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16 février 1848 : dernier concert à Paris de Chopin

16 février 1848 : dernier concert à Paris de Chopin

Frédéric Chopin, dernier concert à Paris de Chopin : 16 février 1848. Œuvres de Mozart, Bellini, Meyerbeer et Chopin, Yves Henry (piano), Gilles Henry (violon), Adrien Frasse-Sombet (violoncelle), Julie Fuchs (soprano), Xavier Le Maréchal (ténor). Soupir éditions, 2013 (S226).

Enregistré en 2010 dans le salon d'apparat, 12 place Vendôme (actuellement Maison Chaumet, la dernière demeure de Chopin).

Par Strapontin au Paradis ——

Voici le dernier disque, que nous avons retrouvé, consacré à Chopin et interprété sur un piano de l'époque du compositeur (pour lire les deux autres articles sur le même sujet, c'est ici et ).

Il s'agit de la proposition de « reconstitution » du dernier concert que Chopin a donné à Paris, au salon Pleyel, le 16 février 1848. Le programme — joué ici dans le salon d'apparat de la maison Chaumet, où Chopin mourut dans la nuit du 16 au 17 octobre 1849 —, dont le document est reproduit dans le livret et sur les deux pochettes des disques, ne peut pourtant pas être  « reconstitué », car le détail des pièces n'y est pas précisé. En effet, le document ne mentionne, pour certaines œuvres, que des titres génériques tels que nocturnes, mazourkas (sic) ou préludes, suivi de « composés et exécutés par Mr Chopin ». Jean-Jacques Eigeldinger, grand spécialiste du compositeur, tente judicieusement de le faire dans le texte fort intéressant intitulé « 16 février 1848 » accompagnant l'album, en s'appuyant sur des témoignages de contemporains et des habitudes de Chopin.

Quant au pianiste Yves Henry, il évoque l'histoire du piano utilisé, en l'occurrence le piano à queue Pleyel no 5612, construit de 1836 à 1837 (2,27 m en acajou moucheté à double ruban de cuivre, 6 octaves ½), sa rencontre en 1995 avec l'instrument à l'abandon dans un couloir du château Chanorier à Croissy-sur-Seine, son plan de sauvetage et sa restauration qui a duré 18 mois. Le piano a été rejoué pour la première fois en 1999 dans la maison de George Sand, à l'occasion du 150e anniversaire de la mort de Chopin. Il cite comme caractéristiques essentielles de l'instrument « un son à la fois clair et chaleureux, velouté dans les médiums et plus cristallin dans les aigus »… « Depuis les basses très cuivrées jusqu'aux aigus cristallins et voilés, en passant par les deux registres privilégiés pour le chant, c'est-à-dire le médium grave, très proche du violoncelle et le médium aigu, très proche de la voix humaine. » À l'écoute des deux disques, nous dirons plutôt que les basses sont mi-feutrées mi-cuivrées, et les aigus, perlés et veloutés. On précise une petite manipulation pour le besoin de l'enregistrement : le clavier s'arrêtant au fa aigu, on s'est permis d'accorder ce fa un demi-ton plus haut uniquement pour la prise de la barcarolle opus 60 qui nécessite le fa♯ aigu à la dernière page. Le piano est accordé dans un diapason plus bas que celui habituel, aux alentours de 430.

Ce diapason donne un caractère rond et doux aux pièces interprétées, accentué par la sonorité chaleureuse de l'instrument. Même le prélude no 16 (en si♭ mineur) dont la nature est pathétique et poignant, sonne moins désespérée, tout en gardant cependant le caractère tragique et déchirant.

Si le piano est accordé plus bas que d'habitude, les cordes le sont également et cela permet, nous semble-t-il, gagner en profondeur dans le trio de Mozart et la sonate pour violoncelle et piano. Julie Fuchs insuffle une grande fraîcheur à l'ensemble du programme, et il est d'autant plus regrettable que l'équilibre est quelque peu brisé par Xavier Le Maréchal qui ne peut atteindre vocalement le même niveau. Yves Henry, en grand expert d'instruments du XIXe siècle, assure le tout avec des jeux délicats mais non dépourvus d'élans.

Disque 1
1-3. Wolfgang Amadeus Mozart : Trio K. 542 en mi majeur

4. Vencenzo Bellini : Air « Eccomi in lieta vesta » extrait de I Capuletti e i Montecchi.

5. Frédéric Chopin : Nocturne opus 55 n° 2 en mi♭ majeur.

6. Frédéric Chopin : Barcarolle opus 60 en fa♯ majeur.

7 Wolfgang Amadeus Mozart : Air « Ach, ich fühl's » extrait de La Flûte enchantée.

8-9. Frédéric Chopin : Études opus 25 no 1 en la♭ majeur, opus 10, no 5 en sol♭ majeur.

10. Frédéric Chopin : Berceuse opus 57 en ♭ majeur.

Disque 2
1-3. Frédéric Chopin : Sonate opus 65 pour violoncelle et piano (2e à 4e mouvements).

4. Giacomo Meyerbeer : Air nouveau de Robert le Diable.

5-7. Frédéric Chopin : Préludes opus 28 no 6 en si mineur, no 16 en si♭ mineur, no 17 en la♭ majeur.

8-10. Frédéric Chopin : Mazurkas opus 63 no 1 en si majeur, no 2 en fa mineur, no 3 en ut♯ mineur.

11-12. Frédéric Chopin : Valses opus 64 no 2 en ut♯ mineur ; no 1 en ♭ majeur.


 


Strapontin au Paradis
6 janvier 2015

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