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Réouverture du Théâtre de l'Athénée avec la Symphonie fantastique librement adaptée par Arthur Lavandier

Le balcon et la fanfare « Tonton a faim », au Théâtre de l'Athénée le 24 septembre 2013. Photographie © Théâtre de l'Athénée.

Paris, Théâtre de l'Athénée, 25 septembre 2016, par Strapontin au Paradis ——

La réouverture tant attendue du théâtre de l'Athénée a enfin eu lieu à la fin septembre et depuis, les spectateurs ne le désertent pas. Après les mois d'octobre et de novembre avec trois spectacles de Philippe Caubère qui remportent de francs succès (Le bac 68 et La danse du diable, avec lui-même et L'asticot de Shakespeare avec Clémence Massart), le mois de décembre est une fête pour les amoureux du répertoire lyrique : L'île du rêve, d'après Pierre Loti, de Reynaldo Hahn, puis, Les chevaliers de la table ronde, d'Hervé et Oh-là-là oui oui, mise en scène de Stéphan Druet pour une revue d'un trio de jazz manouche des Années folles.

Mais revenons aux soirées de réouverture. Chacun des deux concerts était associé à une festivité : le 24 septembre, il était suivi d'une « fantastique party » orchestrée par les musiciens du Balcon, et le 25, d'un goûter fantastique pour les enfants. Nous n'avons pu y être que le 25, et puisque nous ne sommes plus des enfants, nous n'avions pas droit au goûter… dommage.

Théâtre de l'Athénée le 24 septembre 2013. Photographie © Théâtre de l'Athénée.

On pénètre dans la grande salle dont les sièges du parterre ne sont pas encore installés, et on se pose librement, par terre. L'œuvre, une adaptation très libre de la Symphonie fantastique de Berlioz pour un orchestre de chambre (Le Balcon) et pour une fanfare (Académie de musique de rue Tonton à faim), est une commande du Festival Berlioz en 2013 et co-réalisée avec l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet. On voit sur la scène deux violons, deux altos, puis un instrument pour chaque pupitre pour les cordes, petite et grande harmonies ; à quoi s'ajoutent un cor alpin, une guitare électrique, un piano, un clavier (synthétiseur) et des percussions. Chaque instrument est légèrement sonorisé, et relié à un système d'informatique musicale. À ce propos, le site du Théâtre nous fournit des informations sur la transcription, la sonorisation (et la projection sonore) et bien d'autres choses (les billets datés des 20, 21 et 24 septembre).

On peut appeler l'adaptation d'Arthur Lavandier une « recréation ». Tout au long de la symphonie, la présence de la batterie, parfois discrète, mais très affirmée dans le mouvement du bal, donne un ton. Au bal, justement, quelques variations jazzy (ou de music-hall) y sont insérées et égaient l'atmosphère.

Dans le troisième mouvement, « scène aux champs », le thème initial est confié au cor alpin, instrument que l'on entend de temps à autre dans les deux mouvements suivants également. La hauteur du son de la clarinette et du hautbois peut être légèrement, mais efficacement modifiée grâce aux traitements électriques. À « La marche au supplice », les musiciens de la fanfare « Tonton a faim », de Carcassonne, entonnent les vents aux quatre coins de la salle. L'effet stéréo, cher à Berlioz, est bien assuré. Après cette marche, on applaudit copieusement, sans complexe, et personne ne reproche à personne ce manque de savoir applaudir au concert. Il y a décidément une ambiance festive qui rend son monde heureux. Même les enfants, venus très nombreux en ce dimanche après-midi (car il y a un goûter après !) : au début du « Songe d'une nuit de Sabbat », l'ambiance de la transcription est telle que certains petits spectateurs font « houuuu houuuu ! » comme pour annoncer l'arrivée de fantômes ! Le célèbre thème du « Dies irae » est volontairement désharmonisé. Tous les musiciens, du Balcon et de la fanfare, sont sur la scène pour une fraternité musicale exprimée brièvement à travers l'« Hymne à la joie » de Beethoven habilement introduit dans la musique de Berlioz, le tout dirigé par le trépidant et enjoué Maxime Pascal.

Berlioz n'aurait certainement pas été mécontent de cette joyeuse cacophonie avec la transformation de sa Symphonie fantastique et de la fête pleine de musique après le concert.

Les curieux peuvent regarder toutes les vidéos (Périscope) de la fête après le concert du 24 septembre à partir de cette page

 

Stapontin au Paradis
3 novembre 2016

 

Strapontin au Paradis [sap@musicologie.org]. Ses derniers articles : Concert d'ouverture de la saison de l'orchestre national de Lille avec le nouveau directeur musicalOrchestre de chambre de Paris : ouverture de la saison et projet « chansons migrantes »37e édition du Festival d'Ambronay : « Vibrations : Lumières » — « La Guerre des théâtres » ou la naissance de l'opéra-comique, à Angers Nantes OpéraJeune duo français et « vétéran » américain au Festival Piano aux Jacobins de ToulouseLes Solistes à Bagatelle 2016 Récital de Yuja Wang au Festival de VerbierSoirées concertantes, récitals de jeunes interprètes, et clôture à La Roque d'AnthéronAndrás Schiff joue et dirige le Verbier Festival Chamber Orchestra dans Bach, Haydn, BeethovenTous les articles.

 

 

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bouquetin

Vendredi 4 Novembre, 2016 2:07