Sénégal) nouvelle formule, Vieux Farka Touré (Mali), Antonio Rivas (Colombie), Ska Cubano (GB-Caraïbes) ainsi que des « valeurs sûres » françaises, tels que Bernard Lavilliers, Alain Bashung ou Camille. http://www.festivalduboutdumonde.com

« Bons baisers de Moscou » jusqu'au 17 août: le 19e festival international de musique de Dinard (Ille-et-Vilaine), dont la direction artistique est assurée par Kun Woo-Park, fait cette année la part belle à la Russie et à ses musiciens. Au nombre des invités, les deux premiers lauréats du concours Tchaïkovski 2007. Le festival s'ouvre le 2 août par un concert gratuit à quatre pianos et se clôt par un hommage à Olivier Messiaen pour le centenaire de sa naissance. http://www.festival-music-dinard.com

estival « Les Escales » à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) les 8 et 9 août. La 17e édition de ce festival de musiques du monde (France, Etats-Unis, Brésil, Cap Vert, Nigeria, Côte d'Ivoire...) programme 25 concerts en deux jours sur le port, dont Dee Dee Bridgewater, Sonic Youth, Alpha Blondy ou encore CharlElie Couture. 02 51 10 00 00 ; http://www.les-escales.com

CENTRE EST

Festival de Musique des Monts de la Madeleine en Loire-Allier (jusqu'au 10 août) - Ce festival de musique classique, né de l'Association Pentatête, a pour première vocation de révéler au public de jeunes musiciens passionnés. Il aura lieu dans une vingtaine de communes de l'Allier et du Roannais, avec de nombreux concerts et récitals dans des églises, châteaux et chez l'habitant. Emmanuelle Bertrand, qui a reçu une Victoire de la Musique Classique en 2002, interprètera le concerto en do majeur de Joseph Haydn lors du concert final de Renaison (Loire) le dimanche 10 août à 21h00. http://www.montsdelamadeleine.com

Festival Celte en Gévaudan à Saugues (Haute-Loire) du 6 au 9 août - Cette 2e édition du Festival de musique celtique sera représentée par des musiciens tels que Dan an Braz, Avalon Celtic Dances, Kreposuk, The Gartloney Rats et Rebel Sheep Pipe Band. De nombreuses animations sont également prévues notamment en préambule de ces deux jours avec Foggy Bartas et Joanne Mc Iver avec des concerts gratuits pour ceux qui veulent découvrir le charme de la musique irlandaise. 04 71 07 41 65 ; 04 71 77 71 38 ;
http://www.gorges-allier.fr

Musicales au Fival à Saint-Etienne-de-Serres en Ardèche (du 5 au 12 août) - Après le piano en 2006 et 2007, c'est l'accordéon qui ouvrira la 3e édition de ce festival, en accueillant Marcel Azzola, en duo avec Lina Bossatti, sa complice de toujours. La voix, la flûte et la guitare seront également à l'honneur, avec notamment Marie Kobayashi, Clara Novakova... Ainsi que les cordes et le piano avec la violoncelliste Valérie Aimard, le violoniste Nicolas Miribel, le pianiste Nicolas Mallarte. 04 75 66 63 20 ;
http://musicalesaufival@orange.fr

Festival Ard'Afrique - Les Vans (Ardèche) (du 7 au 10 août) - Ce festival est organisé par l'Association pour le Métissage des Arts et la Création de Spectacles au profit intégral de l'association humanitaire Partenariat Pays des Vans Sénégal qui vient en aide au peuple sénégalais. Cette 8e édition accueille ainsi le vendredi 8 août Touré Kunda, The Skatalites, Takana Zion & Manjul, Victor Démé. http://amacs.free.fr

EST

Festival Au grès des Vosges, du 8 au 17 août à la Petite-Pierre (Bas-Rhin). Michel Portal et Richard Galliano, qui se produiront en duo le 15 août, seront les têtes d'affiches de ce festival de jazz qui consacre depuis sa création en 2003 deux journées au jazz manouche. Marcel Loeffler et Biréli Lagrène, habitués quasi indéfectibles de cette rencontre, seront au rendez-vous ainsi que des musiciens d'Europe de l'Est, et les chanteuses américaines Stacey Kent et Robin McKelle. http://www.la-petite-pierre.com

Festival le Chien à Plumes en maillot de bain, du 8 au 10 août au Lac de Villegusien (Haute-Marne). Une vingtaine de groupes et d'artistes avec pour têtes d'affiche Emir Kusturica, Les Têtes raides, Maceo Parker et Tiken Jah Fakoly se produiront à ce festival dédié aux musiques actuelles en milieu rural. 03 25 88 78 82

SUD-EST

Festival de théâtre et musique de rue de Pernes-les-Fontaines (Vaucluse), du 8 au 10 août. Une quarantaine de compagnies se produisent gratuitement dans le centre ancien de Pernes-les-Fontaines, entre les fontaines, les ruelles étroites et les remparts de la ville. Des danseurs de Côte d'Ivoire aux « fabuleux tricots » de diabolo de la compagnie du Caillou fou en passant par le monde imaginaire de Cirk Oblique, tous les arts de la rue sont représentés. Le festival avait réuni 25.000 personnes en 2007. 04.90.61.31.04 ; http://www.fontarts.com

Fêtes latino-mexicaines de Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence), du 9 au 17 août. Durant un peu plus d'une semaine, les mariachis mexicains El real Cocula ainsi que Romantitlan, les Cubains de Lily de Cuba et leur « son » des Caraïbes ainsi que les Brésiliens Oba Brazil et Patrick Agullo donnent des concerts sur les places et dans les rues de la ville. Barcelonnette entretient des relations particulières avec le Mexique où de nombreux habitants de la ville firent fortune au XIXe siècle dans le commerce de tissus. 04.92.81.04.71 ; http://www.barcelonnette.com

NORD

7e édition des Nuits secrètes à Aulnoye-Aymeries (Nord) du 8 au 10 août - Aulnoye-Aymeries, 10.000 habitants, accueille 50.000 festivaliers pour 70 concerts et spectacles, trois jours et trois longues nuits durant. En concert gratuit, Alain Bashung, Vitalic, Tiken Jah Fakoly, Peter von Poehl, Girls in Hawaï... 03.27.53.00.40 ; http://www.lesnuitssecretes.com

Une bobine d'un enregistrement brut des Beatles
vendue aux enchères

Une bobine d'un enregistrement brut des Beatles, sur laquelle on peut entendre les membres du groupe britannique plaisanter ou être pris de fou rire pendant qu'ils répètent, va être mise aux enchères le 5 août, a annoncé jeudi la maison Cameo.

D'une durée d'environ trente minutes, cet enregistrement qui daterait de 1964, comporte des chansons composées par John Lennon et Paul McCartney, ainsi que des reprises d'autres artistes par le groupe, selon cette maison de vente aux enchères basée dans le Berkshire, au sud de l'Angleterre.

Il est estimé à entre 8.000 et 12.000 livres (10.160 et 15.250 euros). Selon Cameo, entre les chansons, on entend Lennon dire à McCartney: « Je ne te regarde pas » . Et son complice de répliquer: « Si, tu me regardais » .

« Il se fait tard, mais ça devient de plus en plus amusant » , ironise encore Lennon, remarquant: « Il est 11 heures, vous savez » .

Restée cachée pendant 40 ans, selon Cameo, la bobine a été découverte dans le grenier d'un homme ayant travaillé dans l'industrie musicale, par son fils qui y mettait de l'ordre.


Actualités musicales du 3 août 2008 

Salzbourg : « Don Giovanni » de Mozart
ou l'errance d'un homme blessé

Le Festival de Salzbourg présente jusqu'au 29 août un nouveau « Don Giovanni »  de Mozart, vu par le metteur en scène allemand Claus Guth comme l'errance d'un homme blessé dans une forêt de sapins, un propos à mille lieues du cadre sévillan du livret, mais cohérent.

Claus Guth avait suscité l'événement du festival 2006 (édition du 250e anniversaire de la naissance du compositeur) en réglant des « Noces de Figaro »  oniriques et plutôt sombres, premier volet de la trilogie Mozart-Da Ponte qu'il a prévu de monter à Salzbourg.

Le deuxième opéra (1788) coréalisé par W.A. Mozart et le librettiste Lorenzo Da Ponte se prête plus encore à la noirceur du trait.

L'ouvrage est certes un « dramma giocoso » , c'est-à-dire un opéra bouffe, mais Claus Guth n'a pas spécialement cherché l'équilibre entre part tragique et éléments comiques.

« Je ne trouve pas Don Giovanni drôle » , confie-t-il dans le programme de salle, avant d'ajouter: « Peut-être est-ce grotesque, parfois » .

Pas de palais et de rues de Séville ici mais un décor unique et tournant de forêt où le metteur en scène prend une petite liberté avec le livret: Don Giovanni tue certes le Commandeur, mais celui-ci a aussi blessé par balle son agresseur.

La course à l'abîme du bourreau des coeurs sera donc accompagnée d'une souffrance physique que Leporello — ici un compagnon d'infortune « junkie »  plutôt qu'un valet — tentera d'abréger en fournissant à son « maître »  des substances illicites (héroïne, cannabis).

Claus Guth a cependant de l'humour quand il expose les malheurs d'Elvire, la femme bafouée, dans un abribus en tôles, et une relative tendresse quand il place Zerline, la jeune femme convoitée par Don Juan, sur une balançoire.

Le propos ne manque pas de force, même si le spectateur pourra regretter que la sextuor final en forme de morale ait été coupé, à des fins de cohérence dramaturgique: le spectacle s'achève sur l'image de Don Giovanni tombant dans un trou creusé par le Commandeur.

La distribution est de premier choix. Le Don Giovanni du baryton britannique Christopher Maltman a de l'or dans la voix mais le Leporello du baryton-basse uruguayen Erwin Schrott, compagnon de la populaire soprano russo-autrichienne Anna Netrebko, lui volerait presque la vedette. Il faut dire que la prestation scénique très physique de ce chanteur au timbre sombre et à la voix généreuse est assez irrésistible.

Le ténor américain Matthew Polenzani exhibe une fière projection en Don Ottavio, rôle que le Slovaque Pavol Breslik assumera lors des trois dernières représentations (19, 25 et 29 août), probablement à sa manière plus sensible.

Chez les femmes, la soprano allemande Dorothea Röschmann donne une belle dimension pathétique à son Elvire. Sa compatriote Annette Dasch arbore moins de couleurs mais elle est annoncée souffrante, ce qui n'entame pas sa fine composition psychologique.

En 2006, « Les Noces de Figaro »  étaient dirigées dans la fosse de la Haus für Mozart (« Maison pour Mozart » ) par le chef autrichien d'obédience baroque Nikolaus Harnoncourt, ciselant le drame comme personne avec des tempos très contrastés, à la tête de l'Orchestre philharmonique de Vienne.

Deux ans plus tard, à cet endroit et avec la même formation, c'est le Français Bertrand de Billy qui officie, de façon plus neutre, dans « Don Giovanni » . Les Wiener Philharmoniker sonnent avec une opulence et une finition fascinantes, mais leur manière pourra paraître passée de mode à l'heure du triomphe des instruments anciens dans ce répertoire.

Fréquentation en baisse pour l'édition 2008
du Nice Jazz Festival

L'édition 2008 du Nice Jazz Festival a attiré plus de 41.000 spectateurs, dont 35.306 entrées payantes, un résultat en légère baisse par rapport à l'année précédente, a-t-on appris vendredi auprès de l'organisation.

Selon la nouvelle direction du Nice Jazz Festival, confiée au producteur Gérard Drouot, ce sont 41.282 personnes qui ont assisté aux 48 concerts présentés du 19 au 26 juillet.

Avec 35.306 entrées payantes, l'édition 2008 n'améliore pas la fréquentation enregistrée en 2007 par la manifestation qui avait revendiqué plus de 42.000 entrée payantes.

Les soirées programmant les concerts de Léonard Cohen, Diana Krall et la reformation du groupe Return to Forever ont attiré le plus grand nombre de spectateurs.

Coup d'envoi de Jazz in Marciac
avec le monstres sacré brésilien Caetano Veloso

Diana Krall, Herbie Hancock, McCoy Tyner, Brad Mehldau... Une pluie d'étoiles va illuminer du 1er au 17 août la 31e édition de Jazz in Marciac, dont l'affiche accueille pour la première fois deux monstres sacrés de la chanson brésilienne, Caetano Veloso et Milton Nascimento.

Caetano Veloso se produira lors de la soirée d'ouverture sous le chapiteau de 5.000 places, dressé le temps du festival sur le terrain de rugby de Marciac (Gers).

Milton Nascimento sera au même endroit le 6 août. La voix céleste de contralto de cet autre géant de la « MPB »  (musique populaire brésilienne) sera placée dans un écrin de cuivres et de cordes avec la formation des frères Belmondo, agrémentée des cordes d'un orchestre symphonique toulousain.

Jean-Louis Guilhaumon, président du festival, a une affection particulière pour les chanteuses de jazz. Cela se vérifiera cette année, avec les présences de Robin McKelle, Diana Krall, Dee Dee Bridgewater.

Cette dernière, doyenne de ces ladies, est un peu chez elle à Marciac où elle fêtera sa dixième participation, entourée de quelques musiciens maliens de son dernier album.

Leur pendant masculin, Bobby McFerrin, vocaliste sidérant utilisant toutes les possibilités de sa voix, se produira le 3 août.

L'instrument roi du jazz, le piano, se taille une belle part du gâteau marciacais, avec Herbie Hancock, McCoy Tyner, Brad Mehldau, Oliver Jones, Omar Sosa, Hervé Sellin.

Herbie Hancock, pour sa sixième apparition à Marciac, y interprétera un répertoire fait de chansons de Joni Mitchell, au sein d'un groupe exceptionnel monté pour l'occasion, avec deux chanteuses et surtout le contrebassiste Dave Holland et le saxophoniste Chris Potter.

McCoy Tyner, ancien musicien de John Coltrane, au style complexe, et Brad Mehldau, plus romantique, se succèderont le même soir, le 9 août. Les deux pianistes connaissent les lieux, qu'ils ont déjà hantés cinq fois pour le premier, six pour le second.

Chucho Valdes sera à l'affiche le 11 août pour une soirée jazz afro-cubain dont l'autre protagoniste sera le saxophoniste Paquito D'Rivera.

La soirée du 10 août consacrera la fusion du jazz et du funk, avec les saxophonistes Bill Evans, qui fit partie du groupe de Miles Davis dans les années 80, et Eric Marienthal.

Deux musiciens aux antipodes l'un de l'autre, Wynton Marsalis, enfant de la Nouvelle-Orleans et garant d'une certaine tradition, et John Zorn, sont devenus incontournables à Jazz in Marciac.

Le premier, trompettiste prodige, est le parrain d'un festival dont il n'a manqué aucune édition depuis 1995. Outre son concert avec son immuable septette, il donnera le 13 août avec l'accordéoniste Richard Galliano une création intitulée « Billie Holiday meets Edith Piaf » .

Zorn est plutôt du genre électron libre. Cet esprit frondeur et son jazz sulfureux ont été adoptés par le public d'un festival où il vient pour la quatrième année de suite.

Outre le chapiteau, Marciac, une ville qui sort de sa torpeur chaque été pour se mettre entièrement à l'heure musicale, compte d'autres lieux de concerts: les Arènes et la place de l'Hôtel de Ville.

Les Arènes prendront à partir du 14 août le relais du chapiteau, avec une programmation plus festive ciblant un public jeune: l'Orchestra Baobab, légendaire formation dakaroise, et le rock balkanique débridé du Serbe Emir Kusturica y sont notamment programmés.

Le off, qui s'étoffe chaque année, propose en diurne des concerts gratuits sur la place de l'Hôtel de Ville.


Actualités musicales du 3 août 2008 

Salzbourg retrouve « Otello » de Verdi
sous la direction flamboyante de Ricardo Muti

Oublié par le Festival de Salzbourg durant 36 ans, « Otello »  de Verdi y a été redonné vendredi soir sous la direction musicale flamboyante de l'Italien Riccardo Muti et dans une mise en scène convenue du Britannique Stephen Langridge, qui a reçu quelques huées.

Chef-d'oeuvre de la maturité de Giuseppe Verdi (1813-1901), créé à Milan en 1887 sur un livret d'Arrigo Boito d'après la tragédie de William Shakespeare, « Otello »  n'est entré au répertoire de la manifestation salzbourgeoise qu'en 1951, avec le chef d'orchestre allemand Wilhelm Furtwängler.

Ce « dramma lirico »  a suscité localement 24 représentations seulement jusqu'en 1972, dont 14 sous la direction musicale et scénique de l'Autrichien Herbert von Karajan, patron de la manifestation de 1957 à 1989.

Fidèle du festival depuis 1971, Riccardo Muti, 67 ans, officie dans la fosse du Grosses Festspielhaus (grand palais du festival) pour des retrouvailles avec « Otello »  qui prennent rapidement l'allure d'un retour musical gagnant.

Le maestro napolitain souligne les ressorts de ce drame haletant dès la tonitruante entrée en matière, faisant gronder l'Orchestre philharmonique de Vienne comme le tonnerre. Muti fait aussi vibrer sa corde sensible, notamment sur le poignant « Un bacio »  (« Un baiser » ) que s'échange le général maure Otello et sa femme Desdémone. Et il se révèle en vrai partenaire de musique de chambre de cette dernière dans l'intimité de sa « Chanson du saule » .

La mise en scène est sans risque, en costumes de l'époque de Shakespeare mais avec quelques touches de modernité: plan incliné de verre qui se brise en deux morceaux comme pour annoncer la fin de Desdémone et Otello, discret recours à la vidéo (mer en furie) et menus effets spéciaux.

Au moins Stephen Langridge, pour ses débuts à Salzbourg, ne raconte-t-il pas autre chose que l'oeuvre de Verdi et Boito, c'est-à-dire une double histoire de jalousie dans une société prisonnière des codes de l'honneur. Jalousie de Iago, l'enseigne d'Otello, complotant contre Desdémone pour se venger de la promotion de Cassio à ses dépens. Jalousie d'Otello qui, se croyant trompé par sa femme, préférera la tuer et en finir lui-même avec la vie.

Mais le metteur en scène a tendance à enfermer ses chanteurs dans des postures tragiques un peu datées face au public, et son travail manque d'une direction d'acteurs digne de ce nom, même si quelques idées sont intéressantes (notamment, au IIIe acte, la conversation de Iago et Cassio, qui se figent dans la pénombre quand Otello chante à son tour).

A défaut d'exister vraiment sur la plan scénique, les chanteurs tentent de se faire entendre vocalement. De 1970 à 1972 à Salzbourg, Otello et Desdémone étaient incarnés par le ténor canadien Jon Vickers et la soprano italienne Mirella Freni, deux grands noms associés à ces rôles.

La barre est sans doute un peu haute en 2008 pour le Letton Aleksandrs Antonenko et la Russe Marina Poplavskaya, mais ces deux jeunes chanteurs ne ratent pas leurs débuts à Salzbourg. Elle, offre une ligne vocale très soignée, à peine altérée par des aigus un peu moins maîtrisés. Lui, n'a peut-être pas l'héroïsme requis, mais rien dans son chant ne mérite les quelques huées qui lui ont été adressées aux saluts.

L'Espagnol Carlos Alvarez montre pour sa part qu'il est l'un des barytons Verdi les plus solides du moment même si son Iago, un brin sage dans le jeu, aurait gagné à être plus diabolique.

« Otello »  sera donné six autres fois du 5 au 27 août à Salzbourg avant d'être représenté du 6 au 14 décembre à l'Opéra de Rome, coproducteur du spectacle.

Erwin Schrott, Don Juan de l'art lyrique

L'Uruguayen Erwin Schrott fait ses débuts jusqu'au 29 août au Festival de Salzbourg, en Autriche, où il chante Leporello mais pourrait tout aussi bien incarner le rôle-titre de « Don Giovanni »  de Mozart, avec sa voix très libre et son physique de « latin lover » .

Si la star russo-autrichienne Anna Netrebko a déclaré forfait pour la deuxième année consécutive — cette fois en raison d'une grossesse avancée —, son compagnon à la ville, lui, est bien présent dans ce haut-lieu international de l'opéra qu'est Salzbourg.

Dans la mise en scène de l'Allemand Claus Guth, qui exige beaucoup de ses chanteurs, Erwin Schrott impose un Leporello (le compagnon de route de Don Giovanni) musclé, grimpant aux arbres et jouant les « junkies »  sans mettre en péril son chant généreux.

« Le soir, après le spectacle, je pourrais chanter à nouveau, mais intérieurement je suis vidé » , explique le baryton-basse à l'AFP.

Dans « Don Giovanni » , Erwin Schrott a déjà chanté Leporello (Covent Garden à Londres), le rôle-titre (Washington et bientôt au Metropolitan Opera de New York) et Masetto (Opéra de Paris). Mais, de ces trois emplois, c'est Leporello, personnage « le plus humain » , « plein de contradictions » , qu'il préfère.

2008 restera comme une année-clé pour ce brun charmeur de 35 ans: outre le « grand honneur »  de se produire dans la ville de Wolfgang Amadeus Mozart, où l'on « traite la musique comme un trésor » , il vient de publier, chez une « major »  (Decca/Universal), son premier récital discographique.

Un florilège de douze airs, dont six de Mozart, des Italiens (Verdi) et des Français (Hector Berlioz, Charles Gounod et Giacomo Meyerbeer). La prononciation de la langue de Molière est encore floue, mais sans faute.

« Quand on m'a proposé de faire cet album, il y a deux ans, j'ai été très surpris. J'ai pensé: ce sont les ténors, les sopranos qui font des disques » , confie le baryton-basse, dont le type de voix est souvent jugé moins vendeur par les maisons de disques.

Cet enregistrement est « un cadeau pour mon père et ma mère: je pense qu'ils sont heureux et très fiers de moi » , ajoute-t-il.

Issu d'une famille plutôt modeste de Montevideo où, tout juste adolescent, il aidait son père à laver des voitures, Erwin Schrott n'avait sans doute pas rêvé d'un destin de star du monde lyrique.

Sa vocation musicale est cependant née très tôt dans cette « maison où toutes les musiques étaient bienvenues, en permanence » . Erwin Schrott chante en choeur, prend des cours particuliers, mais se cherche: « Je commençais à passer d'un professeur à l'autre, en essayant de trouver quelque chose, mais je ne savais pas quoi » , dit-il.

Montevideo puis Buenos Aires ne lui suffisent pas. Il part en Europe, mais passe un séjour en demi-teinte en Italie et échoue à un concours organisé à Vienne.

Deux prix (du public et du jury) au concours Operalia du ténor espagnol Placido Domingo, en 1998, lanceront véritablement sa carrière: « Après cela, j'ai reçu beaucoup d'offres, de partout, et j'ai bien dû en refuser 95%! J'ai préféré avancer pas à pas, avec des rôles me permettant d'être sur scène et de continuer à apprendre en même temps » , explique Erwin Schrott.

Aujourd'hui, le chanteur a des engagements jusqu'en 2012, voire au-delà. « C'est ridicule, c'est fou » , juge-t-il avec amusement, soulignant que « le plus difficile est de dire non »  à des projets intéressants.

Mais il ne boude pas son plaisir d'être sur scène, dont il a « besoin »  pour entretenir un « contact émotionnel avec le public » .

Et il savoure le fait d'appartenir à une brillante génération de chanteurs lyriques latino-américains, avec notamment le Mexicain Rolando Villazon et le Péruvien Juan Diego Florez, « des ténors » , note-t-il comme pour souligner sa singularité.

Lui est-il basse ou baryton-basse? « Vous pouvez m'appeler comme vous voulez et je peux chanter ce que je veux » , conclut-il avec humour.

Le prix Mimos 2008  a été attribué
à la compagnie de danse hip-hop Accrorap

Le prix de la 26e édition de Mimos, le festival international du mime de Périgueux, a été attribué samedi au spectacle « Petites histoires.com »  de la compagnie française de danse hip-hop Accrorap, ont annoncé les organisateurs dans un communiqué.

Un jury international composé de journalistes et de professionnels a récompensé le spectacle « pour sa poésie, sa générosité, son universalité et son engagement » . Accrorap était la première compagnie de danse hip-hop invitée à se produire dans le cadre de ce festival consacré au mime mais ouvert à diverses formes d'expression s'en rapprochant.

Le prix du festival « off »  de Mimos, décerné par le public, est quant à lui revenu au spectacle « Silences amusants d'un couple en blanc »  de la compagnie Sivouplait, originaire de Tokyo.


Actualités musicales du 4 août 2007 

4 août – 6 septembre 2008
Saint-Sébastien

 

69e « Quincena Musical »
de Saint-Sébastien

Du 4 août au 6 septembre prochain, pour sa 69ème édition, la « Quincena Musical » rendra hommage aux compositeurs Pablo Sarasate (1844-1908) et Olivier Messiaen (1908-1992) ainsi qu’au chef d’orchestre Ataúlfo Argenta (1913-1958).

Carmen, le personnage créé par Prosper Mérimée, sera à l’honneur deux fois avec la production de l’Opéra de Toulouse et le spectacle du Ballet Flamenco de Sara Baras.

Parmi la nouvelle génération, le chef d’orchestre Tugan Sokhiev et le contre-ténor Philippe Jaroussky participent à la Quincena.

L’Orchestre Philharmonique Tchèque, l’Orchestre National du Capitole de Toulouse et l’Orchestre Symphonique SWR Baden-Baden et de Fribourg se produiront à l’Auditorium du Kursaal.

Le sculpteur Rigardo Ugarte signe l’affiche de cette édition, rejoignant la liste des artistes qui ont créé l’image officielle du festival.

Les festivités débuteront le 4 août, dans le théâtre Victoria Eugenia, où le chorégraphe Juan Kruz Díaz de Garaio et le violoniste libanais Ara Malikian uniront leurs talents pour donner vie à « Capricho Sarasate », une production de la « Quincena » qui rend hommage au violoniste et compositeur Pablo Sarasate (1844-1908) à l’occasion du centenaire de sa disparition.

Au Kursaal, les amateurs d’opéra pourront voir « Carmen » de G. Bizet, dans une production de l’Opéra de Toulouse.

A l’occasion du centenaire de la naissance d’Olivier Messiaen, l’intégralité de ses oeuvres pour orgue pourra être écoutée dans la cathédrale du Buen Pastor. L’Orchestre et le Chœur National d’Espagne interprèteront ses « Trois petites liturgies de la Présence Divine » L’Orchestre Symphonique SWR Baden-Baden  jouera « L’ascension », « Oiseaux exotiques pour piano et orchestre », et « Couleurs de la cité céleste ».

Hommage au chef d’orchestre Ataúlfo Argenta : L’Orchestre National d’Espagne interprétera, avec l’Orphéon Donostiarra, le « Requiem Allemand » de Brahms, avec lequel Argenta obtint un succès mémorable à Paris en 1957.

L’Orchestre des jeunes Gustav Mahler, avec à sa tête Colin Davis, donnera « La symphonie fantastique » de Berlioz. Le festival accueil également l’Orchestre Philharmonique Tchèque et l’Orchestre Symphonique d’Euskadi, l’Orchestre Symphonique de Galice, Frank Peter Zimmermann, Christian Zacharias et Heinrich Schiff, les danses basques du groupe Argia Dantza Taldea.

Quincena Musical
Centro Kursaal
Avda.de Zurriola, 1
20002 Donostia-San Sebastian
http://www.quincenamusical.com
quincenamusical@donostia.org
Renseignements au 00 34 943 00 31 70

La vente générale débutera le 23 juin, dans les points de vente habituels : billetterie du Kursaal, Telekutxa- Servikutxa - 00 34 943 00 12 00 - http://www.kutxa.net - Office de Tourisme de Biarritz 05 59 22 37 00

Un « Faust » de Gounod intimiste et élégiaque
aux Chorégies d'Orange :

Les Chorégies d'Orange 2008 s'achèvent sur une nouvelle production intimiste et élégiaque du « Faust » de Charles Gounod, étrennée samedi soir en plein air avec succès, dans le théâtre antique de la ville, devant pas loin de 8.000 spectateurs.

Après la « Carmen » de Georges Bizet, qui a ouvert cette année les Chorégies, « Faust » d'après la tragédie de Goethe est l'opéra français ayant le plus de succès dans le monde.

Créé dans sa version avec récitatifs en 1869, il est présenté pour la huitième fois devant le mur acoustique du théâtre romain d'Orange.

La dernière production y remontait à 1990 et elle avait comme artisans deux Français, Nicolas Joel (mise en scène) et Michel Plasson (direction musicale). On retrouve cette année la même équipe, avec distribution vocale et orchestre différents (le Philharmonique de Radio France, au lieu de l'Orchestre du Capitole de Toulouse).

Ce « Faust » 2008 diffère par maints aspects de celui de 1990, dominé par la personnalité du baryton belge José Van Dam, qui menait le bal.

La direction de Plasson détaille particulièrement la partition de Gounod et le Philharmonique de Radio France lui répond avec une précision raffinée.

Nicolas Joel fait pleins feux sur l'amour tragique de Faust et Marguerite, les masses chorales étant mises à contribution pour le côté spectaculaire.

La distribution 2008 est plus homogène, avec le populaire ténor français Roberto Alagna, à la prosodie exemplaire, dans le rôle du docteur mythique aux prises avec les problèmes d'un retour à la jeunesse et les péripéties de l'amour. La soprano albanaise Inva Mula est une touchante Marguerite et la basse allemande René Pape chante un élégant et railleur Méphisto.

Les costumes Renaissance allemande font place à des tenues vestimentaires germaniques du XIXe siècle. Méphisto a bien une plume rouge piquée sur son haut de forme noir, mais c'est pour faire signer à Faust le pacte les liant.

Le plateau est dominé par une monumentale tribune d'orgue avec sa tuyauterie, ses tourelles et ses claviers cernés par une galerie, pour sans doute suggérer le grand questionnement sur Dieu du docteur Faust, au départ de l'oeuvre.

Ce « Faust » sera retransmis en direct par France 2 et France Musique lors de sa seconde représentation, le 5 août à 21h30.

Salzbourg : Villazon chante Roméo
sans Netrebko mais non sans gloire

Le ténor franco-mexicain Rolando Villazon a ravi les spectateurs du Festival de Salzbourg samedi soir dans « Roméo et Juliette » de Gounod, sans la soprano austro-russe Anna Netrebko mais en compagnie d'un talent prometteur de 25 ans, la Géorgienne Nino Machaidze.

Après une « Traviata » de Verdi particulièrement glamour en 2005, le public attendait le retour à Salzbourg du tandem Netrebko-Villazon pour « Roméo et Juliette » (1867), célèbre ouvrage français du XIXe siècle, curieusement jamais donné par le plus grand des festivals lyriques.

Mais Anna Netrebko, qui a déjà incarné, enceinte, une Juliette il y a deux mois (dans « Les Capulets et les Montaigus » de Bellini pour ses débuts à l'Opéra de Paris), a dû déclarer forfait pour celle de Gounod à Salzbourg, sa grossesse étant cette fois trop avancée (sept mois).

Sa remplaçante est encore méconnue dans le monde lyrique, mais pourrait ne pas le rester longtemps. Sous ses airs d'Angelina Jolie slave et plantureuse, Nino Machaidze fait entendre une voix moins pulpeuse et plus métallique que « la Netrebko », mais elle ne craint ni les pirouettes vocales de sa valse (« Je veux vivre »), ni ses quatre duos d'amour avec un Roméo de 11 ans son aîné.

Rolando Villazon signe une entrée en matière précautionneuse, avec des aigus peu rayonnants et mal projetés, laissant penser qu'il ne s'est pas tout à fait remis des ennuis vocaux qui l'ont contraint à un long repos fin 2007 et terni quelques-unes de ses prestations début 2008.

Mais les deux derniers actes rendent justice à ce fin musicien doublé d'un très bon acteur et doté d'un timbre sombre particulièrement séduisant. Son français, qui sacrifie les consonnes au souci du legato, est toutefois encore perfectible, obligeant souvent à se raccrocher aux surtitres (en allemand et en anglais).

Les rôles secondaires sont tous très bien tenus, avec des mentions spéciales pour le Frère Laurent de la basse russe Mikhail Petrenko et le Comte Capulet du baryton-basse allemand Falk Struckmann, deux modèles de diction.

Pour ses débuts lyriques en Europe, l'Américain Bartlett Sher signe une mise en scène sage et classique au regard des canons salzbourgeois, au plus près du livret de Barbier et Carré inspiré de la tragédie de Shakespeare, auteur dont il est un bon connaisseur.

Le magique Manège des rochers (Felsenreitschule) et ses arcades creusées dans la roche offrent à ce Californien un cadre minéral et chargé d'histoire assez idéal pour raconter le drame des amants de Vérone, sacrifiés sur l'autel des haines familiales en costumes Renaissance.

Le vaste plateau s'anime avec les scènes de groupe, qui ne manquent pas d'allure (bal masqué, bataille en présence des deux familles) mais peuvent paraître relever d'une esthétique datée.

La fosse ajoute de la tension dramatique sous la direction ample et vitaminée du Canadien Yannick Nézet-Séguin, qui fait à 33 ans des débuts remarqués au fes tival.

Le Québécois défend cette musique avec passion à la tête de l'Orchestre du Mozarteum de Salzbourg, dont l'engagement prouve bien qu'il ne prend pas cette musique à la légère.

A la fin des airs, le chef applaudit ses chanteurs avec enthousiasme voire frénésie. Il prend ainsi le risque de transformer le spectacle en une suite de mouvements chantés plutôt qu'en un grand moment de théâtre lyrique, danger cependant inhérent à la partition de Gounod elle-même.

Le spectacle sera donné huit autres fois du 6 au 25 août à Salzbourg.

Le rap du « Brigadier » sur internet,
authentique cri du coeur ou coup de pub?

Les rimes sur le net d'un rappeur masqué se présentant comme un policier voulant « briser la loi du silence » suscitent quelques remous: alors que l'administration « analyse » ses textes, avant d'aller éventuellement plus loin, un syndicat dénonce un « lâche » coup médiatique.

« Ce garçon, dont on ne sait pas s'il est vraiment, ou non, flic, a au moins une qualité: il est bon en communication, je n'arrête pas d'avoir des appels », concède Frédéric Lagache, secrétaire national d'Alliance, deuxième syndicat de gardiens de la paix, quand on l'interroge sur « Le Brigadier ».

« Etat d'urgence », comme s'intitule le premier album du plus célèbre brigadier du site internet Myspace, sous-titré « lorsque la police dénonce ses propres dérives », n'est pas encore sorti mais il « crée déjà des remous », note le policier syndiqué.

Depuis quelques mois, trois premiers morceaux ont été téléchargés plusieurs dizaines de milliers de fois.

Leur auteur y évoque le « malaise exponentiel » de « patrouilles en pleine turbulence », des bavures et « descentes sans décence », la pression administrative d'une « industrie de la preuve » qui rendrait criminels de « faux coupables ».

Dans « Place Beauvau remix », il égratigne « un pouvoir qui porte un fusil à lunette », Nicolas Sarkozy avec qui « tous les abus sont possibles », et une presse « manipulée ».

L'Inspection générale de la police nationale (police des polices) a été saisie « d'un travail d'analyse des textes pour voir s'ils constituent un manquement aux obligations de réserve, à la déontologie ou au règlement interne », selon une source policière. L'administration « admet les créations littéraires, artistiques ou scientifiques dans la limite de ces obligations ».

Si c'était le cas, « cela déboucherait sur une enquête administrative », et d'éventuelles sanctions, souligne cette source. « Mais il n'est pas certain que ce soit un policier », précise-t-elle.

Beaucoup de mystères en effet. Pour le contacter, l'homme ne laisse sur son site qu'un email et n'accepte que les entretiens téléphoniques, pas de rencontres. « Ils enquêtent sur moi », affirme-t-il pour expliquer sa crainte d'avoir affaire à « de faux journalistes ».

Le rappeur veut tout juste dire qu'il a « 32 ans », « environ dix ans d'expérience comme policier en Seine-Saint-Denis », refuse de préciser s'il exerce encore dans le « 93 ».

Il explique qu'il « démissionnera quand sortira l'album », en février 2009, « à moins qu'on ne (le) révoque avant ». Il refuse l'étiquette de « rappeur » même si ses mélodies empruntent au registre hip-hop. « Apolitique, je ne roule pour ou contre aucun syndicat », ajoute-t-il.

Pour Frédéric Lagache, cet artiste est un « guignol » et un « lâche » qui manie des « clichés rabattus ». Sur le futur album, le syndicaliste est directement caricaturé. Le morceau pourrait s'appeler « Frédéric Lagachette », selon son auteur. Un « coup médiatique » encore, pense M. Lagache.

« Le Brigadier » explique écrire « pour se libérer », « surpris » de l'ampleur prise par son « petit projet personnel », « un carnet de bord où je lâche ce que j'ai sur le coeur. Le devoir de réserve, ça pèse ».

Il admet agir aussi pour « briser la loi du silence » sur « certains dysfonctionnements ». Mais, prévient-il, « je ne suis pas le policier rebelle qui veut casser l'image de la police ». D'autres titres, promet-il, mettront en avant « les qualités humaines » des policiers et « leur véritable envie d'aider le citoyen ». (AFP / Sylvie HUSSON)

Funérailles de Papa Wendo, à Kinshasa

Politiques, musiciens et simples admirateurs ont rendu un dernier hommage dimanche dans Kinshasa au prolifique père de la rumba congolaise, Papa Wendo, qui laisse de nombreux tubes et soixante enfants.

La dépouille de l'artiste-musicien congolais Antoine Wendo Kalosoy, dit Papa Wendo, décédé à l'âge de 83 ans le 28 juillet, était exposée sur l'esplanade du stade des Martyrs de Kinshasa où des milliers de Kinois sont venus se recueillir.

« Wendo fut un grand monument de la musique moderne (...) des décennies durant, il a été au service de la Nation en produisant des oeuvres musicales d'une grande qualité artistique », a déclaré le ministre de la Culture, Esdras Kambale, dans son oraison funèbre.

« Il était un patrimoine national, un artiste éveillé et hors du commun », a poursuivi le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, pour qui Wendo Kalosoy était « la référence de la musique congolaise » depuis les années 50.

Nombre de ses admirateurs, vêtus de T-shirt à l'effigie de l'artiste, éclataient en sanglots chaque fois qu'étaient lancés des extraits de tubes à succès de Wendo, chanteur de « charme, de l'amour et de la beauté ».

« La musique de Wendo a traversé les générations. Il mettait de l'art dans ses oeuvres que nous récitions comme des versets bibliques », se souvient Sophie Noma, éducatrice d'une soixantaine d'années.

Wendo Kalosoy avait été admis lundi aux soins intensifs à la Clinique Ngaliema de Kinshasa, après une crise liée à un « dysfonctionnement organique ».

En introduisant le rythme latino-cubain en Afrique dans les années 50, Wendo a popularisé la rumba congolaise dans son pays et à l'étranger, avec notamment son tube fétiche « Marie-Louise », enregistré en 1952. Cette chanson lui valut des démêlés avec l'église catholique qui « l'excommunia » un temps.

Donné plusieurs fois pour mort, cet artiste s'en va en laissant derrière lui une longue carrière musicale.

« Il était notre conseiller. Papa Wendo a légué un héritage exceptionnel et nous continuerons à puiser dans ses oeuvres pour le rayonnement de la musique congolaise », a reconnu dimanche l'artiste-musicien Papa Wemba, l'une des grandes figures de la rumba congolaise et le prince de la SAPE (Société des ambianceurs et des personnes élégantes).

Peu avant la levée du corps pour le cimetière, Papa Wendo a été décoré à titre posthume de la médaille d'or du mérite des arts, sciences et lettres, selon une ordonnance du président Joseph Kabila, lue par le chancelier des Ordres nationaux, le général Mabiala.

Né en mai 1925 à Mushie, dans le Bandundu, (nord-est de Kinshasa), Wendo Kalosoy, orphelin de père depuis son jeune âge, « était lui même père de soixante enfants », a rappelé à l'assistance un membre de sa famille.

Presque oublié sous les différents régimes qu'a connus son pays, il sera « tiré de la tombe » en 1998 par un admirateur, le président Laurent-Désiré Kabila, depuis assassiné en janvier 2001, qui va l'aider financièrement.

L'artiste au visage creusé et au profond regard, qui a longtemps voyagé comme mécanicien sur les bateaux naviguant sur le fleuve Congo, a été immortalisé dans un documentaire de Jacques Sarasin, « On the Rumba river », filmé en 2007.

Il a été inhumé dans l'après-midi au cimetière de la Gombe (centre-ville) où reposent également d'autres grands noms de la chanson congolaise comme Franco Luambo Makiadi et Kabasele Yampanya Pépé Kalé. (AFP / Georges TAMBA)


Actualités musicales du 5 août 2008 

Alfred Brendel fait ses adieux à Salzbourg

Le pianiste autrichien Alfred Brendel, l'un des grands artistes classiques mondiaux encore en vie, a été longuement acclamé par les spectateurs debout à l'issue de son récital de soliste au Festival de Salzbourg où il était venu faire ses adieux dimanche.

Alfred Brendel, âgé de 77 ans, qui s'est installé à Londres, a chaque année participé au prestigieux festival de Salzbourg depuis 1960.

Il a annoncé qu'il prendra sa retraite à la fin de 2008, et son concert à Salzbourg a été l'un des premiers d'une tournée d'adieux qui le mènera encore en août à Aix en Provence (France), au festival de Rheingau en Allemagne et à ceux d'Edimbourg et Alderburgh en Grande-Bretagne.

D'autres concerts sont prévus dans les salles les plus prestigieuses du monde à l'automne à Paris, Amsterdam, Londres, Berlin, Munich, Milan, Moscou, Bruxelles, Barcelone, Lisbonne, Budapest et Zurich et en Allemagne à Hambourg, Baden-Baden et Leipzig.

La clôture de cette tournée d'adieu d'Alfred Brendel aura lieu, accompagné du Philharmonique de Vienne sous la direction de Charles Mackerras, dans la célèbre salle du Musikverein dans la capitale autrichienne en décembre. Il y interprètera le neuvième concerto pour piano de Mozart.


Actualités musicales du 7 août 2008 

Loi sur les artistes amateurs :
la Bretagne inquiète pour ses festivals

Terre de festivals, la Bretagne s'inquiète d'un avant-projet de loi visant à encadrer la participation des artistes non professionnels dans les spectacles vivants, mais qui menace des centaines de manifestations, animées le plus souvent par des bénévoles.

En gestation depuis 2007, ce texte, qui doit être présenté en décembre à la ministre de la Culture Christine Albanel, vise à supprimer le travail dissimulé nuisant aux artistes professionnels, notamment aux intermittents du spectacle.

Il prévoit que les amateurs soient désormais soumis au code du travail et ne puissent se produire que s'ils ont chacun un contrat de travail et s'ils reçoivent un salaire individuel.

Ce qui fait bondir les organisateurs et artistes bénévoles présents cette semaine au Festival interceltique de Lorient (FIL), qui attire chaque année plus d'un demi-million de spectateurs.

Car actuellement en Bretagne ce sont les associations culturelles, notamment les bagadoù (ensembles musicaux), souvent régis par la loi 1901, qui perçoivent une indemnité globale pour chaque prestation. Ces indemnités servent à payer costumes, instruments et frais liés à la formation.

« Il est impossible de faire une fiche de paye par personne et de payer les charges pour chacun, cela aurait un coût financier trop important pour les groupes », s'insurge Lisardo Lombardia, directeur général du FIL qui rassemble cette année 4.500 artistes. Pour lui, ce projet « met en péril l'existence même des festivals de musique celtique ».

Bob Haslé, président de Bodadeg ar Sonerion (BAS), la plus grande fédération de bagadoù, renchérit: « pour chaque artiste jouant une journée dans un festival, il faudrait payer 210 euros, alors qu'un bagad ne reçoit en général que 700 à 1.000 euros d'indemnité globale... Faites le calcul pour un groupe de 40 musiciens: demain, on est mort! ».

Selon lui, on compte actuellement quelque 40.000 amateurs dans le domaine de la culture bretonne, que ce soit au sein des bagadoù, des cercles de danse, des chorales ou encore dans les comités des fêtes.

« En poussant à l'adoption de ce projet, certains intermittents veulent que les amateurs disparaissent pour pouvoir récupérer leur boulot. Or, sans bénévoles, il y aura de moins en moins d'événements et donc de moins en moins de travail pour les professionnels », estime Jean-Pierre Ménéghin, l'un des responsables du bagad de Quimperlé (Finistère) qui a défilé dimanche parmi une soixantaine d'autres à la Grande Parade du FIL. « Ils se tirent tout simplement une balle dans le pied », affirme-t-il.

Certains élus bretons, comme les députés Pierre Méhaignerie (UMP) ou Jean-Jacques Urvoas (PS), alertés par les associations, ont déjà exprimé des réserves face à ce texte.

Et une manifestation est prévue à Nantes le 20 septembre pour « la défense de la pérennité des bagadoù et de l'ensemble du mouvement culturel breton ».

« Mais ce sujet ne concerne pas seulement nos associations. Cette loi va toucher l'ensemble de la pratique culturelle bénévole en France: harmonies, fanfares, troupes de théâtre, fêtes populaires, etc. », souligne Bob Haslé. « Que deviendra par exemple le Puy-du-Fou, avec ses 3.200 bénévoles? ».

Interrogé par l'AFP, le ministère de la Culture a indiqué ne pas être dans l'immédiat en mesure de commenter ce projet.

« Faust », en direct sur France 2,
a réuni 1,8 million de téléspectateurs

La retransmission en direct sur France 2 de l'opéra de Charles Gounod, « Faust », depuis les Chorégies d'Orange, a réuni mardi soir 1,8 million de téléspectateurs au moment des trois premiers actes diffusés en première partie de soirée, a indiqué mercredi un communiqué de la chaîne, qui s'est réjouie de ce « nouveau succès ».

Ce score est identique à celui qu'avait obtenu il y a un an, le 31 juillet 2007, la retransmission d'une soirée d'opéra (« Le trouvère », de Verdi), également en direct des Chorégies d'Orange et également avec le ténor Roberto Alagna dans le rôle principal.

France 2, qui a cité des chiffres de Médiamétrie, a ainsi obtenu une part d'audience (pda) de 11,3% entre 20H45 et 23H30.

La direction de France télévisions s'est montrée « particulièrement satisfaite » de l'intérêt que les téléspectateurs montrent ainsi pour le spectacle vivant et se déclare déterminée à « renforcer une ligne éditoriale où le mariage de la qualité et de l'audience permet la pleine affirmation de notre différence ».

Selon France 2, il s'agit d'une soirée « emblématique des ambitions du service public »: « rendre accessible à un large public de grands évènements culturels à une heure de grande écoute » et « montrer que l'opéra est un vrai spectacle populaire ».

Cependant, le film diffusé au même moment par TF1, « Les Rois mages », de Didier Bourdon et Bernard Campan, a réuni 5.323.785 téléspectateurs, soit une pda de 28,9%.

Pour sa part, France 3 a réuni 2.060.820 téléspectateurs (11,5% de pda) avec la première partie d'un documentaire (« JB à la recherche de l'amour ») diffusé de 20H50 à 22H45.

Enfin, Arte a fait état d'un « succès d'audience » pour le film de Bertrand Blier, « Les valseuses », diffusé de 21H00 à 23H00, avec 1.209.000 téléspectateurs et 6,9% de pda.

Décès du chef d'orchestre Nicola Rescigno

Le chef d'orchestre italo-américain Nicola Rescigno, qui avait conduit de nombreux opéras à travers le monde et avait dirigé Maria Callas, est décédé lundi à l'âge de 92 ans dans un hôpital de Viterbe, dans le nord de l'Italie, ont annoncé mardi les médias italiens.

Né en mai 1916 à New York de parents italo-américains dans une famille de musiciens, Nicola Rescigno avait débuté sa carrière de chef d'orchestre en 1943 à la Brooklin Academy of Music.

En 1953, il avait été l'un des trois fondateurs du Lyric Opera de Chicago où il avait dirigé Maria Callas à ses débuts.

En 1957, il devient le co-fondateur de l'Opéra de Dallas dont il sera le chef d'orchestre principal jusqu'en 1990.

C'est à Dallas qu'il avait présidé aux débuts américains de nombreux chanteurs tels Placido Domingo, Montserrat Caballé, Joan Sutherland, Teresa Berganza, Magda Olivero, et qu'il avait collaboré avec le metteur en scène italien Franco Zeffirelli.

Au cours de sa carrière, il avait dirigé des orchestres dans la plupart des opéras d'Italie et d'Europe, notamment à Londres, Paris, Vienne, Zurich et Glyndebourne.

Nicola Rescigno vivait dans les environs de Rome depuis qu'il avait pris sa retraite dans les années 1990.

Le Festival de Lucerne
fête 70 ans d'excellence symphonique

En août 1938, l'Italien Arturo Toscanini dirigeait un concert à Tribschen (Suisse), devant l'ancienne résidence de Wagner, et signait l'acte de naissance du Festival de Lucerne, qui demeure 70 ans plus tard le plus luxueux temple estival de la musique symphonique.

La manifestation se déroule désormais sur cinq semaines (cette année, du 13 août au 21 septembre) et fait se succéder les meilleurs musiciens d'orchestre européens et américains, en prélude à l'ouverture des saisons de concerts.

Au rang des cofondateurs du festival avec Ernest Ansermet ou Bruno Walter, Toscanini cherchait un endroit pour exercer son art chaque été, après avoir renoncé au Festival de Bayreuth (Allemagne) à la suite de l'accession d'Hitler au pouvoir et quitté celui de Salzbourg (Autriche) en raison de l'Anschluss.

Ce seront les berges paisibles du lac des Quatre-Cantons, dans le centre de la Suisse, où le maestro rassemblera des instrumentistes d'élite pour former un orchestre ad hoc.

Mise en sommeil en 1993, la phalange a été refondée dix ans plus tard sous l'aile protectrice d'un autre chef italien, Claudio Abbado, dans le cadre propice de la salle de concerts (1.800 places) inaugurée en 1998 et conçue par l'architecte français Jean Nouvel et l'acousticien américain Russell Johnson.

En ouverture de l'édition 2008, l'Orchestre du Festival de Lucerne fêtera les 75 ans de son chef avec cinq concerts et deux programmes, l'un français et l'autre russe, comprenant des oeuvres (« Symphonie fantastique » de Berlioz, « L'Oiseau de feu » de Stravinsky...) en résonance avec le thème de l'année (les rapports entre musique et danse).

Cette formation offre chaque été des moments d'exception sous la direction d'Abbado, dont le visage s'est creusé avec l'âge et la maladie — il a été soigné pour un cancer — mais dont le geste décanté semble toujours aller davantage à l'essentiel et en profondeur.

Trois autres « orchestres en résidence » donneront chacun trois concerts: l'Orchestre de Cleveland (sous la direction de son chef autrichien Franz Welser-Möst), le Philharmonique de New York (avec l'Américain Lorin Maazel, son patron sortant) et celui de Vienne (en lien avec l'un de ses invités privilégiés, l'Italien Riccardo Muti).

D'autres formations permanentes (Philharmonique de Saint-Pétersbourg, Concertgebouw d'Amsterdam, Orchestre symphonique de Chicago, Gewandhaus de Leipzig) inscriront par deux fois leur nom à l'affiche. L'Orchestre de Paris fera pour sa part son retour à Lucerne après plus de 15 ans d'absence.

Si Abbado veille sur l'Orchestre du festival, Pierre Boulez, 83 ans, anime son Académie, pépinière de 140 jeunes musiciens qui célèbreront la naissance il y a 100 ans de deux compositeurs presque jumeaux, le Français Olivier Messiaen (né un 10 décembre) et l'Américain Elliott Carter (11 décembre).

Lucerne 2008 aura en outre un « compositeur en résidence » (le Britannique George Benjamin), deux « artistes étoiles » (les Allemands Joachim Schloemer, danseur-chorégraphe, et Albrecht Mayer, hautboïste) et proposera du théâtre musical et lyrique, une orientation pluridisciplinaire qui devrait s'amplifier avec l'ouverture à l'horizon 2011-2012 d'une « Salle modulable » de 1.000 places.

Le festival, soutenu avant tout par des mécènes privés, a cependant un défi à relever: la démocratisation de son accès, largement réservé à une clientèle aisée (181 euros le fauteuil de première catégorie pour certains orchestres et jusqu'à 250 pour le gala d'ouverture).

Dans le saint des saints wagnérien,
visite de la légendaire fosse d'orchestre

Il est 15H30, le rideau se lève dans trente minutes sur « les Maîtres chanteurs de Nuremberg ». Sebastian, flûtiste de l'Orchestre de Bayreuth (Bavière), introduit un journaliste vers le saint des saints, la légendaire fosse d'orchestre du festival.

Sur la Colline verte, autour du Festspielhaus où se célèbre comme chaque année jusqu'au 28 août la grand-messe wagnérienne, quelques privilégiés du monde politique et culturel allemand se promènent, sirotant du champagne ou buvant du café.

Cachée à leur vue par des buissons, plus bas sur la colline, l'entrée des musiciens est accessible par une volée discrète de marches que désigne Sebastian, jeune prodige en jeans et tee-shirt noir, dont les cheveux sont noués en queue de cheval derrière la tête.

L'Orchestre du Festival de Bayreuth (sud de l'Allemagne) n'est pas une formation permanente, et puise chaque année dans la crème de la crème des meilleurs orchestres allemands et européens.

Le complexe qui abrite les musiciens est gardé par une énorme porte de métal, et un gardien en uniforme contrôle les passages. Derrière, les musiciens discutent et se détendent au soleil dans une cour.

Dans le bâtiment principal où ont lieu les concerts, le Festspielhaus, un couloir peint en blanc monte vers le théâtre lui-même. Quelque part sur la droite, facile à manquer, une petite porte mène au saint des saints.

Le Festspielhaus a été construit sur les plans de Wagner, mais c'est la fosse qui est son invention la plus ingénieuse. Le compositeur voulant isoler l'orchestre et son chef du public pour épargner à ce dernier toute distraction, la fosse est séparée par un large mur convexe. Il y a un espace étroit d'où le son s'échappe et qui permet au chef d'orchestre de voir les chanteurs et inversement.

La fosse est peinte en noir, et venant de l'extérieur, il faut un temps pour y percevoir les rangs de chaises et les quelques musiciens qui accordent leurs instruments. Le plafond est bas et oppressant, comme à bord d'un sous-marin.

Sur la gauche s'élèvent une série de plates-formes, en fonction desquelles s'organisent les instruments à cordes, les premiers violons étant tout en haut. Les instruments à vent sont au centre, et sur les plates-formes à droite s'alignent les cors et les tubas, au-dessus des trombones.

Bien au dessus, on perçoit le brouhaha croissant des spectateurs qui s'installent.

Ici aussi, le vacarme augmente, à mesure que les musiciens affluent, sortent leurs instruments de leur boîtier et s'exercent.

Une femme aux cheveux crépus grimpe une petite échelle au dessus des musiciens: c'est la souffleuse qui s'installe dans un minuscule espace.

Tout en haut, se trouve la place du chef d'orchestre, à côté de trois spots vert, orange et rouge, comme des feux de circulation.

Vert: les musiciens peuvent parler normalement. Orange: les musiciens commencent à accorder leurs instruments. Rouge: silence absolu requis alors que les lumières s'éteignent.

Le chef d'orcheste, qui est ce soir le maestro allemand Sebastian Weigle, est en tenue de tous les jours comme les autres musiciens. Il serre quelques mains.

La lumière rouge s'allume et la température monte singulièrement dans la fosse d'orchestre hermétiquement close. Des cuivres mettent des boules quies dans les oreilles.

Quand l'ouverture s'achève et que les chants s'élèvent, les sons semblent très éloignés comme s'ils venaient d'une pièce lointaine.

A la fin de l'Acte I, après 80 minutes, les tempes encore battantes, la vision troublée par la chaleur et la concentration dans la fosse, le journaliste est plus qu'heureux d'être libéré et de retrouver l'air pur et la lumière du jour. (AFP / Simon MORGAN)

Les universités françaises reculent
au classement controversé de Shanghaï

Le classement de Shanghaï des universités mondiales, controversé car centré sur la recherche, marque un léger recul des établissements français, ce qui prouve selon Valérie Pécresse la nécessité d'un classement européen mais aussi l'urgence de la réforme des universités.

Seules trois universités françaises, contre quatre en 2007, figurent dans le « top 100 » des établissements mondiaux d'enseignement supérieur et de recherche et la première, Paris VI (Pierre-et-Marie-Curie), 42e, est en recul de trois places par rapport à 2007, selon ce classement publié mardi.

Globalement, la France recule de la 6e à la 7e place (sur 37 pays), devancée cette année par la Suède, alors que les Etats-Unis dominent toujours largement, avec 54 universités dans les 100 premières et un trio de tête composé de Harvard, Stanford et Berkeley.

Aussitôt le classement 2008 paru, la Fage, deuxième organisation étudiante, a assuré qu'il n'était « pas pertinent pour juger les universités françaises ».

Déjà en juillet, un rapport du Sénat avait critiqué les critères servant à dresser ce classement publié depuis 2003 par l'université Jiao Tong des communications de Shanghaï.

En cause, des critères essentiellement fondés sur la recherche et pas sur la formation: le nombre de prix Nobel, de médailles Fields (l'équivalent du Nobel en mathématiques) et d'articles publiés dans des revues uniquement anglo-saxonnes, les publications francophones n'étant pas prises en compte.

De quoi avantager les universités américaines, britanniques ou japonaises, au détriment des françaises et des allemandes.

Dans un entretien mercredi à l'AFP, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, a pointé « les particularités » du système français où les universités « ne sont pas les principaux opérateurs de recherche ».

La France est caractérisée par « l'existence d'organismes de recherche et de grandes écoles » qui « n'apparaissent pas dans un classement de type Shanghaï ».

Aussi Mme Pécresse prône-t-elle la création d'un classement européen pour « montrer la qualité de la formation » des établissements européens et ainsi favoriser la mobilité des étudiants qui trouveraient dans ce classement « une assurance-qualité ».

Etablir un tel classement est un des objectifs de Mme Pécresse pour la présidence française de l'Union européenne en cours.

« Le classement de Shanghaï a beaucoup de défauts, mais il existe » et « les chercheurs du monde entier s'y réfèrent », n'en a pas moins observé la ministre.

A ses yeux, le classement 2008 « confirme » donc « l'urgence de la réforme des universités » en France.

Les réformes en cours sont la loi sur l'autonomie des universités, la réforme de la licence (premier cycle universitaire) et le plan Campus de rénovation immobilière et regroupement des établissements.

Alors que le handicap de la France pour la visibilité internationale de ses établissements est leur « morcellement », « de 85 universités et 225 écoles, on va passer à une douzaine ou une quinzaine de pôles de recherche et d'enseignement supérieur » d'ici quelques années, se félicite Mme Pécresse.

Tant en terme d'autonomie que de regroupement des universités, la ministre perçoit que le « changement du paysage » est « porté par une communauté universitaire très volontariste ».

Ces réformes, « dont les fruits se feront sentir, mais sans doute pas avant 2010 », vont « consolider la place de la France dans tous les classements internationaux », assure-t-elle. (AFP / Emmanuel DEFOULOY)


Actualités musicales du 8 août 2008 

Les festivals à la mi-août

SUD-OUEST

Musicalarue, à Luxey (Landes), du 14 au 16 août: ce petit festival, créé en 1990 dans cette bourgade des Landes, est devenu l'un des rendez-vous reconnus de l'été musical en Aquitaine, tout en conservant son esprit festif. Au programme notamment: Amélie-les-Crayons, la Rue Kétanou, Hocus Pocus, Thomas Dutronc, Hushpuppies, le collectif Mon côté punk.
http://www.musicalarue.com

Fugue en Pays Jazz, à Capbreton (Landes), du 19 au 23 août: le festival, connu jusqu'ici sous le nom des « Rencontres internationales de contrebasse » évolue cette année - pour sa 18e édition - avec de nouveaux lieux de concerts et deux jours supplémentaires. Entre salsa, swing, gospel et classique, la balade, toujours guidée par la contrebasse, se conclura avec l'orchestre symphonique de Pampelune. http://www.paysjazz.com

« A voix haute » à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) du 12 au 16 août. La quatrième édition de cette manifestation consacrée à la découverte de voix originales et de virtuoses du monde entier allie rap et chant lyrique, polyphonies, pratiques vocales contemporaines et traditionnelles. La langue occitane sert de fil rouge à cette édition: depuis les traditions polyphoniques bigourdanes jusqu'aux formes les plus actuelles de musique. 05.62.95.08.05 ; http://www.bagneresdebigorre-lamongie.com

Festival mondial de folklore de Montréjeau (Haute-Garonne) du 14 au 18 août. La 49e édition de ce festival accueille 500 artistes venus du monde entier qui vont multiplier les spectacles dans les rues et sur les places de la petite cité du Comminges. 05.61.95.80.22  ;
http://www.ifrance.com/festivalfolkloriquemontrejeau

Festival country rock de Prat-Bonrepaux (Ariège) du 15 au 17 août. Quinze concerts en trois jours, donnés par des artistes venus d'Europe et des Etats-Unis. Les Américains Stephen Ackles et Doug Kershaw seront les vedettes en dernière partie de soirée à partir de 23H30, respectivement vendredi et samedi. Les concerts de l'après-midi de cette 11e édition sont gratuits, puis payants à partir de 19H00. 05.61.96.60.57 ;
http://wwwpratfestivalcountry.com 

SUD-EST

Festival de jazz de Ramatuelle (Var), du 16 au 20 août. A l'écart des modes mais toujours fidèle au jazz, ce festival se déroule dans un petit théâtre de verdure au coeur du village de Ramatuelle. La programmation de la 23e édition mettra en scène le duo Jacky Terrasson et Michel Portal, Stefano Di Battista Quintet, avec Russell Malone et Greg Hutchinson, Karim Maurice Project et Anne Ducros Sextet. Le rarissime sax alto d'origine indienne Rudresh Mahanthappa se produira le 19. http://www.jazzaramatuelle.com

Les Azuriales, du 16 au 28 août à Saint-Jean-Cap-Ferrat (Alpes-Maritimes). Opéra dans les jardins et le patio de la Villa Ephrussi de Rothschild: « La Belle Hélène » d'Offenbach, « Hansel et Gretel » de Humperdinck, le « Nozze di Figaro » de Mozart, « Partenope » de Handel... Les jeunes solistes jouent Verdi le 17. Après chaque manifestation, un dîner dans les jardins réunit artistes et public. 04 93 56 51 41

VIe Festival international des Orgues historiques de la Roya-Bévéra (Alpes-Maritimes), du 13 au 16 août. Ce voyage musical de village en village dans les vallées Roya et Bévéra propose de découvrir les sonorités d'orgues très anciens confiés à des artistes de renommée internationale sous la direction de Silvano Rodi. René Saorgin fait l'ouverture à Airole. 04 93 83 60 40

Festival international d'orgue à Monêtier-les-Bains (Hautes-Alpes) jusqu'au 15 août - Cette 10e édition sera marquée par l'anniversaire de la restauration de l'orgue, construit en 1860 et complètement restauré en 1998. Le 15 août (21H00) concert de clôture avec deux trompettes et orgue de l'Ensemble Lamibe tromba. 06 07 68 49 06, 04 92 24 98 99 ; http://www.dalest.org

EST

Festival de Fénétrange (Moselle), du 15 août au 13 septembre, sur les territoires des parcs de Lorraine et des Vosges du Nord. Pour son 30e anniversaire, ce festival qui combine musique classique, gastronomie et patrimoine, présentera une Schubertiade composée de quatre concerts, une soirée avec le pianiste Aldo Ciccolini qui interprétera trois sonates de Beethoven, et des airs d'opéra de Haendel interprétés par la mezzo-soprano Vivica Genaux et le Concerto Köln. Après concert, le public est invité à un menu baroque, à déguster des douceurs ou à un dîner champêtre et gastronomique. 03 87 07 54 48 ;  http://www.festival-fenetrange.org

Festival aux Chandelles de Saint-Pierre-sur-l'Hâte (Haut-Rhin), du 15 au 30 août. L'ouverture de ce festival magique, dans une église éclairée aux chandelles, au coeur du Val d'argent, est confiée à la violoniste Isabelle Faust accompagnée au piano par Sasha Melnikoff pour trois sonates de Beethoven. En clôture, la comédienne Marie-Christine Barrault lira des textes tirés des Carnets intimes d'Anna Magdalena Bach, tandis que le violoniste Jean-Philippe Audoli interprètera des sonates et partitas de son célèbre époux. 03 89 58 80 50

Jazz en Ville, du 15 au 23 août à Mulhouse (Haut-Rhin). Ce festival, devenu autonome l'an dernier en se séparant de Jazz à Mulhouse, dédié à l'avant-garde, ouvrira avec le Saint Louis Big Band accompagné par Ann Malcom. Suivront une série de concerts avec notamment Mario Canonge et Daniel Huck comme têtes d'affiche.  http://www.jazz-et.com

Festival Summerlied, du 14 au 17 août, dans la forêt d'Ohlungen (Bas-Rhin). Plus de 130 concerts et animations dans ce festival biennal où se croisent toutes les musiques traditionnelles (alsacienne, tzigane, bretonne, yiddish, Europe centrale...)  http://www.summerlied.org

NORD

Rock en France le 14 août à Arras (Pas-de-Calais) accueillera, pour son seul concert, en France le groupe Metallica. Formé en 1981 à San Francisco, le groupe est devenu l'un des plus célèbres de la scène metal. http://www.rockenefrance.fr

La Route du Rock à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). La 18e édition de ce festival rock, pop et electro aura lieu les 14, 15 et 16 août dans la cité corsaire, avec au programme The Do, The Breeders, Tindersticks, Cold War Kids. Le groupe islandais Sigur Ros, « entre post rock et musique sacrée » selon les organisateurs, sera aussi de la partie ainsi les anglais Ting Tings, révélés en France aux dernières Transmusicales de Rennes.
http://www.laroutedurock.com

Festival Astropolis à Brest. La 14e édition du pionnier des festivals de musique électronique, qui a attiré plus de 10.000 personnes en 2007, se tient du 13 au 17 août, avec comme invités de la nouvelle scène électro Busy P, Surkin, Yuksek, Sonic Crew... Un tournoi de pétanque en musique, « le mix'n boules », ouvert « aux cadors du cru et aux techno-amateurs » se déroulera le samedi aux sons des platines. http://www.astropolis.org

Festival West Country à Bain-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) du 14 au 17 août. Dans le registre très en vogue de la country, ce festival propose cours et démonstrations de danse, rodéos, spectacles équestres, concerts, ou encore exposition de voitures américaines. http://www.west-country.com

Festival « Blues in Chédigny ». La 11e édition du festival « Blues in Chédigny » se déroulera du 14 au 16 août et rendra hommage au musicien américain Big Joe Turner, décédé en début d'année aux Etats-Unis, à l'âge de 63 ans. La femme du musicien qui participait étroitement à la programmation du festival depuis plusieurs années, Hazel Turner, sera présente. Les artistes sont logés chez les habitants de ce coquet village, situé en Indre-et-Loire, à 35 km au sud-est de Tours. 02.47.92.51.43 ; http://www.blues-in-chedigny.com

A Saint-Céré, l'opéra est populaire
et va vers le public

« Je suis un sale môme, j'aime être impertinent et je ne suis pas là pour embaumer l'opéra, qui est un art vivant », explique Olivier Desbordes, fondateur et directeur artistique du festival de Saint-Céré, qui fête cet été son 28e anniversaire.

Faire partager les plaisirs de l'opéra à des publics peu habitués à ce type de musique, c'est l'idée-force de ce passionné qui a créé le festival dans cette jolie commune de 4.000 habitants du nord du Lot, loin des grands centres culturels.

Près de 30 ans plus tard, le pari est gagné: 12.000 festivaliers, locaux ou venus de plus loin, néophytes ou mélomanes confirmés, sont attendus pendant trois semaines jusqu'au 16 août, à Saint-Céré mais aussi dans 12 autres villes, villages, églises et châteaux de la région, jusqu'à Cahors et même Tulle, en Corrèze.

Le festival s'appuie sur la compagnie « Opéra éclaté », fondée elle aussi par Olivier Desbordes. Labellisée Compagnie nationale de théâtre lyrique et musical, elle sillonne l'hiver la région Midi-Pyrénées et le reste de la France, donnant annuellement une centaine de représentations et permettant à de jeunes talents d'émerger.

Au programme cet été à Saint-Céré: trois opéras, des oratorios, de la musique de chambre, du jazz, du tango, le tout dans une ambiance simple et décontractée, même si par exemple les six représentations des « Contes d'Hoffmann » d'Offenbach sont données dans le cadre majestueux de la cour du château de Castelnau-Bretenoux.

Une nouvelle fois, la volonté de bousculer d'Olivier Desbordes transparaît, avec notamment sa version décapante du « Roi Carotte » d'Offenbach, ajoutant à cette féroce parodie du pouvoir, jamais rejouée depuis 1872, quelques piques actuelles sur le « bling bling » et les éléphants du PS.

« Pour développer des publics dans cette région à l'écart des grandes villes, il fallait réfléchir à comment ouvrir des portes, comment créer un lien entre la population et l'opéra qui reste encore un peu connoté élitiste », explique le metteur en scène.

Dans cet esprit, depuis 2007, un festival « off » propose des concerts gratuits dans la ville. Et il a ouvert au public une répétition des « Contes d'Hoffmann » au « théâtre de l'usine », un ancien atelier de maroquinerie de Saint-Céré. Plus d'une centaine de personnes ont poussé la porte.

« Même si les prix des places de nos spectacles démarrent à 13 euros, cette possibilité de découvrir gratuitement le travail d'une troupe doit être prise en compte », estime François Boudeau, chargé de communication du festival.

« A l'usine, pas de fosse d'orchestre, les 400 spectateurs entourent les artistes qui chantent littéralement sur leurs genoux », explique-t-il en riant.

Le musicien marocain Youssef Kassimi Jamal est un habitué de Saint-Céré. Il a déjà adapté une « Carmen arabo-andalouse ». Cette année, il propose avec neuf musiciens et chanteurs une « nouba orientale », inspirée des voyages d'Aladin. Il a pour cela transcrit des oeuvres arabes classiques et modernes sous forme polyphonique pour les oreilles occidentales. « Une musique classique, une fois écrite, est souvent classée, ce qui la rend un peu morte », estime-t-il, reprenant le credo du fondateur du festival.

Olivier Desbordes entend conserver l'image de « poil à gratter » du festival. « Je songe à monter Les nouvelles du jour, une oeuvre de 1920 de l'Allemand Paul Hindemith: l'histoire d'un divorce pris en main par la presse du coeur. C'est le Loft! », explique-t-il avec un sourire gourmand. (AFP / Franck MADOEUF)


Actualités musicales du 9 août 2008 

Jue Wang lauréat
du concours de piano de Santander

Le pianiste chinois Jue Wang a remporté jeudi soir le premier prix du XVIe concours international de piano de Santander, doté de 30.000 euros, ont annoncé les organisateurs dans un communiqué.

Il a également gagné une tournée « dans les salles les plus prestigieuses du circuit international et national », selon le communiqué.

Le deuxième prix, doté de 20.000 euros, a été attribué au Canadien Avan Yu, et le troisième, avec 10.000 euros, au Japonais Kotaro Fukuma.

Jue Wang l'a emporté en finale en interprétant le concerto numéro 1 en si bémol majeur, op.23, de Tchaikovsky, tandis que Avan Yu et Kotaro Fukuma interprétaient le concerto numéro 1 en ré mineur, op. 15. de Brahms.

Les artistes étaient accompagnés de l'orchestre philharmonique de Dresde (Allemagne).

Vers l'interdiction de toute musique
dans les bus et les taxis de Guyana

Les rythmes du reggae et du calypso pourraient bientôt disparaître des autobus et des taxis de Guyana. Le Parlement de ce pays d'Amérique du Sud a voté l'interdiction de toute musique dans ces véhicules, après plusieurs plaintes de passagers.

Le président Bharrat Jagdeo doit signer le texte dans les semaines à venir. Les contrevenants seraient passibles d'un an d'emprisonnement et d'amendes allant jusqu'à 75 dollars.

Les chauffeurs de taxis et de bus mettent souvent du reggae, du calypso, du hip hop et de la musique indienne pour circuler sur les routes. Le ministre de l'Intérieur Clement Rohee a jugé vendredi cette habitude dangereuse, soulignant que la musique écoutée à un volume élevé empêchait les chauffeurs d'entendre ce qui se passe autour d'eux.

Prix musical de Salzbourg :
le Suisse Klaus Huber a été honoré

Le compositeur bernois Klaus Huber a obtenu le Prix musical de Salzbourg 2009 doté de 80'000 euros, ont indiqué les organisateurs. Le lauréat est âgé de 83 ans et s'est illustré dans la musique contemporaine.

Klaus Huber a souligné qu'il s'agit là de la plus haute récompense qu'il a reçu jusqu'ici. Le Prix musical de Salzbourg n'est attribué que tous les trois ans.

Né à Berne le 30 novembre 1924, Klaus Huber a étudié à Bâle, Zurich puis Berlin. Ce violoniste a signé sa première oeuvre au milieu des années 50. Il a acquis une notoriété internationle dès 1959 à la suite de la création de sa cantate de chambre « Des Engels Anredung an die Seele ».

Professeur de composition à Bâle, puis à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), il a aussi donné des cours en France, au Canada, en Grande-Bretagne, en Italie ou en Suède. Ce musicien a reçu en 1970 le prix Beethoven de la Ville de Bonn. Il a composé près de 80 oeuvres.


Actualités musicales du 10 août 2008 

Les Universités françaises
sont mises en vente

Un an après son vote le 11 août 2007, la loi sur l'autonomie des universités s'installe dans le paysage universitaire français, lentement mais « durablement » selon le gouvernement, avec des résistances dans les rangs syndicaux voire au sein de la haute administration.

La loi « libertés et responsabilités des universités » (LRU) prévoit que, d'ici 2012, toutes les universités accèdent à l'autonomie en matière budgétaire et de gestion des ressources humaines et qu'elles puissent, à leur demande, devenir propriétaires de leurs biens immobiliers.

« La loi s'installe durablement et grâce au volontarisme de la communauté universitaire. L'autonomie est en train de devenir une réalité un an après le vote de la loi voulue par le président de la République dès son arrivée, après avoir été différée pendant 20 ans », a estimé la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, dans une déclaration à l'AFP.

Comme le prévoyait la loi, tous les conseils d'administration, resserrés, avec à leur tête des présidents aux pouvoirs renforcés, ont été renouvelés avant le 11 août 2008.

Si la plupart des présidents ont été reconduits (un quart seulement sont nouveaux), les conseils ont eux été renouvelés en moyenne à 65%.

En outre, vingt premières universités ont été agréées en juillet pour devenir autonomes dès le 1er janvier 2009, bénéficiant à l'occasion d'une subvention exceptionnelle de 250.000 euros.

Comme il y a un an, syndicats d'enseignants et organisations étudiantes critiquent les risques que représente, à leurs yeux, la loi, en termes de « désengagement financier de l'Etat », de « privatisation » des universités ou de possibilité pour elles de ne mettre de l'argent que dans les filières qu'elles jugeront rentables.

Certaines mesures ont cristallisé les inquiétudes: la possibilité pour les universités de recourir à des fonds privés, celle offerte aux présidents de désigner les personnalités extérieures siégeant au conseil d'administration, et la création de fondations « partenariales » ou « universitaires ».

A ce stade, deux ont été mises en place - une fondation universitaire (Clermont-Ferrand 1) et une partenariale (Lyon 1) - et 48 sont en projet.

La loi a fait « exploser les traditions universitaires françaises fondées sur la collégialité », déplore le Snesup-FSU, principal syndicat du supérieur, dans un communiqué à l'occasion de la première année de la loi.

Elle « structure et amplifie des inégalités avant tout sociales » et « y ajoute des inégalités territoriales fortes », dans une logique de concurrence entre universités, selon de syndicat.

Mme Pécresse estime de son côté que « les craintes » émises se sont « révélées infondées » car la loi « ne profite pas qu'à Paris mais à la France dans son ensemble » et « elle ne concerne pas que les +grosses+ universités car il y a toute une diversité représentée ».

Selon certains dirigeants d'université, le risque d'inertie viendrait davantage de la haute administration, où existent des réticences à se voir dépossédé de la gestion quotidienne des emplois, du budget et de l'immobilier des universités.

Cette « nomenklatura est à l'oeuvre pour, à défaut de bloquer les réformes nécessaires, les rendre inopérantes rejoignant en cela des syndicalistes fatigués », a estimé ainsi, dans Libération, le président du regroupement d'universités Paris Universitas, Gilbert Béréziat.

L'ex-président de Paris-VI (Pierre-et-Marie-Curie), première université française citée dans le classement de Shanghaï (42e rang) déplore notamment le manque d'autonomie véritable en terme budgétaire et surtout immobilier.

Musicologie.org 2008