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Les Ombres errantes, spectacle poétique qui marie le son et l’image

 

Les Ombres errantes. 4 décembre 2015. Photographie © D.R.

Conservatoire supérieur d’art dramatique de Paris, 4 décembre 2015, par strapontin eu Paradis ——

Création du Centre culturel de rencontres des Dominicains de Haute-Alsace, en partenariat avec l’Abbaye de Noirlac et la Scène de Châteauroux, le spectacle « Les Ombres errantes » présenté dans le cadre des concerts des Pianissimes, donne une nouvelle approche au concert de la musique classique. Le programme, constitué uniquement d’œuvres pour clavecin de François Couperin, est joué sur un piano moderne (Bar Shaï), tout en conservant la légèreté de clavecin, notamment pour les ornementations. L’interprétation est habitée, imposant un silence religieux dans la salle ; les notes en pianissimo ou en triple piano pénètrent dans l’air, inondant d'une lumière délicate la salle de l’ancien conservatoire de musique plongée dans l’obscurité.

Les Ombres errantes. 4 décembre 2015. Photographie © D.R.

Lumière et obscurité, c’est à travers ces deux éléments que s’exprime Philippe Beau. Ombromane (maître des ombres chinoises par ballet des mains) et magicien, mais aussi scénographe, spécialiste mondialement reconnu dans le domaine de l’ombre, Philippe Beau associe ce soir son art aux pièces de Couperin avec une profonde poésie. Des titres de la pièce sur un papier découpé — le remarquable travail de Margot Hackel — correspondent bien au caractère de la musique et ajoute une touche lyrique au spectacle.

Après des jeux de main dont l’ombre est projetée au plafond (Les Ombres errantes) et le piano éclairé du dos du pianiste dans différents angles, créant des variations de formes qui se meuvent continûment (La Mistérieuse), une multitude de créatures peuplent la scène (enfin, l’écran installé au fond de la scène) : des lapins qui sautillent, des chevaux au galop, de petits oiseaux qui voltigent et des rapaces qui les guettent, un chat faisant sa toilette… Mais aussi un homme qui dort, des rêves de cet homme dans le sommeil ; des vagues et différents animaux qui traversent les flots ; une série de masques qui se transforment l’un après l’autre et l’homme enlève à la fin le dernier masque, ce par le jeu de juxtaposition de ses mains formant le masque sur le visage de l’artiste ; la main du bébé cherchant celle de la mère… Chaque pièce de Couperin est une occasion de raconter une histoire, un conte, et ce conte est souvent construit, à notre sens, sur la base d’une idée : l’enfermement suivi de la libération. Si la cage aux oiseaux, les deux anneaux entrelacés, ou les masques qui cachent le visage de l’homme, représentent l’enfermement, les oiseaux prenant leur envol, les anneaux se séparant, le masque enlevé du visage symboliseraient la libération.

Au milieu du programme, seule L’Âme en peine est interprétée au piano solo, sans ombre. Un moment de recueillement, où l'on ne peut s’empêcher de penser aux récents événements et à leurs victimes.

Le spectacle se termine avec le retour des Ombres errantes, exprimées avec une douceur nostalgique infinie, durant laquelle Philippe Beau fait réapparaître toutes ses créatures dans l’ordre inverse, pour aboutir à la projection de l’ombre de ses mains sur le plafond… On a le sentiment que la boucle est bouclée.

C'est un très beau spectacle, gracieux et raffiné, plein de rêve et d’espoir, auquel on souhaite une longue vie itinérante dans le monde entier.

Au cours de se spectacle, on a pu entendre du Grand Couperin : Les Ombres errantes, La Mistérieuse, Sœur Monique, Les Moissonneurs, La Muse plantine, Le Rossignol en amour, Double du rossignol, Les Tambourins, L’Âme en peine, Les Rozeaux, La Bandoline, Le Dodo ou l’Amour au Berceau, Le Tic toc choc, Les Fauvettes plaintives, Les Barricades mistérieuses, Le Couperin, Les Ombres errantes.

Strapontin au Paradis
4 décembre 2015

 

lInterview de Iddo Bar-Shaï sur la résidence au Centre culturel de rencontres des Dominicains de Haute-Alsace, parlant également du spectacle « Les Ombres errantes »

 

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