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Récital de lancement du 36e Festival international Piano aux Jacobins

 

Paris, 16 mars au Théâtre de l'Athénée Louis-Jouvet, Romain Descharmes, piano.

Romain Descharmes. Photographie © Jean-Baptiste Millot.

2 avril 2015, par Strapontin au Paradis ——

L'un des grands rendez-vous de piano sur le plan européen, le Festival Piano aux Jacobins de Toulouse présente chaque année, en avant-première, un récital à Paris. C'est également l'occasion d'annoncer le festival annuel en Chine, qui s'élargit pour la 11e édition jusqu'à Hanoï et à Tokyo (du 13 au 22 mai). Le 16 mars dernier, au Théâtre de l'Athénée Louis-Jouvet, Romain Descharmes donnait le récital de lancement, en partenariat avec le label Artalinna à l'occasion de la sortie du disque Vers l'Extase, consacré à Fauré et à Scriabine. Il est donc évident qu'une partie du programme de ce soir reprend an partie le programme du disque.

Romain Descharmes, né en 1980, qu'on ne présente plus par l'expression consacrée « jeune pianiste talentueux » a depuis le concours de Dublin de 2006, où il avait remporté le Premier Grand Prix, fait bien du chemin. Les mélomanes apprécient particulièrement sa sensibilité raffinée, toujours associée à un jeu naturel.

Si, ce soir, dans la première partie, il joue le Carnaval de Schumann de manière assez brute voire maladroite sans ces nuances subtiles dont il est habituellement capable, il reprend sa spontanéité merveilleusement contrôlée dans la deuxième partie en explorant pleinement ses ressources pianistiques. Il interprète la barcarolle no 1 opus 26 (qui n'est pas dans le disque) et le nocturne no 4 opus 36 de Fauré avec grande délicatesse, comme s'il caressait le clavier. Ensuite, il propose le Poème tragique en si bémol majeur opus 34 (qui n'est pas non plus dans l'enregistrement) et le Poème satanique en ut majeur opus 36 de Scriabine avec une maîtrise admirable de leur caractère impulsif, pathétique, violent et quelque peu mystique, tout en gérant parfaitement les plans sonores complexes. Dans La Valse de Ravel, il montre, avec virtuosité une affinité évidente entre ces trois compositeurs. En effet, la gracieuse noblesse de Fauré et la recherche sonore de Scriabine se trouvent toutes les deux dans l'œuvre de Ravel, avec des intervalles respectivement d'une vingtaine et d'une quarantaine d'années.

Il joue deux bis, dont « Winnsboro Cotton Mill Blues » (extrait des North American Ballads) de Frederic Rzewski (né en 1938), une pièce « costaude » qui exprime le labeur et la souffrance quotidiens des ouvriers américains, avec des formules agressives répétés, parfois produits avec des coudes, imitant des bruits de machine de l'usine où ils travaillaient, entrecoupés de blues en guise de consolation. Pouvoir jouer ce morceau après La Valse, il faut une sacrée force !

Romain Descharmes. Photographie © Jean-Baptiste Millot.

 

Lire : « Vers l'Extase », avec Romain Descharmes

Strapontin au Paradis
2 avril 2015

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