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Liu Miyata et Christophe Mourguiart à la Maison de la culture du Japon à Paris

 

Concert du 22 avril à la Maison de la culture du Japon à Paris avec Liu Miyata (piano) et Christophe Mourguiart (violon). au programme : Claude Debussy, sonate pour violon et piano ; Toru Takemitsu, Distance de fée ; Gabriel Fauré, sonate pour violon et piano no 1 en la majeur opus 13 ; Maurice Ravel, sonate pour violon et piano.

Liu Miyata. Photographie © D.R.

Paris, 22 avril 2015, par Strapontin a Paradis ——

La Maison de la culture du Japon à Paris, aux pieds de la Tour-Eiffel, est un sanctuaire où les japonophiles peuvent apprécier et apprendre de nombreux aspects de la culture du pays du Soleil levant à travers des expositions, conférences et cours de toutes sortes, cinéma, ateliers pour adultes et enfants, bibliothèque, espace audiovisuel, boutiques… La Maison est dotée de deux salles de spectacles, la grande salle de 300 places pour le théâtre, les concert, la danse et autres manifestations ; et la petite salle de 130 places environ qui peut se transformer en une véritable salle de cinéma. Cette dernière, tout en bois, un petit bijou pour la musique de chambre, offre une atmosphère intime dans une acoustique idéale. C'est dans cette salle que se déroule la série « mercredis en musique ». Les horaires du concert, qui commence à 18h30 à la sortie du travail et ne dure qu'une heure en moyenne, sont propices à ceux qui ne veulent pas dépenser toute la soirée ou rentrer tard chez eux.

Le 22 avril, la pianiste japonaise Liu Miyata et le violoniste français Christophe Mourguiart y ont joué un programme français… enfin, franco-japonais avec une courte œuvre de Takemitsu.

Liu Miyata, native de Tokyo, a été formée à la fameuse école Toho-Gakuen puis au Conservatoire national supérieur de Paris, avant de se distinguer dans des concours internationaux d'Épinal, de Tbilissi (Géorgie), de Busoni (Italie) ou encore de Sanremo (Italie, premier prix en 2002).

Christophe Mourguiart est né à Paris. Après ses premiers prix de violon et de musique de chambre au Conservatoire national supérieur de Paris, il a poursuivi sa formation au Conservatoire de Genève. Avec le Grand prix Maurice Ravel à Saint-Jean-de-Luz, et autres prix à des concours internationaux, il obtient en 2003 le poste de premier chef d'attaque à l'Orchestre de Paris. Il forme le Trio Kleisler avec Liu Miyata et Raphaël Chrétien au violoncelle et intègre le Quatuor Via Nova en 2008.

Christophe Mourguiart. Photographie © D.R.

Dans la première œuvre du concert, la sonate de Debussy, les deux musiciens jouent de manière assez timide et prudente, manquent d'audace, mais on apprécie la délicatesse de leur jeu.

La pièce de Takemitsu se situe dans la même veine que celle de Debussy, notamment pour ses harmonies subtiles et son lyrisme plein de finesse. Le violon et le piano sont à la parfaite égalité, avec le même caractère sonore et la même sensibilité, jusqu'à ce que les deux instruments se confondent de temps à autre. Le raffinement de leur interprétation nous fait comprendre qu'ils s'adaptent intelligemment à la configuration sonore de la salle : le piano Yamaha, même un petit modèle, a d'habitude une résonance puissante dans une salle de petite taille et sonne de surcroît assez métallique, couvrant souvent les autres instruments. Sous les doigts de Liu Miyata, rien de tout cela — le réglage de l'accordeur y a sûrement une part importante. Le violon est ainsi naturellement mis en valeur et l'équilibre entre les deux instruments renforce la beauté de la musique.

Ce constat est confirmé dans la première sonate de Fauré, où le violon gagne en ampleur. Particulièrement remarquables sont le grand souffle de Christophe Mourguiart sur les lignes mélodiques de longue haleine dans les deuxième et quatrième mouvements,  et le sautillement malicieux du scherzo. Sa manière d'aborder les phrasés nous rappelle vaguement celle d'Arthur Grumiaux que nous avons écoutée à maintes et maintes reprises dans nos années d'études, mais est-ce peut-être une coïncidence ? Dans Ravel, la fusion entre le violon et le piano est encore plus heureuse, toujours merveilleusement adaptée à la salle. Mais cette adaptation semble quelque peu enfermer l'expression, surtout sur le plan des couleurs sonores. Ainsi, malgré leur lyrisme incontestable, coloris et reliefs restent assez similaires tout au long de l'œuvre, au détriment des divers caractères des différents mouvements. Mais leur capacité d'adaptation remédiera sans aucun doute à cette petite faiblesse, dans une salle plus vaste,  type auditoriums des musées du Louvre ou d'Orsay, bien conçus pour la musique de chambre.

Strapontin au Paradis
Paris, 22 avril 2015

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