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Festival Radio France de Montpellier « 30 ans d'amour » : derniers concerts et bilan

 

Par Strapontin au Paradis, 3 août 2015 ——

En s'approchant du dernier jour de la festivité qui a duré 4 semaines, on chuchotait déjà à propos grand succès de ses manifestations. Mais il a fallu que tout soit terminé pour confirmer la réussite avec des chiffres concrets. En attendant, on assiste aux derniers concerts au Corum dans une atmosphère survoltée.

Johannes GrossoJohannes Grosso. Photographie © Zdenek Chrapek.

Salle Pasteur, 25 juilet à à 12 h 30. Quelle idée de programmer un hautbois, cet instrument à la fois populaire (il donne le la pour que l'orchestre s'accorde) et croit-on méconnu. Mais on rectifie vite cette idée reçue, teintée de préjugés. Johannes Grosso, né en 1987, actuellement hautboïste à l'Orchestre philharmonique de Radio France (il a été co-soliste à l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig au long de la saison 2010-2011), professeur au Conservatoire Hector Berlioz du 10e arrondissement de Paris, est un interprète de premier plan. Il joue en un seul concert des Mendelssohn (transcription de Romances sans paroles), un Johann Wenzel Kalliwoda (1801-1866, Morceau de salon, opus 228), des Carl Nielsen (Deux pièces de fantaisie, opus 2), un Francis Poulenc (sonate pour hautbois et piano, FP 185), un Messiaen (Vocalise) et un Makoto Shinohara (né en 1931, Obsession pour hautbois et piano). Un programme éloquent valoriser sa polyvalence musicale. Parmi ces pièces, le Morceau de salon du compositeur tchèque Kalliwoda montre la virtuosité naturelle de l'interprète — quelle virtuosité ! (il a déjà joué une œuvre du même compositeur au Concours international du Printemps de Prague en 2014 où il a obtenu le 1er prix) ; l'Obsession de Shinohara met au grand jour son sens de silence. Son talent est prodigieusement renforcé par l'excellente pianiste, Véronique Goudin-Léger, qui a reçu des médailles d'or et d'honneur en piano, en hautbois, en cor anglais, et en musique de chambre. Autant dire qu'elle connaît parfaitement l'instrument et son fonctionnement, et respire exactement en même temps que son partenaire, conférant à leur interprétation une vivacité exceptionnelle.

Véronique Goudin LégerVéronique Goudin Léger. Photographie © D.R.

La der des ders du festival était la « Neuvième » de Beethoven à l'Opéra Berlioz du Corum. Le chef Christian Arming donne à Orchestre national Montpellier Languedoc-Roussillon une interprétation assez « carrée » de l'œuvre, sans couleur ni nuance affirmée, durant les trois premiers mouvements. On reprend (enfin) le souffle au quatrième mouvement, mais le chœur Orféon Donostiarra, hétérogène, manque parfois de fluidité ; la performance des solistes, s'ils sont tous de grands chanteurs, n'était certainement pas à son meilleur niveau. La soirée réserve toutefois une très agréable surprise : le ténor australien natif de Malaisie, Steve Davislim. Son timbre fascinant, chaud et charnu, engendre une grande théâtralité et donne une touche intense à l'ensemble.

Une autre surprise ce soir-là était la dernière prestation de la contrebassiste Marie-Josèphe Leboucher, qui prend sa retraite. Elle a reçu à la fin du concert un bouquet de fleurs devant la salle comble, sous des applaudissements nourris, après 30 ans de bons et royaux services.

steve DavlisimSteve Davislim. Photogaphie © Rosa Frank.

Bilan de la 30e édition

Le bilan définitif est donc tombé le lendemain, avec la confirmation du succès. Les chiffres sont en grande progression, malgré des inquiétudes et une incertitude suite aux récents conflits au sein de la maison ronde : 120 375 spectateurs pour l'ensemble des concerts et manifestations, dont 22 872 personnes qui ont assisté aux concerts payants (Opéra Berlioz, Opéra-Comédie et Salle Pasteur) contre 17 651 en 2014, et 97 503 concerts et manifestations gratuits – musique de chambre et jeunes solistes (20 210 spectateurs contre 18 616 en 2014), jazz (21 400 spectateurs contre un peu plus de 14 000 en 2014), électro et musique du monde (20 000 spectateurs contre 4 000 environ en 2014, en enregistrant la plus grande progression d'affluence de cette édition), émissions Radio France, concerts en région… De nombreux mélomanes et curieux ont été attirés par les riches thématiques du festival : 3 opéras inconnus ou méconnus (Don Quichotte chez la Duchesse de Boismortier, Fantasio d'Offenbach, La Jacquerie de Lalo et Coquart (voir la chronique de celui-ci par notre chère consœur L'Ouvreuse ici) ; génération 1985 avec des artistes qui ont le même âge que le festival (Yuri Favorin, Solenne Païdassi, Cédric Pescia, Trio Karénine…) ; « Everest pianistique » (205 préludes et fugues de Bach à Chostakovitch, en passant par Chopin, Debussy et Hindemith)…

Montpellier 2015Cloture du Festival 2015. Photographie © Samuel Duplaix.

L'avenir du festival est aujourd'hui rassuré, a-t-on appris avec soulagement, puisque toutes les tutelles du Festival — Région Languedoc-Roussillon, Métropole de Montpellier et Radio France — ont validé le budget et le projet de l'édition 2016, et l'engagement a été pris afin de pérenniser le Festival dans le cadre de la future grande région Sud, mandat a été donné à la direction du Festival en ce sens.

Strapontin au Paradis
3 août 2015

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