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Décrétale Docta Sanctorum Patrum
(1325)
Pape Jean XXII

La docte autorité des Saints-Péres a décrété que dans les offices de la louange divine, signe de la soumission que nous devons à Dieu, l'esprit de chacun  reste vigilant, que le discours ne trébuche pas et que la modeste gravité de ceux qui chantent s'exprime par une modulation sans heurts. "Car dans la bouche résonait un doux son ." Ce doux son résonne toujours dans la bouche de ceux qui chantent les psaumes quand ils portent Dieu dans leur coeur ; tandis qu'ils prononcent les paroles, leur chant augmente la dévotion envers lui . Si on a décidé qu'on psalmodie dans l'Eglise de Dieu, c'est dans le but de stimuler la dévotion des fidèles ; dans cet office diurne et nocturne, ainsi que la célébration des messes, le clergé et le peuple chantent une méodie distincte et pure sur une teneur choisie, de façon qu'ils aient le goût d'une même élévation et se réjouissent de cette perfection.

Mais certains disciples d'une nouvelle école, s'appliquant à mesurer le temps, inventent des notes nouvelles, les préférant aux anciennes. Ils chantent les mélodies de l'Eglise avec des semi-brèves et des minimes, et brisent ces mélodies à coup de notes courtes . Ils coupent ces mélodies par des hoquets, les souillent  de leur déchant, et vont même jusqu'à y ajouter des triples et des motets vulgaires, de sorte que, perdant de vue les fondements de l'antiphonaire et du graduel, ils méconnaissent les tons qu'ils ne savent pas distinguer, mais confondent au contraire, et sous la multitude des notes, obsurcissent les pudiques ascensions et les retombées du plain-chant, au moyen desquelles les tons eux-mêmes se séparent les uns des autres . Ainsi ils courent sans se reposer, ils enivrent les oreilles au lieu de les apaiser, ils miment par des gestes ce qu'ils profèrent, et, par tout cela, la dévotion qu'il aurait fallu rechercher est ridiculisée, et la corruption qu'il aurait fallu fuir est propagée.

Ce n'est pas inutilement que Boèce dit : "L'âme corrompue  se délecte des modes les plus corrompus, et les entendant souvent, elle s'amollit et se dissout." Nous avons donc pensé, avec nos frères, que ces choses manquaient de régles  : aussi hâtons-nous de  les interdire, de les chasser même, d'en purger efficacement l'Eglise de Dieu . C'est pourquoi, ayant pris conseil de nos frères, nous ordonnons que personne désormais n'ose perpétrer de telles choses ou de semblables, dans les dits offices, particulièrement dans les heures canoniales et la célébration des messes. Si quelqu'un  agit contrairement, il sera puni par l'autorité de ce canon, de la suspension  de sa charge pour huit jours, par les ordinaires des lieux où ces choses auront été commises, ou par leurs délégués, pour ceux qui ne sont pas exempts, et pour les exempts, par leurs prévôts ou leurs supérieurs, à qui il appartient de reconnaître les excés de ce genre et autres semblables, ainsi que la correction et punition des fautes . Par cette mesure, nous n'entendons pas empêcher que parfois, et surtout aux jours de fête, à savoir aux messes solennelles et dans les offices divins ci-dessus, on ne place sur le chant ecclésiastique tout simple quelques consonances qui en relèvent la mélodie, à savoir l'octave, la quinte, la quarte et les consonances du même ordre, mais toujours de telle sorte que l'intégrité du chant lui-même demeure inviolée, que rien ne soit changé de ce chef au rythme correct de la musique, et pourvu surtout que l'on apaise l'esprit par l'audition de telles consonances, que l'on provoque la dévotion, et que l'on ne permette pas d'engourdir l'âme de ceux qui chantent à Dieu .

Fait et donné à Avignon, l'an IX de notre pontificat