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Le pianiste de Jazz Makoto Ozone en concert privé à l’hôpital de Nanterre

 

Makoto Ozone. Photographie © D.R.

Concert d’improvisations du 11 mai au CASH de Nanterre

18 mai 2015, par Strapotin au Paradis ——

Pour clôturer le 4e festival PIANO / CASH de Nanterre, le pianiste de jazz mondialement reconnu, Makoto Ozone (prononcer Ozoné), offre une petite heure de bonheur aux pensionnaires du Centre d'accueil et de soins hospitaliers de Nanterre (Cash).

Selon Dominique Laulanné, coordinateur général du projet, c’est suite à la rencontre, il y a quatre ans, entre Makoto Ozone et des pensionnaires du CASH, qu’est née cette série annuelle de 8 concerts, à l’initiative de la Maison de la musique et du CASH de Nanterre. Sa coordination artistique est aujourd’hui assurée par la pianiste Shani Diluka.

Voyant l’effet très positif exercé sur les patients, on a décidé de poursuivre des concerts en invitant des artistes de premier plan, pour un mini-concert d’une cinquantaine de minutes qu’ils présentent et commentent eux-mêmes. Jusqu’aujourd’hui, on a vu défiler de grands noms, comme Vanessa Wagner, Bertrand Chamayou, Anne Quéfellec, Mikhaïl Rudy, Antoine Hervé… Cette année, Etsuko Hirose avec le violoncelliste Eric-Maria Couturier, Iddo Bar-Shaï, Vanessa Wagner, Trio Talweg, Rémi Geniet, Bertrand Chamayou ont déjà joué (celui de février a été annulé).

Tous les artistes jouent bénévolement pour partager un moment musical avec des personnes hospitalisées ; ces rencontres provoquent des réactions et des émotions joyeuses chez ces personnes, souvent âgées.

Lors de ses tournées en Europe, Makoto Ozone arrange toujours son emploi de temps pour venir jouer au CASH de Nanterre. C’est pour lui comme un rituel. En effet, le lendemain 12 au soir, il jouait à New Morning en quartette avec notamment Dave Weckl, batteur américain légendaire.

La salle se remplit petit à petit. Parmi les auditeurs, certains sont en fauteuils roulants ; quelques femmes, soigneusement maquillées et sur leur trente-et-un, sont là : c’est leur « sortie ». Tous attendent avec impatience le moment musical, cela se voit. Entre-temps, une, puis, deux classes d’école arrivent aussi, les enfants s’installent sur les chaises et à même le sol, sur les tapis mousse que les maîtresses ont amenés.

Makoto Ozone entre dans la salle, et c’est déjà une grande joie pour l’assemblée. Le musicien explique qu'il est en tournée, en voyage, donc ses improvisations seront sous le signe du voyage. Il commence par la France, Sous le ciel de Paris. On entend une partie du public fredonner la mélodie, ou chanter à la manière de karaoké. Puis, on part à la fois en Pologne et au Brésil, avec How Insensitive de Antônio Carlos Jobim, un standard de bossa-nova d'après le prélude no 4 de Frédéric Chopin, repris par de nombreux d’autres musiciens. On reste sur l’Amérique de Sud, au Venezuela pour une improvisation sur trois valses traditionnelles. Quelques-uns dansent sur leurs fauteuils et une dame âgée s’approche du piano et joue quelques notes en guise de ritournelle. La magie de la musique opère de façon plus qu’évidente, et cette magie va en croissant, puisque les pièces suivantes sont des morceaux de Dixieland, When the Saints Go Marching In et un autre numéro, suscitant encore davantage la joie chez les spectateurs. Après deux mélodies de dessins animés de Disney, dont Quand on prie la bonne étoile, on revient à Paris avec La vie en rose. Pour que tout le monde puisse fredonner facilement, le pianiste demande à l’auditoire quelle est la tonalité qui lui conviendrait le plus, en jouant le thème plusieurs fois. La tonalité ainsi choisie, c’est une petite chorale qui se constitue spontanément. À la fin du concert, un pensionnaire récite Le pont Mirabeau de Guillaume Apollinaire, et Makoto Ozone improvise (pour la première fois de sa carrière !) sur ce poème.

Pendant le concert, le personnel du Centre de Soin et un chat y rendent visite et écoutent, grands sourires aux lèvres, en dansant légèrement.

Ce fut un très beau moment, qui nous a réellement fait croire que le pouvoir de la musique peut rendre le monde et le cœur des gens meilleurs.

 

Strapontin au Paradis
18 mai 2015

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