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Le dernier concert de l'intégrale des sonates pour piano de Beethoven par Jean-Bernard Pommier

 

Jean-Bernard PommierJean-Bernard Pommier. Photographie © J.-C. Martinez.

30 juin 2015, par Strapontin au Paradis ——

Vendredi 19 juin, Salle Gaveau, Jean-Bernard Pommier a clôt sa série de huit récitals consacrés à l'intégrale des 32 sonates de Beethoven, commencée le 2 mars. Il a déjà réalisé cet exploit en 2008 et 2009 à Londres et à Saint-Émilion ; c'est donc la troisième fois qu'il s'adonne à cette aventure, un privilège réservé à une poignée de pianistes qui ont un goût de défi.

Jean-Bernard Pommier, né à Béziers, a été élève d'Yves Nat et de Pierre Sancan au Conservatoire de Paris. En 1962, il était le plus jeune finaliste lors du Concours Tchaïkovski (il avait 17 ans) où il a obtenu le Premier diplôme d'honneur avec les félicitations du jury présidé par Émile Guilels. Pour avoir concentré sa carrière en dehors de la France, il est trop peu connu dans son pays natal ; pourtant c'est un grand musicien de stature internationale ayant une solide réputation pour la qualité de ses interprétations.

Ce dernier concert est une bonne illustration de la vie créatrice de Beethoven, à travers 4 sonates, no 9 en mi majeur opus 14-1, no 4 en mi bémol majeur opus 7, no 22 en fa majeur opus 54 et enfin, le no 32 en ut mineur opus 111. Des deux premières œuvres, de la première période du compositeur, la 4e sonate a déjà ce caractère héroïque habité par un grand souffle, que le pianiste rend avec maestria. La grâce et la fraîcheur dominent le rondo final, tel qu'il est indiqué  Poco allegretto e grazioso au début de la partition. Auparavant, il exprime, sans lourdeur, la rigueur de la carrure, caractéristique de la 9e sonate en mi majeur.

Après l'entracte, la sonate en fa majeur opus 54, une pièce curieuse par sa taille et par sa structure : deux mouvements seulement, In tempo di minuetto et Allegretto. Il s'agit d'une sorte de vallée, dense et massive, entre deux sommets, « Waltstein » et « Appassionata ». L'interprétation de Jean-Bernard Pommier est très dynamique, avec des accents marqués dans le passage aux octaves du 1er mouvement, et avec un joyeux grouillement pour le 2e mouvement. Mais c'est dans la dernière œuvre de la série, également la dernière des 32 sonates du compositeur, qu'il met tout son art et toute son énergie. Le pianiste traduit chaque note de la partition pour « reconstituer » à sa façon, telle une lecture d'un roman-fleuve, l'histoire que raconte ce monument musical. L'auditeur traverse avec lui des moments de douceur, comme un bon souvenir, mais aussi ceux de passion, d'agitation ou même de souffrance, mais tout se termine en joie, tout en sérénité. En effet, chaque sonate de Beethoven est un voyage initiatique, tant pour ceux qui l'exécutent que pour ceux qui l'écoutent ; le jeu de Jean-Bernard Pommier fait ressentir avec force cet aspect de la musique du maître de Vienne, et quand le récital est terminé, on est revigoré, imprégné de l'énergie créatrice, du compositeur bien sûr, mais surtout du pianiste.

Strapontin au Paradis
30 juin 2015

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