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Les belles surprises de Jean-Christophe Maillot aux Inattendus des Ballets de Monte-Carlo

 

Académie Princesse Grâce et Ballets de Monte Carlo. Photographie © Alice Blangero.

Monaco, 13 décembre 2015, par Jean-Luc Vannier ——

La salle Garnier de l’opéra de Monte-Carlo se présentait, vendredi 11 décembre, sous une forme « inattendue ». Rideau de scène grand ouvert, quelque quatre-vingt dix danseurs de l’Académie Princesse Grâce et des Ballets de Monte-Carlo s’échauffaient en pleine lumière sous l’exigeante férule de Yannick Boquin, ancien élève de l’École Nationale de l’Opéra de Paris et du CNSMD (Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse) puis Maître de Ballet à l’Opéra de Vienne entre 2004 et 2006. Patricia Krawczynska les accompagnait au piano.  Moment étrange où le public feint de découvrir des coulisses qui n’en sont peut-être pas et tente de cerner cette limite ténue entre sérieux et dilettantisme des danseurs qui accueillent les recommandations du professeur invité. Debout à l’un des angles du plateau, Jean-Christophe Maillot observe, à la fois attentif et plongé dans des abîmes de perplexité, les exécutions des danseurs: « pirouettes ! », « pas de côté ! », « échappés ! », « tendus ! », « assemblés ! », « back !», « front ! » lance comme autant d’imprécations Yannick Boquin qui virevolte lui-même avec aisance sur l’avant-scène.

Jean Christophe Maillot, Inattendus. Photographie © Alice Blangero.

Le directeur artistique des Ballets de Monte-Carlo prend alors la parole pour expliciter la démarche des ces Inattendus, insistant non seulement sur l’intérêt de « voir un échauffement à la barre », entraînement obligé d’une heure et trente minutes chaque matin, mais aussi pour présenter « dans des conditions de répétition » son Casse-Noisette du 29 décembre prochain. Sera-t-il encore plus enchanteur que les éditions précédentes ?

Inattendus, 2015. Photographie © Alice Blangero.

Une œuvre intimement liée à l’histoire de sa vie. Et de raconter la construction de ce Casse-Noisette Circus autour d’une toile de tente achetée dans un cirque il y a 25 ans et sa volonté de « transposer dans cette production de 2015 tout ce que la vie lui avait permis d’accumuler comme images et comme archétypes ». Et ce, en incluant cette année trois nouveautés : inviter, en premier lieu, les élèves de l’Académie Princesse Grâce à participer pleinement à un travail en général réservé aux seuls danseurs et danseuses de la Compagnie des Ballets de Monte-Carlo. Recourir, ensuite, à de nouveaux artistes puisque « la vie passe et les distributions changent » : qui parviendra à remplacer le daïmon Jeroen Verbruggen dans le rôle-titre ? Qui succèdera, dans le personnage de la fée Drosselmeyer, à Bernice Coppieters dont la seule évocation suffit à déclencher une salve d’applaudissements de l’audience ? Enfin, et fidèle en cela à l’esprit du Monaco Danse Forum ouvert aux compagnies étrangères, Jean-Christophe Maillot appelle pour cette version — Année de la Russie en Principauté oblige — deux danseurs étoiles des Ballets du Théâtre Bolchoï de Moscou : Olga Smirnova et Artem Ovcharenko (respectivement Bianca et Lucentio dans La Mégère apprivoisée donnée en ouverture de l’Année de la Russie à Monaco) en leur dédiant un nouveau pas de deux « en construction », un « alliage entre un pas de deux d’amour et une réécriture utilisant  toutes leurs capacités ».

Olga Smirnova et Artem Ovcharenko. Photographie © Alice Blangero.

Ce prochain Casse-Noisette, dont la représentation du 30 décembre sera retransmise en live dans plusieurs salles de cinéma à Paris, Londres et Moscou, intègre « les costumes confectionnés dans tous les spectacles depuis trente ans » : « le traineau du second acte sera lui-même composé de toutes les malles de ces costumes ». Plus que jamais, Jean-Christophe Maillot construit et nourrit ses propositions chorégraphiques de ses affects personnels, de ce « chaos qu’on a vécu ». Il place l’être charnel et psychique, ses passions contradictoires — un pléonasme — au cœur de sa scénographie, permettant au spectateur de s’identifier et, en conséquence, d’approcher au plus près mais aussi au plus authentique des danseurs. Danseurs et danseuses qu’il humanise plutôt qu’il ne les sacralise. Loin de chercher des innovations abracadabrantesques, celui qui vient de célébrer en 2013 les vingt années passées à diriger les Ballets monégasques conserve intactes ses capacités d’étonner et d’émouvoir. Et de plaire. Nonobstant une écriture qui semble puiser dans les vertus de la nostalgie chères à Châteaubriand, Jean-Christophe Maillot n’éprouve certainement pas « l’heure des regrets ». Mais celle du « divertissement » qu’il n’oppose pas, contrairement à certains de ses collègues, aux impératifs de la « création ».

Inattendus, 2015. Photographie © Alice Blangero.

 

Monaco, le 13 décembre 2015
Jean-Luc Vannier

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Dimanche 13 Décembre, 2015 18:35

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