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Thierry Escaich et le quatuor Ellipsos à l’Institut

 

La coupole de l’Académie des Beaux-arts. La coupole de l’Académie des Beaux-arts. Photographie Flore Estang.

10 juin 2015, par Flore Estang ——

À l’Académie des Beaux-arts,  l’adoubement du compositeur Thierry Escaich, mercredi 10 juin 2015, a ému les musiciens et les amis présents à l’évènement mais aussi ses nouveaux collègues académiciens, en costume d’apparat. Édith Canat de Chisy, unique compositrice  académicienne, et ses condisciples compositeurs, ont amicalement soutenu l’intronisation de leur confrère.

Après les discours et l’adoubement sous la coupole, une réception honorait le nouvel académicien, et la remise de l’épée symbolique couronnait cet évènement. Thierry Escaich, en toute simplicité, expliqua au public conquis les symboles sculptés sur son épée d’ivoire, d’ébène et d’argent : une portée, des notes de musique et un clavier pour le pommeau. D'après les dessins de son beau-frère. L’épée fut terminée …la veille de la cérémonie mais le compositeur ne s’inquiétait pas, peu concerné par les contingences matérielles, quand il ne s’agit pas uniquement de musique (!).

Thierry Escaich rayonnant avec son épée dans le rayon de soleil. Photographie Flore Estang.

Egalement symbolique, un bref concert a été offert aux assistants privilégiés, avec le quatuor Ellipsos en veine de virtuosité et de qualité musicale, dans un Choral de J. S. Bach puis une courte pièce du compositeur adoubé, Le Bal. Solennel, grandiose, le Choral reflète l’ambiance du moment particulier vécu par le musicien fêté mais aussi ses références en matière de construction sonore, de polyphonie, de timbres. Par des entrées fuguées et de riches accords, la musique du cantor résonne avec la majesté de l’instant. 

Dans la pièce de Thierry Escaich qui suit, on retrouve les qualités et caractéristiques de la musique du compositeur : un sens profond de la dynamique, les nuances et l’agogique (mouvement) de la pièce donnant vie et émotion aux notes les plus brèves ; un rythme très varié, précis et syncopé, participant à la structure générale, et un sens aigu de l’architecture sonore, lui conférant une forme unique, dans une énergie puissante et contrastée. Dans cette musique les références sont nombreuses, car, tout en étant originale, elle semble adresser des clins d’œil à ses multiples consœurs : évoquant parfois la musique de film (Attrape-moi si tu peux,  de John Williams, avec son thème récurrent syncopé, au saxophone), ou référence à l’électroacoustique de François Bayle (Rêves d’oiseaux), ou enfin à un poème symphonique comme Pacific 231 de Honegger et l’accélération progressive du tempo, puis son ralentissement. Les citations ou références sont caractéristiques de l’humour musical, et l’on sait que Thierry Escaich n’en manque pas.

Le quatuor Ellipsos. Photographie © Flore Estang.

Depuis plusieurs années, le quatuor Ellipsos interprète avec bonheur et talent les œuvres du compositeur, l’entente entre interprètes et créateur dépassant largement le cadre de la commande. Paul-Fathi Lacombe, le saxophoniste soprano, nous confie ressentir un véritable bonheur à interpréter ses œuvres car elles sont faites, non uniquement de notes,  mais d’émotion renouvelée à chaque reprise de l’oeuvre. Même dans les parties les plus périlleuses techniquement, le sens de la forme et l’expression artistique dominent et rendent le texte musical émouvant et dynamique.

Pour le magistral évènement célébré ce jour, adoubement et concert, le public aurait mérité, à nouveau, d’être rajeuni par de jeunes espoirs dans la composition musicale en France. Pourquoi ne pas rendre ce lieu accessible à la jeune génération par une dizaine d’invitations à des étudiants sélectionnés et motivés ? Que ce soit à l’Université ou au Conservatoire, ils sont nombreux à vivre dans le rêve d’une reconnaissance future et dans le présent d’un travail assidu et méritoire. Que va devenir cette institution si les jeunes artistes ne peuvent être directement concernés par ces grands évènements culturels ?

Flore Estang
Paris, 10 juin 2015

Informations complémentaires sur le site de l’Institut de France (Dernière minute)

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