Jean-Marc Warszawski, 2026.
Maria Perrotta et l'Art de la fugue

Johann Sebastian Bach, Die Kunst der Fuge, Bwv 1080, Maria Perrotta (piano), EnPhase 2025 (ENP 020), enregistré au Studio Stephen Paulello en mai 2021.
Maria Perrotta est Calabraise de Cosenza, où elle a fréquenté le conservatoire avant celui de Milan, puis 850 kilomètres au Nord, à Paris, l’École normale de musique Alfred-Cortot, l’Académie d’Imola, puis Haute école de musique de Saarbrücken, auprès de Walter Blankenheim, réputé pour ses interprétations des œuvres de Johann Sebastian Bach et l’Académie Sainte-Cécile de Rome. Les voyages forment la jeunesse. Ajouté à ces diplômes, un nombre conséquent de Prix de concours, que tout cela encadré, peut faire très joli sur les murs de son intérieur.
Elle a enregistré, avant ce cédé-là, chez DECCA : les trois dernières sonates de Ludwig van Beethoven (enregistrement public, 2013), les Variations Goldberg de JSB (enregistrement public, 2014), un cédé Frédéric Chopin (enregistrement public, 2015), deux sonates et une fantaisie de Franz Schubert (enregistrement public, 2017). Elle a également participé à l’enregistrement d’œuvres de Marco di Bari (Stradivarius 2022) et avec l’ensemble Calliopée, à celui d’œuvres de Graciane Finzi (Arion 2021).
Fixée à Paris, la plus belle ville du monde, Maria Parrotta anime des classes de maître à l’École normale de musique tout en étant enseignante titulaire au Conservatoire de Cosenza.
Elle revient avec cet enregistrement à Johann Sebastian Bach, avec le monumental Art de la fugue, un sommet des sommets de l’art musical, non pas une étude abstraite ou un puits d’ésotérisme, comme y convie le mauvais texte d’accompagnement.
Maria Perrotta, dont on vante la précision et la clarté du jeu, trouve ici de quoi s’exprimer entre chef-d’œuvre musical et chef-d’œuvre de facture, avec l’extraordinaire piano opus 102, signé Stephen Pollelo. Cent deux touches, un surplus de quatorze touches qui ne sont pas directement utiles dans ce répertoire, mais des cordes droites (non croisées) et une conception anti- vibrations, qui fait que tout s’entend, les pains bien sûr, mais aussi les incohérences de toucher, de style et d’équilibre.
Un enregistrement n’est pas un concert, n’est pas en acoustique réelle, mais celui-ci est une très belle réussite. Maria Perrotta a trouvé ici un instrument à la hauteur de ses exigences et de son art.
Reste à savoir si l’Opus 102 a été conçu pour Maria Perrota, ou si Marioa Perrotta est née pour l’Opus 102.
Johann Srebastian Bach, L'Art de la fugue, contrepoint 9 (extrait).
2026.



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Vendredi 6 Novembre, 2026 23:19