Un « pasticcio » d'airs de
Mozart
en première production de l'Opéra Studio
L'Opéra Studio, la toute nouvelle cellule de formation
lyrique de l'Opéra du Rhin, ouvrira sa saison samedi à Colmar avec un
prometteur « pasticcio » des plus grands airs d'opéras de Mozart,
dans un « concert-spectacle » intitulé « Mozart, Requiem pour
une nuit ».
L'oeuvre, qui sera interprétée par les jeunes chanteurs
sélectionnés par l'Opéra Studio avec un accompagnement au piano, sera
présentée le 18 novembre à la Cigale à Paris avec orchestre.
Ce « pasticcio », composé à la manière du 18e
siècle, « convoque tous les amis chanteurs de Mozart qui ont créé les
plus grands rôles du compositeur », a expliqué à l'AFP le directeur de
l'Opéra Studio, Vincent Monteil.
Dans ce spectacle, mis en scène par François de
Carpentries et Karine Van Hercke avec les décors et costumes des ateliers
de l'Opéra du Rhin, Mozart, sur son lit de mort et dans la fièvre de ses
dernières heures, compose son dernier Requiem pour répondre à la commande
d'un mystérieux homme en gris qui lui rappelle la statue du
Commandeur.
L'Opéra Studio a ouvert ses portes à la rentrée, en
septembre, avec la mission de remplacer en la renforçant l'ancienne
cellule de formation lyrique de l'Opéra du Rhin. C'est l'une des rares
structures en France qui s'attachent à former et perfectionner la
formation des artistes lyriques, avec le centre de formation d'art lyrique
de l'Opéra Bastille ou le Centre national d'insertion professionnelle des
artistes lyriques (CNIPAL) de Marseille (non rattaché à un opéra).
L'an dernier, ses huit premiers chanteurs ainsi que
deux pianistes chefs de chants stagiaires ont été sélectionnés sur un
total de 180 candidats au départ pour une formation sur deux ans.
« L'originalité de l'Opéra Studio, c'est sans
doute son recrutement très international avec des artistes venus de
Russie, d'Italie, d'Allemagne,de Chine et du Mexique », indique son
directeur. Tous ont moins de 30 ans et sortent d'un conservatoire, ou ont
parfois une très courte expérience professionnelle.
L'Opéra Studio leur assure une formation de haut
niveau, une renommée internationale et une insertion professionnelle en
leur offrant dès la 2e année les seconds rôles de tous les opéras de
l'Opéra du Rhin « dans des conditions professionnelles », selon
Vincent Monteil.
Pour ces prestations, les jeunes artistes reçoivent une
rémunération mensuelle en tant que stagiaires d'entreprise.
Yaron Herman,
basketteur et pianiste virtuose
A 27 ans, l'Israélien Yaron Herman a déjà vécu
plusieurs vies: adolescent sportif, il était aux portes du basket
professionnel. Jeune adulte, il s'est mis au piano, qu'il maîtrise en
virtuose.
« Je voulais être basketteur. J'étais dans
l'équipe des moins de 16 ans d'Israël. Mais ça n'a pas marché, car je me
suis blessé au cours d'un match », raconte-t-il en préambule de son
interview avec l'AFP.
« Il fallait donc que je trouve autre chose à
faire. Je me suis dit que le piano, ça serait pas mal », poursuit le
musicien.
Yaron Herman, « In the Wee Small Hours of the Morning
»
Yaron Herman se met au clavier à seize ans. Au bout de
six mois, encouragé par un professeur « extraordinaire », selon ses
dires, il consacre tout son temps au piano. Excellent improvisateur, il
remporte un premier prix deux ans plus tard et part se former aux
Etats-Unis.
Une correspondance ratée entre Boston et Tel Aviv le
bloque un soir à Paris. Sa curiosité le pousse vers un club de jazz, où il
se met à jouer. Des musiciens remarquent l'Israélien, alors âgé de 19 ans,
et lui proposent de les accompagner.
« Je devais rester une semaine. Je suis finalement
resté six ans ». Il loge un temps au squat artistique de la rue du Rivoli,
fait du rez-de-chaussée une petite salle de concert, où il s'adonne à de
troublantes expériences.
« Parfois, j'étais mauvais, mais des gens me
disaient qu'ils ressentaient ma musique. Alors je me suis mis à jouer une
seule note pendant vingt minutes, trente minutes, avec différentes
intensités, pour voir comment ils allaient réagir... Je ne crois pas que
ça leur ait plu », sourit le musicien.
Sa notoriété progresse néanmoins. A 21 ans, il sort son
premier disque, puis deux autres par la suite, dont le dernier « A
time for everything », mélange compositions et variations autour de
Britney Spears, Björk ou Léonard Cohen.
« Je n'exclus rien, je ne défends aucun drapeau,
aucune musique, seulement la bonne », souligne le pianiste
iconoclaste.
Ses performances sur scène, à l'instar de son concert
aux 35e Nancy jazz pulsation, qui a débuté le 6 octobre et se termine
samedi, sont tout aussi étonnantes. Yaron Herman est voûté sur son
tabouret. Puis il se lève, se rassied, pince les cordes du piano,
grimace...
« Yaron prend des risques tout le temps. Aucun de
ses concerts ne se ressemble », selon son agent Christophe Deghelt, qui le
qualifie de « bouffée d'oxygène pour le jazz ».
La critique salue le phénomène. En 2008, l'Israélien
est élu Révélation instrumentale aux Victoires du jazz. Les dates
s'enchaînent aux quatre coins du globe. Le Yaron virtuose dépasse les plus
folles attentes d'Herman le basketteur.
« Mais le sport n'est pas si loin. Il y a la même
notion de performance, de haut niveau, de pression, compare-t-il. Jouer
devant un public, c'est un match, le moment de vérité ».
Yaron Herman se produira prochainement à Angoulême (le
17 octobre), Tourcoing (le 22), Belgrade (26), Luxembourg (31), Tampere
(Finlande - 2 novembre).
Charles Dutoit à Verbier
Le chef suisse Charles Dutoit, 72 ans, a été nommé pour
cinq ans directeur musical de l'Orchestre du Festival de Verbier
(Suisse).
L'Américain James Levine conserve un titre de
« conductor laureate » (chef honoraire), et les coachs du
Metropolitan Opera de New York continueront d'assurer la préparation des
jeunes musiciens (17-30 ans) en résidence à Verbier.
Le Hongrois Gabor Takacs-Nagy est nommé pour sa part
directeur musical de l'Orchestre de chambre du Festival de Verbier.
Charles Dutoit a déjà dirigé la formation symphonique
de jeunes lors de trois tournées internationales. Chef permanent du
Philadelphia Orchestra depuis septembre, il deviendra chef principal du
Royal Philharmonic de Londres à l'automne 2009. Mais c'est avec une autre
formation londonienne, le Philharmonia, qu'il se produira le 24 novembre
au Théâtre des arts à Rouen, dans le cadre du festival Automne en
Normandie.
George Schneider
quitte l'Ensemble orchestral de Paris
Le directeur général de l'Ensemble orchestral de Paris
(EOP), George Schneider, a annoncé qu'il quitterait ses fonctions à la fin
du mois d'octobre, après onze années de mandat, pour prendre sa
retraite.
Orchestre de type « Mannheim » (43 musiciens
permanents) subventionné par la ville de Paris et l'Etat, l'EOP fête en
2008 son trentième anniversaire, mais son avenir est incertain. L'ensemble
est d'ailleurs toujours à la recherche d'un chef, l'Américain John Nelson
ayant désormais le titre de directeur musical « honoraire ».
Jean-Marc Bador
est le nouveau président de la Feps
Jean-Marc Bador, directeur de l'Orchestre de
Bretagne et vice-président du Syndicat national des orchestres et des
théâtres lyriques de droit privé (Synolyr), a été porté à la présidence de
la Fédération des employeurs du spectacle vivant public et privé
(Feps).
La Feps, qui regroupe sept organisations patronales
dont le Syndeac (directeurs de théâtre), est en première ligne dans le
cadre des Entretiens de Valois sur le spectacle.
Pygmalion et Pichon
C'est un coup d'essai, et déjà de maître: fondé en
2005, l'ensemble Pygmalion a publié il y a quelques semaines chez Alpha un
très convaincant premier disque consacré à Jean Sébastien Bach, sous la
direction de son jeune chef aujourd'hui âgé de 24 ans, Raphaël Pichon.
Dans deux messes brèves et un motet, ce choeur de vingt
chanteurs fait preuve d'une souplesse, d'une ferveur et même d'une
sensualité qui emportent l'adhésion.
En concert, Pygmalion et Raphaël Pichon délaisseront
ces oeuvres mais pas le Cantor de Leipzig pour un programme « De Bach
à Bach » (cantate 21 de Jean Sébastien, un motet de son fils Carl Philip
Emanuel et une cantate de Kirnberger, autre continuateur du maître).
L'ensemble se produira en compagnie du ténor chilien
Emiliano Gonzalez-Toro et du baryton franco-irlandais Edwin
Crossley-Mercer dimanche en l'église Saint-Paul d'Ivry-sur-Seine
(Val-de-Marne) puis mardi à Saint-Roch à Paris, dans le cadre de la saison
des Grands concerts sacrés de Philippe Maillard.
Les King's Singers, ont 40 ans
En 1968, six élèves du King's College de Cambridge
(Grande-Bretagne) lançaient un groupe de solistes vocaux a cappella
capable d'embrasser, moyennant des arrangements parfois savoureux, les
répertoires les plus variés (de la Renaissance... aux Beatles).
King's Singers, « Ouverture du Barbier de Séville s
(1982)
Quarante ans plus tard, les membres des King's Singers
(deux contre-ténors, un ténor, deux barytons, une basse) ont évidemment
changé, mais ils n'ont pas disparu du paysage discographique, comme
l'attestent la parution de deux nouveautés (« Simple gifts » et
« The golden age ») chez Signum Classics et la réédition en un
coffret EMI de cinq albums des années 1980.
King's Singers, « Vignon, vignette », d'Orlando de
Lassus
The King's Singers donneront dimanche (Arcachon), lundi
(Paris, Salle Gaveau) et mardi (Martigues) trois concerts en France qui
permettront de vérifier si leur culte du beau son, parfois un brin
hédoniste, est toujours intact.