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Décès
du ténor italien Gianni Raimondi
Le ténor italien Gianni Raimondi
est mort dimanche à l'âge de 85 ans à
son domicile de Pianoro, près de Bologne (centre
de l'Italie), a annoncé la Scala de Milan dans
un communiqué.
Conformément à ses
voeux, le décès de Gianni Raimondi n'a
été annoncé qu'après ses
obsèques qui ont été célébrées
dans la plus stricte intimité.
Gianni Raimondi, qui a chanté
avec Maria Callas, « était une des
plus grandes voix de son époque », a souligné
la Scala, où il a assuré 270 représentations
au cours de sa carrière.
Il a notamment chanté en 1956
dans « La Traviata » de Giuseppe Verdi,
mise en scène par Luchino Visconti, et dans La
Bohème de Giacomo Puccini en 1963. Les chefs
d'orchestre Carlo Maria Giulini, Herbert Von Karajan,
Claudio Abbado, Georges Prêtre ont dirigé
Gianni Raimondi à la Scala.
La carrière de Gianni Raimondi,
né le 17 avril 1923 à Bologne, l'avait
aussi conduit à Vienne, Berlin, Londres, New
York et Buenos Aires.
 Au
Philharmonique de Berlin, « il faut y entrer,
puis y rester »
A l'Orchestre philharmonique de Berlin,
« il faut y entrer, puis y rester »:
la violoniste suisse Aline Champion évoque dans
un entretien à l'AFP le « privilège
» de jouer dans cette phalange aussi électrisante
qu'exigeante.
Cette Genevoise de 37 ans est l'un
des « Berliner Philharmoniker » (« Philharmonistes
berlinois », littéralement) présents
dans le documentaire « Trip to Asia: en quête
d'harmonie » de Thomas Grube, qui sort mercredi
en France.
Q - Qu'est-ce qui fait que l'on renonce,
comme vous, à être premier violon solo
dans une formation réputée (à l'Orchestre
de la radio WDR de Cologne jusqu'en 2000) pour obtenir
un poste de simple « tuttiste » au
Philharmonique de Berlin ?
R - C'était très idéaliste
de ma part... J'aime l'engagement, l'enthousiasme des
+Berliner+, que je trouve assez uniques. J'avais envie
de vivre ça. Il y a une tradition immense dans
cet orchestre. Ici, je n'ai jamais dû réfléchir
à ma manière de jouer; pour moi, dès
le début, c'était vraiment très
agréable, j'arrivais et je me disais +enfin,
c'est comme ça que j'ai toujours voulu interpréter
cette musique!+. Il faut être capable de se laisser
porter par la force de cette tradition, être flexible,
mais sans abandonner sa singularité car l'orchestre
recherche avant tout des personnalités.
Q - Cette formation a un fonctionnement
démocratique qui permet à chacun de ses
membres d'être pleinement associé aux décisions.
Cela change la donne?
R - C'est très important parce
que l'on se sent différent, investi d'une responsabilité.
On n'est pas là seulement pour des « services
» entre telle et telle heure. Nous avons régulièrement
des réunions où tout le monde dit ce qu'il
pense: cela peut durer des heures et c'est très
vivant! Un chef doit être sûr de lui pour
être debout devant 120 personnes avec des convictions
et des personnalités très fortes. Cela
dit, la discipline est absolument nécessaire.
Le plus important reste la qualité de la musique
que nous jouons le soir. Même si ma vision est
différente de celle du chef, mon travail est
de faire un bon concert, c'est pour cela que je suis
payée.
Q - Le film évoque les deux
années probatoires, passage obligé pour
tout postulant, qui peut être vécu comme
un drame...
R - Dans ce groupe, il faut y entrer,
puis y rester. Souvent, ça n'a pas à voir
avec le jeu ou le niveau du candidat, c'est plutôt
lié à sa personnalité, avec laquelle
une alchimie va se créer ou pas. C'est très
dur car c'est quelque chose d'existentiel. Personnellement,
j'étais encore jeune quand je suis arrivée
à Berlin, donc je me suis dit que de toutes façons
c'était une très bonne expérience,
et que si ça ne marchait pas, eh bien je ferais
autre chose. Donc j'ai pris le risque d'échouer.
Et je suis très contente d'être restée!
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