Schuppanzigh Ignaz Anton
1776-1830
Ignaz Schuppanzigh, toile de Joseph Danhauser, Österreichische Galerie Belvedere.
Né à Vienne, 20 juillet 1776, décédé à Vienne, 2 mars 1830.
Violoniste et chef d’orchestre.
Son père, Franz Joseph (1733-1800), est professeur d’italien la kaiserliche-königliche Realakademie (collège royal-impérial) ou Theresianum à Vienne. Sa mère est Maria Anna Menschl (v. 1741–1813).
Ignaz Schuppanzigh débuta une carrière d’altiste, mais se tourna vers le violon dès 1793, sous la direction d’Anton Wranitzky.
Il fit certainement la connaissance de Ludwig van Beethoven, au cours des concerts de quatuor du vendredi matin chez le prince Lichnowsky, entre 1794 et 1799.
À partir de 1795, il dirigea les concerts de l’Augarten.
En 1804, il fonda le Quatuor Schuppanzigh, et organisa en 1804-1805 une première série de concerts publics de quatuor à Vienne, expérience tourna rapidement court.
Le 7 mai 1807, il épousa, à St Stephen’s, Barbara Killitschky (1781 -….), la sœur de la chanteuse Joséphine Schultz-Killitschky.
Un an plus tard, le comte Andreï Kirillovich Razumovski lui confia la mission de former « le meilleur quatuor à cordes d’Europe ». Le quatuor se composa d’Ignaz Schuppanzigh, Louis Sina, Franz Weiss, et Joseph Linke. De nombreux quatuors de Beethoven, notamment les derniers, furent créés par Schuppanzigh et son quatuor qui exista jusqu’en 1816, après un incendie qui détruisit le palais et la fortune du comte en 1814. Les musiciens, sous contrat à vie, furent alors pensionnés.
Schuppanzigh continua à participer à des concerts publics, mais décida en 1816 de s’installer à Saint-Pétersbourg, où il fit la promotion de la musique de Beethoven, à l’origine peut-être de la commande des quatuors Golitsïn, opus 127, 132 et 130.
Il revint à Vienne en 1823, reprit son pupitre de premier violon au sein de du quatuor, que Joseph Boehm occupait. L’ensemble entama alors une série de concerts d’abonnement qui se poursuivit jusqu’à la mort de Schuppanzigh en 1830.
En 1825, il créa à Vienne l’opus 127 de Beethoven. Ce fut un échec, Beethoven réintégra Boehm.
Outre les derniers quatuors de Beethboven, Schuppanzigh a participé aux premières des opus 16, 20, 59, 95 et 97, et il a dirigé et contribué à l’organisation du concert du 7 mai 1824, au cours duquel la neuvième symphonie et des extraits de la Missa solemnis ont été joués pour la première fois.
Malgré ses taquineries incessantes au sujet du poids de Schuppanzigh qui était obèse, Beethoven, qui le surnommait « Falstaff », respectait le jugement musical de Schuppanzigh. Selon Carl Czerny, c’est Schuppanzigh qui suggéra de placer le quatuor en fa majeur en première position dans l’opus 18, et une note figurant dans un carnet de conversations de Beethoven en 1826 indique que Schuppanzigh était à l’origine de l’un des thèmes de l’opus 29. Beethoven qualifiait le jeu de Schuppanzigh de « fougueux et expressif », mais ses contemporains affirmaient que, peut-être en raison de son obésité, il jouait souvent faux et avait des difficultés dans les registres aigus.
Aux côtés de nombreux autres musiciens viennois de renom, Schuppanzigh fut l’un des porteurs de torches lors des funérailles de Beethoven.
En 1824, il fut nommé membre en attente, puis en 1827 membre titulaire de la Chapelle musicale impériale et royale.
À partir de l’automne 1828, il occupa également la fonction de chef d’orchestre au Théâtre Kärntnertor de Vienne.
À Vienne, il exerça également l’activité de professeur de violon de 1823 à 1830.
Franz Schubert a dédié à Schuppanzigh le Quatuor à cordes no 13 « Rosamunde » en la mineur, opus 29.
Catalogue des œuvres
1798, 9 Variations pour 2 violons sur un thème tiré du ballet Alcina de Joseph Weigl (publiées en 1798).
1815, 5 Variations sur un thème russe populaire (Kalinuská) pour violon avec accompagnement de quatuor à cordes.
1826, Solo de violon avec accompagnement de quatuor à cordes.
s.d., 4e variation d’un cycle de 6 variations, pour violon et piano, avec coda (œuvre collective de divers compositeurs) sur un thème de Beethoven.
Bibliographie
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Winter Robert, Performing Beethoven’s Quartets in their First Century, dans R. Winter et R. Martin (éditeurs), « The Beethoven Quartet Companion », University of California Press, Berkeley 1995, p. 29-57.
Constantin von Wurzbach, Schuppanzigh Ignaz, dans « Biographisches Lexikon des Kaiserthums Oesterreich (t. 32), Kaiserlich-königliche Hof- und Staatsdruckerei, Wien 1876, p. 227-228.
Wilhelm Joseph von Wasielewski, Schuppanzigh, Ignaz, dans « Allgemeine Deutsche Biographie » (t. 33), Duncker & Humblot, Leipzig 1891, p. 77.
Clemens Hellsberg, Ignaz Schuppanzigh : Leben und Wirken (thèse), Wien, Universität, 5 février 1980.
Harten U., Schuppanzigh Ignaz, dans « Österreichisches Biographisches Lexikon 1815–1950 (t. 11), Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, Wien 1999, p. 373 .
John M. Gingerich, Ignaz Schuppanzigh and Beethoven’s Late Quartets, dans « The Musical Quarterly » (v. 93, 3-4), 2010, p. 450–513.
Jean-Marc Warszawski
6 novembre 2026.


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ISSN 2269-9910.

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