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L'orchestre de Caen avec Racha Arodaky au piano et pour un an encore Vahan Mardirossian au pupitre

Racha Arodaky. Photographie D. R.

Caen, 4 octobre 2016, par Alain Lambert ——

En 1761, dans son Dictionnaire de musique, Rousseau s'insurgeait contre le triste sort des castrats :« des pères barbares... sacrifiant la nature à la fortune, livrent leurs enfants à cette opération pour le plaisir des gens voluptueux et cruels qui osent rechercher le chant de ces enfants. »

La première retouche que Gluck fera, à Paris, en adaptant son Orphée en français, en 1774, est de le faire jouer par un haute-contre, car il entend bien respecter la pensée du philosophe musicien, aussi bien sur le plan humain que mélodique, en recherchant plutôt la simplicité naturelle et sublime que la cruauté voluptueuse.

Et si Rousseau se méfie des ballets,  au sein du drame musical, qui risquent de nous détourner de la passion en jeu dans la musique, il reconnaît qu'il a peut-être tort, dans son long développement critique de l'Alceste, du même Gluck.

Dans la suite instrumentale d'Orphée et Eurydice, jouée par l'Orchestre de Caen ce soir, après l'Ouverture, le Ballet des Ombres heureuses comme l'Air des Furies ne détournent forcément pas du déroulement dramatique, mais l'illustrent, le premier bien mis en valeur par la flûte d'Yvon Quénéa, le second résonnant fortement du choeur des Enfers. La Chaconne est tellement bien tournée que Rousseau ne lui en voudra pas.

Quant au concerto pour piano no 24 en ut mineur de Mozart, les mélodies s'y épanouissent en dialogue avec l'orchestre au milieu des tensions qui toujours se révèlent, grâce au jeu subtil de la pianiste et de l'orchestre. Qu'il ait été écrit, un an avant, comme une sorte de prélude au Don Giovani n'est peut être pas entièrement fortuit.

L'orchestre de Caen sous la direction de Vahan Mardirossian.

Une fois la pianiste chaudement applaudie, et  le piano remisé, l'orchestre exubère loin du tragique avec la première symphonie de Gounod, à la fois classique et romantique dans la variété des thèmes et des mouvements. La fugue du scherzo est un régal. Et le timbalier jubile dans le final pétaradant en feu d'artifice. Il était temps pour lui.

La jauge moyenne de l'orchestre permet aux cuivres et aux bois de ne pas avoir à trop s'imposer face aux cordes. L'équilibre sonore est parfait.

Du bel ouvrage pour cette nouvelle année avec Vahan Mardirossian à la direction.

Toutes les infos concernant la saison sur le site de l'orchestre de Caen.

 

Alain Lambert
4 octobre 2016

 

Alain Lambert : alain@musicologie.org - Ses derniers articles : Emile Parisien Quintet « Sfumato » Énergique et vaporeuxMagnetic Orchestra avec Éric Le Lann : « Now », une balade dans l'espace-tempsRachelle Garniez « Who 's Counting » le blues de New York —  Le festival PAN ! : un panorama des jazz pas banal ! — Christophe Dal Sasso Quintet + String Trio, « Les nébuleuses » : du jazz étoilé !Le violon volcanien d'Adam Bałdych et le Helge Lien Trio — Rantala, Danielsson, Erskine : « how long is now ? » — Jazz at Berlin Philarmonic VI : « Celtic Roots » ou le blues du monde — ... Plus sur Alain Lambert, tous ses articles.

 

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