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Actualités musicales du
25 octobre 2008

Décès du ténor italien Gianni Raimondi

Le ténor italien Gianni Raimondi est mort dimanche à l'âge de 85 ans à son domicile de Pianoro, près de Bologne (centre de l'Italie), a annoncé la Scala de Milan dans un communiqué.

Conformément à ses voeux, le décès de Gianni Raimondi n'a été annoncé qu'après ses obsèques qui ont été célébrées dans la plus stricte intimité.

Gianni Raimondi, qui a chanté avec Maria Callas, « était une des plus grandes voix de son époque », a souligné la Scala, où il a assuré 270 représentations au cours de sa carrière.

Il a notamment chanté en 1956 dans « La Traviata » de Giuseppe Verdi, mise en scène par Luchino Visconti, et dans La Bohème de Giacomo Puccini en 1963. Les chefs d'orchestre Carlo Maria Giulini, Herbert Von Karajan, Claudio Abbado, Georges Prêtre ont dirigé Gianni Raimondi à la Scala.

La carrière de Gianni Raimondi, né le 17 avril 1923 à Bologne, l'avait aussi conduit à Vienne, Berlin, Londres, New York et Buenos Aires.


Au Philharmonique de Berlin,
« il faut y entrer, puis y rester »

A l'Orchestre philharmonique de Berlin, « il faut y entrer, puis y rester »: la violoniste suisse Aline Champion évoque dans un entretien à l'AFP le « privilège » de jouer dans cette phalange aussi électrisante qu'exigeante.

Cette Genevoise de 37 ans est l'un des « Berliner Philharmoniker » (« Philharmonistes berlinois », littéralement) présents dans le documentaire « Trip to Asia: en quête d'harmonie » de Thomas Grube, qui sort mercredi en France.

Q - Qu'est-ce qui fait que l'on renonce, comme vous, à être premier violon solo dans une formation réputée (à l'Orchestre de la radio WDR de Cologne jusqu'en 2000) pour obtenir un poste de simple « tuttiste » au Philharmonique de Berlin ?

R - C'était très idéaliste de ma part... J'aime l'engagement, l'enthousiasme des +Berliner+, que je trouve assez uniques. J'avais envie de vivre ça. Il y a une tradition immense dans cet orchestre. Ici, je n'ai jamais dû réfléchir à ma manière de jouer; pour moi, dès le début, c'était vraiment très agréable, j'arrivais et je me disais +enfin, c'est comme ça que j'ai toujours voulu interpréter cette musique!+. Il faut être capable de se laisser porter par la force de cette tradition, être flexible, mais sans abandonner sa singularité car l'orchestre recherche avant tout des personnalités.

Q - Cette formation a un fonctionnement démocratique qui permet à chacun de ses membres d'être pleinement associé aux décisions. Cela change la donne?

R - C'est très important parce que l'on se sent différent, investi d'une responsabilité. On n'est pas là seulement pour des « services » entre telle et telle heure. Nous avons régulièrement des réunions où tout le monde dit ce qu'il pense: cela peut durer des heures et c'est très vivant! Un chef doit être sûr de lui pour être debout devant 120 personnes avec des convictions et des personnalités très fortes. Cela dit, la discipline est absolument nécessaire. Le plus important reste la qualité de la musique que nous jouons le soir. Même si ma vision est différente de celle du chef, mon travail est de faire un bon concert, c'est pour cela que je suis payée.

Q - Le film évoque les deux années probatoires, passage obligé pour tout postulant, qui peut être vécu comme un drame...

R - Dans ce groupe, il faut y entrer, puis y rester. Souvent, ça n'a pas à voir avec le jeu ou le niveau du candidat, c'est plutôt lié à sa personnalité, avec laquelle une alchimie va se créer ou pas. C'est très dur car c'est quelque chose d'existentiel. Personnellement, j'étais encore jeune quand je suis arrivée à Berlin, donc je me suis dit que de toutes façons c'était une très bonne expérience, et que si ça ne marchait pas, eh bien je ferais autre chose. Donc j'ai pris le risque d'échouer. Et je suis très contente d'être restée!

©Musicologie.org 2008