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Des pianistes à Paris : Annie Zhou à l'auditorium du Louvre et Vittorio Forte à l'Institut Gœthe

 

24 février 2015, par strapontin au Paradis ——

Autres récitals récents : Nicolas Stavy avec le percussionniste Jean-Claude Gengembre et Hervé Billaut dans la grande sonate de Dukas.

Annie Zhou à l'auditorium du Louvre
(18 février 2016)

Annie Zhou.Photographie © D. R.

 

Née en 1998 à Toronto, Annie Zhou a déjà remporté de nombreux concours nationaux et internationaux, dont le Concours de musique du Canada (trois années consécutives de 2006 à 2008), le Concours d'Ettlingen en Allemagne en 2012, et le Concours Chopin Junior de Moscou en 2014. Bénéficiaire des conseils de Leon Fischer, d'Emanuel Ax, d'Arie Verdi, de Richard Goode, de Dang Thai Son, de John O'Conor, et d'autres professeurs et artistes de renom, l'avenir semble l'accueillir à bras ouverts. Du haut de ses 18 ans, elle n'a pas peur de mettre la sonate no 30 de Beethoven tout au début du programme, suivie de trois mazurkas opus 56 et la ballade no 4 en fa mineur de Chopin. Ces œuvres sont toutes de la période de maturité de leur compositeur, accomplies, dégageant même une vision philosophique profonde. Pour réussir à une telle succession de pièces, il faut une parfaite maîtrise du clavier qu'elle possède, avec un sens évident des structures. Et aussi une sonorité limpide. Mais sa palette sonore n'est pas pour autant fournie, rendant son interprétation assez monotone, malgré de très beaux phrasés çà et là… et quel dommage ! L'aspect analytique semble prendre beaucoup de place dans son approche au détriment de la spontanéité, qu'elle retrouvera certainement rapidement.

Le programme se termine avec de passionnants Gargoyles, opus 29 (1989), l'un des chefs-d'œuvre du compositeur new-yorkais Lowell Liebermann (né en 1961). Ils comprennent quatre pièces, rapide-lent-lent-rapide, exigeant une rigueur technique pour une écriture tonale, lyrique, voire romantique, mais avec de nombreux effets. Dans ces morceaux, Annie Zhou s'exprime avec davantage de liberté, montrant une autre musicalité à notre sens plus prometteuse.

Vittorio Forte à l'Institut Gœthe
(23 février 2016)

Vittorio Forte. Photographie © D. R.

Très rare à Paris, Vittorio Forte donne à l'Institut Gœthe de Paris un récital thématique autour du « Voyage mélodique », en écho à la sortie de son nouveau disque éponyme chez Lyrinx. Le programme réunit des transcriptions par Liszt et par Earl Wild de Lieder, de mélodies et de songs de Schubert, Mendelssohn, Chopin, Schumann, Rachmaninov et Gershwin. Ces pièces, qui sont de véritables recréations révélant pleinement la personnalité des compositeurs sans détourner l'esprit de l'original, sont souvent interprétées en bis de concerts. Mais Vittorio Forte en fait un double voyage, d'une part dans le temps, s'étalant sur 150 ans, et d'autre part dans l'espace, puisqu'on se rend en Autriche, en Allemagne, en Pologne, en Russie et aux États-Unis.

Son inspiration pianistique, pour bien faire chanter la mélodie en prenant parfois beaucoup de temps, surtout chez Schubert et chez Mendelssohn, paraît quelque peu en contradiction avec le souffle vocal, plus précisément biologique, d'un chanteur ; ce serait en grande partie dû au piano Blüthner dont la sonorité est très dense et immédiate, mais à partir de Chopin et notamment chez Rachmaninov et Gershwin, il suit son intuition musicale pour faire émerger la mélodie au milieu d'un flot de notes, inévitablement virtuoses. Quatre « transcriptions », extraites de Seven Virtuoso Études on Popular Songs d'Earl Wild (1915-2010), révèlent probablement le mieux la qualité de Vittorio Forte. Wild excellait aussi bien dans le jazz que dans le répertoire classique — il a joué Rhapsody in blue de Gershwin en 1942 à l'invitation de Toscanini — et ces pièces sont totalement sur la lignée de Liszt, mettant en valeur les possibilités à la fois expressives et techniques. Or, avec quel brio, avec quelle délicatesse, mais aussi avec quelle passion mêlée de pudeur notre pianiste joue ces morceaux ! En bis, Over the Raimbow et la berceuse de Brahms (transcription de Cortot) pour prolonger le moment de grâce.

plume24 février 2016
Strapotin au Paradis

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