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Le Dernier Évangile de Thierry Escaich à Notre-Dame de Paris

 

le dernier évangileLe dernier Évangile de Thierry Escaich à Notre-Dame de Paris le 30 juin 2015.

Concert donné le 30 juin 2015 à Notre-Dame de Paris, par Strapontin au Paradis ——

La saison de Musique sacrée à Notre-Dame de Paris s’étend sur toute l’année de façon ininterrompue, y compris pendant la période d’été, à raison de deux à cinq concerts par mois (sauf le mois de janvier pour la saison 2014-2015). Si les programmes ont toujours trait au religieux, ils n’entrent pas dans le cadre du cycle liturgique. Entre plain-chant et création contemporaines, ces concerts sont très variés, ainsi que les formations : ensemble vocal —  maîtrise, chantre, ensemble masculin ou féminin —, grand orchestre avec des solistes, avec ou sans orgue (grand orgue et orgue de chœur) ; ils sont destinés au tout public, touristes, amateurs de concerts, mélomanes confirmés ou non, amoureux de l’orgue, de musique chorale.

Ainsi, au cours de la saison 2014-2015, on a pu entendre des cantates de Bach, des thématiques comme « Musique au temps de Saint-Louis » en octobre, « Musique anglaise de Byrd à Britten » en novembre, ou encore « Saint-Jean-Baptiste » en juin. Des chefs-d’œuvre de la musique classique sont également proposés, comme le Requiem de Mozart en septembre (magnifique prestation avec les solistes de l’Atelier lyrique de l’Opéra national de Paris et Southbank Sinfonia ; ce fut le dernier concert de Lionel Sow en tant que chef du chœur principal de la Maîtrise), Les Sept Dernières Paroles de Christ sur la Croix de Haydn associées au psaume 42 de Mendelssohn en mars (avec l’orchestre de chambre de Paris, sous la direction de Leonardo Garcia Alarcon), Le Sacre du printemps de Stravinsky en avril (version à deux pianos adaptée au grand orgue). Les récitals au grand orgue sont nombreux, par Michel Bourcier, Henri Houbart, Philippe Brandeis, Pierre Méa… Les titulaires, Olivier Latry, Philippe Lefèvre et Jean-Pierre Leguay au grand orgue et Yves Castagnet à l’orgue de chœur, jouent avec la Maîtrise, sous la direction de Sylvain Dieudonné, d’Henri Chalet, successeur de Lionel Sow, et d’Émilie Fleury, chef du chœur d’enfants.

Le dernier évangileYves Castagnet. Photographie © NDP

Le concert du 30 juin marque la fin de la saison avant la série estivale. Il commence par Prélude et fugue sur le nom d’Alain de Duruflé ; Yves Castagnet insuffle à l’œuvre d’abord la sérénité, avant d’animer les jeux du grand orgue avec virtuosité. Ensuite, quatre motets (Tu es Petrus, Tantum ergo, Tota pulchra es et Ubi caritas) du même compositeur. Thierry Escaich, installé à l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut le 10 juin dernier, tient le grand orgue et insère, entre chaque pièce assez courte, des improvisations rythmées et dynamiques. Il rappelle chaque fois le style de Duruflé et se livre ensuite à l’abondance de ses idées musicales. Il enchaîne presque immédiatement avec les Litanies de Jehan Alain, en faisant écho à la première œuvre jouée dans la soirée. Puis, on entend sans pause la « pièce du jour », Le Dernier Évangile, œuvre pour chœur double, orchestre et grand orgue, commandée à Thierry Escaich par la cathédrale de Saint-Malo en 2000, donnée ici en version pour double chœur et deux orgues.

Le compositeur retrace dans le programme du concert les préparations minutieuses pour mener à bien le projet : le texte choisi est le prologue de saint Jean pour témoigner des 2000 ans du christianisme, d’où il a tiré 5 grands thèmes sous forme d’hymnes (à la Genèse, à la Lumière, d’imploration, Baptismale, de Gloire) ; il utilise de manières diverses ces thèmes religieux, d’autres textes de l’Ancien testament, des extraits de pièces empruntés à la liturgie et une paraphrase poétique sur le prologue desaint Jean écrite par Nathalie Nabert à sa demande. « Ces textes sont principalement chantés en français, dit-il, mais pour marquer l’universalité de l’entreprise, j’ai souhaité qu’un certain nombre d’interventions soient faites en diverses langues (hébreu, allemand, latin…). »

Dernier évangileThierry Escaich. Photographie © Claire Delamarche.

Toutes les structures de la Maîtrise sont appelées — chœurs d’enfants et d’adultes, le Jeune ensemble, Ensemble vocal de Notre-Dame de Paris, et les solistes y appartenant — pour assurer l’imposant double chœur, en rivalisant par puissance et par diversité les deux orgues dont l’écriture est tout aussi colorée et riche. Le chœur exprime admirablement les variations de l’écriture, en intensité et en caractère, tandis que les deux orgues créent ensemble un formidable effet « stéréo », profitant de l’espace de la cathédrale comme une gigantesque caisse de résonance. Chacun de ces orgues s’affirme en tant qu’instrument soliste en toute harmonie avec le reste. Tout au long de l’œuvre, sont évoquées certaines références de l’histoire de la musique, comme des chorals de Bach, sans qu’elles soient citées textuellement, comme c’est toujours le cas chez Escaich. Henri Chalet dirige l’ensemble avec beaucoup d’attention et grande acuité, rendant à chaque phrasé et à chaque expression leur plein sens.

La dynamique rythmique et polytonale de l’œuvre, savamment superposée, enchevêtrée ou mise en parallèle, nous a ainsi procuré une grande sensation de la spatialisation sonore.

Pour en savoir plus

Site de Thierry Escaich

Strapontin au Paradis
26 juillet 2015

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