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Renée Fleming chante l'intimisme des Frauenliebe und -leben de Robert Schumann à l'Opéra de Monte-Carlo

Monaco, 12 avril 2016, par Jean-Luc Vannier ——

Renée Fleming. Photographie © Decca, Andrew Eccles.

 

Nous ne l'attendions certes pas dans ce répertoire. Accompagnée au piano par son fidèle Hartmut Höll, Renée Fleming donnait, lundi 11 avril à l'opéra de Monte-Carlo, un récital exceptionnel dont la première partie vibrait du romantisme des Frauenliebe und –leben, Op. 42, un cycle de huit poésies signées Adelbert von Chamisso et mises en musique par Robert Schumann (1840) : sombres, denses, alternant mélancolie et, plus rarement, une forme d'insouciance, ces Lieder racontent, à la première personne, huit épisodes de la vie d'une femme amoureuse. Dans ce registre vocal très intimiste où l'atmosphère feutrée des sentiments n'édulcore en rien la puissance des émotions, la soprano américaine puise avec une aisance et un naturel qui indiquent sans doute certaines inflexions de sa voix, dans de larges mediums mais aussi dans une surprenante profondeur de graves qu'elle parvient néanmoins, avec force conviction, à rendre éclatants. De poignantes sonorités ponctuent son « Du Ring an meinem Finger » et plus encore son « Nun hast du mir der ersten Schmerz getan » précédant une superbe conclusion pianistique à la fois digne, empreinte de solennité et de retenue. Du grand art. 

En deuxième partie, celle qui fut, en 2008, la première femme à ouvrir un gala en solo dans l'histoire du Metropolitan Opera de New York, retrouvait des titres plus traditionnels en donnant notamment une version féminine de Aprile de Francesco Paolo Tosti et de Mattinata de Ruggero Leoncavallo, interprétés il y a peu sous de mâles accents par Juan Diego Florez. C'est néanmoins son émouvante interprétation de « L'altra notte in fondo al mare », le grand air de Margherita à l'acte III du Mefistofele d'Arrigo Boito — dont l'opéra de Monte-Carlo avait fait son ouverture de saison en novembre 2011 — et ses vocalises aériennes du Come il passero del bosco… vola, vola, vola via qui lui valent une longue ovation.  Elle enchaîne avec « C'est Thaïs, l'idole fragile » et « Adieu, notre petite table », respectivement du Thaïs et du Manon de Jules Massenet, puis Soirée en mer de Saint-Saëns et un très enjoué « je t'aime quand même » extrait de l'opérette viennoise Trois Valses d'Oscar Straus (1870-1954). En bis, la soprano a gratifié les mélomanes monégasques d'un très jazzy Summertime de George Gershwin (1934), d'un « O mio babbino caro » de l'opéra Gianni Schicchi de Puccini (1918) et d'un tout aussi célèbre « Somewhere over the rainbow » (The Wizard of Oz, 1939).

Monaco, le 12 avril 2016
Jean-Luc Vannier

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