La Gazette musicale

musicologie.org —— 27e année,

la dame aux camélias

Une Dame aux camélias d’une insigne beauté par le Ballet de l’Opéra national de Paris à Monte-Carlo

Jean-Luc Vannier — Si la légende de la « tradition familiale » assure que Giuseppe Verdi aurait « commencé à noter ses premières idées pour La Traviata dès la sortie du Théâtre du Vaudeville » après avoir assisté, en 1852, à la représentation de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils (Piotr Kaminski, p. 1603), ce sont surtout, selon d’autres biographes, trois éléments de la pièce qui, en raison d’identifications avec son histoire personnelle, auraient retenu l’attention du compositeur italien : « le cadre parisien, où s’est approfondie sa relation avec Giuseppina, le destin malheureux d’une courtisane que “rachète” le sacrifice de son amour et l’implacable sévérité d’un père qui n’était pas sans rappeler au maestro son propre géniteur » (Pierre Milza, p. 200).

(Radio France) Soulagement au festival d'Avignon : 10 millions d'euros de crédits finalement versés à 28 structures du spectacle vivant

(Ici) Après une forte mobilisation, l'Orchestre national de Lille recevra finalement l'intégralité des subventions de l'Etat

(Courrier Picard) Moins de professeurs et cours supprimés : le conservatoire de musique d’Abbeville doit faire des économies

Les chroniques

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Jean-Luc Vannier
Jean-Marc Warszawski

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Chemins de terre, de mer et de ciel

Chemins de terre, de mer et de ciel

Pascal Arnault — Le poète avec soin / Composant un poème / Sans qu’il le sache encore / Se compose lui-même

Ce joli quatrain de mon ami Louis Levionnois pourrait être l’effigie synthétique de ce remarquable OLNI (objet livre non-identifié…) qu’est : Chemins de terre, de mer et de ciel de Danielle Pénicaud (aux éditions Les Presses du Midi), ouvrage narrant un demi-siècle d’aventures maritimes, humaines et artistiques, parallèles, avec son époux, le compositeur/marin : Éric Pénicaud.

Livre monde dans lequel défilent sur 400 pages tour à tour poétiques, descriptives et méditatives, les très nombreuses pérégrinations de ces deux êtres habités par la même soif que Théodore Monod naguère, celle de : « Chercheur d’absolu ».

Zinaïda Volkonskaïa

Zinaïda Volkonskaïa : figure incontournable de la culture russe au début du xixe siècle

François Buhler — La princesse Zinaïda Alexandrovna Volkonskaïa (Dresde, 3/14 décembre 1789 - Rome, 24 janvier/5 février 1862) est une salonnière, dame d’honneur, contralto, compositrice, poétesse, femme de lettres et mécène russe née dans la très ancienne famille Belosselski Belozerski, laquelle tire son nom de son fief moyenâgeux de Beloïé Selo près de la ville de Belozersk (actuellement située dans l’oblast de Vologda). La famille gouverne son fief de manière indépendante jusqu’au XVe siècle, mais l’endroit porte jusqu’en 1777 le nom de Beloozero (Lac blanc) puisqu’il est situé sur la rive méridionale du lac Beloïé, une étymologie qui explique du même coup le nom de Beloïé Selo (Village blanc). Même si le premier prince connu de cette lignée à gouverner Belozersk est Gleb Vassilkovitch (1238-1278) qui épouse une arrière-arrière-petite-fille de Gengis Khan, ce n’est cependant que le 27 février/10 mars 1799 qu’Alexandre Mikhaïlovitch Belosselski, le père de Zinaïda, est autorisé par oukase impérial de Paul 1er à porter le double nom Belosselski Belozerski en reconnaissance de son origine des anciens princes de Beloozero ; il est inscrit à cette occasion avec le titre de

Manuscrit j s bach

Réponse à Gemini à propos de mes analyses des fugues de Johann Sebas-tian Bach

Claude Charlier — C'est la première fois que je me dois de répondre à un article concernant mes analyses. De fait, j’ai toujours été étonné de ne recevoir aucune critique à propos de mes travaux. Je ne sais d’ailleurs toujours pas si c’est par manque d’intérêt ou par le fait que mes collègues manquent d'arguments pour objecter ? Pour ce qui me concerne, cela n’a pas beaucoup d’importance. Ce qui est affligeant, c’est de constater que des analyses neuves qui remettent totalement en question l’art de J.S. Bach et son enseignement ne suscitent aucune réaction des spécialistes.

Waku Doki, création du chorégraphe Eric Oberdorff à Monte-Carlo

Jean-Luc Vannier — D'on’t judge a book by its cover énonce un dicton britannique. Cette expression valait aussi, vendredi 10 juillet salle Garnier, pour le titre de la création signée Eric Oberdorff et La Compagnie Humaine : Waku Doki. Et le chorégraphe de nous expliquer dans une note d’intention la signification de cette locution d’origine japonaise : le « Waku-Doki est le sentiment d’anticipation et la montée d’adrénaline que l’on ressent lorsqu’on est sur le point de faire quelque chose d’excitant ». Waku signifierait « trembler  » et Doki traduirait le son des battements rapides du cœur. Sur des images de cadres psychédéliques dynamiques et projetées sur un rideau transparent de scène (vidéo Etienne Guiol, lumières Jean-Pierre Michel), quatre danseurs (Valérie Igolnikov, Jeanne

(La République du Centre) « Qui va payer 3 000 euros un cours de piano ? » : la mairie RN de Montargis veut augmenter de plus de 300 % certains tarifs du conservatoire

(France Info) « C'est tragique » : la soprano Patricia Petibon à la rescousse du conservatoire de Montargis visé par des mesures de rigueur

(Ici) Hausse des tarifs, suppressions de postes : à Montargis, le conservatoire de musique dans le collimateur de la mairie RN

(Syndicat CGT des personnels de l’Opéra national de Nancy-Lorraine) 386 000 € gelés pour l’Opéra : la CGT tire la sonnette d’alarme

Écrits de compositrices : corpus, contextes, espaces de diffusion, 23 mars 2027, Lyon

Boris Berman interprète Debussy, Schönberg, Scriabine, Prokofiev

Paris, Vienne, Berlin, Saint-Pétersbourg, Moscou… A l’orée du 20e siècle, l’Europe des Arts pressent les catastrophes quand elle n’accompagne pas le bruit des canons. Ceux-ci désintègrent les frontières d’empires qui ne se savent pas encore condamnés et cette même artillerie exalte en littérature et dans toutes les manifestations du génie humain, le désir de vivre et bientôt le désespoir d’avoir survécu. Les arts ne sont — aussi — que le reflet des mouvements de l’âme et des gestes de leur temps. Ils ne se nourrissent plus depuis longtemps des fondations chrétiennes qui les ont baptisés dans l’Europe médiévale. Ils jouent à se faire peur.

La musique et les animaux dans la pensée antique

La musique et les animaux dans la pensée antique

Jean-Marc Warszawski — Le titre de ce livre a autant attiré notre attention que son contenu nous a déçu de bout en bout. Il est composé d’une accumulation d’extraits de textes, qui souvent répètent leurs thèmes (ce qui est normal, car baignés de l’air tu temps, de leur tradition, et du fait qu’on se recopie et recopie les autorités), avec à chacun une courte introduction et un sobre commentaire en général redondant. Jusqu’à la dernière page, on attend en vain qu’il se passe quelque chose, qu’il nous dise quelque chose. L’ouvrage est accompagné d’une bibliographie pléthorique, impressionnante, superficiellement ordonnée, à défaut d’être commentée.

Des musiciens d'église aux xviie et xviiie siècles

Jean-Marc Warszawski — oici maintenant plus de vingt ans que paraissait sous l’impulsion de Bernard Dompnier un ouvrage fondateur, inspiré de la curiosité suscitée par la découverte d’une collection de 700 partitions dans une annexe de la cathédrale du Puy-en-Velay ayant appartenu à un maître de chapelle : Maîtrises et chapelles aux xviie et xviiie siècle (Presses universitaires Blaise Pascal, 2003), suivi de peu par un coup de maître : Louis Grénon : un musicien d’Église au xviiie siècle (Presses universitaires Blaise

Ladies first, Rachel Kolly (violon), Palavi Mahidhara (piano), œuvres d'Amanda Röntgen-Maier, Mel Bonis, Clara Schumann, Amy Beach, Dora Pejacevic, Nadia Boulangern Lili Boulanger, Rebecca Clarke, Indésens-Calliope 2026 (IC 108).

Festival Bach de Leipzig

Cinquante cantates au Festival Bach de Leipzig

Jean-Marc Warszawski — Il y a tant de choses à voir et à écouter dans ces dix jours de Bachfest qui carbure à vingt manifestations par jour, lesquelles, de la plus spectaculaire à la plus intime, sont sans faille de très haut niveau, même s' il nous semble que cette année est un peu moins créative ou ambitieuse en surprises que les années précédentes.
Nous aimons beaucoup les cantates et l’émotion existentielles dont les textes sont saturés
Nous sommes paisiblement indifférent aux choses de la religion, comme tout ce qui relèverait de mondes parallèles ou de l’immatérialité. Nous nous gardons donc éloigné des discussions théologiques, car sans la foi il n’est pas possible d’accéder à la compréhension propre aux croyants. Mais il nous semble tout de même ici, qu'on est dans un monde plus humain que dans celui des représentations et la liturgie catholiques, on y craint moins la colère de Dieu, devant lequel on se sentirait toujours en faute, on y craint moins le Diable qui n’est pas dans le mal, le symétrique de ce

katrin schrader

Les Ballets de Monte-Carlo célèbrent avec faste et émotion leur quarantième anniversaire

Jean-Luc Vannier — Tout commence ce samedi 4 juillet 2026 dans le hall du Grimaldi Forum : un pan entier de mur est recouvert d’innombrables photographies en format réduit, les unes en noir et blanc, les autres en couleur. Cette mosaïque de clichés offre à l’œil intrigué un authentique voyage dans le temps : des archives visuelles qui témoignent des quarante années d’existence des Ballets de Monte-Carlo et, essentiellement, des « artistes chorégraphiques » comme aime à les appeler leur directeur, Jean-Christophe Maillot. « Sans l’excellence des danseurs, pas de compagnie » renchérira plus tard dans la soirée S.A.R. La Princesse de Hanovre, muse protectrice des Ballets depuis leur création en 1985. Et à raison 

Demos 2 Caen la mer

Carte postale estivale : Demos 2 Caen la mer premier concert

Alain Lambert — Depuis octobre, des enfants de sept quartiers populaires de Caen la mer apprennent un instrument au sein du nouveau Demos (Dispositif d'éducation musicale et orchestrale à vocation sociale) initié par la Philharmonie de Paris et organisé à Caen par le conservatoire et la Caf, et accompagné par différents partenaires dont les MJC, centres socioculturels et centres d'animations des quartiers ou villes participantes).
Trois heures de cours hebdomadaires et une répétition en plus grand groupe mensuelle. Ce premier concert se tenait dans la grande salle du conservatoire, avec les familles et amis des jeunes musiciens pour les applaudir et les acclamer entre les morceaux.

Les cédés

Clarinet with a French Flair, Luigi Magistrelli (clarinettes), Claudia Bracco (piano),

Clarinet with a French Flair, Luigi Magistrelli (clarinettes), Claudia Bracco (piano), œuvres de Claude Debussy, Camille Saint-Saëns, Maurice Ravel, André Massager, ... Cascavelle 2026 (VEL 1776).

Streams, Thomas Lacôte : Improvisations

Streams, Thomas Lacôte : Improvisations, grand-orgue Cavaillé-Coll / Beuchet-Debierre de l'église de la Trinité de Paris ; orgue Seifert de l'église St. Peter und Paul, Ratingen (Allemagne), Hortus 2025 (hortus 260-261).

Al Shifa

Cinq cédés jazzy : Al Shifa du duo Carreras-Guérineau, Sillons du quartet de Jeran Luc Thomas, Listen Up de Kamil Rustam, Solar de Lalo Zanelli et Miles & John de Jultrane.

Coro Urubichá

Le Coro Urubichá de Bolivie fait une incursion coloniale au Bachfest de Leipzig

Jean-Marc Warszawski — Le 20 juin dernier, à la Peterskirche de Leipzig, le Bachfest 2026, proposait sa cent-quatre-vingt-septième manifestation avec comme invité le Coro Urubichá de Bolivie, un chœur de chambre placé sous la direction de Mercedes Papu Aeguazu, un ensemble issu d’une importante institution de formation musicale, l’Instituto de Formación Artística Coro y Orquesta Urubichá. La partie vocale était renforcée par cinq solistes locaux : les sopranos Hanna Zumsande et Marie Luise Werneburg, Terry Wey (alto), Patrick Grahl (ténor), Tobias Bernt (basse). La partie instrumentale était assurée par le Collegium Musicum 23 de Leipzig, sous la direction de la violoniste Nadja Zwiener.

Bassani Giovanni Battista (1650-1716)

Bassani Giovanni Battista (1650-1716)

Il aurait étudié avec Daniele Castrovillari à Venise et avec de Giovanni Legrenzi, maître de chapelle de l’Academia dello Spirito Santo de à Ferrare 1657 à 1670.
Dès 1667, il fut en relation avec l’Accademia della Morte de Ferrare, dont il est l’organiste. Il y compose ses premiers oratorios.
À la fin de l'année 1671 ou au début de l'année 1672 il fut organiste de l'Accademia della Morte de Ferrare. En 1675, le livret de son oratorio L’Esaltazione di S Croce (texte de Francesco Berni), le présente comme ancien organiste de l’église de l’académie.
Le 3 juin 1677, il fut admis à l’Accademia Filarmonica de Bologne, la même année, il publia son premier opus (qui n'était pas sa première composition), qui le désigne Maître de musique et organiste de la Confrérie Della Morte, à Finale Emilia, près de Modène.
En 1678, il crée son oratorio L’Amore ingeniero, à l'église S. Maria Maddalenade de Mirandola.

26es rencontres musicales de Vézelay

Jean-Marc Warszawski — Vézelay est à soixante-dix kilomètres à l’ouest de la Loire et a une cinquantaine de kilomètres au sud d’Auxerre. Là où il y a du vignoble (planté à l’époque gallo-romaine) il y a de la richesse et des communautés religieuses. Au milieu de l’an mille, une abbaye commença à rayonner, on posa la première pierre d’une abbatiale qui deviendra majestueusement démesurée (aujourd’hui basilique), c’était un lieu de pèlerinage, car un abbé malin prétendit que l’abbaye abritait les reliques de Marie-Madeleine, c’était une étape sur le chemin de Compostelle, Bernard de Clairvaux y prêcha la seconde croisade, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion s’y retrouvèrent à l’occasion de la troisième croisade, tout cela dans des turbulences liés aux concurrences de pouvoir et d’ordres religieux, de rébellions populaires. Au début du xiiie siècle, l’achèvement de l’abbatiale marqua le début d’un lent déclin du lieu, à cause des bisbilles continuelles, dit-on, plus certainement en raison des modifications des voies commerciales, tracées aux temps antiques dans la vallée de la Cure, quand la ville se nommait Viseliacum,

Ladies first par le duo Rachel Kolly-Palavi Mahidhara

Ladies first par le duo Rachel Kolly-Palavi Mahidhara

Michaël Sebaoun —Un programme exclusivement constitué d’œuvres de compositrices, interprété par la pianiste Pallavi Mahidhara et la violoniste Rachel Kolly. Ainsi se présente Ladies first.
La compositrice suédoise Amanda Röntgen-Maier (1853-1894) étudia le

N o u v e a u t é s
mai- 2026

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Volta Ornella, Erik Satie en notes et en mots (préféce par Jean-Pierre Armengaud). « L'écart absolu », Les presses du réel, Dijon 2025

Volta OrnellaErik Satie en notes et en mots (préféce par Jean-Pierre Armengaud). « L'écart absolu », Les presses du réel, Dijon 2025 [624 p. ; ISBN 978-2-84066-753-7 ; 35 €].

 

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Les livres

Knight Jean Pierre, Allo Vinyles. Genève, Slaktine 2025

Knight Jean Pierre, Allo Vinyles. Genève, Slaktine 2025 [212 p.].

Manuel Cornejo (éditeur), Correspondance, écrits et entretiens de Maurice Ravel. « Tel », Gallimard, Paris 2025 [2v., 1488 + 1452 p. ; 32 €].

Delphine Vincent, Pauline Milani (direction), Les silences de la musique

Delphine Vincent, Pauline Milani (direction), Les silences de la musique : écrire l’histoire des compositrices, « Érudition», Slatkine, Genève 2024.

 

 

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