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Actualités musicales du
20 octobre 2008

20 octobre 2008
Lyon, Studio de danse Michel Hallet-Eghayan

Percussions +
Amund Sveen
Yi-Ping Yang
Concert aux Echappées Belles

Trafic de Benjamin de La Fuente (Paris) et 5 actions de Ivo Nilsson (Stockholm) ont été écrites pour les deux solistes Amund Sveen et Yi-Ping Yang. Elles ont été présentées en première mondiale les 26 et 27 septembre 2008 à Göteborg et à Växjö. Ces nouvelles productions marquent une nouvelle étape d’une coopération entreprise entre les deux centres de création, OPEN à Göteborg et GRAME à Lyon. Les programmes présentés à Lyon et Genève s’enrichissent, à leur tour, du partenariat établi avec le Centre International de Percussion de Genève.

Amund Sveen, Yi-Ping Yang, percussions
Loïc Defaux et Florian Feyer, percussions
(Centre International de Percussion de Genève)
Jeanette Langert, chorégraphe
Åsa Lundvik Gustafson, danse

  • Deconstructing Ikéa de Amund Sveen
  • Re-percussion de Per Nørgård
  • Trafic de Benjamin de la Fuente (création française), commande Grame /Ministère de la Culture
  • 5 actions de Ivo Nilsson (création française) commande Open
  • Trio Berceuse de Joakim Sandgren

Entrée libre dans la limite des places disponibles. Réservation recommandée au 04 72 07 37 00.

Studio de danse Michel Hallet-Eghayan
65-73, rue du Bourbonnais, 69009 Lyon
Métro D arrêt Valmy
Bus n° 3, 19, 99 arrêt Clinique Saint Louis
Bus n° 5 arrêt Marietton PT SNCF


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Soutenance de thèse

Université de Nantes - U.F.R. Lettres et Langages. Centre François Viète (Histoire des Sciences et des Techniques)

François Baskevitch,

Electronicien et acousticien, ingénieur (Télécoms Lille) en traitement du signal audio, fondateur de l'ex-Société ATIMEL (Musique électronique), membre de la Société Française d'Acoustique,

A le plaisir de vous inviter cordialement à la soutenance publique de sa thèse de doctorat  d'Histoire des Sciences et des Techniques  qui aura lieu le

Lundi 20 octobre 2008 à 14h00
A Nantes, dans la salle de réunions du Château de la Faculté de Lettres, Chemin de la Censive du Tertre

La soutenance sera suivie d'une collation

Les représentations de la propagation du son, d'Aristote à l'Encyclopédie

Entre la théorie de la musique et l'étude de la perception, il y a peu d'espace, dans la science Scolastique, consacré à la physique des sons. La mécanique aristotélicienne ne prévoit pas le mouvement sans transport de matière et cette lacune constitue un blocage. A partir du début du XVIIème siècle, de nombreux savants traitent le sujet, parfois dans des ouvrages entiers, souvent en quelques lignes. Le phénomène est invisible et fugitif, alors on invente des représentations. Parmi elles, la célèbre métaphore des ronds dans l'eau rencontre un succès certain, mais également le flux de corpuscules ou les rayons sonores. La rédaction de l'Encyclopédie est contemporaine de la mathématisation de la propagation des ondes, avec la modélisation par les cordes vibrantes.

A travers une Histoire de l'Acoustique Physique, on entreprend ici l'étude des représentations du son et des controverses qu'elles suscitent parmi les différents courants de la pensée scientifique, de l'Antiquité aux Lumières.

Directeur de Thèse : Patrice Bailhache, professeur émérite, Université de Nantes

Jury :

  • M. Michel Blay, directeur de recherches CNRS, rapporteur
  • M. Frédéric de Buzon, professeur, Strasbourg, rapporteur
  • M. Jean Rosmorduc, professeur honoraire, Brest
  • M. François de Gandt, professeur, Lille
  • M. Robert Muller, professeur, Nantes


L'événement Marcœur à Paris

Albert Marcoeur était, pour quelques concerts, jusqu'au 15 octobre, au Café de la Danse à Paris. Depuis 1973, Albert Marcœur est un événement. Ses « Travaux pratiques » créés à Dijon en juillet dernier, présentés au Café de la Danse, ont certainement été un des événements de l'année, dans la capitale.

L'art de l'« installation sonore » de Marcœur, est sans aucun doute, issu de l'ébullition des années 1970, quand l'activité des musiciens les plus curieux, ingénieux, ou rebelles (poussés par des envies inconnues dans les Conservatoires), a aboli les frontières entre les genres, le temps d'un mouvement ou de quelques créations. Rock, jazz, free-jazz, premières manipulations électroniques, bidouillages de bandes magnétiques, bruitisme, son saturé, musique classique, musique dite contemporaine. Il y avait une zone de liberté créatrice, une zone sans étiquette, dans laquelle on reconnaissait deux genres : les poètes et les techniciens. Les meilleurs étaient ceux qui étaient les deux à la fois, c'est à dire ceux qui avaient ou s'étaient donné les moyens de leur poésie.

Tout cela s'est assagi, a regagné ses tiroirs, car qu'il faut bien, pour être bacsé en grande surface, avoir un code-barre (tout à fait significatif ce mot).

Marcœur, genre poète et technicien, poète avec les moyens de le dire, est parmi ceux qui sont restés, avec constance, hors des sentiers balisés (mais balisés par qui ou quoi ?)


Albert Marcoeur - « Travaux Pratiques »

C'est de l'art brut, ayant accédé au langage savant, aux mises en place minutieuses, au luxe des idées en finesse, mais obstinément attaché à ses accents et mauvaises manières, qui se garde des fréquentations raffinées du monde établi. C'est dans l'esprit, du blues, dans la forme, de la création contemporaine. Marcœur n'est pas grégaire, et dans le fond, on ne sait s'il n'est pas celui qui aurait les bonnes manières, restant en contact avec la furie (plutôt la tristesse) du monde, et non pas son écho feutré et souvent récuré académique.

Compositeur et auteur des textes, on peut supposer qu'il n'aimerait pas qu'on dise qu'il chante des chansons, et pourtant ce sont bien des chants dits, qui chantent... le désenchantement.

Marcœur se sert de la puissance évocatrice absurde de la naïveté, de l'anodin, pour dépeindre certains aspects tordus et crétins, de notre quotidien. Auguste nécessairement perdant, ou passant de la vie, déprimé, il pointe, mais ne juge pas, ne proteste pas. Fatalité ou lassitude ?

Souvent assis au milieu de la scène à une table, qu'on pourrait imaginer être celle de sa cuisine en formica bleu des années 1965, avec un calendrier des postes au mur, il vaque a ses petites occupations et raconte ses textes listes et valises. Cela déborde d'humour et d'ironie, cela fait rire, cela vise juste et fait mouche, mais laisse derrière soi un terrible sentiment de pessimisme et de tristesse.

Ces textes sont enrobés par une musique, quant à elle, en contraste, exubérante et sophistiquée. Souvent calée sur des motifs répétitifs,en boucle, elle est mise en déséquilibre par des sons, des riffs, des harmonies contradictoires, comme des succesiosn et couches en collages, qui décalent, et empêchent le développement d'éléments parculiers. Une espèce de polyphonie, non pas de voix, mais de masses sonores, de sons, de motifs. Musique de bout en bout cohérente, parce que, sans devenir mécanique (on est tout de mêm dans une plus grande densité que la musique minimaliste et répétitive américaine) ce jeu s'installe facilement à l'oreille, les éléments sonores sont assez circonscrits, il y a un style. On est dans l'ordre d'un théâtre des sons. Le langage est au résultat moderne, tonal très contrarié, c'est une musique contrariée, toujours là, mais qui n'indique pas de sortie, même si dans la masse sonore toujours en mouvement, on peut percevoir des citations diverses, voire explicitement du Purcell, où pour une fois, il y a clairement une mélodie sur des accords tonaux.

L'exécution est assurée par d'excellents musiciens. Le quatuor Belà (Frédéric Aurier, Julien Dieudegard, Julian Boutin, Luc Debreuil), les guitaristes Julien Baillod et Éric Thomas, le bassiste Farid Khenfouf. Les deux frères Marcœur, Claude et Gérard assurant percussion, synthés, et programmation.

Jean-Marc Warszawski
20 octobre 2008

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Vif succès du « Bal masqué »
de Verdi à l'Opéra du Rhin

« Rira bien qui rira le dernier » pourrait bien être le sous-titre grinçant de « Un Ballo in maschera » (Le Bal masqué) de Giuseppe Verdi, nouvelle production de l'Opéra du Rhin qui a recueilli un vif succès dimanche soir à Strasbourg pour sa première représentation.

L'ironie, la frivolité et la gaîté, soulignées par une ronde continue de valses, polkas, menuets ou mazurkas, contribuent à la grande efficacité dramatique de l'oeuvre qui recouvre d'un voile de légèreté les sombres sentiments qui aboutissent à l'assassinat du gouverneur Riccardo.

Amoureux illégitime d'Amelia, l'épouse de son meilleur ami Renato, le désinvolte Riccardo, interprêté avec talent par Massimiliano Pisapia sous la direction musicale du chef ukrainien Kirill Karabits, se moque des prédictions de la sorcière lui annonçant sa mort prochaine. Il se rit des avertissements d'un complot contre lui, ne pense qu'à son idylle et à faire la fête jusqu'à sa fin tragique de la main du brutal Renato.

Très applaudies aussi, Barbara Haveman incarne une noble et émouvante Amelia et la soprano coréenne Hye-Youn Lee une remarquable composition d'Oscar, le page de Riccardo, entremetteur de la mort. « Oscar est un pervers, superficiel, androgyne, agent double », selon le metteur en scène Philippe Arlaud. « Il est la colonne vertébrale de tout l'ouvrage », ajoute-t-il en soulignant sa parenté avec le personnage de valet dans « The Servant » de Joseph Losey ou avec le Leporello de « Don Juan ».

Renato (Carlos Almaguer) est humilié d'avoir été trompé par celui pour qui « il a versé le sang », mais surtout par les ricanements des gens qui promettent de répandre en ville des commérages sur la liaison de Riccardo et Amélia.

« On peut même voir dans la situation exposée un parallélisme étrange avec la séparation de Nicolas et Cécilia Sarkozy car tout à coup, la chose est au grand jour et cette officialité est insupportable », observe le metteur en scène dans un entretien publié par l'Opéra du Rhin.

La mise en scène de Philippe Arlaud réserve de jolies surprises en lumières et couleurs, comme la scène du gibet où Amelia va, sur le conseil de la sorcière, cueillir des plants de mandragore pour se guérir de son amour interdit pour Riccardo. On y voit des costumes de fête suspendus au plafond comme les combinaisons noires des mineurs dans leurs « salles des pendus », sur le carreau des mines. Les décors et les costumes, très colorés au début, font place lors de la scène du bal masqué à un superbe camaïeu de noirs avec des murs blancs en miroirs.

La censure a interdit au compositeur d'évoquer sur scène un régicide, ce qui a bizarrement contraint Verdi à dépayser son histoire au Massachusetts, à Boston (Etats-Unis). Mais tout, dans cet opéra, sauf parfois la musique, obéit au travestissement, aux masques, aux déguisements des personnes et des sentiments.

(Représentations à Strasbourg du 22 octobre au 2 novembre et à Mulhouse les 9 et 11 novembre)

©Musicologie.org 2008