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Christophe Chassol, avec Mathieu Edward « Big Sun » Tant de paysages sonores !

Christophe Chassol au festival international de jazz de Montréal en juillet 2014. Photographie © Frédérique Ménard-Aubin (Spectra).

Théâtre d'Hérouville le 3 novembre 2016 ——

Dans le cadre de la saison musicale d'Hérouville, Christophe Chassol, piano et claviers, avec Mathieu Edward à la batterie, était invité à jouer pendant la projection du film rapporté par lui de Martinique, pays de ses parents, comme il l'avait fait auparavant pour la Nouvelle Orléans et l'Inde (Nola Chérie en 2011 et Indiamore en 2013).

Un film complètement retravaillé au montage de manière à sampler et recréer des séquences sonores, voix parlées, chantées, sifflement d'oiseaux ou d'humains, chants et musiques des habitants, rap des plus jeunes, rythmes du carnaval. Sur lesquelles il a composé des séquences musicales très écrites ou plus improvisées, mais calées sur les images sonores.

Ainsi, pour le texte d'introduction dit par une voix féminine en anglais sur le soleil, il l'accompagne au clavier puis en amplifie la mélodicité à chaque nouvelle reprise.

Idem pour les chants d'oiseaux qu'il reprend d'abord, puis harmonise ensuite de façon de plus en plus complexe, et sur laquelle la batterie de Mathieu Edward, remarquable, vient amplifier la dimension rythmique.

Mais il ne s'agit pas simplement d'une harmonisation du réel, tant le travail de mise en valeur de la mélodie est premier, comme celui du peintre, dessinant avant de mettre en couleur son dessin, du moins dans le domaine figuratif. Les voix et musiques de tous ces musiciens, même amateurs,  sont déjà très riches à la première écoute : le flûtiste, les rappeurs, le poète, le siffleur, une habitante ou un joueur de conque et de dominos, en créole... et procurent de grands moments d'émotions. Peut-être plus que le passage reichien sur le carnaval de Fort-de-France (Reich et Darwin), plus cérébral d'une certaine façon.

On pourrait presque transposer le concept d'Ornette Coleman d'harmolodie pour proposer ici celui d'harmolodisation du réel, de cette incroyable fusion entre mélodie et harmonie qui se joue sous nos yeux et nos oreilles, dans cette performance  interactive entre musique et image, sur scène et sur grand écran.

Le compositeur pianiste, claviériste est excellent. Il a inscrit dans le générique final quelques noms d'amis comme Béla Bartók, Hermeto Pascoal, Terry Riley ou Chick Corea qui précisent bien son héritage. Sans oublier Steve Reich, présent dans le titre de la séquence finale, et pas seulement. On imagine le jeune Chassol l'écoutant, dans un magnifique reportage d'Arte vieux de 20 ans, expliquer son travail sur les voix et les sons dans City Life. Puis s'inspirer de toutes ses influences et les dépasser pour créer à son tour son univers singulier de paysages musicaux.

En double rappel, ils nous ont offert une impro sans images, avant de revenir pour une longue séquence d'Indiamore, histoire de prolonger le voyage.

Le duo Big Sun sera en Suisse autour du 11 novembre avant de revenir à Dijon à la fin du mois et à Gennevilliers au début de l'autre.

Et  avec d'autres, ils rendront hommage à Steve Reich : Réverbérations à la Philarmonie de Paris le 13 novembre.

À noter, à propos des « paysages musicaux » de Reich et Chassol, pour avoir vu cette exposition deux jours après ce concert, le travail du musicien Bernie Krause présenté jusqu'au 8 janvier à la Fondation Cartier : Le grand orchestre des animaux.

Ce promoteur du synthé dans le rock des années soixante se consacre maintenant à l'enregistrement de la vie sauvage dans les grands parcs du monde. L'installation de ses paysages sonores est étonnante, à la fois par la présentation des fréquences sonores sur trois immenses écrans reflétés dans l'eau, par la restitution vivante des sons animaux, mais aussi par le jeu en théâtre d'ombres des spectateurs allant et venant dans cette étrange dimension monochrome.

Et dans l'autre pièce du sous-sol, la magique installation vidéo sur l'univers du plancton, que la musique de Ryuichi Sakamoto, l'ancien claviériste du Yellow Magic Orchestra, accompagne en toute beauté.

 

Alain Lambert
6 octobre 2016

 

Alain Lambert : alain@musicologie.org - Ses derniers articles : Naïssam Jalal & Rhythms of Resistance : une si longue impatienceLe Noël sobre et chaleureux du tromboniste Nils Landgren avec ses amisE.S.T. Symphony : entre sérénité et turbulence orchestraleLa « Waisenhausmesse » de Mozart par la maîtrise de caenLouis Nicolas Le Prince « Messe Macula non est in te » Un bel hommage à un musicien inconnu par la Maîtrise de Caen — ... Plus sur Alain Lambert, tous ses articles.

 

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Lundi 14 Novembre, 2016 2:01