La Gazette musicale

musicologie.org —— 27e année,

Waku Doki, création du chorégraphe Eric Oberdorff à Monte-Carlo

Jean-Luc Vannier — D'on’t judge a book by its cover énonce un dicton britannique. Cette expression valait aussi, vendredi 10 juillet salle Garnier, pour le titre de la création signée Eric Oberdorff et La Compagnie Humaine : Waku Doki. Et le chorégraphe de nous expliquer dans une note d’intention la signification de cette locution d’origine japonaise : le « Waku-Doki est le sentiment d’anticipation et la montée d’adrénaline que l’on ressent lorsqu’on est sur le point de faire quelque chose d’excitant ». Waku signifierait « trembler  » et Doki traduirait le son des battements rapides du cœur. Sur des images de cadres psychédéliques dynamiques et projetées sur un rideau transparent de scène (vidéo Etienne Guiol, lumières Jean-Pierre Michel), quatre danseurs (Valérie Igolnikov, Jeanne

(Libération) «Il cochait toutes les cases du Dr Jekyll et Mr Hyde» : le directeur du Chœur d’enfants Sotto Voce accusé de violences

(Mixmag) 72 % des jeunes disent s'être déjà sentis en danger en travaillant dans l'industrie musicale, selon un rapport

La pianiste Martina Meola remplacera Khatia Buniatishvili au Festival International de Piano de La Roque d’Anthéron, jeudi 16 juillet.

Les chroniques

Alfred Caron
Alain Lambert
Frédéric Léolla
Frédéric Norac
Michel Rusquet
Michaël Sebaoun
Jean-Luc Vannier
Jean-Marc Warszawski

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Boris Berman interprète Debussy, Schönberg, Scriabine, Prokofiev

Paris, Vienne, Berlin, Saint-Pétersbourg, Moscou… A l’orée du 20e siècle, l’Europe des Arts pressent les catastrophes quand elle n’accompagne pas le bruit des canons. Ceux-ci désintègrent les frontières d’empires qui ne se savent pas encore condamnés et cette même artillerie exalte en littérature et dans toutes les manifestations du génie humain, le désir de vivre et bientôt le désespoir d’avoir survécu. Les arts ne sont — aussi — que le reflet des mouvements de l’âme et des gestes de leur temps. Ils ne se nourrissent plus depuis longtemps des fondations chrétiennes qui les ont baptisés dans l’Europe médiévale. Ils jouent à se faire peur.

La musique et les animaux dans la pensée antique

La musique et les animaux dans la pensée antique

Jean-Marc Warszawski — Le titre de ce livre a autant attiré notre attention que son contenu nous a déçu de bout en bout. Il est composé d’une accumulation d’extraits de textes, qui souvent répètent leurs thèmes (ce qui est normal, car baignés de l’air tu temps, de leur tradition, et du fait qu’on se recopie et recopie les autorités), avec à chacun une courte introduction et un sobre commentaire en général redondant. Jusqu’à la dernière page, on attend en vain qu’il se passe quelque chose, qu’il nous dise quelque chose. L’ouvrage est accompagné d’une bibliographie pléthorique, impressionnante, superficiellement ordonnée, à défaut d’être commentée.

Des musiciens d'église aux xviie et xviiie siècles

Jean-Marc Warszawski — oici maintenant plus de vingt ans que paraissait sous l’impulsion de Bernard Dompnier un ouvrage fondateur, inspiré de la curiosité suscitée par la découverte d’une collection de 700 partitions dans une annexe de la cathédrale du Puy-en-Velay ayant appartenu à un maître de chapelle : Maîtrises et chapelles aux xviie et xviiie siècle (Presses universitaires Blaise Pascal, 2003), suivi de peu par un coup de maître : Louis Grénon : un musicien d’Église au xviiie siècle (Presses universitaires Blaise

Festival Bach de Leipzig

Cinquante cantates au Festival Bach de Leipzig

Jean-Marc Warszawski — Il y a tant de choses à voir et à écouter dans ces dix jours de Bachfest qui carbure à vingt manifestations par jour, lesquelles, de la plus spectaculaire à la plus intime, sont sans faille de très haut niveau, même s' il nous semble que cette année est un peu moins créative ou ambitieuse en surprises que les années précédentes.
Nous aimons beaucoup les cantates et l’émotion existentielles dont les textes sont saturés
Nous sommes paisiblement indifférent aux choses de la religion, comme tout ce qui relèverait de mondes parallèles ou de l’immatérialité. Nous nous gardons donc éloigné des discussions théologiques, car sans la foi il n’est pas possible d’accéder à la compréhension propre aux croyants. Mais il nous semble tout de même ici, qu'on est dans un monde plus humain que dans celui des représentations et la liturgie catholiques, on y craint moins la colère de Dieu, devant lequel on se sentirait toujours en faute, on y craint moins le Diable qui n’est pas dans le mal, le symétrique de ce

Alerte de 28 structures culturelles publiques

Déclaration commune Jazz à Vergèze

(Radio France) France Musique reste la 1re radio de musique classique et jazz avec plus d'un million d'auditeurs chaque jour

(Scèneweb) Des politiques de tous horizons écrivent à Emmanuel Macron pour soutenir les 28 institutions culturelles concernées par le surgel de leurs subventions

L’Assemblée de Martinique a adopté la création d’un conservatoire de Musique, de danse et d’art dramatique à Fort-de-France

Bruxelles: Les autrices Louisa Yousfi et Maboula Soumahoro annulent leur venue à Bozar qui a décidé de programmer Lahav Shani

(Le Parisien) « Il y a aujourd’hui une allergie au chef d’orchestre absolu » : à l’écoute des maestros des temps nouveaux

katrin schrader

Les Ballets de Monte-Carlo célèbrent avec faste et émotion leur quarantième anniversaire

Jean-Luc Vannier — Tout commence ce samedi 4 juillet 2026 dans le hall du Grimaldi Forum : un pan entier de mur est recouvert d’innombrables photographies en format réduit, les unes en noir et blanc, les autres en couleur. Cette mosaïque de clichés offre à l’œil intrigué un authentique voyage dans le temps : des archives visuelles qui témoignent des quarante années d’existence des Ballets de Monte-Carlo et, essentiellement, des « artistes chorégraphiques » comme aime à les appeler leur directeur, Jean-Christophe Maillot. « Sans l’excellence des danseurs, pas de compagnie » renchérira plus tard dans la soirée S.A.R. La Princesse de Hanovre, muse protectrice des Ballets depuis leur création en 1985. Et à raison 

Demos 2 Caen la mer

Carte postale estivale : Demos 2 Caen la mer premier concert

Alain Lambert — Depuis octobre, des enfants de sept quartiers populaires de Caen la mer apprennent un instrument au sein du nouveau Demos (Dispositif d'éducation musicale et orchestrale à vocation sociale) initié par la Philharmonie de Paris et organisé à Caen par le conservatoire et la Caf, et accompagné par différents partenaires dont les MJC, centres socioculturels et centres d'animations des quartiers ou villes participantes).
Trois heures de cours hebdomadaires et une répétition en plus grand groupe mensuelle. Ce premier concert se tenait dans la grande salle du conservatoire, avec les familles et amis des jeunes musiciens pour les applaudir et les acclamer entre les morceaux.

Coro Urubichá

Le Coro Urubichá de Bolivie fait une incursion coloniale au Bachfest de Leipzig

Jean-Marc Warszawski — Le 20 juin dernier, à la Peterskirche de Leipzig, le Bachfest 2026, proposait sa cent-quatre-vingt-septième manifestation avec comme invité le Coro Urubichá de Bolivie, un chœur de chambre placé sous la direction de Mercedes Papu Aeguazu, un ensemble issu d’une importante institution de formation musicale, l’Instituto de Formación Artística Coro y Orquesta Urubichá. La partie vocale était renforcée par cinq solistes locaux : les sopranos Hanna Zumsande et Marie Luise Werneburg, Terry Wey (alto), Patrick Grahl (ténor), Tobias Bernt (basse). La partie instrumentale était assurée par le Collegium Musicum 23 de Leipzig, sous la direction de la violoniste Nadja Zwiener.

Médée Fille des enfers, Eugnie Lefebvre (soprano), Paco Garcia (ténor),

Médée Fille des enfers, Eugnie Lefebvre (soprano), Paco Garcia (ténor), Louis Créac'h (violon), Simon Pierre (violon), Kate Goodbehere (alto), Julie Dessaint (violon de gambe), Cécile Vérolles (violoncelle)... Seulétoile 2026 (SE 15).

Bassani Giovanni Battista (1650-1716)

Bassani Giovanni Battista (1650-1716)

Il aurait étudié avec Daniele Castrovillari à Venise et avec de Giovanni Legrenzi, maître de chapelle de l’Academia dello Spirito Santo de à Ferrare 1657 à 1670.
Dès 1667, il fut en relation avec l’Accademia della Morte de Ferrare, dont il est l’organiste. Il y compose ses premiers oratorios.
À la fin de l'année 1671 ou au début de l'année 1672 il fut organiste de l'Accademia della Morte de Ferrare. En 1675, le livret de son oratorio L’Esaltazione di S Croce (texte de Francesco Berni), le présente comme ancien organiste de l’église de l’académie.
Le 3 juin 1677, il fut admis à l’Accademia Filarmonica de Bologne, la même année, il publia son premier opus (qui n'était pas sa première composition), qui le désigne Maître de musique et organiste de la Confrérie Della Morte, à Finale Emilia, près de Modène.
En 1678, il crée son oratorio L’Amore ingeniero, à l'église S. Maria Maddalenade de Mirandola.

26es rencontres musicales de Vézelay

Jean-Marc Warszawski — Vézelay est à soixante-dix kilomètres à l’ouest de la Loire et a une cinquantaine de kilomètres au sud d’Auxerre. Là où il y a du vignoble (planté à l’époque gallo-romaine) il y a de la richesse et des communautés religieuses. Au milieu de l’an mille, une abbaye commença à rayonner, on posa la première pierre d’une abbatiale qui deviendra majestueusement démesurée (aujourd’hui basilique), c’était un lieu de pèlerinage, car un abbé malin prétendit que l’abbaye abritait les reliques de Marie-Madeleine, c’était une étape sur le chemin de Compostelle, Bernard de Clairvaux y prêcha la seconde croisade, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion s’y retrouvèrent à l’occasion de la troisième croisade, tout cela dans des turbulences liés aux concurrences de pouvoir et d’ordres religieux, de rébellions populaires. Au début du xiiie siècle, l’achèvement de l’abbatiale marqua le début d’un lent déclin du lieu, à cause des bisbilles continuelles, dit-on, plus certainement en raison des modifications des voies commerciales, tracées aux temps antiques dans la vallée de la Cure, quand la ville se nommait Viseliacum,

Ladies first par le duo Rachel Kolly-Palavi Mahidhara

Ladies first par le duo Rachel Kolly-Palavi Mahidhara

Michaël Sebaoun —Un programme exclusivement constitué d’œuvres de compositrices, interprété par la pianiste Pallavi Mahidhara et la violoniste Rachel Kolly. Ainsi se présente Ladies first.
La compositrice suédoise Amanda Röntgen-Maier (1853-1894) étudia le violon, l’orgue, le piano, le violoncelle et la composition avec Carl Reinecke. La sonate pour violon et piano en si mineur date de 1878 et semble influencée par Robert Schumann et Felix Mendelssohn, dans ses élans passionnés. Le premier mouvement adopte la structure classique à deux thèmes, tandis que le second, aux allures de barcarolle, contient en son centre un vigoureux épisode d’écriture contrapuntique. Le dernier mouvement renoue avec le caractère haletant du premier.

Les cédés

 

Ladies first, Rachel Kolly (violon), Palavi Mahidhara (piano), œuvres d'Amanda Röntgen-Maier, Mel Bonis, Clara Schumann, Amy Beach, ... Indésens-Calliope 2026 (IC 108).

Clarinet with a French Flair, Luigi Magistrelli (clarinettes), Claudia Bracco (piano),

Clarinet with a French Flair, Luigi Magistrelli (clarinettes), Claudia Bracco (piano), œuvres de Claude Debussy, Camille Saint-Saëns, Maurice Ravel, André Massager, ... Cascavelle 2026 (VEL 1776).

Streams, Thomas Lacôte : Improvisations

Streams, Thomas Lacôte : Improvisations, grand-orgue Cavaillé-Coll / Beuchet-Debierre de l'église de la Trinité de Paris ; orgue Seifert de l'église St. Peter und Paul, Ratingen (Allemagne), Hortus 2025 (hortus 260-261).

La fête de la musique a 44 ans

La fête de la musique a 44 ans

Alain Lambert — Ce dimanche soir à Caen, il fait bon, moins de 30°, et les promeneurs nombreux, la nuit va être chaude. L’après-midi, les voix étaient à l’honneur au château et à l’abbaye aux Hommes.
Mais c’est le soir que les décibels envahissent le centre-ville, avec les groupes qui se font concurrence et les DJ qui montent le volume. Alors on passe plus vite au milieu des raveux ondulant, en tendant l’oreille vers autre chose.
Bon, on sait que Le School of Rock est là, comme tous les ans. Le groupe de rock du collège Lechanteur depuis 2013. De nombreuses jeunes chanteuses et musiciens, preneurs de son, roadies car il y a y un paquet de matos. Toujours au top, avec un excellent batteur à faire enrager les « Emile Tapdur » du voisinage, de bons guitaristes et claviers, et des chanteuses très à l’aise. Plus les deux profs musiciens animant l’atelier. Bien

Le charme discret de la clarinette française

Michaël Sebaoun — Une petite note glissée dans la pochette de ce CD nous avertit des nombreuses erreurs commises par l’éditeur, quant aux dates de naissance et de mort des compositeurs… En effet, en autres bévues, Ravel serait mort en 1927, et Messiaen en 1908 !… Heureusement, elles n’altèrent pas le sérieux de cet enregistrement, et la haute qualité des interprétations.
Le CD s’ouvre sur la Rhapsodie de Claude Debussy, commande du Conservatoire de Paris comme morceau de concours en 1910. Hormis quelques changements de caractère inhérents au genre, elle se déroule tout en légèreté, printanière, non dénuée d’un certain

Neuf cédés jazzy pour survoler la canicule

Alain Lambert — Bow Maker du trio Play Station, Spirit of 3 du Christophe Dal Sasso nonette avec Shekina Rodz, New Step du Gabriel Delmas trio avec Gaeë Horellou, Realbook vol.1 du duo FTS (Frank The Sinatra), The Bird In My Heart du pianiste Tristan Mélia, Save The Trees du sextet Verøna, Naoto Dance du Miniatus Quartet, Armed With Love du trio de la pianiste Lucy Khanyan et Vivu du groupe corse L’Alba.

ercole amante

Ercole Amante d’Antonia Bembo : la belle utopie de Leonardo Garcia Alarcon

Alfred Caron — Au final de cette dernière d’une série de représentations (bousculée par les grèves) et accueillie triomphalement, Léonardo Garcia Alarcon s’est adressé au public pour dire son bonheur d’avoir réussi à porter la résurrection — ou plutôt la création — de cet opéra, composé dans l’ombre vers 1707 par Antonia Bembo, compositrice italienne, réfugiée en France sous la protection de Louis XIV et qui n’avait jamais eu les

N o u v e a u t é s
mai- 2026

Petites  annonces


Knight Jean Pierre, Allo Vinyles. Genève, Slaktine 2025

Knight Jean Pierre, Allo Vinyles. Genève, Slaktine 2025 [212 p.].

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Les livres

Manuel Cornejo (éditeur), Correspondance, écrits et entretiens de Maurice Ravel. « Tel », Gallimard, Paris 2025 [2v., 1488 + 1452 p. ; 32 €].

Delphine Vincent, Pauline Milani (direction), Les silences de la musique

Delphine Vincent, Pauline Milani (direction), Les silences de la musique : écrire l’histoire des compositrices, « Érudition», Slatkine, Genève 2024.

Cahiers Maria Szymanowska (8) : Parler d'art.

Cahiers Maria Szymanowska (8) : Parler d'art. Société Maria Szymanowska - Numilog, Paris 2026 [240 p. ; ISBN : 978-2-487646-04-9 ; 20,00 € / 13.99 €].

 

 

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