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Paris chambriste : Quatuor Danish au Louvre, Trio de l'Alience à l'Institut finlandais

 

Lire ici la chronique de deux autres concerts : Trio Wanderer au Théâtre des Champs-Élysées et A. La Marca et T. Hoppe Salle Gaveau

26 février 2016, par Strapontin au Paradis ——

Quatuor Danish à l'auditorium du Louvre
(11 février 2016)

Quatuor Danish. Photographie © Caroline Bittencourt.

 

Pour son premier concert à Paris, à l'Auditorium du Louvre, dans le cadre du concert de midi et demi, le Quatuor Danish propose un programme germano-danois, avec le quatuor en ut majeur HOB III.57 de Haydn, le quatuor no 16 en fa majeur opus 135 de Beethoven et le premier quatuor à corde « Quartetto Breve » de Per Nørgård (né en 1932). Fondé il y a dix ans, le Quatuor Danish se compose de trois jeunes danois et d'un violoncelliste norvégien. Il s'est formé entre autres auprès des quatuors de Tokyo et Emerson. Son jeu se caractérise par une sonorité claire et homogène même s'il n'a pas une légèreté aérienne « galante » (Haydn) ; en interprétant Beethoven, les quatre musiciens font preuve de très belle harmonie dans une résonance équilibrée dans le Lento assai, et d'une grande tension dramatique dans l'Allegro final.

Per Nørgård, est une figure majeure de la musique d'aujourd'hui au Danemark avec plus de 300 œuvres dont des symphonies, opéras, musiques de chambre, musiques de film et pour le théâtre. Son Quartetto Breve, composé en 1952, n'est pas une nouveauté, on peut même dire que l'œuvre est héritière du postromantisme tardif (deux mouvements calme et animé, tonalité affirmée, mais assez modulante, passages rappelant parfois Janáček). Le Quatuor Danish semble maîtriser parfaitement son langage ; l'interprétation est fluide et aisée, procurant le sentiment de grande assurance artistique.

La proposition d'une œuvre récente et rare mêlant de pièces connues dans le programme, est toujours accompagnée d'une découverte enrichissante et constitue aussi l'occasion de faire connaître le compositeur. Que les organisateurs de concerts adoptent davantage ce genre de programme pour que la musique « classique » soit véritablement en phase avec notre temps !

Le Trio de l'Alience à l'Institut finlandais
(13 février 2016)

Trio de l'Alience. Photographie © D. R.

Le Trio de l'Alience est formé de jeunes musiciens issus du Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Leur programme atypique (le premier trio de Brahms et des œuvres de Piazzolla) en dit long sur leur curiosité musicale qu'il assume avec audace.

La violoniste Rika Masato et le violoncelliste Dmitry Silvian possèdent une sonorité très riche et colorée, suggérant de grandes variations de peintures sonores ; quant à Kana Okada (notre chronique sur sa performance lors du Concours Marguerite-Long de l'automne dernier), outre une dextérité légère et solide à la fois, elle a toujours cet élan expressif unique que nous apprécions véritablement.

Outre la musicalité des interprètes, il y a toujours la question délicate de l'acoustique de la salle — que nous évoquons très souvent dans nos chroniques. Ce soir-là, la salle de l'Institut finlandais est extrêmement sonore, non pas pour sa réverbération qui est quasi inexistante, mais pour les matières de construction et d'accessoires : les murs en bois pour sa grande partie, le sol en parquet, les chaises sans un bout de tissus, et de grandes vitres. Cette salle, qui sert également à l'espace d'exposition, fait penser, en dimension considérablement moindre, au Musikverein de Vienne ou à Victoria Hall de Genève, qui reflètent énormément le son sans en donner de réverbération. De ce fait, le volume parfois excessivement important dans le trio de Brahms, jusqu'à une certaine saturation, nous semblait plus adapté à une véritable salle de concert qu'à cet espace restreint. En revanche, dans les trois pièces de Piazzolla (Primavera Porteña, Oblivion, La Muerte del Angel) où les instruments « se heurtent » plus souvent, la confrontation des sonorités est plus facilement assimilée.

Les trois musiciens ne forment pas le trio en permanence, la forte personnalité de l'une et de l'autre crée une fusion intéressante, tant dans leur harmonie que dans leur opposition.

La soirée a été organisée par l'association Sinfonietta Paris, qui prône des concerts de jeunes artistes dans une atmosphère de salon, notamment chez des particuliers, comme cela se pratique souvent aux États-Unis.

 

Strapontin au Paradis
26 février 2016

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