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Nach et Alex Beaupain dans la nuit d'opale : un double concert, solaire et lunaire !

Outreau le 19 juillet 2016, par Alain Lambert ——

Nach Nach. Photographie © Patricia Segretinat.

Au festival de la Côte d'opale en Picardie, à Outreau près de Boulogne-sur-Mer, on s'attendrait à une brise du nord bien fraîche. Mais non, il fait « un soleil des caraïbes », comme le dit Nach avant de commencer son concert chaleureux et coloré.

Anna Chédid, est, comme son père ou son frère, habitée par la musique et les mots. Elle s'y donne avec générosité, et sans artifice, avec son groupe de filles aux claviers, à la basse et à la batterie, un quatuor presque rock dans l'énergie et les vibrations, qui propulse ses chansons pop, parfois  poétiques, loin des fadaises des rengaines du top.

Seule au piano, elle chante les souvenirs, puis reprend « Les absents ont toujours tort » de Louis, en lui donnant une belle gravité, annonçant peut être ainsi le concert suivant.

Mais la joie est plus forte que la mélancolie, il lui faut son groupe, et même faire monter sur scène les spectateurs  pour danser et chanter avec elle(s). Avant le final rigolo en girls band.

Pour le rappel, seule, dans la salle, sans micro et juste une guitare, le public est ravi de tendre l'oreille comme on tend la main.

NachNach. Photographie © Patricia Segretinat.

Quand Alex Beaupain arrive sur scène, tout en noir comme ses quatre musiciens, il reconnaît que l'ambiance ne va pas être la même, « le deuil, la rupture, le temps qui s'enfuit...». Tout en essayant de faire passer la pilule avec son humour caustique, ce qu'il fait plutôt bien. En demandant au public, complice, de ne pas applaudir pour n'importe quoi...

Beaupain, c'est d'abord la superbe partition chantée du film de Christophe Honoré « Les chansons d'amour » dont il nous donne son interprétation sur plusieurs reprises, nous prouvant que bien loin d'une simple commande, il s'agit de son univers hanté par la mort et l'écoulement du temps : « Chaque seconde est une poignée de terre ». Et quand il reprend « Il pleut des cordes », on oublie la voix féminine et le simple piano du film et on se laisse emporter par sa voix feutrée en contraste avec l'explosion de guitare et de batterie.

Beaupain_1Alex Beaupain. Photographie © Patricia Segretinat.

Il nous chante aussi une récente (« Couper les virages ») de sa dernière expérience musicale, un joli cédé, très personnel encore, joint à un roman d'enquête poétique « Les gens dans l'enveloppe », qu'une amie d'enfance a écrit à partir de photos anonymes acquises sur Internet.

À chaque fin de chanson, le noir laisse place à un fond jaune pâle sur lequel les musiciens, excellents et multi-instrumentistes, évoluent en ombres chinoises pour changer de place. Seul le batteur, au jeu varié, ne quitte son siège que pour les duos ou trios. Avec le guitariste aussi bassiste ou le pianiste aussi bassiste ou avec la chanteuse Valentine Duteil (« Avant la haine ») aussi au violoncelle et au clavier. Le chanteur est au piano, ou au clavier, ou sur un tabouret de cabaret, sobre et sans violons, ou debout en chanteur de rock, dans les moments les plus électriques, plutôt fréquents.

Quelques chansons du dernier album, bien sûr, « Loin » mais  pour le final, il reprend « Au départ », autre chanson d'amour malheureux, sur la désillusion socialiste qui n'a pas pris une ride, et mériterait un couplet de plus sur le pseudo-socialisme actuel.

BeaupaiAlex Beaupain. Photographie © Patricia Segretinat.

Un beau et long concert, d'abord solaire avec Nach, puis lunaire avec Beaupain, dans la chaleur opaline de la nuit.

Cette 40e édition, dédiée à la chanson francophone, se termine le dimanche 24 à Boulogne avec Jeanne Cherhal en solo, au théâtre, puis sur le port avec Louise Roam, suivie du funambule Jade Kindar-Martin accompagné de Fabrice Gratien, Urban Quad et Caroline Casadesus...

Alain Lambert
19 juillet 2016

 

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Lundi 25 Juillet, 2016 23:01