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Haendel : Théâtre intime. Son d'egitto non posso dir di più

 

Par Yvan Beuvard

 

Haendel : théâtre intime

 

G. F. Haendel, Théâtre intime. Son d'Egitto & Non possodir il più. Sonates pour flûte et basse continue. Les Lunes du Cousin Jacques. Editions Hortus, 2013 (Hortus 101).

L'abondance des versions discographiques des sonates pour flûte à bec de Haendel ne doit pas forcément occulter ce nouvel enregistrement.

S'il n'en comporte que quatre, judicieusement choisies, l'originalité du programme réside dans la première de deux airs italiens : Son d'Egitto et Non possodir il più. Hélas, contrairement à ce qu'écrit Benoît Toïgo dans la notice, ces deux airs pour soprano ne sont pas de Haendel. Comme les quatre autres du recueil londonien dont ils sont extraits, il s'agit d'airs de l'opéra La reginacredutare,  de Giovanni Bononcini, créé à Venise en 1706. Ce qui n'ôte rien à leur qualité, mais trahit l'insuffisance de la recherche des musiciens. La cantate Nel dolce dell'oblio [Pensierinotturni di Filli] ne pose pas de problème d'authenticité.

Le flûtiste qui anime l'ensemble, Benoît Toïgo, fut finaliste du concours de Bruges, ce qui le qualifie pour ce répertoire. Il a fait ses classes chez William Christie, J.-C. Frisch, S. Sempé et Gérard Lesne.S on jeu est solide, bien conduit. L'émission séduit, ainsi que l'ornementation, les flattements discrets, même si —  ici ou là — on est surpris par certaines respirations. Les tempi adoptés paraissent justes. Quant au continuo, il est sage, propre, mais dépourvu de ce brin de fantaisie qui renouvelle l'approche.

Aurore Bucher, la soprano, chante son premier air de façon fort plaisante, et si l'on ignorait qu'il s'agit vraisemblablement de Cléopâtre, on imaginerait une soubrette, façon Despina. Elle en a le ton, la verve acidulée.  Le second, après une introduction du théorbe, nous en révèle une autre facette : l'émotion tragique. La cantate Pensierinotturni di Filli, où elle dialogue avec la flûte à bec est un classique. Et la version qu'en donnent Les Lunes du Cousin Jacques est propre à satisfaire les amateurs.

Il s'agit là du premier disque des « Lunes du Cousin Jacques », jeune ensemble de musiciens confirmés dans ce répertoire. Leur appellation interroge, tout comme l'illustration graphique : une toile d'Ingres faussement médiévale dont la relation à Haendel et au monde baroque semble pour le moins ténue. Un dernier regret : la notice d'accompagnement ne comporte pas les textes chantés et leur traduction.

Musicalement, s'il n'apporte rien de neuf, cet enregistrement trouvera sa place chez les amateurs de musique baroque, avec  un programme varié, évitant la monotonie qu'engendre trop souvent l'enchaînement systématique d'œuvres concourant à une intégrale.

 

Yvan Beuvard

 

Notice biographique de Georg Friedrich Handel dans Musicologie.org

 

G-F Haendel
Théâtre intime

Les Lunes du Cousin Jacques

Aurore Bucher (oprano)
Benoît Toïgo (Flûte à Bec)
Frédéric Hernandez (clavecin)
Diego Salamanca (théorbe)
Annabelle Brey (violoncelle)

1-7. Sonate en re mineur pour flûte à bec et basse continue HWV 367 (Largo, Furioso, Alla breve, Andante, A tempo di Menuet).

8. Son d'Egitto, air italien.

9. Adagio en fa majeur « mis en concert ».

10-13. Sonate en la mineur pour flûte à bec et basse continue HWV 369 (Larghetto, Allegro, Adagio, Allegro).

14-17. Nel dolce dell'oblio, cantate pour soprano, flûte à bec et basse.

18-20. Sonate en sibémol majeur pour flûte à bec (sans indication, Adagio).

21. Non posso possodir il più, air italien.

22-26. Sonate en do majeur pour flûte à bec et basse continue HWV 365 (Larghetto, Allegro, Larghetto, A tempo di Gavotta).

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