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10 ans du Festival Les Pianissimes

 

Site des Pianissimes 2015 à Saint-Germain-au-Mont-d'Or. Photographie © YMAGO

16 juillet 2015, par Strapontin au Paradis (concerts des 26, 27 et 28 juin, Saint-Germain-au-Mont-d'Or) ——

Les concerts parisiens organisés par l'association Les Pianissimes (voir nos chroniques ici et ici) se déplacent à la fin du mois de juin, à Saint-Germain-au-Mont-d'Or, à quelques kilomètres de Lyon. On a pu y entendre 8 concerts répartis sur 4 jours : certains concerts se déroulent en plein air sur la pelouse, dans le Domaine des Hautannes, sous un pavillon érigé par quelques membres de l'association, et à l'église du village. Cette année, le ciel était plus que clément : de radieux rayons de soleil illuminaient le lieu comme pour se réjouir des 10 ans de musiques à émotions intenses !

Nous avons assisté à 5 concerts, du vendredi 26 au dimanche 28. Mais auparavant, la journée du jeudi 25 était consacrée aux enfants, qui ont vécu des moments joyeux à travers un concert pédagogique gratuit par le Trio Dali (également dans la matinée du vendredi) et une soirée ciné-concert (L'émigrant et La cure de Chaplin), avec, au piano, Gilles Alonzo. Les échos des deux concerts, qui résonnaient jusqu'à la fin du festival entre les feuilles d'arbres des Hautannes, nous ont appris qu'après une petite initiation à la musique classique, les enfants s'en donnaient à cœur joie pour chanter des mélodies de Mendelssohn, comme s'ils fredonnaient des chansons de dessins animés. Bravo au Trio Dali et aux organisateurs !

Concert du vendredi 26 juin

Pianissimes 2015 Trio-Dali. Photographie © YMAGO

Le Trio Dali, Jack Liebeck (violon), Christian-Pierre La Marca (violoncelle) et Amandine Savary (piano), offre une belle prestation Bach-Schumann-Mendelssohn. D'abord, le prélude et choral BWV 639 de Bach transcrit pour violon et piano, avant le trio no 1 de Schumann. Très clairement, c'est la pianiste qui mène le jeu, avec des gestes et regards explicites et complices pour donner le ton  et indiquer des nuances. Les deux autres musiciens répondent et dialoguent entre eux avec enthousiasme et sensibilité, créant une belle harmonie et surtout un dynamisme proliférant. Après une pause, de nouveau un prélude et choral (BWV 659), cette fois pour violoncelle et piano, puis, le 1er trio de Mendelssohn, dans une exécution passionnée et débordante d'énergie. Notons la formidable performance du violoniste britannique Jack Liebeck, très peu connu en France mais considéré dans son pays comme l'un des plus parfaits interprètes de sa génération, capable de remplir la salle lors des Proms.

Christian-Pierre La Marca nous confie qu'ils transcrivent eux-mêmes les pièces de Bach ; que même si l'interprétation en est très difficile dès le début du concert, tant l'exigence musicale est élevée, cela prépare immédiatement l'oreille des auditeurs qui peuvent entrer beaucoup plus facilement dans les autres pièces.

Concerts du samedi 27 juin

Pianissimes 2015 Aylen Plitchin et Eloïse-Bella Kohn. Photographie © YMAGO.

Le violoniste russe Aylen Pritchin, premier prix au dernier concours Long-Thibaud-Crespin, et la pianiste française Eloïse-Bella Kohn, révélation classique de l'ADAMI, jouent pour la première fois ensemble dans un programme virtuose : la Suite italienne de Stravinsky, la sonate de Franck, Tzigane de Ravel et la Carmen Fantaisie de Waxmann. La musicalité de Pritchin est incontestable ; outre sa sonorité généreuse et chaleureuse, il a une très belle lancée d'archet qui permet de faire résonner amplement son instrument. Mais l'acoustique de l'église privilégie le piano et de ce fait l'équilibre entre les deux instruments est plus que délicat, même si on a fermé à moitié le couvercle du piano. Malgré cela, tout au long du concert, l'entente entre les deux musiciens est évidente, ils se complètent avec bonheur, surtout dans un programme qui réclame une virtuosité égale aux deux parties.

Pianissimes 2015. Roger Muraro. Photographie © D. R.

Dans la soirée sur la scène des Hautannes, Roger Muraro donne un récital-lecture, avec Ravel (Pavane pour une infante défunte, Miroirs), Messiaen (extraits du Catalogue d'oiseaux), Wagner/Liszt (chœur des fileuses du Vaisseau fantôme, Isolde's Liebestod) et Liszt (Rhapsodie hongroise no 10). Dans Ravel, il joue la carte de subtilité avec une abondante utilisation de la pédale una corda, rendant l'écoute quelque peu difficile en plein air, avec des gazouillis d'oiseaux, des bourdonnements et crissements d'insectes, même des bruits de train et d'hélicoptère intervennant de temps à autre. Mais pour Messiaen, la musique devient plus aisément perceptible grâce au récit de souvenirs du maître liés aux pièces du programme, aussi parce que l'alouette et le loriot sont imités dans la musique. Il enchaîne avec les deux transcriptions de Wagner par Liszt et la Rhapsodie hongroise, trois œuvres qu'on entendra grâce à un nouveau disque dont la sortie est prévue en septembre. Un avant-goût que ce que sera sa tournée de concerts à la rentrée : puissance et profondeur. Il termine son récital avec une note plus intériorisée : un nocturne posthume (en ut♯ mineur) de Chopin.

Concerts du dimanche 28

Pianissimes 2015. SpiriTango. Photographie © D.R.

À 11 heures, le soleil irradie déjà intensément le domaine des Hautannes. Chacun cherche un coin d'ombre pour pouvoir s'installer confortablement sur une chaise ou un transat, avant un concert tango-jazz par le SpiriTango Quartet. Des œuvres de Piazzolla, bien sûr, mais aussi des compositeurs contemporains : Luis Caruana (bandonéoniste, il joue quelques classiques de Bach ou Mendessohn sur son instrument), Ramiro Gallo (violoniste), Andrés Linetzky (pianiste et chef d'orchestre, il a donné une série de spectacles au Théâtre de Chaillot à Paris, en 2006), et le Belge Frédéric Devreese (né en 1929), qui a arrangé pour eux une partie de ses œuvres. Le contrebassiste Benoît Levesque parle d'ailleurs de leurs rencontres avec le compositeur. Les quatre musiciens (outre Benoît Levesque, la violoniste Fanny Gallois, la pianiste Fanny Azzuro, l'accordéoniste Thomas Chedal) essentiellement de formation classique, libèrent leur musicalité au gré de leurs envies et instinct, dans une musique où la flexibilité et la sensualité s'imposent sur la forme.

Selim Mazari et le Jeune Chœur Symphonique. Photographie © YMAGO.

Dans l'après-midi à l'église, c'est le concert final, avec Selim Mazari au piano qui joue dans un premier temps une sonate de Haydn (en la♭Hob. VI/46) et Image de Debussy. Ce sont deux styles totalement différents mais le jeune pianiste est à l'aise tant pour l'un que pour l'autre : pour Haydn, il a un discours « rationnel » et limpide d' belle rigueur, sans toutefois être trop carré ; pour Debussy, il devient un magicien de couleurs. Ensuite, il accompagne le Jeune Chœur Symphonique sous la direction d'Anass Ismat. Le chœur, issu du Chœur Britten fondé il y a près de 35 ans à Lyon, réunit des jeunes chanteurs (moins de 35 ans) de Rhône-Alpes pour favoriser leur insertion professionnelle. Ils chantent avec leurs aînés du Chœur Britten à l'occasion de concerts nécessitant un grand effectif, et en collaboration avec l'Orchestre National de Lyon. Formation à géométrie variable, comme cela est de plus en plus courant aujourd'hui, le chœur interprète ce jour-là a cappella ou accompagné au piano, du plain-chant et Bach, Brahms et Berlioz, en passant par Schubert et Mendelssohn. S'ils réussissent une belle réalisation après seulement une séance de répétition, on note tout de même quelques faiblesses : l'ensemble — en particulier les sopranos et ténors — est assez hétérogène et parfois criard. Leur manière d'aborder la musique nous suggère que les chanteurs ont suivi une formation pour être des solistes et non des choristes…

La saison parisienne des Pianissimes s'ouvrira le lundi 19 octobre au Couvent des Récollets (Paris 10e) avec Natacha Kudriskaya ; puis, défileront dans différents lieux des jeunes étoiles, comme Iddo Bal Shai, Louis Schwitzgebel, Florian Noac, Kotaro Fukuma, et parmi les artistes du 10e festival, Selim Mazari, Aylen Pritchin et Eloïse-Bella Kohn.

Pour plus d'informations

Strapontin au Paradis
26-28 juin 2015

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