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Récital de Philippe Guilhon-Herbert à l'Hôtel de Beauvais

 

Paris, 28 juin 2015, par Strapontin au Paradis ——

L'un des charmes de Paris apprécié par les mélomanes est le nombre de salles insolites qui échappent aux regards habituels. Les hôtels particuliers sont parmi ces lieux, offrant un cadre intime et convivial. L'Hôtel de Beauvais, au cœur du Marais, est une bâtisse que Catherine Bellier, épouse de Philippe de Beauvais et première femme de chambre de la reine Anne d'Autriche, fit construire par l'architecte Antoine Le Paultre de 1656 à 1660. Le jeune Mozart a séjourné dans cet hôtel avec ses parents, de novembre 1763 à avril 1764. Il abrite aujourd'hui une salle d'expositions et de concerts aménagée dans un style moderne, pouvant contenir une petite centaine de places. C'est dans cette salle que Philippe Guilhon-Herbert a donné, le 21 mai dernier, un récital dans l'esprit d'un salon musical d'autrefois.

Fort éclectique, le programme est composé de pièces plus ou moins courtes, extraites d'une sonate ou d'une série : pour la première partie, Andante favori en fa majeur de Beethoven, 1er mouvement de la sonate en la mineur (D.845) de Schubert, 4e ballade de Chopin, Légende no 2 de Liszt. Pour la deuxième, les Tableaux d'une exposition de Moussorgski, extraits du Rossignol éperdu de Hahn, extraits du livre I des préludes de Debussy. Le pianiste commente brièvement le programme avant certaines pièces et, selon lui, les deux pièces de Beethoven et de Schubert sont en miroir : L'Andante favori, initialement composé comme un mouvement lent de la sonate « Waldstein », va de pair avec le 1er mouvement de Schubert qui est une sorte de petite symphonie, sans parler d'un fort caractère dramatique émanant des deux pièces. Il en va de même pour Chopin et Liszt, chaque pièce est tirée, d'une manière à une autre, d'une légende poétique avec une grande théâtralité.

Après l'entracte, les Tableaux sont raffinés et sensibles, faisant parfois défaut à cette rudesse intuitive et cette sauvagerie naïve qui caractérisent les œuvres de Moussorgski (et de certains autres compositeurs russes). Mais dès le début, il marque son originalité et attire l'attention en maintenant la pédale tout au long de l'énoncé du thème de la « Promenade ». Ensuite, Hahn et Debussy. C'est dans cette toute dernière partie qu'il montre son véritable talent, empreint d'une grande sensibilité — n'ayons pas peur de l'affirmer — française. Bien sûr, il y a ces nuances et les couleurs, que certains musiciens peinent à rendre dans leur interprétation mais avec lesquelles Philippe Guilhon-Herbert s'exprime tout à fait naturellement. Le plus surprenant chez lui, est certainement sa notion du temps, qui se suspend, s'intensifie, se détend, se dilate, ou se resserre. Il combine ces deux compositeurs, dont les esthétiques sont à l'antipode l'une de l'autre. Pour réaliser cela, il fallait déjà en avoir l'idée, d'autant qu'on commence à explorer véritablement le catalogue de Hahn depuis seulement quelques années, grâce à l'activité de l'Association Reynaldo Hahn.

Le lecteur sera convaincu de sa sensibilité et son élégance en écoutant son dernier disque Hahn-Debussy paru chez Continuo Classics (enregistré en avril 2014).

 

Strapontin au Paradis

 

 

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