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Actualités musicales du
17 octobre 2008

Un « pasticcio » d'airs de Mozart
en première production de l'Opéra Studio

L'Opéra Studio, la toute nouvelle cellule de formation lyrique de l'Opéra du Rhin, ouvrira sa saison samedi à Colmar avec un prometteur « pasticcio » des plus grands airs d'opéras de Mozart, dans un « concert-spectacle » intitulé « Mozart, Requiem pour une nuit ».

L'oeuvre, qui sera interprétée par les jeunes chanteurs sélectionnés par l'Opéra Studio avec un accompagnement au piano, sera présentée le 18 novembre à la Cigale à Paris avec orchestre.

Ce « pasticcio », composé à la manière du 18e siècle, « convoque tous les amis chanteurs de Mozart qui ont créé les plus grands rôles du compositeur », a expliqué à l'AFP le directeur de l'Opéra Studio, Vincent Monteil.

Dans ce spectacle, mis en scène par François de Carpentries et Karine Van Hercke avec les décors et costumes des ateliers de l'Opéra du Rhin, Mozart, sur son lit de mort et dans la fièvre de ses dernières heures, compose son dernier Requiem pour répondre à la commande d'un mystérieux homme en gris qui lui rappelle la statue du Commandeur.

L'Opéra Studio a ouvert ses portes à la rentrée, en septembre, avec la mission de remplacer en la renforçant l'ancienne cellule de formation lyrique de l'Opéra du Rhin. C'est l'une des rares structures en France qui s'attachent à former et perfectionner la formation des artistes lyriques, avec le centre de formation d'art lyrique de l'Opéra Bastille ou le Centre national d'insertion professionnelle des artistes lyriques (CNIPAL) de Marseille (non rattaché à un opéra).

L'an dernier, ses huit premiers chanteurs ainsi que deux pianistes chefs de chants stagiaires ont été sélectionnés sur un total de 180 candidats au départ pour une formation sur deux ans.

« L'originalité de l'Opéra Studio, c'est sans doute son recrutement très international avec des artistes venus de Russie, d'Italie, d'Allemagne,de Chine et du Mexique », indique son directeur. Tous ont moins de 30 ans et sortent d'un conservatoire, ou ont parfois une très courte expérience professionnelle.

L'Opéra Studio leur assure une formation de haut niveau, une renommée internationale et une insertion professionnelle en leur offrant dès la 2e année les seconds rôles de tous les opéras de l'Opéra du Rhin « dans des conditions professionnelles », selon Vincent Monteil.

Pour ces prestations, les jeunes artistes reçoivent une rémunération mensuelle en tant que stagiaires d'entreprise.


Yaron Herman,
basketteur et pianiste virtuose

A 27 ans, l'Israélien Yaron Herman a déjà vécu plusieurs vies: adolescent sportif, il était aux portes du basket professionnel. Jeune adulte, il s'est mis au piano, qu'il maîtrise en virtuose.

« Je voulais être basketteur. J'étais dans l'équipe des moins de 16 ans d'Israël. Mais ça n'a pas marché, car je me suis blessé au cours d'un match », raconte-t-il en préambule de son interview avec l'AFP.

« Il fallait donc que je trouve autre chose à faire. Je me suis dit que le piano, ça serait pas mal », poursuit le musicien.


Yaron Herman, « In the Wee Small Hours of the Morning »

Yaron Herman se met au clavier à seize ans. Au bout de six mois, encouragé par un professeur « extraordinaire », selon ses dires, il consacre tout son temps au piano. Excellent improvisateur, il remporte un premier prix deux ans plus tard et part se former aux Etats-Unis.

Une correspondance ratée entre Boston et Tel Aviv le bloque un soir à Paris. Sa curiosité le pousse vers un club de jazz, où il se met à jouer. Des musiciens remarquent l'Israélien, alors âgé de 19 ans, et lui proposent de les accompagner.

« Je devais rester une semaine. Je suis finalement resté six ans ». Il loge un temps au squat artistique de la rue du Rivoli, fait du rez-de-chaussée une petite salle de concert, où il s'adonne à de troublantes expériences.

« Parfois, j'étais mauvais, mais des gens me disaient qu'ils ressentaient ma musique. Alors je me suis mis à jouer une seule note pendant vingt minutes, trente minutes, avec différentes intensités, pour voir comment ils allaient réagir... Je ne crois pas que ça leur ait plu », sourit le musicien.

Sa notoriété progresse néanmoins. A 21 ans, il sort son premier disque, puis deux autres par la suite, dont le dernier « A time for everything », mélange compositions et variations autour de Britney Spears, Björk ou Léonard Cohen.

« Je n'exclus rien, je ne défends aucun drapeau, aucune musique, seulement la bonne », souligne le pianiste iconoclaste.

Ses performances sur scène, à l'instar de son concert aux 35e Nancy jazz pulsation, qui a débuté le 6 octobre et se termine samedi, sont tout aussi étonnantes. Yaron Herman est voûté sur son tabouret. Puis il se lève, se rassied, pince les cordes du piano, grimace...

« Yaron prend des risques tout le temps. Aucun de ses concerts ne se ressemble », selon son agent Christophe Deghelt, qui le qualifie de « bouffée d'oxygène pour le jazz ».

La critique salue le phénomène. En 2008, l'Israélien est élu Révélation instrumentale aux Victoires du jazz. Les dates s'enchaînent aux quatre coins du globe. Le Yaron virtuose dépasse les plus folles attentes d'Herman le basketteur.

« Mais le sport n'est pas si loin. Il y a la même notion de performance, de haut niveau, de pression, compare-t-il. Jouer devant un public, c'est un match, le moment de vérité ».

Yaron Herman se produira prochainement à Angoulême (le 17 octobre), Tourcoing (le 22), Belgrade (26), Luxembourg (31), Tampere (Finlande - 2 novembre).


Charles Dutoit à Verbier

Le chef suisse Charles Dutoit, 72 ans, a été nommé pour cinq ans directeur musical de l'Orchestre du Festival de Verbier (Suisse).

L'Américain James Levine conserve un titre de « conductor laureate » (chef honoraire), et les coachs du Metropolitan Opera de New York continueront d'assurer la préparation des jeunes musiciens (17-30 ans) en résidence à Verbier.

Le Hongrois Gabor Takacs-Nagy est nommé pour sa part directeur musical de l'Orchestre de chambre du Festival de Verbier.

Charles Dutoit a déjà dirigé la formation symphonique de jeunes lors de trois tournées internationales. Chef permanent du Philadelphia Orchestra depuis septembre, il deviendra chef principal du Royal Philharmonic de Londres à l'automne 2009. Mais c'est avec une autre formation londonienne, le Philharmonia, qu'il se produira le 24 novembre au Théâtre des arts à Rouen, dans le cadre du festival Automne en Normandie.


George Schneider
quitte l'Ensemble orchestral de Paris

Le directeur général de l'Ensemble orchestral de Paris (EOP), George Schneider, a annoncé qu'il quitterait ses fonctions à la fin du mois d'octobre, après onze années de mandat, pour prendre sa retraite.

Orchestre de type « Mannheim » (43 musiciens permanents) subventionné par la ville de Paris et l'Etat, l'EOP fête en 2008 son trentième anniversaire, mais son avenir est incertain. L'ensemble est d'ailleurs toujours à la recherche d'un chef, l'Américain John Nelson ayant désormais le titre de directeur musical « honoraire ».


Jean-Marc Bador
est le nouveau président de la Feps

 Jean-Marc Bador, directeur de l'Orchestre de Bretagne et vice-président du Syndicat national des orchestres et des théâtres lyriques de droit privé (Synolyr), a été porté à la présidence de la Fédération des employeurs du spectacle vivant public et privé (Feps).

La Feps, qui regroupe sept organisations patronales dont le Syndeac (directeurs de théâtre), est en première ligne dans le cadre des Entretiens de Valois sur le spectacle.


Pygmalion et Pichon

C'est un coup d'essai, et déjà de maître: fondé en 2005, l'ensemble Pygmalion a publié il y a quelques semaines chez Alpha un très convaincant premier disque consacré à Jean Sébastien Bach, sous la direction de son jeune chef aujourd'hui âgé de 24 ans, Raphaël Pichon.

Dans deux messes brèves et un motet, ce choeur de vingt chanteurs fait preuve d'une souplesse, d'une ferveur et même d'une sensualité qui emportent l'adhésion.

En concert, Pygmalion et Raphaël Pichon délaisseront ces oeuvres mais pas le Cantor de Leipzig pour un programme « De Bach à Bach » (cantate 21 de Jean Sébastien, un motet de son fils Carl Philip Emanuel et une cantate de Kirnberger, autre continuateur du maître).

L'ensemble se produira en compagnie du ténor chilien Emiliano Gonzalez-Toro et du baryton franco-irlandais Edwin Crossley-Mercer dimanche en l'église Saint-Paul d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) puis mardi à Saint-Roch à Paris, dans le cadre de la saison des Grands concerts sacrés de Philippe Maillard.


Les King's Singers, ont 40 ans

En 1968, six élèves du King's College de Cambridge (Grande-Bretagne) lançaient un groupe de solistes vocaux a cappella capable d'embrasser, moyennant des arrangements parfois savoureux, les répertoires les plus variés (de la Renaissance... aux Beatles).


King's Singers, « Ouverture du Barbier de Séville s (1982)

Quarante ans plus tard, les membres des King's Singers (deux contre-ténors, un ténor, deux barytons, une basse) ont évidemment changé, mais ils n'ont pas disparu du paysage discographique, comme l'attestent la parution de deux nouveautés (« Simple gifts » et « The golden age ») chez Signum Classics et la réédition en un coffret EMI de cinq albums des années 1980.


King's Singers, « Vignon, vignette », d'Orlando de Lassus

The King's Singers donneront dimanche (Arcachon), lundi (Paris, Salle Gaveau) et mardi (Martigues) trois concerts en France qui permettront de vérifier si leur culte du beau son, parfois un brin hédoniste, est toujours intact.


King's Singers, « Deconstructing Johann »

©Musicologie.org 2008