musicologie.org —— 27e année,

Alain Lambert — L'homme qui aimait les chiens est à l’origine un gros roman du cubain Léonardo Padura qui raconte en fait l’histoire de deux hommes aimant les chiens, Trotski l’exilé et son assassin Ramon Mercader. Et l’implacable mécanisme de cette tragédie qui se clôt le 20 août 1940 dans la maison mexicaine de Diego Rivera et de Frida Kahlo. Fernando Fiszbein a décidé d’en faire un opéra. Créé ce mercredi au théâtre de Caen qui le coproduit. Agnès Jaoui en a écrit le livret, et lit avant chaque nouvel acte, en voix off, la page l’introduisant, visible sur l’écran et se transformant graphiquement au fur et à mesure du récitatif.
(20 minutes) Neil Young fait cadeau de son catalogue musical au Groenland
(Billboard) Les logiciels traditionnels de composition musicale sont-ils condamnés à disparaître ?
(France musique) Huées, jets de projectiles le fiasco de « Turandot » à l'Opera House de Londres après un malaise du ténor Roberto Alagna
Alfred Caron
Alain Lambert
Frédéric Léolla
Frédéric Norac
Michel Rusquet
Michaël Sebaoun
Jean-Luc Vannier
Jean-Marc Warszawski
Frédéric Loélla — Sœur Margarita est tourière au couvent, mais elle est tombée amoureuse du séducteur don Juan. Malgré les remords qui l’assaillent, suppliante devant la statue de la vierge Marie, lors d’une nuit orageuse, Margarita fuit le couvent avec son séducteur. Mais celui-ci se révèle bientôt volage, il délaisse Margarita pour essayer de reconquérir la célèbre danseuse Sirena. Don Juan finira par se rendre compte que Margarita est la seule qui l’a vraiment aimé. Trop tard. Margarita à son tour s’est rendu compte que l’amour dans le siècle est vain et que seul compte l’amour de Dieu. Quand elle retourne contrite au couvent, elle réalise néanmoins que pendant toute son absence, miraculeusement, la vierge Marie avait pris son aspect et sa fonction de tourière au couvent, de sorte que personne n’avait remarqué son absence.
Dans la famille Brahms : l'altocet album célèbre l’univers intime et lyrique de Johannes Brahms à travers l’alto, la voix et le piano, mêlant grandes pages du répertoire et œuvres plus rares. Porté par l’amitié musicale et familiale, il réunit Karine Desayes, Johann Farjot et Arnaud Thorette autour d’une relecture sensible et personnelle de pièces emblématiques et de transcriptions inédites.
Un très agréable moment bien rendu de musique de chambre ou de salon, on ne sait plus dans quelle pièce on est, mais qui n’est pas sans emportement, voire sans fureur, propres à passer fenêtres et murs.
Sexe et opéra (XX. 7) : Pepita JimènezFrédaéric Léolla — Opéra splendide du mal connu Albéniz (dont les compositions ne se limitent pas au piano), l’évolution de Pepita Jiménez est symptomatique des relations entre Opéra et Société. Pepita Jiménez est avant tout un roman de l’andalou Juan Valera, écrivain de la seconde moitié du xixe siècle, qui sut allier l’amour de son pays avec la volonté de progrès dans les mœurs et un sourire bienveillant sur les êtres humains. Son roman, qui relate sous forme épistolaire l’amitié puis l’amour entre une jeune veuve et un séminariste, parvient à allier le typique, l’étude de caractères, la finesse
Werther : le théâtre chanté de Ted HuffmanAlfred Caron — Avec cette nouvelle production, le drame lyrique de Jules Massenet fait retour Salle Favart, après plus de trente ans d’absence. Ted Huffman y joue la carte d’un théâtre entièrement basé sur le jeu d’acteurs et la suggestion pour le cadre. Le plateau nu, d’un blanc immaculé dans une boite noire où s’ouvrent une ou deux portes dérobées, offre une aire de jeu pour un « théâtre chanté » qu’il conçoit « comme dans une pièce de Tchékhov ». Le drame s’y déploie en pleine lumière, quasiment sans accessoires, n’étaient quelques chaises et une table, mise qui passera telle quelle du deuxième au troisième acte, ainsi qu’un petit buffet d’orgue en fond de scène qui servira pour le « dimanche ». Si un sapin vient évoquer la -
(La Dépêche) L'Orchestre d'Harmonie d'Évreux célèbre ses 170 ans cette année
12th Nordic Jazz Conference: Jazz Movements, 16-17 Oct. 2026, Copenhagen
A Symposium on the Music of the Sea, Friday, 6 June 2026, Essex
Women and Musical Histories 1789-1914, 3-4 September 2026, London
Global Music History and Northern Europe in the 18th and 19th Centuries, 15–16 May 2026, Copenhagen
Croque-notes sur un éventuel baroque normand : Jacques Hotteterre, Nicolas Chédeville, Michel CorretteAlain Lambert — La période baroque a connu un épisode pastoral en France, dans la première moitié du xviiie siècle, où l’aristocratie s’est passionnée pour la campagne, les bergeries, et donc pour les instruments illustrant cet univers idyllique, comme la musette ou la vielle à roue, qu’il était de bon ton d’apprendre à jouer. Au point que des musiciens reconnus ont écrit des pièces pour ces instruments comme Jean Christophe Naudot, Philibert de Lavigne ou encore Jean Baptiste Dupuits… Mais il semblerait qu’un trio normand, facteurs, musiciens et professeurs, les ai précédés, avec Bodin de Boisrmortier
Sexe et opéra (XX. 4) : Le Domino noir Frédéric Léolla — Angèle d’Olivarès, qui n’a pas encore prononcé ses vœux mais qui doit être nommée supérieure au couvent des Annonciades à Madrid, profite de ses derniers jours en tant que novice pour faire la fête déguisée sous un domino noir. Mais elle a pourtant séduit le jeune Horace de Massarena, pour qui elle a aussi conçu des sentiments. Heureusement, malgré le sens du devoir de la jeune Angèle, qui tente de rejoindre son couvent avant que le scandale ne se déclenche, Horace la retrouvera, Ursule la dénoncera, et tout finira pour le mieux avec le mariage des deux amoureux et le renoncement d’Angèle au couvent.
Certes, l’Opéra-comique a été le grand magasin des invraisemblances tout au long du dix-neuvième siècle. Mais il a été aussi théâtre de bien d’audaces et de renouvellements (citons parmi les plus éclatants Carmen de Georges Bizet sur un livret d'Henri Meilhac et Ludovic Halévy ou Pelléas et Mélisande de Claude.
Vive les chemins de traverseFrédéric Léolla — algré ce qu’on a pu penser, les différents types de musiques ne sont pas des cases étanches où la contagion serait à craindre. De tout temps la musique savante a puisé dans la musique populaire et la musique populaire a fini par adopter des innovations nées dans l’ambitus savant. Et ce n’est que depuis la deuxième moitié du XXe siècle, avec Pierre Boulez et autres petits maîtres, que, drapés dans un élitisme sacro-saint, les musiciens dits savants auraient renié de tout contact avec les musiques populaires.
Trio Musica humana : Martial Pauliat (ténor), Yann Rolland (contre-ténor), Igor Bouin (baryton) et Élisabeth Geiger (muselaar), From Byrd, messe à trois voix de Wiliam Byrd, interpolée de madrigaux et de pièces instrumentales de William Byrd, Thomas Weelkes, Thomas Tomkins, Giles Farnaby, Thomas Morley, John Johnson. Seulétoile 2025 (SE 12).
Lydia Jardon et Alexandra Matvievskaya : Florentine Mulsant à toutes mains Michaël Sebaoun — Comme précédemment, c’est un très bel objet du label Ar-re-se qui se présente aux yeux et aux oreilles, avec ce nouvel enregistrement d’œuvres pour piano à 4 mains de la compositrice Florentine Mulsant (née en 1962) : photos, notice, et a posteriori prise de son, s’avèrent particulièrement soignées.
Ce CD s’ouvre sur la sonate opus 123, qui date de 2023, et qui répond à une commande du Festival musiciennes à Ouessant. Le premier mouvement, construit sur deux thèmes, comme l’explique le musicologue Lionel Pons dans la notice, semble toutefois dominé par le premier, délicate envolée d’une gamme par tons altérée, sur un debussyste balancement de tierces. Mulsant annihile les « interdits », flirtant, de manière fugitive, avec des sonorités d’accords de neuvième ou de onzième.
Alfred Caron —A près deux premiers volets très décriés, la suite de l’Anneau du Nibelung (le Ring, comme on dit) à Bastille risque fort d’irriter une fois de plus les wagnerolâtres. Calixto Bieito y a semé quelques touches d’humour qui regardent d’un œil dubitatif certaines scènes un rien bavardes et au fond aussi amphigouriques qu’inutiles dont Wagner
Trio Chakâm : trois musiciennes en liberté ! Alain Lambert — Le trio Chakâm était dans les foyers du théâtre de Caen ce samedi, où je suis arrivé légèrement en retard ayant participé un minimum au rassemblement en soutien au peuple iranien, massacré par des théocrates malveillants. Des foyers pleins à craquer et, là aussi, des mots ont été dits en ouverture pour parler de ce drame.
Sogol Mirzai en vient, elle a suivi des études de musicologie à Paris, et son instrument est le târ, un luth traditionnel d'origine persane. Rimonda Naanaa venue elle d'Espagne, est une virtuose du qanûn, une cithare très répandue en Syrie d'où elle est originaire. Marie Suzanne de Loye joue elle de la viole de gambe baroque. Un trio inhabituel, mais qui sonne à merveille, mêlant l'orient et l'occident dans des compositions originales, inspirées des diverses traditions.
Et souvent éclairées par des lectures et des images. Ainsi La femme qui rougit et l’univers affirme la fierté de toutes les musiciennes et artistes dans un monde encore bien loin de l’égalité et de l’universel,
Couleurs du baroque, Bach, Vivaldi, Händel, Bononcini, Alexis Vassiliev (contralto), Philippe Foulon (viole d'amour), Emer Bu
La Forqueray, François « Movézom » Malandrin (batterie), Jean-Philppe Viret (contrebasse), Boris Blanchet (saxophone), 10 pièces inspirées du Livre pour viole (1747) d'Antoine Forqueray. La troisième voix 2025.
Le grand embrasement, Music for a madking, ensemble à vent Into the Winds, anonymes, Magister Grimace, Johannes Haucourt, Richard de Bellengues (Cardot), etc., Ricercar 2025 (RIC 476).
Sexe et opéra (xx. 3) : NormaFrédéric Léolla — Dans une Gaule en guerre larvée contre les Romains, Norma, prêtresse gauloise, aime Pollione, officier romain avec qui elle a eu deux enfants. Or Pollione la délaisse pour Adalgisa, jeune Gauloise qui a aussi prononcé des vœux religieux et avec laquelle il voudrait partir pour Rome. Lorsque Pollione est fait prisonnier par les Gaulois, Norma se dénonce elle-même comme sacrilège. Ainsi, elle montera au bûcher avec Pollione enfin réconciliés au moment de mourir.
Alain Lambert — Des musiciens en pantalons, robes et tee-shirts aux couleurs chaudes, debout sur scène, prêts à swinguer. Parmi eux, habillés presque pareil, quatre femmes et deux hommes prennent le tempo pendant le prologue, le premier mouvement de la Sinfonia de l’Olimpiade de Vivaldi.
Puis la musique s’emballe, c’est le Printemps, et les six danseurs s’épanouissent sur la scène, passant de figures collectives façon menuet « barhop » aux x démonstrations individuelles plus acrobatiques et décalées rythmiquement. Mais toujours en déployant un vocabulaire chorégraphique riche et dynamique, celui du chorégraphe et metteur en scène Mourad Merzouki, de la compagnie Käfig, qui ne se limite pas au seul hip-hop. Les musiciens aussi sont mis à contribution dans leurs
Maurice Ravel ; correspondance, écrits et entretiensMichael Sebaoun — Depuis les premiers conseils de Vincentd’Indy à Ravel en1899 à propos de Shéhérazade (« œuvre pas suffisamment construite ») ou les premiers jugements de la critique sur la même œuvre (Le Ménéstrel y voit « une œuvre curieuse », Henry Gauthier-Villars perçoit un compositeur « débutant médiocrement doué ») jusqu’au « grand musicien français Maurice Ravel (qui à l’étranger est considéré comme le plus grand musicien contemporain) » de Pierre Leroi des dernières années : c’est la somme la plus complète des écrits et entretiens du compositeur, jamais publiée, établie par Manuel Cornejo, que publient les Éditions Gallimard.
Le Barbier (SDF) de SévilleAlfred Caron — Avec ce Barbier de Séville, importé de l’Opéra du Rhin où il a été créé en 2018, l’Opéra de Marseille concluait l’année de son centenaire, en offrant à son public un spectacle festif et joyeux comme il se doit en cette période de fin et de début d’année. La production de Pierre-Emmanuel Rousseau se veut très couleur locale. Décor et costumes nous emmènent
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Manuel Cornejo (éditeur), Correspondance, écrits et entretiens de Maurice Ravel. « Tel », Gallimard, Paris 2025 [2v., 1488 + 1452 p. ; 32 €].
Cahiers Maria szymanowska (6), hiver-printemps 2025 : « Stéréotypes et préjugés », Société Maria Szymanowska, Paris 2025 [ISNN 2803-4589].
Lalitte Philippe, Vocabulaire de l’interprétation musicale. « Musique ouverte », Minerve, Paris 2024 [240 p. ; ISBN 978-2-86931-180-0 ; 21,00 €].
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ISSN 2269-9910