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   Septembre 2008    

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Actualités musicales du
20 septembre 2008

20-21 septembre
Lyon

Promenades Musicales
De l'Orchestre Natonal de Lyon

Depuis leur première édition en septembre 2005, les PROMENADES MUSICALES de l’Orchestre national de Lyon connaissent un véritable succès. Aussi bien sur les places lyonnaises que lors du concert gratuit donné systématiquement dans la salle comble de l’Auditorium, le public dans toute sa diversité a toujours été présent au rendez-vous.

Cette année encore, Jun Märkl et les musiciens de l’orchestre iront à la rencontre du public de cette même manière festive et chaleureuse. Tout au long du week-end, constitués en petites formations, ils proposeront des concerts gratuits et en plein air dans des lieux insolites de la ville et de son agglomération. Le samedi à 18h30, à l’Auditorium de Lyon, un concert gratuit avec l’orchestre symphonique au grand complet proposera un large éventail d’extraits d’oeuvres de la saison à venir.

Particularité de cette quatrième édition ? Les Promenades musicales se dérouleront le week-end des Journées européennes du Patrimoine dont la thématique 2008 explore « le génie de la technique » à Lyon. Ce sera donc l’occasion de redécouvrir des lieux et des personnalités qui ont marqué le monde industriel et le rayonnement de la métropole : Claude Bernard pour la santé, Marius Berliet pour les transports, les Frères Lumière pour le cinéma, Louis Moyroud pour l’imprimerie … Ainsi, un groupe de musiciens est-il attendu à la Fondation Berliet (3e), tandis qu’un autre parcourra l’immense site industriel de Renault Trucks à Vénissieux. L’Institut Lumière prêtera ses jardins pour un après-midi de concerts. Et qui peut mieux que les HCL incarner la santé sur Lyon ? La Cour d’honneur de l’Hôtel-Dieu et la vallée intérieure du nouvel Hôpital Femme-Mère-Enfant, à Bron accueilleront plusieurs concerts.

2 JOURS EN MUSIQUE
8 FORMATIONS MUSICALES
12 SITES DIFFERENTS
24 CONCERTS EN PLEIN AIR ET GRATUITS
1 CONCERT SYMPHONIQUE GRATUIT

Promenades musicales dans la ville : Palais du commerce, Passage Thiaffait, Hôtel de ville, Hôtel Dieu, place Charles- de-Gaulle, berges du rhône Guillotière, Institut Lumière, hôpital Femme-mère-enfant, Fondation Berliet, site Renault Trucks, avec les musiciens de l’ONL, ensembles à cordes ou à vents, quatuor de violoncelles, quintettes à vents ou de cuivres, quartet de jazz, grand ensemble de cuivres, ensemble tango.

Samedi 20, à 18h30, concert gratuit à l’Auditorium de Lyon, avec l’Orchestre National de Lyon, sous la direction de Jun Märkl. Extraits d’œuvres de la saison 2008/20009. Entrée libre dans la limite des places disponibles. Billets à retirer à la billetterie de l’Auditorium à  partir du 1er septembre.

Auditorium de Lyon – 04 78 95 95 95 - http:// www.auditorium-lyon.com

Mauricio Kagel,
figure libre et pleine d'humour
de la musique contemporaine

Le compositeur germano-argentin Mauricio Kagel, mort à Cologne (Allemagne) d'une longue maladie à l'âge de 76 ans, était une figure libre et pleine d'humour de la musique contemporaine, un maître du « théâtre instrumental » qui a fait autorité sans se prendre au sérieux.

Il laisse une oeuvre abondante et variée, qui couvre les domaines de la musique scénique, de chambre, pour ensemble, piano ou voix, à bonne distance des codes traditionnels du genre symphonique ou de l'opéra.

Né le 24 décembre 1931 à Buenos Aires, Mauricio Kagel fait des études musicales diversifiées (piano, violoncelle, orgue, chant, direction d'orchestre...) auprès de professeurs privés.

Il se forme à la composition en « autodidacte, grâce aux contacts avec des professeurs aux connaissances insuffisantes », expliquera-t-il avec cette ironie mordante qui sera l'une de ses marques de fabrique.

Rapidement, il élargit son horizon à des disciplines extramusicales qui nourriront un imaginaire débridé. Il étudie la littérature (avec Jorge Luis Borges), la philosophie (intérêt marqué pour Spinoza) et, passionné par le Septième art, contribue même à fonder, en 1950, la Cinémathèque argentine.

Chef d'orchestre au Teatro Colon de Buenos Aires en 1955, ce féru de musique allemande profite d'une bourse obtenue en 1957 pour s'installer à Cologne. Dès l'année suivante, il suit les fameux cours d'été de Darmstadt (Allemagne), temple de l'avant-garde fréquenté par Pierre Boulez ou Karlheinz Stockhausen, où il enseignera lui-même de 1960 à 1974.

Mais il fait rapidement entendre sa propre petite musique, qui se distancie de l'intellectualisme aride de son temps. « Il a été associé à l'avant-garde de son époque, mais s'en est différencié de façon exceptionnelle. Il est le seul qui n'a pas été dans la norme », affirme à l'AFP le compositeur français Marc Monnet, qui fut l'élève de cette personnalité « excessive » et « subversive ».

Vers 1960, Mauricio Kagel invente ainsi le concept de « théâtre instrumental », s'attachant à introduire une dimension gestuelle dans l'interprétation. C'est le temps des explorations sonores et du recours à des instruments délirants, comme le tuyau d'arrosage (« Der Schall », 1968) ou le violon « à pointes de fer » (« Acustica », 1968-1970).

Le compositeur se plaît à « mettre en scène » les instrumentistes de manière atypique, par exemple en contraignant un violoncelliste à jouer aux dés (« Match », 1964).

Après son film beethovénien « Ludwig van » (1969), Kagel choisit de se confronter à la tradition allemande dans les années 1970, mais à sa manière iconoclaste. Il traduit en langage atonal 49 chorals de Bach, et fait de même avec les « Variations et fugue sur un thème de Händel » de Brahms, qui prouvent que les variétés ne le laissent pas indifférent.

Mauricio Kagel ira plus loin encore dans le clin d'oeil aux musiques populaires avec « Variété » (1977), hommage décalé au cabaret et au music-hall.

Il aura aussi écrit beaucoup de pièces radiophoniques, ses fameuses « Hörspiele », convaincu que là réside « le vrai théâtre », le « théâtre invisible ».

Mauricio Kagel n'aura pas fait école — « Mes épigones ont mal tourné, et je suis difficile à imiter », a-t-il relevé — mais il aura été, outre un musicien bardé de distinctions (Prix Ernst von Siemens, membre de l'Académie des Arts de Berlin...), un pédagogue très recherché, durant plusieurs décennies, à la Haute école de musique de Cologne.

« Il était entièrement respectueux de l'autre et ne se plaçait jamais dans une position de supériorité avec ses élèves », se souvient Marc Monnet.

L'Orchestre de Paris
ouvre sa saison
avec un hommage à Karajan

L'Orchestre de Paris (OP) a lancé jeudi soir, Salle Pleyel, sa saison parisienne 2008-2009 avec un concert d'hommage à Herbert von Karajan, pour le centenaire de la naissance du maestro autrichien, qui fut son conseiller musical de 1969 à 1971.

Le directeur musical de l'OP depuis 2000, le pianiste et chef allemand Christoph Eschenbach, qui avait participé lors du Festival d'Aix-en-Provence, comme soliste, aux deux premiers concerts de Karajan avec cet orchestre en juillet 1969, dirige ce programme de rentrée redonné samedi (20h00) à Pleyel.

L'OP et son actuel « patron » animeront en outre une « journée portes ouvertes », dimanche (de 11h00 à 17h00) au même endroit, avec une affiche éclectique allant de Berlioz à Messiaen en passant par Dvorak, Smetana et Ravel.

Au programme du concert de rentrée figure la « Missa solemnis » de Beethoven.

Pour cette pièce monumentale par la durée et les effectifs, l'orchestre est accompagné de son choeur et d'un quatuor international de solistes vocaux: deux Allemandes, la soprano Christine Schäfer et la mezzo Annette Jahns, le ténor américain Paul Groves et la basse néerlandaise Robert Holl.

Le Choeur de l'OP a été bien préparé à l'interprétation de cette « Missa solemnis » lors d'une académie estivale à laquelle ont participé, outre les choristes, de jeunes chanteurs en voie de professionnalisation.

L'osmose entre les parties vocale et instrumentale est particulièrement recherchée dans cette partition de Beethoven pour laquelle on sent Christoph Eschenbach marqué par les interprétations que Karajan a laissées de cette oeuvre.

Le maestro autrichien l'a gravée à trois reprises, deux fois avec son Orchestre philharmonique de Berlin, en 1966 (Deutsche Grammophon) et 1975 (EMI), et une fois avec le Philharmonia de Londres en 1959 (EMI).

L'Orchestre de Paris, en grande forme notamment côté cordes, le choeur ainsi que les chanteurs solistes ont permis à Christoph Eschenbach d'atteindre une certaine grandeur d'expression.

Débuts de danseuse pour Binoche
à Londres, dans « In-I »,
une ode à l'amour

L'actrice Juliette Binoche a effectué ses premiers pas de danseuse jeudi soir au National Theatre de Londres pour la première mondiale de « In-I », une ode à l'amour qu'elle a co-créée avec le danseur vedette et chorégraphe britannique Akram Khan.

Spectacle de danse théâtrale, empruntant brièvement aux genres les plus divers, comme le mime ou la comédie musicale, « In-I » met en scène le duo sur le thème de « Qu'est-ce que l'amour? C'est une aventure intérieure », où viennent s'entrechoquer les sentiments.

Juliette Binoche, 44 ans, qui n'avait jamais dansé professionnellement auparavant, s'est astreinte à un long et contraignant entraînement pour exprimer toute sa sensibilité, aux côtés d'Akam Khan, un danseur qui s'est fait connaître pour son mélange de danse contemporaine occidentale et de kathak, la danse classique indienne.

Devant un mur dont la couleur change au fur et à mesure, un décor minimaliste créé par le plasticien Anish Kapoor - qui avait collaboré avec Akram Khan, 34 ans, sur son spectacle « Kaash » en 2002 -, se joue d'abord une rencontre. Elle est au cinéma, l'aperçoit, décide d'en faire « sa proie ».

Les dialogues s'entremêlent aux scènes de danse. Un jeu du chat et de la souris se met en place, pour un épisode de séduction puérile, entre elle, tantôt boudeuse, tantôt énamourée, et lui, volontiers distant.

Dos au mur, ils miment les corps à corps hostiles, endormis la nuit dans leur lit, puis le dur réveil à l'aube, et enfin la banalité des petits actes du quotidien.

Commence la vie commune avec l'apprentissage de la danse. Ils échangent ensuite les premières marques d'ironie à l'égard de l'autre, avant que naissent les premières querelles. Les premières déchirures dont l'amour est indissociable.

Quel message souhaitait faire passer l'actrice oscarisée, qui a tourné avec Godard, Doillon, Téchiné, Kieslowski, Haneke, Ferrara ou Minghella, avec ce spectacle bien accueilli par le public?

« Vivez vos rêves, inventez vous vous-mêmes, rien à perdre, créez, osez être! », dit-elle dans le dossier de présentation du spectacle, à l'affiche jusqu'au 19 octobre au National Theatre.

Après Londres, « In-I » fera un tour d'Europe (Luxembourg, Italie, Belgique, France), avant d'aller au Canada, dans les Emirats Arabes Unis, au Japon, en Australie, en Corée du Sud et aux Etats-Unis.

Au cours de plusieurs étapes, notamment Londres et Paris, est présentée en parallèle « Jubilation », une rétrospective des 25 ans de carrière cinématographique de Juliette Binoche, accompagnée d'une exposition de ses peintures, autoportraits et portraits des réalisateurs avec lesquels elle a travaillé.

« Jubilation » est présentée au BFI South Bank de Londres du 1er septembre au 5 octobre, et à la Cinémathèque française à Paris en novembre.

Daniele Gatti
« sacré » directeur musical
de l'Orchestre national de France

L'Italien Daniele Gatti a dirigé jeudi soir à Paris son premier concert en tant que directeur musical de l'Orchestre national de France (ONF), inaugurant un mandat de cinq ans avec un « Sacre du printemps » de Stravinsky riche de promesses.

L'année 2008 est faste pour ce chef de 46 ans: après avoir débuté en juillet au Festival de Bayreuth (Allemagne) dans « Parsifal » de Wagner, il fera l'ouverture de la saison de la Scala de Milan, sa ville natale, le 7 décembre avec « Don Carlo » de Verdi.

Le 1er septembre, le maestro milanais a succédé à la tête de l'ONF à l'Allemand Kurt Masur, devenu « directeur musical honoraire » de la plus ancienne formation permanente de France, fondée en 1934.

Le « National » se veut le grand serviteur du répertoire français. Daniele Gatti le sait, qui a mis au programme de son concert inaugural le « Prélude à l'après-midi d'un faune » et « La Mer » de Debussy, « Un sourire » de Messiaen et « Le Sacre du printemps », oeuvre « parisienne » — elle a été créée au Théâtre des Champs-Elysées (TCE) — sinon française.

Italien du nord aimanté par la musique germanique (Beethoven, Brahms, Mahler...) et de la « Mitteleuropa » (Bartok), le nouveau patron de l'ONF a jusqu'alors dirigé peu de musique hexagonale. Cela s'entend, au TCE, dans le « Prélude à l'après-midi d'un faune » (1894), où il avance sur des oeufs, de manière scrupuleuse mais très précautionneuse.

Daniele Gatti trouve davantage le mouvement de « La Mer » (1905), à défaut d'obtenir toutes les couleurs requises par cette partition desservie par le manque d'homogénéité des cordes du « National ».

Très influencé par Debussy dans son écriture harmonique, Olivier Messiaen, dont on fête en 2008 le centenaire de la naissance, est ici représenté par « Un sourire » (1989) un peu figé, où l'ONF ne brille pas par sa conviction.

Le « Sacre du printemps », donné dans le lieu qui l'a vu naître en 1913, dissipe ces réserves. Déjà, le 18 octobre 2007 au même endroit, Daniele Gatti en avait fait une oeuvre gorgée de vie, dirigée sans partition d'un geste à la technique infaillible, à la fois souple, franc et précis.

Onze mois plus tard exactement, le chef et l'orchestre semblent avoir encore mûri leur « Sacre », dont ils proposent une vision très contrastée, théâtrale et violemment païenne parfois, dont l'évidence en tout cas saute aux oreilles.

Aux saluts, le premier violon solo Sarah Nemtanu regarde avec admiration Daniele Gatti, et refuse de se lever pour le laisser recevoir seul l'ovation du public. Preuves que le « National » a trouvé son nouveau chef.

Daniele Gatti dirigera en 2008-2009 neuf autres concerts à Paris (huit au TCE et un au Châtelet) et en donnera quatre en province.

Le programme de jeudi sera d'ailleurs repris à Dijon vendredi soir et visible jusqu'à fin octobre sur les sites internet france3.fr et medici.tv.

Le cyber fest-noz
fête ses 10 ans
et attend 170.000 « Bretons » en ligne

Le Cyber fest-noz, qui a rassemblé 800.000 spectateurs internautes depuis sa création, fêtera samedi son 10e anniversaire lors d'un concert fleuve au pavillon de Penvillers à Quimper, a-t-on appris auprès de ses organisateurs.

Cette manifestation, qui s'adresse à la diaspora bretonne sur internet, attend cette année la connexion de 160 à 170.000 internautes depuis quelque 70 pays, a indiqué à l'AFP Nicolas Godinec.

Ce fest-noz géant sera filmé et diffusé pour la première fois en haute définition sur la toile et téléphone mobile en 3G.

Au total, 200 artistes — dont Soldat Louis à partir de 20h00 suivi des groupes du fest-noz — sont attendus sur la scène du pavillon de Penvillers à Quimper, devant 1.500 spectateurs qui assisteront en direct à la retransmission de la fête jusqu'à 03h00. Cyber fest-noz: http://www.antourtan.org

Mort du dernier Steinway
à avoir dirigé la fabrique de pianos

Henry Ziegler Steinway, dernier de la famille à avoir dirigé la légendaire fabrique de pianos, est mort jeudi à son domicile à New York à l'âge de 93 ans, a annoncé vendredi la maison « Stenway & Sons » dans un communiqué.

Henry Ziegler Steinway, né à New York en 1915, était l'arrière-petit-fils de Heinrich Engelhard Steinway, arrivé d'Allemagne en 1850 et fondateur de la firme Stenway & Sons en 1853.

Les Steinway ont connu la fortune vers 1870 avec des pianos qui avaient introduit des techniques de fabrication innovantes bientôt adoptées par tous les fabricants d'instruments de musique, et produisaient 6.500 pianos à New York au début du XXème siècle.

Fabriquant surtout des pianos à queue, et à 80% faits main, la firme avait souffert d'abord de la crise de 1929, puis après la deuxième guerre mondiale des origines allemandes de son fondateur, enfin de la concurrence des géants japonais comme Yamaha.

Henry Ziegler Steinway avait rejoint l'entreprise familiale en 1937 après un diplôme de l'Université Harvard. Devenu président de la société en 1955, il avait dû se résoudre à vendre Steinway en 1972 à la chaîne de télévision CBS pour 23 millions de dollars, mais était resté président jusqu'en 1977.

Il était resté consultant pendant des années, même après avoir pris sa retraite et après que la firme eut à nouveau changé de mains en 1985 puis en 1995.

Il était marié à Polly Zinsser depuis 1944, et le couple avait eu 5 enfants.

La qualité de la sonorité des Steinway a été reconnue au 19ème siècle par les plus grands compositeurs, de Liszt à Wagner ou Gounod, et au 20ème siècle, tous les pianistes célèbres ont joué en concert sur des Steinway, d'Alfred Brendel à Claudio Arrau ou Vladimir Ashkenazy.

Paris-Bercy sous les bombes
pour le retour de NTM

« Paris sous les bombes »: le titre du troisième album de NTM aurait pu servir de slogan à la tournée de reformation du duo rap, qui s'est ouverte jeudi par un concert impressionnant de puissance dans un Palais Omnisports de Paris-Bercy plein et chauffé à blanc.

JoeyStarr, 40 ans, et Kool Shen, 41, ont beau ne plus avoir l'air de petits jeunes, ils n'ont rien perdu de leur rage sur scène dix ans après la séparation de NTM.

D'autant que le duo emblématique du rap français a sorti les gros moyens pour son retour: structure géante à écrans vidéos et étages sur lesquels sont juchés deux DJ, des danseuses et des choristes, musiciens pour les accompagner et invités à la pelle, jeunes rappeurs que les deux hommes ont pris sous leur aile ou acrobates hip hop.

C'est « Seine-Saint-Denis Style », leur titre le plus connu, qui a ouvert et refermé ces deux heures. Son fameux refrain (« La Seine-Saint-Denis, c'est de la bombe, baby! ») a été hurlé en choeur par les 15.000 spectateurs, dont beaucoup de trentenaires.

Des spectateurs que JoeyStarr le bateleur n'a cessé de haranguer de sa voix rauque: « Faites du bruit! », « Vous avez de l'arthrite ou quoi? ». La punition en cas d'ambiance trop calme? Des chansons d'Annie Cordy, Peter et Sloane ou la musique du dessin animé « Chapi Chapo » diffusées à tue tête.

Même sans cette menace, quand le « Jaguarr Gorgone » parle, on l'écoute et on s'exécute: milliers de bras levés et de briquets allumés, pas de côté et sauts sur place, les mouvements de foule dans la fosse étaient impressionnants, tout comme les cris du public, qui atteignaient parfois un volume sonore tel qu'on avait l'impression d'avoir mis la tête dans un turboréacteur.

La complicité entre JoeyStarr et Kool Shen saute aux yeux, alors même que les deux lascars du 9-3 sont restés longtemps brouillés avant de se retrouver pour cette tournée. Ils se frôlent, se prennent par le bras ou par leur crâne rasé, semblent éprouver un plaisir infini à être là et sont aussi complémentaires qu'il y a dix ans, sobriété tranchante pour Kool Shen et puissance sauvage pour JoeyStarr.

Autre constatation évidente, leur aura de parrains d'une génération de rappeurs et le sentiment d'un passage de flambeau à les voir rejoints par de jeunes artistes issus de leurs labels respectifs, qui, pour certains, pourraient presque être leurs fils.

Mais au rayon provoc', ils ont toujours l'air de sales gosses ravis de leur effet plus que de pères de famille tranquilles. Ils s'amusent à inciter le public à fumer pendant « Pass Pass le Oinj' » (« La loi Evin, on s'en bat les couilles! ») et démolissent à distance le rappeur Booba, coupable de les avoir traités d'antiquités.

En revanche, ils ont évité les prises de parole liées à la politique, à l'exception d'un « J'entends nique Sarkozy, c'est ça? » lâché par JoeyStarr pendant le morceau « Police » et d'un « Tassepé » (pour « pétasse ») lancé à l'adresse de Carla Bruni.

Kool Shen a estimé que « le climat social s'était dégradé » en dix ans mais a assuré que ce n'était pas pour cette raison que NTM était de retour.

Tout au long du concert, ils ont interprété des morceaux qui étaient la bande son urbaine des années 90, comme « Laisse pas traîner ton fils », « Ma Benz » (avec Lord Kossity), « Pose ton gun » ou « La fièvre », avec en plus des passages solo.

Quatre autres Bercy sont au programme avant dix concerts en province, à Genève et Bruxelles. Contrairement à ce qui était prévu, les deux rappeurs ont refusé qu'un CD live soit vendu dès la fin de ce premier concert, estimant qu'un mixage express n'aurait pas garanti une bonne qualité sonore.

Le festival des Terre Neuvas (rock)
mis en liquidation judiciaire

L'association organisatrice du festival des Terre Neuvas, l'un des principaux festivals de rock en Bretagne, a été mise en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Dinan en raison de difficultés financières, a-t-on appris vendredi auprès du tribunal.

L'association avait été placée en redressement judiciaire en juillet, une semaine après la fin de la 11e édition du festival marquée par l'effondrement de la fréquentation.

Environ 95.000 spectateurs avaient été accueillis cette année en trois jours dans le petit village de Bobital (Côtes d'Armor) contre 150.000 en 2007.

Selon les organisateurs, le festival qui avait invité les Sex Pistols, The Pogues, The Verve, Boy George, Bashung ou encore Cali, a été victime du mauvais temps et d'une escroquerie aux faux billets, et a également ressenti l'impact de la baisse du pouvoir d'achat.

Face à un déficit évalué à 1,3 million d'euros, l'équipe dirigeante des Terre Neuvas espérait se renflouer en obtenant des subventions ou en organisant à l'automne des concerts de soutien qui n'auront finalement pas lieu.

La liquidation devrait marquer la fin de ce festival associatif qui rendait hommage aux marins partis pêcher la morue sur les bancs de Terre-Neuve.

Après une décennie de croissance ininterrompue, l'événement qui s'appuyait sur un réseau de 1.200 bénévoles, s'était hissé au deuxième rang des festivals rock bretons derrière les Vieilles Charrues de Carhaix (Finistère).

©Musicologie.org 2008