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Mon cadavre est doux comme un gant : Julie Fuchs et Alphonse Cemin

 

Athénée-Théâtre Louis Jouvet, 24 novembre 2014, par Frédéric Norac ——

Voix fraîche et ronde, émission naturelle, timbre juvénile et presque enfantin, Julie Fuchs a tout pour faire une belle interprète de Poulenc, à qui elle vient de consacrer un disque chez Alma Classique. On entend en germe dans sa voix une Thérèse des Mamelles de Tirésias, une Blanche de la Force, et pourquoi pas, avec un supplément de maturité, une Voix Humaine. Mais pour en arriver là, il lui faudra renforcer une diction qui reste encore un peu faible. C'est ce qui d'emblée limite l'impact de ses Métamorphoses au débit rapide, au sens elliptique, où le piano vif argent grand ouvert d'Alphonse Cemin semble comme avaler la voix et nous prive des mots.

Julie Fuchs Julie Fuchs. Photographie © DR.

Il faudra trois mélodies de Georges Auric, deux moins connues encore de Jean-Louis Valmont (Le Corset) et de Pierre Petit (Demain) pour qu'après un pot pourri pianistique inédit de Van Parys, en guise d'entracte, l'interprète trouve enfin le foyer de sa voix et nous donne des Fiançailles pour rire et les Trois poèmes de Louise de Vilmorin, hypnotiques, où si elle semble encore un distiller un peu les mots, la chanteuse touche à la vérité de cet univers lancinant et doux-amer si caractéristique. Entre les deux, elle nous aura régalé d'une délicieuse version de En attendant le prochain bateau de Georges Van Parys (déjà entendu dans une version de Georges Auric) et d'une très inattendue et charmante chanson de Guy Béart Dans les journaux. Ce qui réunit cet ensemble éclectique, c'est bien sûr la poésie étrange, spirituelle et parfois un peu tragique de Louise de Vilmorin à qui ce programme est entièrement consacré comme un hommage.

Les interprètes ont choisi par moments de s'effacer pour faire entendre sa voix dans une interview enregistrée et de l'évoquer à travers une lettre d'un de ses admirateurs et amant, Antoine de Saint-Exupéry, lue par une voix off.

Alphonse CeminAlphonse Cemin. Photographie © DR.

Alphonse Cemin est un parfait complice de la chanteuse et son piano léger et évocateur n'est pas pour rien dans la réussite de ce joli concert. En guise de bis, la chanteuse redonne le malicieux Prochain bateau de Van Parys où la poétesse joue entre voile et vapeur et fait un petit tour du côté de la chanson populaire avec L'âme des poètes de Charles Trenet. Décidément, ces  nouveaux lundis musicaux de l'Athénée savent allier raffinement, originalité et découverte. Pour ceux qui ne pouvaient y être le label B Records enregistre les concerts. Prochains rendez-vous en mars et en mai avec Manuel Nunez-Camelino et Stanislas de Barbeyrac

 

plume Frédéric Norac
24 novembre 2014

 

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Mardi 25 Novembre, 2014 23:51

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