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Léger, léger, L'Avant-Scène opéra…

15 janvier 2015, par Eusebius ——

Une fois n'est pas coutume, pourquoi nous interdire de critiquer une publication estimable lorsqu'elle ne répond pas aux attentes des lecteurs ?

Référence française, faute de mieux puisque seule sur ce créneau, l'Avant-Scène opéra, publie sa 290e livraison, qui nous parvient maintenant. Elle déçoit tout particulièrement car elle ne tient pas ses promesses. Numéro quelque peu fourre-tout, il associe trois ouvrages qui n'ont pas grand-chose de commun, sinon leur caractère russe et leur production contemporaine. Ainsi sont associés Iolanta de Tchaikovski, Casse-noisette, du même, et Aleko de Rachmaninov. Si, assez fréquemment, cette estimée publication a associé deux ouvrages lyriques (le plus souvent brefs ou en un acte), c'est semble-t-il la première fois que trois œuvres, dont la durée totale frise les quatre heures, se partagent un numéro. Œuvres mineures ? Certainement pas, ou alors il faut considérer que les opéras de Mozart n'appartenant pas à la trilogie Da Ponte tout comme La Flûte sont secondaires…

Le problème concerne non seulement la place accordée à chacun d'eux, mais aussi le contenu. N'étant pas russophone, je me garderai de porter quelque jugement sur le travail d'André Lischke, auquel on peut faire confiance, semble-t-il. Moins de quinze pages pour Casse-Noisette, illustrations comprises, sans discographie ni vidéographie, est-ce sérieux pour un ballet de cette importance ? Quant à Aleko, il semble vraiment maudit. Quatre pages, illustrations comprises, quelque peu indigentes à propos de Pouchkine et du thème tzigane à l'opéra, c'est dérisoire. S'il est signalé que le livret de Carmen emprunte au caractère et aux situations, l'auteure ignore les emprunts textuels faits à Pouchkine1.  Ne sont même pas mentionnés les très nombreux ouvrages lyriques qui y ont trouvé leur source. Ainsi, beaucoup plus grave : pas un mot sur Leoncavallo, dont les rédacteurs semblent ignorer le magnifique I Zingari, heureusement recréé au Festival de Radio France-Montpellier2, qui surpasse de beaucoup Paillasse. Nicolas Derny, qui s'emploie à examiner le vérisme d'Aleko, n' y fait jamais référence... Enfin, si la bibliographie mentionne l'ouvrage d'un musicologue suisse, russophone, François Buhler, publié en mai 2015, éclairant Aleko de façon magistrale, aucun des rédacteurs ne semble l'avoir lu... Léger, léger !

Eusebius
14 janvier 2016

  1. Sinon la dernière réplique, citation reprise dans chacun des deux articles, ce qui est très peu.
  2. Magistralement dirigé par Michele Mariotti, en juillet 2014, avec une fort belle distribution.

 

 

 

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